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Cendrillon (Téléphone)(Louis Bertignac)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020




    
Cendrillon

Cendrillon pour ses vingt ans
Est la plus jolie des enfants
Son bel amant, le prince charmant
La prend sur son cheval blanc
Elle oublie le temps
Dans ce palais d’argent
Pour ne pas voir qu’un nouveau jour se lève
Elle ferme les yeux et dans ses rêves
Elle part, jolie petite histoire (x2)

Cendrillon pour ses trente ans
Est la plus triste des mamans
Le prince charmant a foutu l’camp
Avec la belle au bois dormant
Elle a vu cent chevaux blanc
Loin d’elle emmener ses enfants

Elle commence à boire
A traîner dans les bars
Emmitouflée dans son cafard
Maintenant elle fait le trottoir

Elle part, jolie petite histoire (x2)

Dix ans de cette vie ont suffit
A la changer en junkie
Et dans un sommeil infini
Cendrillon veut voit finir sa vie
Les lumières dansent
Dans l’ambulance
Mais elle tue sa dernière chance
Tout ça n’a plus d’importance
Elle part
Fin de l’histoire

Notre père qui êtes si vieux
As-tu vraiment fais de ton mieux
Car sur la terre et dans les cieux
Tes anges n’aiment pas devenir vieux

(Téléphone)(Louis Bertignac)

 

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Petites Vies (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



Petites Vies

Broyez-la… ce n’est qu’une guêpe.
Cueillez-le… ce n’est qu’un muguet.
Encagez-le… ce n’est qu’un merle.
Tuez-le… ce n’est qu’un orvet.

Savez-vous la raison profonde
De ces petites vies
Et de quels poids est pour le monde
L’injuste mort d’une fourmi?

(Maurice Carême)


Illustration

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Jiang et Han (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



Illustration: Georges Rouault
    
Jiang et Han

Sur le Jiang et la Han, l’exilé rêve du retour
— Un lettré démuni perdu au coeur de l’univers

Frêle nuage : toujours plus loin, en compagnie du ciel
Longue nuit : toujours plus seul aux côtés de la lune

Face au soleil couchant, un coeur qui brûle encore
Dans le vent automnal, d’anciens maux presque guéris

Au temps jadis, on ne tuait pas le vieux cheval :
Il avait d’autres dons que de parcourir les routes !

(Du Fu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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MADRIGAL (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2020



Illustration: Anne-Marie Zylberman
    
MADRIGAL

Faut-il crier chérie
puisque j’entends qu’on veut vous tuer
à petits coups avec des mots
des petits sourires des clins d’oeil

Faut-il crier mon amour
puisqu’on vous étouffe peu à peu
avec des mots tendres comme les oeufs
avec des souvenirs d’enfance

Faut-il crier petite fille
puisqu’on vous assassine gentiment
en vous berçant en vous souriant
en vous jouant les airs connus

Je crie je crie et je crierai
comme crient les paralysés
les lépreux les intouchables
les enfants malades

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Un coeur malade (David Marino)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2020



Un coeur malade

Les eaux
Des tombeaux
Viennent
Avec haine,
Tuer,
Mutiler
Les Cygnes
Majestueux

Les Signes
Des Cieux
Se plaisent
Dans les peurs
Qui pèsent
Dans nos coeurs.

(David Marino)


Illustration

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LA MORT S’EST COUCHÉE… (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



 

Zdzislaw Beksinski 523_beksinski_00

LA MORT S’EST COUCHÉE…

La mort s’est couchée sur mon coeur,
Mais sous le rocher le feu brûle encore;
Tu peux vociférer, m’oppresser, me tuer,
Moi, je me soulèverai.

L’autel d’or parmi les pierres grises,
Je sais qui l’a détruit;
Et moi je le rebâtis par la résurrection,
Moi, je me soulèverai.

La mort s’est couchée sur mon coeur.
Elle pensait que je me briserais.
Mais l’esprit qui m’habite jusqu’à l’ultime jour
Criera : moi, je me soulèverai!

(Srecko Kosovel)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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La Veuve (Jules Jouy)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2020




    
La Veuve

La Veuve, auprès d’une prison,
Dans un hangar sombre demeure.
Elle ne sort de sa maison
Que lorsqu’il faut qu’un bandit meure.
Dans sa voiture de gala
Qu’accompagne la populace
Elle se rend, non loin de là,
Et, triste, descend sur la place.

Avec des airs d’enterrement,
Qu’il gèle, qu’il vente ou qu’il pleuve,
Elle s’habille lentement,
La Veuve.

Les témoins, le prêtre et la loi
Voyez, tout est prêt pour la noce ;
Chaque objet trouve son emploi :
Ce fourgon noir, c’est le carrosse.
Tous les accessoires y sont :
Les deux chevaux pour le voyage
Et le grand panier plein de son :
La corbeille de mariage.

Alors, tendant ses longs bras roux,
Bichonnée, ayant fait peau neuve,
Elle attend son nouvel époux,
La Veuve.

Voici venir le prétendu
Sous le porche de la Roquette.
Appelant le mâle attendu,
La Veuve, à lui s’offre, coquette.
Tandis que la foule, autour d’eux,
Regarde frissonnante et pâle,
Dans un accouplement hideux,
L’homme cracher son dernier râle.

