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Poésie

Posts Tagged ‘tueur’

Aux modernes (Charles Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



argent 

Aux modernes

Vous vivez lâchement, sans rêve, sans dessein,
Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde,
Châtrés dès le berceau par le siècle assassin
De toute passion vigoureuse et profonde.

Votre cervelle est vide autant que votre sein,
Et vous avez souillé ce misérable monde
D’un sang si corrompu, d’un souffle si malsain,
Que la mort germe seule en cette boue immonde.

Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin
Où, sur un grand tas d’or vautrés dans quelque coin,
Ayant rongé le sol nourricier jusqu’aux roches,

Ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits,
Noyés dans le néant des suprêmes ennuis,
Vous mourrez bêtement en emplissant vos poches.

(Charles Leconte de Lisle)

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On ne s’y reconnaît plus (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Illustration: Lucie Llong
    
On ne s’y reconnaît plus
entre amoureux et tueurs

trop d’empreintes digitales
sur la peau des passions
trop d’emprises dessinées
sur la tendresse des chairs
trop de signes possessifs
sur les corps abandonnés

Portons des gants pour étreindre
et même pour caresser

ou ne touchons plus à rien

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Caïn (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



Illustration: Marc Chagall
    
Caïn reste mon frère
il est la terre
qui me nourrit
d’incertitude

Le soir je sens
remuer en moi
ses mains de tueur

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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PERSAN (Jean-Luc Caizergues)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017




    
PERSAN

La porte s’ou
vre et le tueur
se plante dans
l’entrée.

Énorme et hale
tant il scrute
longuement la
petite

pièce. Un tapis
est roulé dans
un coin, moi
dedans.

(Jean-Luc Caizergues)

 

Recueil: La plus grande civilisation de tous les temps
Traduction:
Editions: Flammarion

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LE VISAGE (Edwin Muir)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



LE VISAGE

Regardez-moi avec toutes les terreurs de mon destin,
Les épaves rouillées qui pourrissent dans mes océans,
Et l’ovale impassible de mon visage
Qui suit vaguement les usages de la lune
Et complait inexplicablement par sa forme
Simple ornement fugace de l’os anguleux.

J’aurais dû porter un masque de terreur, dissuader
Effrayer l’espoir et la foi,
À moitié chair, à moitié champ de bataille et d’ornières.
Au contraire, je suis mer estivale, souriante
Endormie tandis que le soleil, de l’une à l’autre
De mes rives et les tueurs à forme d’étoiles s’empiffrent et jouent.

***

The Face

See me with all the terrors on my roads,
The crusted shipwrecks rotting in my seas,
And the untroubled oval of my face
That alters idly with the moonlike modes
And is unfathomably framed to please
And deck the angular bone with passing grace.

I should have worn a terror-mask, should be
A sight to frighten hope and faith away.
Half charnel field, half battle and rutting ground.
Instead I am a smiling summer sea
That sleeps while underneath from bound to bound
The sun- and star-shaped killers gorge and play.

(Edwin Muir)

Illustration: Constantin Brancusi

 

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L’hiver, tueur d’oiseaux (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration: Mathieu Triolet

    

« L’hiver, tueur d’oiseaux », disait Eschyle.
Qui écrira jamais
le mirologue des mésanges?

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: Trois ménologues
Editions: Cheyne

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Tu ne sauras jamais qui je suis (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2016



tu ne sauras jamais qui je suis
dit l’enfant je passe mon chemin
je vais vers les prairies lointaines,
où l’herbe chante à minuit près des saules
qui pleurent car c’est ainsi
que s’ouvre à mon coeur la musique fidèle
et que le monde enfin commence à vivre
et que je commence à mourir
tu ne me verras pas vieillir
ni ne reconnaîtras mon ombre
adossée au talus là où le sentier noir
se perd dans un fouillis d’épines
et les étoiles des compagnons blancs

tu as beau regarder sans cesse derrière
toi comme si tu craignais l’orage
et que tu te hâtais poursuivi par l’éclair
jamais tu ne surprendras mon sourire
tendrement cruel comme celui d’un tueur triste

(Jean-Claude Pirotte)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Mélusine Thiry

 

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