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Poésie

Posts Tagged ‘tunnel’

Ivresse de lumière (Mahmoud Darwich)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018


tunnel

 

Que la paix soit sur celui qui partage
Mon ivresse de lumière, la lumière du papillon
Dans la nuit de ce tunnel.

(Mahmoud Darwich)

 

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Trappe (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



Trappe

Il suffit de soulever la barre
pour vous faire accéder
à un autre niveau

Il suffit de descendre
au long de cette rampe
et l’on atteint le royaume des cavernes

Il suffit de grimper
au long de cette corde tendue
et le panorama jaillit dans la lumière

Il suffit de ramper au long
de ce tunnel pour atteindre
la liberté de l’autre côté des murailles

Il suffit de nager dans ce fleuve profond
pour que le sang de la jeunesse
irrigue à nouveau notre corps fané

(Michel Butor)

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Tunnel ferroviaire (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018



Tunnel ferroviaire, trop sombre
pour que j’écrive: que
« les hommes sont ignorants »

***

Train tunnel, too drak
for me to write: that
« Men are ignorant »

(Jack Kerouac)

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Quand le vent force les fenêtres (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018



pluie

Quand le vent force les fenêtres,
annoncé par tant de portes, tant de forêts battantes,
et que le soir passe sa tête
dans ce qui reste, immobile et défiguré,
Quand la rue s’accroche aux lumières qui, d’un seul coup, tirent à elles tout le ciel,
lourdes du feu qui s’écoule des carreaux, étranges prisonniers au long des villes,
il faut dominer l’amour, le dénuder
du sang qui en fait une soif sans remède,
le jeter aux gueules du sexe
comme un vivant qui s’éveille en plein incendie,
il faut oublier les mots trop tendres
qui tremblent dans la bouche comme des feuilles
et, crispé sur la chair comme les racines autour de la terre,
il faut fermer la femme à la clarté du jour.
Dans la ville, que le soir rassemble en hâte autour des murs, autour des lampes livides,
la pluie tombe, transpercée de vent et le monde comme un tunnel rampe dans la nuit.

(Lucien Becker)

 Illustration

 

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Toi rien que toi (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2017



Illustration: Montserrat Gudiol
    
Toi rien que toi
la vie continue sans raison.

La mort raisonnable regarde mon sang
qui court pour vivre dans son tunnel
et mon coeur
qui se détruit à t’aimer.

Car je t’aime
car je ne veux vivre encore un peu
que pour une fois encore
sceller mes yeux, mes mains
et tout mon corps
à ton image chaude et nue.

Car je t’aime
ma folie s’est partagée
comme un oiseau de foudre
dont l’aile éclatante t’éclaire
cependant que les griffes brûlantes
remplacent mes veines.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Il n’y a pas d’obscurité (Ananda Devi)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



Il n’y a pas d’obscurité: il y a un tunnel qui perce le noir d’un appel d’air

Il n’y a pas de désespoir: il y a une voie qui mène, brute et dévoyée, vers une pulsation de lumière

Il n’y a pas seulement de la violence, il y a, sous les rochers, une anfractuosité où se blottit

une sorte de paix.

Est-ce bien moi qui écris ceci?

Le passage du noir est ardu mais la lumière que dégage la neige en ce décembre froid est bien plus vaste que celle du jour

Et dans mes yeux s’ouvre enfin un peu de bleu.

(Ananda Devi)

Découvert chez Lara ici

Illustration: ArbreaPhotos

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LES DIMENSIONS DU REGARD (II) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

LES DIMENSIONS DU REGARD (II)

Reposant sur le socle des toits,
le bleu de l’air reste à l’avant du ciel.
Il touche parfois la terre
dans le regard des nouveau-nés.

L’existence n’a pas de rebord.
Elle donne à même le vide
et nombreux sont ceux qui en tombent
sans avoir le temps de voir d’où vient le soleil.

Les paysages sont tout seuls dans la verdure et la clarté
loin des villes que l’homme ne peut quitter
parce que ses pas sont inscrits d’avance
dans toutes les rues où sa statue bouge.

