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Le soleil fond et se liquéfie (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2019



    

Le soleil fond et se liquéfie, se déverse sur les dômes
et les tuiles, dans un marécage magnifique de toits
abondants,
dans un abondant marécage de toitures
magnifiques.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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RETENUE (Paul de Roux)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2019



Illustration
    
RETENUE

Peut-être y a-t-il des choses
que tu ne voudrais pas dire pour ne pas les épuiser,
pour les retrouver encore une fois
dans cette lumière et dans cette fraîcheur, t’exclamant :

Comment pourrais-je avec des mots rivaliser
avec ces arbres, ces tuiles, ces pierres, les gestes de cette main ? »

tu préfères rester sur ta faim,
tu préfères garder l’amour intact
et toujours un peu souffrant.

(Paul de Roux)

 

Recueil: Paysage en cours
Traduction:
Editions: Atelier La Feugraie

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HIVER BLANC (Jacqueline Commard)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



HIVER BLANC

La margelle du puits déroule son tapis
De laine de nuage à la blancheur d’albâtre
Un moineau égaré, dans un coin se tapit
Tandis qu’une fumée, mollement, sort de l’âtre.

Les toits éclaboussés de larmes hivernales
Pleurent de tout leur soûl les chagrins de la nuit
Et festonnent les tuiles de perles de cristal.
Accrochées ça et là dans les ombres qui fuient.

La rivière est miroir … les chemins sont d’hermine !
Les arbres de noël ont envahi les prés !
Les pommiers dépouillés qui faisaient triste mine
Se sont enjolivés de robes sans apprêt.

En ce joli matin d’hiver éblouissant
Où le jour et la nuit se font « guerre en dentelle »
Des flocons de duvet animent en dansant
Ce merveilleux tableau digne d’une aquarelle !

Et ce petit village, éternel inconnu
Devient soudainement une œuvre de Grand Maître !
Miracle des saisons … Décor tombé des nues …
Fasciner un instant ! Doucement disparaître …

(Jacqueline Commard)

 Illustration: Hendrick Avercamp

 

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Grenier (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2018



Illustration
    
Grenier

Odeur de la famille !
Que j’aille me cacher
au grenier qui m’habille
de poudreuse clarté !

Que l’hirondelle crie
Que le chat me vienne voir,
la lucarne est emplie
de ciel et de silence

Ou si l’averse inonde
les tuiles murmurantes
que j’entre dans un monde
tout protégé d’absence.

Charbon du crépuscule,
l’ange t’apporte à moi !
J’entends le vent léger
qui marche sur le toit.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Le monde absent
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pluie (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018



Illustration
    
Pluie
qui dit l’abri
le besoin d’attendre

Avec dans le silence
un petit bruit de tuiles
pour écouter plus fort

(Werner Lambersy)

 

Recueil: L’éternité est un battement de cils
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Orage (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



orage
Des entrailles du ciel se rue la foudre,
fourgonne, tombe…
Les gouttes chaudes.
La grosse averse tendre.
Clavier des tuiles dans la chambre,
puis le ruissellement sans fin, le chaos…
Déjà tout près, les rais du soleil
départagent la montagne et le jardin,
tout recomposent.

(André Frénaud)

Illustration: Jean Martin

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Crépuscule (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018



Crépuscule

Le mouvement des branches rythme
La valse des étoiles
Dans le froid du soir
Les lampes éclairent les vitres
Et les projettent sur la rivière
Où le toit rit de toutes ses tuiles.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Dès l’aube (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018




    
Dès l’aube tout est dit :
les pas que nous ferons,
l’herbe en porte déjà
la trace, et nos paroles,

la brume en use le tranchant
sur le sein des collines,
l’échine bleue de la rivière
les tuiles cassées par le gel

et sur les trois notes inlassables
du merle dans le cerisier
qui émerge. Tout est dit,
mais le plus dur nous reste :

trouver la juste dédicace.

(Guy Goffette)

 

Recueil: L’adieu aux lisières
Traduction:
Editions: Gallimard

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VILLE HAUTE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration: Duccio di Buoninsegna
    
VILLE HAUTE

Des robes à la nuit sont bâties
par d’indociles ouvrières
aux voix vives
à l’odeur de chairs actuelles
au milieu de pierres usées.
Au jour on reverra encore
grilles, piliers, tourelles,
tuiles jaunes, murs fissurés
dans la clarté d’une cité
édifiée au haut d’un rocher
contemplation des voyageurs.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA TIMIDITÉ (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018




LA TIMIDITÉ

Je sus à peine, être esseulé, que j’existais
et que je pourrais vivre ainsi cahin-caha,
que j’eus peur de cela même : la vie;
je voulus qu’on ne me vit pas,
qu’on ignorât mon existence.
Et je devins maigreur, pâleur, absence,
je ne voulus pas parler : il ne fallait pas
qu’on reconnût ma voix, je ne voulus pas voir
pour ne pas être vu,
je frôlai les murs en marchant :
j’étais une ombre aux pas glissants.

J’aurais bien mis des vêtements
de tuiles cassées, de fumée,
pour rester là, mais invisible,
pour être en tout présent, mais à distance,
et garder mon obscure identité
fixée au rythme du printemps.

Un visage de fille, le choc pur
d’un rire qui fendait le jour en deux
comme une orange en deux moitiés,
et je changeais de rue,
avide de vivre et craintif,
proche de l’eau sans en boire le froid,
proche du feu sans en baiser la flamme,
un masque d’orgueil me couvrit
et je fus mince et belliqueux comme une lance,
ne prêtant l’oreille à personne
— car je m’y opposais —
ma plainte
murée
comme le cri d’un chien blessé
au fond d’un puits.

(Pablo Neruda)

 

 

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