Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘tuer’

QUE FAIS-TU DANS CETTE VILLE ? (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2020



Que fais-tu
Dans cette ville
Avec moi
Avec eux ?
Tu es trop belle

Sous leur rempart
Dans leurs portes
Nous nous cachons
Beauté amère
Tu es le vent et l’écume et l’odeur inouïe de la mer

Tu couronnes les rues et les flamboiements
Et tous ceux-là qui se remuent la ville
Et s’ils montent en foule
Tu es leur couronne

Entre le soleil qui les écrase
Et eux c’est toi la lumière
Tu es le sable doux aux pieds
Et qu’on oublie tu es le sable

Le regard des enfants
La beauté des jeunes filles
Sont affluents
De ta beauté d’orage et de torrent

Le désir te fait dôme
Le désir est le chemin des hommes
Tu y passes

La haine des femmes
Qui veulent te détruire
S’ouvre devant la proue de ta beauté
Oui tu les fends
Sur elles tu marches et tu avances
Ce qui les ronge est l’innocence
De ta beauté incessante

En rue
Tu es
Un diamant
Et nul n’ose y toucher
S’y brûler

Chez moi
Ton secret est meilleur
Ah ! s’ils savaient que tu te réserves
Ils te tueraient dans la rue
Et je te cache dans une étoffe
Modeste et trompeuse.

(Pierre Morhange)


Illustration: Leonid Afremov

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



Illustration: Charles de Groux
    
NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE

Les cloches essèment au vent
La joi’ de leur carillonnée,
Qui vient me surprendre, rêvant,
Dans le coin de ma cheminée ;
Noël ! Noël ! c’est aujourd’hui
Que Jésus vint sur sa litière,
Noël ! mon ventre a tressailli
Sous les plis de ma devantière.

O toi qui vas, dans mon sabot,
Me descendre, avec un petiot,
De la misère et de la peine,
Noël ! Noël ! si ça se peut
Attends encore ! Attends un peu ! …
Attends jusqu’à l’année prochaine !

Noël ! Noël !cette anné’-ci
Le froid tua les blés en germe,
Tous nos ceps ont été roussis ;
Le « jeteux d’sorts », sur notre ferme,
A lancé son regard mauvais
Qui fait que sont « péri’s » mes bêtes,
Que mes pigeons se sont sauvés
Et que mon homme perd la tête.

Tous mes gros sous, à ce train-là,
Ont filé de mon bas de laine,
Quand reviendront ? Je ne sais pas !
Mais, à la récolte prochaine,
J’espère voir les blés meilleurs
Et meilleure aussi la vendange,
Pour mon bonheur et le bonheur
De l’enfant dont j’ourle les langes.

(Gaston Couté)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A Nos Actes Manqués (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




A Nos Actes Manqués

A tous mes loupés, mes ratés, mes vrais soleils
Tous les chemins qui me sont passés à côté
A tous mes bateaux manqués, mes mauvais sommeils
A tous ceux que je n’ai pas été

Aux malentendus, aux mensonges, à nos silences
A tous ces moments que j’avais cru partager
Aux phrases qu’on dit trop vite et sans qu’on les pense
A celles que je n’ai pas osées
A nos actes manqués

Aux années perdues à tenter de ressembler
A tous les murs que je n’aurais pas su briser
A tout c’que j’ai pas vu tout près, juste à côté
Tout c’que j’aurais mieux fait d’ignorer

Au monde, à ses douleurs qui ne me touchent plus
Aux notes, aux solos que je n’ai pas inventés
Tous ces mots que d’autres ont fait rimer et qui me tuent
Comme autant d’enfants jamais portés
A nos actes manqués

Aux amours échouées de s’être trop aimé
Visages et dentelles croisés justes frôlés
Aux trahisons que j’ai pas vraiment regrettées
Aux vivants qu’il aurait fallu tuer

A tout ce qui nous arrive enfin, mais trop tard
A tous les masques qu’il aura fallu porter
A nos faiblesses, à nos oublis, nos désespoirs
Aux peurs impossibles à échanger

A nos actes manqués
(Jean-Jacques Goldman)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La rouille (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2019



Elle fait mal aux charnières
mal aux morts mal à la scie
et mal aux vieilles prières
elle tue le sabre aussi

Rampe et jamais ne s’enlise
elle est l’eau elle est le feu
elle est déjà dans la brise
au premier souffle de Dieu

Mieux que rage mieux que foudre
elle est la crasse du ciel
et passerelle de poudre
entre l’abeille et le miel

Je sens bien sa langue brune
à chaque tour de mon sang
à grands efforts sur l’enclume
mon coeur lui forge des dents.

(Henri Gougaud)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

On se souvient (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019



On se souvient : la bulle d’or de notre joie
Montait montait sans fin c’était toujours avril
Maintenant chaque jour il neige sur la ville
Les murs sont recouverts de crachats et de signes
Demain on tue on brûle on cingle dans le froid
Vers les châteaux de viande les fleuves d’eau-de-vie
Toute bue l’avalanche des éclairs et du sang.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Question d’un enfant à un paysan (Jean-Marc Soriano)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Question d’un enfant à un paysan :
– A-t-elle mal la vache quand on la tue ?
Réponse très intelligente :
– C’est une bête…

(Jean-Marc Soriano)

 

Recueil: Une nuit de 7 jours
Traduction:
Editions: Petitfleur

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ILS ONT TUÉ TROIS PETITES FILLES… (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2019



 

Sophie Anderson-« Un nouvel ami »

ILS ONT TUÉ TROIS PETITES FILLES…

Ils ont tué trois petites filles
Pour voir ce qu’il y a dans leur coeur.

Le premier était plein de bonheur;
Et partout où coula son sang,
Trois serpents sifflèrent trois ans.

Le deuxième était plein de douceur,
Et partout où coula son sang,
Trois agneaux broutèrent trois ans.

Le troisième était plein de malheur,
Et partout où coula son sang,
Trois archanges veillèrent trois ans.

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: Sophie Anderson

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA BEAUTÉ (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2019



 

LA BEAUTÉ
A Roger Toulouse.

La beauté chaque nuit s’absente
La beauté nous ferme les yeux
Chacun s’emmure dans son corps
Et leste ses mots les plus chers
Avec le plomb des vieux remords
La nuit plus longue que l’espoir
La nuit plus courte qu’un baiser
La nuit morcelle le sommeil
En jours entiers qu’il faut tuer
Qu’on tue avec des mains d’étoupe
Et des couteaux mal aiguisés
Des jours qui sont à tout le monde.

(Jean Rousselot)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Aujourd’hui (Alain Veinstein)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2019




    
Aujourd’hui

Tout cela est très ancien,
de la vieille histoire,
des fils noués pour tuer le temps
à force d’attendre
devant le rideau baissé,
les yeux rivés sur le rouge
sans voir que je me heurte à un mur,
que toutes les issues sont fermées,
qu’il n’y a pas de scène possible.

Je suis l’amant aux bras
maintenus derrière le dos,
poings liés,
pour l’empêcher de serrer son amour
contre sa poitrine.

(Alain Veinstein)

 

Recueil: Voix seule
Traduction:
Editions: Seuil

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LUI ET MOI (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2019



LUI ET MOI

Grande oreille est-ce lui
celui que je ne veux pas tuer
il a faim quand j’ai faim
il vient quand je m’en vais
il danse quand je danse
il tue qui je tue
je cherche l’ajoutée
il cherche l’ajoutée
liane silence est enroulée
eau et eau
deux mains
LUI ET MOI

(Pierre Albert-Birot)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :