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Poésie

Posts Tagged ‘un peu’

Pleine lune (Salih Diyab)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2023




    
Pleine lune

J’aurais dû
murmurer ton nom
une soirée durant
pour que ce ciel
s’élargisse un peu

regarder ta voix souffler
de loin pour que
l’obscurité ne revienne
plus remplir mon sommeil

maintenant
ton parfum apparaît
dans un autre jardin
je ne fais rien
j’écoute seulement
la lune de mon remords
entrer dans sa plénitude

***

 

(Salih Diyab)

Recueil: Poésie Syrienne contemporaine
Traduction:de l’Arabe par Saleh Diab
Editions: Le Castor Astral

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La course grinçante de la charrette (Chen Zilong)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2022




Illustration: Shan Sa
    
La course grinçante de la charrette

La vieille charrette pousse ses lamentations stridentes le long du chemin ocre
Et laisse derrière elle des sillons de poussière dans le soir venu.
Un couple l’encadre d’efforts ; il pousse, elle tire.
Où conduiront leurs pas lourds qui les éloignent du foyer ?
La faim ne se laisse pas tromper par les feuilles d’orme que nous mangeons.
Nous espérons une terre qui nous donnera un peu de riz.
La main glacée du vent agite les joncs desséchés.
Mais voilà que surgit au loin une ancienne demeure.
Ils auront peut-être gardé pour l’étranger un coin de table.
La porte est muette, la salle est vide, le feu et la marmite absents.
Ils hésitent sur le seuil ouvert de la route désertée ;
Une pluie de larmes inonde leurs joues creuses.

(Chen Zilong)

(1608-1647)

 

Recueil: Nuages immobiles Les plus beaux poèmes des seize dynasties chinoises
Traduction: Alexis Lavis
Editions: l’Archipel

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Il est vrai que l’on entend dans les chairs (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2022



Illustration: Andrey Kartashov
    
Il est vrai que l’on entend
Dans les chairs
Ces craquements
Ces coups de sonde sous l’armure
Comme de lointains appels

(qui donc écarte ainsi les fibres
pour faire de la place au vide)

Et l’on voit s’affadir
Le regard
Et passer dans l’iris
Sous les cernes des paupières
Toute la blancheur du temps

L’oeil
De plus en plus souvent
Se fixe
Sur moins que rien

Le temps de redonner au coeur
Un peu de son allant

On voudrait bien poser
La chevalée
Et comme finir
Nous pèse

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Sous l’imperturbable clarté Choix de poèmes 1983-2014
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES JOUES (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2022



Illustration: Julie Bernard
    
LES JOUES

Comme je suis plutôt timide,
une fille de ma classe m’a dit :
« Tu es beau comme une fraise. »

Alors, j’ai rougi encore plus,
je me suis écrasé sur ma chaise.
Ces mots-là ne sont pas du sucre.

Mais hier, dans le jardin,
une seule fraise a poussé
au milieu des pâquerettes.

Ce fruit était si vrai à croquer :
je crois qu’elle m’aime un peu,
cette fille, pour me parler ainsi

(Carl Norac)

 

Recueil: Le livre des beautés minuscules / Images de Julie Bernard
Traduction:
Editions: RUE DU MONDE

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Ça m’est égal (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2022



Claude Roy
    
Ça m’est égal

Ça m’est égal d’être un peu mort escamoté dessous la terre du côté de ceux qui
ont tort d’être plus là pour prendre Pair

Ça m’est égal que plus personne sache comment je m’appelai Tant et tant de
téléphones sonnent dans des appartements déserts

Ça m’est égal de ne plus voir gens qui pleurent ni gens qui rient de rien sentir
de rien savoir d’être un peu de rien dans du gris

Mais je voudrais pourtant savoir
si quelque part quelqu’un quand même
se souviendra de mes souvenirs
Ai-je rien oublié de tous ceux que j’aime

Je veux bien partir et être très mort mais mes souvenirs seront-ils en vain
comme au fond des mers les galions pleins d’or dormant dans le noir de l’eau sans chemins

Mais nos souvenirs seront-ils en vain

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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De la fleur ne rien posséder (Gaëlle Josse)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2022



;

   &nbsp
de la fleur ne rien posséder
ni le parfum ni
le satin froissé d’un pétale

de l’aimé ne rien posséder
que le souvenir des caresses
pour une vie à venir

du monde ne rien posséder que
notre nudité au
premier jour et au dernier

entre les deux
la joie les larmes
et le souvenir d’un peu de
douceur

(Gaëlle Josse)

Recueil: et recoudre le soleil
Traduction:
Editions: NOTAB/LIA

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Roseau (Franck Bouysse)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Roseau

Dans la pierre sont
gravés Une date et un
nom Si je m’attarde un
peu A l’orée des grands
bois Le vent souffle la
voix D’une petite fille
Qui joue à la marelle

(Franck Bouysse)

Recueil: Fenêtre sur Terre
Traduction:
Editions: Phébus

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Du feu, Monsieur (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2020




    

Du feu, Monsieur,
Du feu, s’il vous plaît,
Rien qu’un peu de feu.

Vous n’allez pas me laisser sans feu,
Monsieur,

Sans feu, dans cette rue,
Où il n’y a que vous, Monsieur,
Dans cette maudite rue.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Ouvrir
Traduction:
Editions: Gallimard

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Même le vent des pins (Chiyo-ni)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2020



    

Même le vent des pins
baisse un peu la voix
Glycine en fleur

***

松風も小声になるや藤の花
matsu kaze mo / kogoe ni naru ya / fuji no hana

(Chiyo-ni)

 

Recueil: Chiyo-ni Une femme éprise de poésie
Traduction: Grace Keiko / Monique Leroux Serres
Editions: Pippa

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LES BEAUTES QUE LA VIE PRESENTE… (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020




    
LES BEAUTES QUE LA VIE PRESENTE…

Les beautés que la vie présente, éparses,
Il ne faudrait pas les enfouir toutes.
O ta chair criant, ta chair qui frémit,
O les instants trop rares de la joie,
La mer sans île au large et sans falaises
Où viennent se briser les espérances
En vagues s’écroulant l’une sur l’autre.
O ma nuit de ténèbres habitée
Par trop peu d’étoiles pour dissiper
La bruine régnant sur le monde. Et puis
L’inutile faucille de la lune;
Telles des paons, égarées, les comètes;
Dans les cerveaux, ces mulots, les pensers;
Les rêves toujours guettés par les mites,
Et vous, les tristesses, les joies et vous,
Colères, douleurs, et vous les soucis,
Vous, les yeux, les seins, les mains en attente,
Vous, corps enlacés, vous corps délirants,
Toi, rythme du travail, marteau, faucille,
Toi, main fouillant la poche sans argent,
Les routes menant ou non quelque part,
Et le soupir que l’on ne peut dompter
Et tant d’autres choses, dites ou tues,
Même avant d’apparaître disparues,
Et toi, toi qui ne peux t’offrir le temps
Que met l’insecte à gravir un brin d’herbe.
Pourtant, si dans tes chants tu ne mets pas
Un peu de tout cela, plus pauvre encore
Sera ce monde en beautés mal pourvu…
Et non, cela je ne l’ai pas voulu…

(Mihai Beniuc)

 

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