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Posts Tagged ‘tympan’

C’est peut-être ça que je sens (Samuel Beckett)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018




    
C’est peut-être ça que je sens,
qu’il y a un dehors et un dedans et moi au milieu,

c’est peut être ça que je suis,
la chose qui divise le monde en deux,
d’une part le dehors, de l’autre le dedans,

ça peut être mince comme une lame,
je ne suis ni d’un côté ni de l’autre,
je suis au milieu, je suis la cloison,

j’ai deux faces et pas d’épaisseur,
c’est peut-être ça, que je sens,
je me sens qui vibre,

je suis le tympan,
d’une côté c’est le crâne,
de l’autre le monde,

je ne suis ni de l’un
ni de l’autre.

(Samuel Beckett)

 

Recueil: l’innommable
Traduction:
Editions:

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C’est dans le sommet que j’habite (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
C’est dans le sommet que j’habite,
Où la lumière est crue.
Une herbe tendre comme une croupe.
Paysage masculin, féminin,
Hanté de plaques tournantes,
Autant d’arbres, autant de cadrans
Et personne pour lire l’heure.
C’est avant le déluge
Promis à la destruction,
Détruit avant d’être créé,
Quelque chose comme l’innocence non révélée,
Le bleu clair qui sonne
Dans un air sans tympan,
Un dieu sans visage enfoui dans le cœur de l’arbre,
Mais qui ordonne tout
A partir de l’ombre ou du jour, on ne sait pas.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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C’est dans le sommet que j’habite (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
C’est dans le sommet que j’habite,
Où la lumière est crue.
Une herbe tendre comme une croupe.
Paysage masculin, féminin,
Hanté de plaques tournantes,
Autant d’arbres, autant de cadrans
Et personne pour lire l’heure.

C’est avant le déluge
Promis à la destruction,
Détruit avant d’être créé,
Quelque chose comme l’innocence non révélée,
Le bleu clair qui sonne
Dans un air sans tympan,
Un dieu sans visage enfoui dans le cœur de l’arbre,
Mais qui ordonne tout
A partir de l’ombre ou du jour, on ne sait pas.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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Je salue ton corps d’oiseau prêt au vol (Jean-Dominique Rey)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017




Je salue ton corps d’oiseau prêt au vol
ta couleur d’apsara
descendue des temples aux pierres grèges
ta langueur d’herbe bénie
tes hanches de cyclades
lorsque
le soleil achève
entre les vagues
et le silence du premier matin
sa naissance
rouge

à tes narines rapides
j’offre
l’encens du désir
le copal des marches
ivre de sang

à tes yeux
l’eau tendre
qui sourd des rochers

à l’oreille
cachée sous la forêt
le chant rugueux
de la mémoire

au front
la neige ronde
d’un tympan

aux cils
la sentence
d’une plume tigrée

à tes lèvres
la rumeur
de l’horizon sans trace

là-bas
les moteurs tremblent
entre les vitres
du jour brouillé
près de la pampa
sèche
l’arbre acajou
ruisselle d’ombre
un colibri
remonte à l’envers
le temps
couleur de nuit

(Jean-Dominique Rey)

Illustration: Alan Lee

 

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Le vent et l’homme (Luc Dietrich)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2016



 

Le vent et l’homme

Puis viendra un vent si sec que nos ongles sauteront,
que nos tympans se troueront,
que nos yeux pèleront
et que notre sang deviendra poussière
dans l’intérieur de la machine.

(Luc Dietrich)

Illustration: Martin Schoeller

 

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Choses infinies désirées, nobles visions nées (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2015




Choses infinies désirées, nobles visions nées
D’une pensée désireuse, par naturelle vertu,
Sage harmonie, sur tes mers de délice,
L’esprit mystérieux de l’humanité
Devient pilote hardi … et si la moindre fausse note
Crève le tympan,
Instantanément
Ce paradis est projeté dans le néant.

(Ezra Pound)

Illustration: Henri Matisse

 

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L’éclair (Lucrèce)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2015




L’éclair brille au moment où le choc de la nue
A délivré la flamme en son sein retenue;
C’est ainsi, d’un caillou, déchiré par le fer,
Que l’étincelle sort et s’élance dans l’air.
La foudre emplit les cieux d’une flamme vermeille
Avant que son tonnerre ait frappé notre oreille!
Son éclat, à nos yeux, se peint, au même instant,
Mais le choc au tympan arrive lentement.
Vois de loin l’émondeur dont la hache mutile
De l’arbuste infécond la parure inutile:
Du coup qu’il a porté l’oeil a suivi l’essor,
Les rameaux sont tombés, le bruit chemine encore
D’un vol inégal, la foudre et la lumière
En deux temps différents, suivent leur carrière.

(Lucrèce)

 

 

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RÉPLIQUE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2015



RÉPLIQUE

Un seul oiseau
chante.
L’air multiplie.
Notre tympan est un miroir.

(Federico Garcia Lorca)

 

 

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TENEBRES (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2015



 

Talon Abraxas 1980 - British Surrealist painter - Tutt'Art@ (30) [1280x768]

TENEBRES

Nous marchons sans lanterne
Le sol est plat.
A gauche ondoient les blés
A droit — odeur de cèpes —
Nous suit un petit bois.

Noyaux de nuit plus dense
Un à un détachés
Des peupliers s’avancent
Vers nous pour défiler.

On ne voit pas la route
Où s’enfoncent les pieds
Nuit au ras de la bouche
Mais l’oreille émergée.

A fleur de paysage
S’allume à nos tympans
Un film dont les images
Se heurtent sur l’écran.

On tâtonne. A l’ami
Lointain, la bonté proche
La Parole nous lie
Seule : combien humaine !

Un train à l’infini
Siffle. La chouette ulule.
Monde, étroite cellule,
Plafond de galaxies.

La peur nous ratatine
Mais nous dilate aussi.
On passe des abîmes
Sans remuer d’ici.

Le flair renaît en nous
Aussi fin qu’à l’époque
Où l’homme était un loup.
Ses pistes sont les nôtres.

Des yeux nous en avons
Derrière notre crâne,
Au nez comme aux talons,
Au fer de notre canne

Tout au bout des antennes
Qui précèdent l’esprit
Fouillant la nuit, jumelle
De l’aveugle patrie.

Suivons l’aïeul farouche
L’instinct. Nulle clarté
Sinon quand ma main touche
La tienne, électrisée.

Marchons. La terre écoute.
Par chance de là-bas
Nos coeurs ne se voient pas
Vers luisants sur la route.

(Gyula Illyès)

Illustration: Talon Abraxas

 

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