Sa vie tâtonne dans un tunnel
au flanc duquel des visages de femmes
posent une lueur vite dépassée par l’ombre
qui recouvre en lui toutes les sources du jour.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Y’a de la joie (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017


Y a d’la joie bonjour bonjour les hirondelles
Y a d’la joie dans le ciel par dessus le toit
Y a d’la joie et du soleil dans les ruelles
Y a d’la joie partout y a d’la joie

Tout le jour, mon cœur bat, chavire et chancelle
C’est l’amour qui vient avec je ne sais quoi
C’est l’amour bonjour bonjour les demoiselles
Y a d’la joie partout y a d’la joie

Le gris boulanger bat la pâte à pleins bras
Il fait du bon pain du pain si fin que j’ai faim
On voit le facteur qui s’envole là-bas
Comme un ange bleu portant ses lettres au Bon Dieu

Miracle sans nom à la station Javel
On voit le métro qui sort de son tunnel
Grisé de soleil, de chansons et de fleurs
Il court vers le bois, il court à toute vapeur

Y a d’la joie la tour Eiffel part en balade
Comme une folle elle saute la Seine à pieds joints
Puis elle dit: « Tant pis pour moi si je suis malade
Je m’embêtais toute seule dans mon coin »

Y a d’la joie le percepteur met sa jaquette
Plie boutique et dit d’un air très doux, très doux
« Bien le bonjour, pour aujourd’hui finie la quête
Gardez tout Messieurs, gardez tout »

Mais voilà que soudain je m’éveille dans mon lit
Donc j’avais rêvé, oui, car le ciel est gris
Il faut se lever, se laver, se vêtir
Et ne plus chanter si l’on n’a plus rien à dire

Mais je crois pourtant que ce rêve a du bon
Car il m’a permis de faire une chanson
Chanson de printemps, chansonnette d’amour
Chanson de vingt ans, chanson de toujours.

Y a d’la joie bonjour bonjour les hirondelles
Y a d’la joie dans le ciel par dessus le toit
Y a d’la joie et du soleil dans les ruelles
Y a d’la joie partout y a d’la joie

Tout le jour, mon cœur bat, chavire et chancelle
C’est l’amour qui vient avec je ne sais quoi
C’est l’amour bonjour les demoiselles
Y a d’la joie partout y a d’la joie

(Charles Trenet)


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Les champs sont noir (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



Illustration: Abraham Poincheval 
    
Les champs sont noirs comme la bouche d’un tunnel
Ne quitte pas cette route qui vient des villes :
Le calme a des bordures qui cèdent comme des trappes.
Ne lève pas la main pour toucher le ciel bas.

Les nuages tombent de l’autre côté du monde,
lourds comme des forêts enfermées dans le vent,
larges comme les plaines qu’ils étouffent
et les pierres montrent les débris de chair de la terre.

Quelles douces mains s’accouvent sur nos fronts,
sous quels beaux miroirs se plaignent nos mémoires ?
Quand la pluie tombe, un grand fond de détresse
fait vaciller la joie qui monte dans l’homme.

Un geste indifférent résume le passé,
le coeur en battant a peur de faire du bruit,
la nuit ne peut consoler le cri des sirènes :
le monde est seul comme une bouteille bue.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Homme au fond de ta vie (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Illustration
    
Homme au fond de ta vie comme au fond d’une soute,
noir des nuits d’où tu ne sors que pour te taire
dans un jour que rien ne peut retenir sur la terre,
il n’y a pas de joie pour un peu d’écume dans tes yeux.

Ton front n’est qu’un lambeau de chair
si mal soudé au corps que tes tempes frémissent
comme une blessure qui ne peut se refermer
parce que le sang est derrière, tendu comme un couteau.

La joie ne peut sourdre de ton coeur
parce qu’il est dans ton corps comme un caillou sur les routes.
La joie n’accompagne pas ton rire
parce que ton visage est plus loin, au fond du tunnel.

Tu cherches dans le regard des autres
les raisons qu’ils ont d’exister avec foi
mais chaque regard ne révèle rien de plus
qu’un pan de vitre posé sur la nuit.

Et si une étoile s’allume sur la pluie des pavés,
c’est pour le monde dont tu fais partie
d’une façon si peu sûre que parfois à ta place
il n’y a pas même cet éclat passager.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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