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Poésie

Posts Tagged ‘tue’

Il y aura toujours (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2020



Il y aura toujours dans mon oeil cependant
une invisible rose de regret
comme quand au-dessus d’un lac
a passé l’ombre d’un oiseau

Et des nuages très haut dans l’air bleu
qui sont des boucles de glace

la buée de la voix
que l’on écoute à jamais tue

(Philippe Jaccottet)

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Quels sont ces propos… (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020



Illustration: Otto Dix
    
Quels sont ces propos…

Quels sont ces propos de tueur et de tué ?
Les glaives ne sont point assez aiguisés ni les flots assez puissants
pour éteindre le feu de notre âme. La mort et la douleur
sont pures conventions d’un plus noble théâtre.
Tel un héros pourchassé par son destin
tombe comme un pilier arraché du monde immense,
ébranlant le coeur des hommes, et que rempli d’effroi
l’auditoire se tait ou pleure, vaincu par le chagrin,
tandis que derrière la scène l’acteur soupire
de soulagement, ôte son masque
et parle aux amis qui l’attendent, ou des coulisses
observe l’accalmie de la scène finale –
de même l’esprit indemne des tués
s’éloignant de nos yeux, ne cesse pas de vivre.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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RYTHMES TRANCHANTS (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2020



 

arc-brise

RYTHMES TRANCHANTS

Je suis l’arc brisé
D’un cercle.
Je suis la forme rompue
D’une statue.
Je suis l’idée tue
De quelqu’un.

Comme si je marchais
Sur des pointes
Ta calme proximité
Sans cesse pour moi s’aggrave.

(Srecko Kosovel)

Illustration

 

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Tué, tué… (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2020



 

Eugeniusz Zak - Tutt'Art@ (12)

Etranger, vois-tu cette lampe brillant derrière la vitre ?
Ma mère m’attend et je ne viens pas,
Tout est silence dans la nuit, les champs obscurs
[…]
Pour moi qui rôde d l’aveuglette, tué, tué…

(Srecko Kosovel)

Illustration: Eugeniusz Zak

 

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Je suis l’idée tue (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2020



 

Jeanie Tomanek    fallow [1280x768]

Je suis l’idée tue
De quelqu’un.
Comme si je marchais
Sur des pointes…

(Srecko Kosovel)

Illustration: Jeanie Tomanek 

 

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IVRESSE DE MORT (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020



 

Otto Dix   Painting 156 [1280x768]

IVRESSE DE MORT

Tout est gris, silence, mort.
Les hommes voltigent
Comme chauves-souris
De pierre en pierre.
Exténués de vol,
Las, tués.

Leurs coeurs sont minéraux,
La sève n’irrigue plus leurs branches,
L’esprit n’enfante plus l’espoir.
Les coeurs sont secs.

Meubles à l’encan,
Coeurs au clou,
Raisons enrôlées,
La foule se pend aux croisées.

Les suicidés,
Les pendus
Oscillent aux fenêtres.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Otto Dix 

 

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IL EST UNE ÉPOUVANTE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



 

Rockwell Kent   (11)

IL EST UNE ÉPOUVANTE

Il est une épouvante : être —
Dans le chaos et dans la nuit
Chercher l’issue et pressentir
Qu’il n’est point de salut, point de salut.

Parfois entre les rocs blessés
En silence se coule l’or
De l’aurore — on irait encore,
Mais on se sent déjà tué.

Comme si l’aube se blessait
Quand elle déploie sa toile,
Quand elle verse ses eaux de feu
Et t’appelle sous le mont : lève-toi,
Vois les montagnes fracassées flambent!
— Tu Le sens, mais tu ne crois pas en Lui.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Rockwell Kent

 

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BATELIER DE L’ALLIER (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



BATELIER DE L’ALLIER

Batelier de la Loire,
Joli batelier, batelier d’Allier,
Il a tiré au sort,
Au sort et le premier,
Batelier de l’Allier.

L’est parti pour la gloire,
Batelier de la Loire,
Dans les chasseurs à pied,
Batelier de l’Allier.

C’est un beau régiment,
Un régiment de gloire,
Batelier de la Loire,
Un régiment qui plaît,
Batelier de l’Allier.

S’il en revient gradé,
Botté z’à l’écuyère,
Batelier de la Louère,
Sa femme sera fière
De s’aller promener
Le dimanche après dîner,
Batelier de l’Allier.

Un coup de sabre au ventre,
C’est beaucoup moins cherché,
Batelier de la Loire.
Dans la gloire on y entre
Mais n’en sort plus jamais,
Batelier de l’Allier.

Batelier de la Loire,
Y fut tué le premier ;
Mourut à la nuit noire,
Batelier de la Loire.
Tout seul dans un hallier,
Batelier de l’Allier.

Buvons à sa mémoire,
Bateliers de la Loire,
Un coup de muscadet,
Bateliers de l’Allier.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Otto Dix

 

 

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Aux époques de détresse et d’improvisation (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



Aux époques de détresse et d’improvisation,
quelques-uns ne sont tués que pour une nuit
et les autres pour l’éternité:
un chant d’alouette des entrailles.

(René Char)

Illustration: Otto Dix

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Cris d’aveugle (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2019



 

Jules Bastien Lepage -

Cris d’aveugle

L’oeil tué n’est pas mort
Un coin le fend encor
Encloué je suis sans cercueil
On m’a planté le clou dans l’oeil
L’oeil cloué n’est pas mort
Et le coin entre encor

Deus misericors
Deus misericors
Le marteau bat ma tête en bois
Le marteau qui ferra la croix
Deus misericors
Deus misericors

Les oiseaux croque-morts
Ont donc peur à mon corps
Mon Golgotha n’est pas fini
Lamma lamna sabacthani
Colombes de la Mort
Soiffez après mon corps

Rouge comme un sabord
La plaie est sur le bord
Comme la gencive bavant
D’une vieille qui rit sans dent
La plaie est sur le bord
Rouge comme un sabord

Je vois des cercles d’or
Le soleil blanc me mord
J’ai deux trous percés par un fer
Rougi dans la forge d’enfer
Je vois un cercle d’or
Le feu d’en haut me mord

Dans la moelle se tord
Une larme qui sort
Je vois dedans le paradis
Miserere, De profundis
Dans mon crâne se tord
Du soufre en pleur qui sort

Bienheureux le bon mort
Le mort sauvé qui dort
Heureux les martyrs, les élus
Avec la Vierge et son Jésus
O bienheureux le mort
Le mort jugé qui dort

Un Chevalier dehors
Repose sans remords
Dans le cimetière bénit
Dans sa sieste de granit
L’homme en pierre dehors
A deux yeux sans remords

Ho je vous sens encor
Landes jaunes d’Armor
Je sens mon rosaire à mes doigts
Et le Christ en os sur le bois
A toi je baye encor
O ciel défunt d’Armor

Pardon de prier fort
Seigneur si c’est le sort
Mes yeux, deux bénitiers ardents
Le diable a mis ses doigts dedans
Pardon de crier fort
Seigneur contre le sort

J’entends le vent du nord
Qui bugle comme un cor
C’est l’hallali des trépassés
J’aboie après mon tour assez
J’entends le vent du nord
J’entends le glas du cor

(Tristan Corbière)

Illustration: Jules Bastien Lepage

 

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