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Poésie

Posts Tagged ‘tunnel’

Parmi de perfides poses (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018




    
Parmi de perfides poses

Visage de la vie essaie un peu tes poses
mets ton masque de Nô
dans le tunnel des paroles
dans l’imprécis dramatique des mains
file ma clarté j’ai déjà compris
le sang s’explique dit la santé
trois veines à gauche le coeur s’arrête
une bouche prouve dans l’air
l’indomptable étalon d’un splendide mystère
je n’ai qu’à tendre la main
je saisis aussitôt le mors et un baudet
ah j’ai honte on me lie de mes torts
je le sais je conviens de mon tort j’ai tort
d’attendre la musique d’attendre le miracle
la joie à sept étages qui m’enlèvera
un jour pour ne plus revenir.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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APERÇU EN PASSANT (Robert Frost)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

fenêtre train

APERÇU EN PASSANT

Quand je voyage, j’aperçois souvent des fleurs,
Dont je n’ai pas le temps de voir ce qu’elles sont.

Je voudrais descendre du train et retourner
Voir, sur le bord de la voie, ce qu’elles étaient.

Je leur prête mille noms, tous faux, j’en suis sûr :
Ce n’étaient pas de grands épilobes des bois,

Des campanules bleues it l’entrée d’un tunnel,
Ni du lupin, ami des sables desséchés.

Mon esprit peut-être a-t-il été effleuré
Par une idée que nul jamais ne trouvera.

Le ciel ne ménage ces aperçus qu’à ceux
Qui ne pourront jamais s’approcher pour mieux voir.

(Robert Frost)

 

 

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Le temps pris dans un filet (Dahlia Ravikovitch)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



Le temps pris dans un filet
Et j’étais de nouveau une de ces petites filles
Qui ont les ongles noirs à force de travailler
Et de construire des tunnels dans le sable.
Là où mes yeux se posaient, je trouvais des bandes pourpres.
De nombreux yeux brillaient comme des perles d’argent.
J’étais à nouveau une de ces petites filles
Qui voyagent en une seule nuit tout autour du monde
Jusqu’en Chine
Jusqu’à Madagascar
Et comme celles qui cassent assiettes et tasses
Par trop d’amour,
Par trop d’amour,
Par trop d’amour.

(Dahlia Ravikovitch)


Illustration: Pierre-Auguste Renoir

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ICI S’ACHÈVE LE CORPS (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




    
ICI S’ACHÈVE LE CORPS

ici s’achève le corps
les paroles cèdent
comme les piliers mal agencés
d’une galerie de mine
elles s’effondrent
et le corps s’achève
de nouveau il faudra
percer les tunnels
de nouveau il faudra que son frisson
soit dit

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

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LE VOYAGE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



 

Andrey Remnev 10) [1280x768]

LE VOYAGE

Çà et là. Seulement un voyage furtif.
Arbre et tour. Et maison. Montagne. Mont.
Froide comme la tristesse. Comme songe muet
Tu t’en vas. Battement lourd et las.

Gare. Buffet. Et les feuilles
S’épanchent des marronniers par-dessus les tables.
Et cette dame-là. Elle est silencieuse et seule.
Un regard. Des feuilles brunes. Impression fugitive.

L’étranger : comme l’automne et comme l’inconnue,
Fuyant et froid. Ici, chez nous, il fait chaud.
Feuilles en vol. Vers les Karawankes
Un tunnel : dans la pénombre son oeil à elle luit.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Andrey Remnev

 

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Ivresse de lumière (Mahmoud Darwich)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018


tunnel

 

Que la paix soit sur celui qui partage
Mon ivresse de lumière, la lumière du papillon
Dans la nuit de ce tunnel.

(Mahmoud Darwich)

 

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Trappe (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



Trappe

Il suffit de soulever la barre
pour vous faire accéder
à un autre niveau

Il suffit de descendre
au long de cette rampe
et l’on atteint le royaume des cavernes

Il suffit de grimper
au long de cette corde tendue
et le panorama jaillit dans la lumière

Il suffit de ramper au long
de ce tunnel pour atteindre
la liberté de l’autre côté des murailles

Il suffit de nager dans ce fleuve profond
pour que le sang de la jeunesse
irrigue à nouveau notre corps fané

(Michel Butor)

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Tunnel ferroviaire (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018



Tunnel ferroviaire, trop sombre
pour que j’écrive: que
« les hommes sont ignorants »

***

Train tunnel, too drak
for me to write: that
« Men are ignorant »

(Jack Kerouac)

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Quand le vent force les fenêtres (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018



pluie

Quand le vent force les fenêtres,
annoncé par tant de portes, tant de forêts battantes,
et que le soir passe sa tête
dans ce qui reste, immobile et défiguré,
Quand la rue s’accroche aux lumières qui, d’un seul coup, tirent à elles tout le ciel,
lourdes du feu qui s’écoule des carreaux, étranges prisonniers au long des villes,
il faut dominer l’amour, le dénuder
du sang qui en fait une soif sans remède,
le jeter aux gueules du sexe
comme un vivant qui s’éveille en plein incendie,
il faut oublier les mots trop tendres
qui tremblent dans la bouche comme des feuilles
et, crispé sur la chair comme les racines autour de la terre,
il faut fermer la femme à la clarté du jour.
Dans la ville, que le soir rassemble en hâte autour des murs, autour des lampes livides,
la pluie tombe, transpercée de vent et le monde comme un tunnel rampe dans la nuit.

(Lucien Becker)

 Illustration

 

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Toi rien que toi (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2017



Illustration: Montserrat Gudiol
    
Toi rien que toi
la vie continue sans raison.

La mort raisonnable regarde mon sang
qui court pour vivre dans son tunnel
et mon coeur
qui se détruit à t’aimer.

Car je t’aime
car je ne veux vivre encore un peu
que pour une fois encore
sceller mes yeux, mes mains
et tout mon corps
à ton image chaude et nue.

Car je t’aime
ma folie s’est partagée
comme un oiseau de foudre
dont l’aile éclatante t’éclaire
cependant que les griffes brûlantes
remplacent mes veines.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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