Car les amants, claquant du bec,
Tués dès la première épreuve,
Ne couchent qu’une fois avec
La Veuve.

Tranquille, sous l’œil du badaud,
Comme, en son boudoir, une fille,
La Veuve se lave à grande eau,
Se dévêt et se démaquille.
Impassible, au milieu des cris,
Elle retourne dans son bouge,
De ses innombrables maris
Elle porte le deuil en rouge.

Dans sa voiture se hissant,
Goule horrible que l’homme abreuve,
Elle rentre cuver son sang,
La Veuve.

Voici venir le prétendu
Sous le porche de la Roquette.
Appelant le mâle attendu,
La Veuve, à lui s’offre, coquette.
Tandis que la foule, autour d’eux,
Regarde frissonnante et pâle,
Dans un accouplement hideux,
L’homme cracher son dernier râle.

Car les amants, claquant du bec,
Tués dès la première épreuve,
Ne couchent qu’une fois avec
La Veuve.

Tranquille, sous l’œil du badaud,
Comme, en son boudoir, une fille,
La Veuve se lave à grande eau,
Se dévêt et se démaquille.
Impassible, au milieu des cris,
Elle retourne dans son bouge,
De ses innombrables maris
Elle porte le deuil en rouge.

Dans sa voiture se hissant,
Goule horrible que l’homme abreuve,
Elle rentre cuver son sang,
La Veuve.

(Jules Jouy)

 

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La chanson de Marie-des-anges (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2020




    
La chanson de Marie-des-anges

Y avait un’fois un pauv’gas,
Et lon la laire,
Et lon lan la,
Y avait un’fois un pauv’gas,
Qu’aimait cell’qui n’l’aimait pas.

Elle lui dit : Apport’moi d’main
Et lon la laire,
Et lon lan la,
Elle lui dit : Apport’moi d’main
L’cœur de ta mèr’ pour mon chien.

Va chez sa mère et la tue
Et lon la laire,
Et lon lan la,
Va chez sa mère et la tue,
Lui prit l’cœur et s’en courut.

Comme il courait, il tomba,
Et lon la laire,
Et lon lan la,
Comme il courait, il tomba,
Et par terre l’cœur roula.

Et pendant que l’cœur roulait,
Et lon la laire,
Et lon lan la,
Et pendant que l’cœur roulait,
Entendit l’cœur qui parlait.

Et l’cœur lui dit en pleurant,
Et lon la laire,
Et lon lan la,
Et l’cœur lui dit en pleurant :
T’es-tu fait mal mon enfant ?  »

(Jean Richepin)

 

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QUE FAIS-TU DANS CETTE VILLE ? (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2020



Que fais-tu
Dans cette ville
Avec moi
Avec eux ?
Tu es trop belle

Sous leur rempart
Dans leurs portes
Nous nous cachons
Beauté amère
Tu es le vent et l’écume et l’odeur inouïe de la mer

Tu couronnes les rues et les flamboiements
Et tous ceux-là qui se remuent la ville
Et s’ils montent en foule
Tu es leur couronne

Entre le soleil qui les écrase
Et eux c’est toi la lumière
Tu es le sable doux aux pieds
Et qu’on oublie tu es le sable

Le regard des enfants
La beauté des jeunes filles
Sont affluents
De ta beauté d’orage et de torrent

Le désir te fait dôme
Le désir est le chemin des hommes
Tu y passes

La haine des femmes
Qui veulent te détruire
S’ouvre devant la proue de ta beauté
Oui tu les fends
Sur elles tu marches et tu avances
Ce qui les ronge est l’innocence
De ta beauté incessante

En rue
Tu es
Un diamant
Et nul n’ose y toucher
S’y brûler

Chez moi
Ton secret est meilleur
Ah ! s’ils savaient que tu te réserves
Ils te tueraient dans la rue
Et je te cache dans une étoffe
Modeste et trompeuse.

(Pierre Morhange)


Illustration: Leonid Afremov

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NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



Illustration: Charles de Groux
    
NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE

Les cloches essèment au vent
La joi’ de leur carillonnée,
Qui vient me surprendre, rêvant,
Dans le coin de ma cheminée ;
Noël ! Noël ! c’est aujourd’hui
Que Jésus vint sur sa litière,
Noël ! mon ventre a tressailli
Sous les plis de ma devantière.

O toi qui vas, dans mon sabot,
Me descendre, avec un petiot,
De la misère et de la peine,
Noël ! Noël ! si ça se peut
Attends encore ! Attends un peu ! …
Attends jusqu’à l’année prochaine !

Noël ! Noël !cette anné’-ci
Le froid tua les blés en germe,
Tous nos ceps ont été roussis ;
Le « jeteux d’sorts », sur notre ferme,
A lancé son regard mauvais
Qui fait que sont « péri’s » mes bêtes,
Que mes pigeons se sont sauvés
Et que mon homme perd la tête.

Tous mes gros sous, à ce train-là,
Ont filé de mon bas de laine,
Quand reviendront ? Je ne sais pas !
Mais, à la récolte prochaine,
J’espère voir les blés meilleurs
Et meilleure aussi la vendange,
Pour mon bonheur et le bonheur
De l’enfant dont j’ourle les langes.

(Gaston Couté)

 

 

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