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Poésie

Posts Tagged ‘unanime’

L’intervalle (Nohad Salameh)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2021




    
L’intervalle

[…]

Venus de plus loin que l’enfance
À bout de départs et de retours
De chutes et d’assauts
Nous basculons dans la blancheur unanime
Ni sanglot
Ni amertume
Pas même un bruissements
Mais l’intervalle.

[…]

(Nohad Salameh)

 

Recueil: Voix d’encre 33
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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RYTHMES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2020




    
RYTHMES

Tout débuta
Dans l’arythmie
Le chaos

Des vents erratiques
S’emparaient de l’univers
L’intempérie régna

L’indéchiffrable détonation
Fut notre prologue

Tout fut
Débâcle et dispersion
Turbulences et gaspillage
Avant que le rythme
Ne prenne possession
De l’espace

Suivirent de vastes accords
D’indéfectibles liaisons
Des notes s’arrimèrent
Au tissu du rien
Des courroies invisibles
Liaient astres et planètes

Du fond des eaux
Surgissaient
Les remous de la vie

Dans la pavane
Des univers
Se prenant pour le noyau
La Vie
Se rythma
Se nuança

De leitmotiv
En parade
De reprise
En plain-chant

La Vie devint ritournelle
Fugue Impromptu
Refrain
Se fit dissonance
Mélodie Brisure
Se fit battement
Cadence Mesure

Et se mira
Dans le destin

Impie et sacrilège
L’oiseau s’affranchissait
Des liens de la terre

Libre d’allégeance
Il s’éleva
Au-dessus des créatures
Assujetties aux sols
Et à leurs tyrannies

S’unissant
Aux jeux fondateurs
Des nuages et du vent
L’oiseau s’allia à l’espace
S’accoupla à l’étendue
S’emboîta dans la distance
Se relia à l’immensité
Se noua à l’infini

Tandis que lié au temps
Et aux choses
Enfanté sur un sol
Aux racines multiples
L’homme naquit tributaire
D’un passé indélébile

Le lieu prit possession
De sa chair
De son souffle
Les stigmates de l’histoire
Tatouèrent sa mémoire
Et sa peau

Venu on ne sait d’où
Traversant les millénaires
L’homme se trouva captif
Des vestiges d’un monde
Aux masques étranges
Et menaçants

Il s’en arrachait parfois
Grâce aux sons et aux mots
Aux gestes et à l’image
À leurs pistes éloquentes
À leur sens continu

Pour mieux tenir debout
L’homme inventa la fable
Se vêtit de légendes
Peupla le ciel d’idoles
Multiplia ses panthéons
Cumula ses utopies

Se voulant éternel
Il fixa son oreille
Sur la coquille du monde
À l’écoute
D’une voix souterraine
Qui l’escorte le guide
Et l’agrandit

Alors
De nuits en nuits
Et d’aubes en aubes
Tantôt le jour s’éclaire
Tantôt le jour moisit

Faiseur d’images
Le souffle veille

De pesanteur
Le corps fléchit

Toute vie
Amorça
Le mystère
Tout mystère
Se voila
De ténèbres
Toute ténèbre
Se chargea
D’espérance
Toute espérance
Fut soumise
À la Vie

L’esprit cheminait
Sans se tarir
Le corps s’incarnait
Pour mûrir
L’esprit se libérait
Sans périr
Le corps se décharnait
Pour mourir

Parfois l’existence ravivait
L’aiguillon du désir
Ou bien l’enfouissait
Au creux des eaux stagnantes

Parfois elle rameutait
L’essor
D’autres fois elle piétinait
L’élan

Souvent l’existence patrouillait
Sur les chemins du vide
Ou bien se rachetait
Par l’embrasement du coeur

Face au rude
Mais salutaire
Affrontement
De la mort unanime
L’homme sacra
Son séjour éphémère
Pour y planter
Le blé d’avenir.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Malgré le mal hideux (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



Malgré le mal hideux, l’élévation des cimes.
Les rires des torrents, les sapins crêtés d’or.
Le chevreuil de profil flairant l’air de l’aurore.
La neige qui baise l’azur du ciel azyme.

La rose toute émue de l’odeur de la nuit.
L’arbre dont le feuillage est né de la lumière.
Les épousailles de la lune avec la mer.
Le temps perdu d’où sort la verdeur d’aujourd’hui.

Les enfants innocents dans les bras d’Élohim.
Le meurtri que materne un bon samaritain.
L’agonisant guidé vers le premier Jardin
Malgré le mal hideux, la Tendresse unanime.

(Jean Mambrino)


Illustration: Aimé-Nicolas Morot

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Une dentelle s’abolit (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



Illustration: Karen Lamonte
    
Une dentelle s’abolit
Dans le doute du Jeu suprême
A n’entr’ouvrir comme un blasphème
Qu’absence éternelle de lit.

Cet unanime blanc conflit
D’une guirlande avec la même,
Enfoui contre la vitre blême
Flotte plus qu’il n’ensevelit.

Mais, chez qui du rêve se dore
Tristement dort une mandore
Au creux néant musicien

Telle que vers quelque fenêtre
Selon nul ventre que le sein,
Filial on aurait pu naître.

(Stéphane Mallarmé)

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Mon Dieu je sais que vous n’entendrez pas cette prière (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

Mon Dieu je sais que vous n’entendrez pas
Cette prière,
Votre monde n’est qu’un seul corps
Une seule âme.

Comment cette voix faible qu’est la mienne
Une poussière à peine
Monterait-elle jusqu’à vous
Qui là-haut dans les siècles des siècles

Les sphères des sphères sans horizons
Écoutez la rumeur unanime
De la matière et de l’esprit
Mêlée à tous les autres sons?

Pourtant elle monte ma voix
Et comme un cercle s’élargit
Couvrant toute la mer
Où bat le grand coeur unanime.

Comme la vague sur le bord
Dépose un tas de coquillages
Ma prière fait de l’or
De tout ce qu’elle touche au fond des âges.

(Franz Hellens)

Illustration: William Blake

 

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Comme toi (Roque Dalton)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
Comme toi,
j’aime l’amour, la vie, le doux enchantement
des choses, le paysage
céleste des jours de janvier.

Aussi, mon sang bout
et mes yeux rient
qui ont connu le jaillissement des larmes.

Je crois que le monde est beau,
que la poésie est comme le pain, pour tous.

Et que mes veines ne finissent pas en moi
mais dans le sang unanime
de ceux qui luttent pour la vie,
l’amour,
les choses,
le paysage et le pain,
la poésie pour tous.

***

Yo, como tú,
amo el amor, la vida, el dulce encanto
de las cosas, el paisaje
celeste de los días de enero.

También mi sangre bulle
y río por los ojos
que han conocido el brote de las lágrimas.

Creo que el mundo es bello,
que la poesía es como el pan, de todos.

Y que mis venas no terminan en mí
sino en la sangre unánime
de los que luchan por la vida,
el amor,
las cosas,
el paisaje y el pan,
la poesía de todos.

***

Like you I
love love, life, the sweet smell
of things, the sky-
blue landscape of January days.

And my blood boils up
and I laugh through eyes
that have known the buds of tears.
I believe the world is beautiful
and that poetry, like bread, is for everyone.

And that my veins don’t end in me
but in the unanimous blood
of those who struggle for life,
love,
little things,
landscape and bread,
the poetry of everyone.

(Roque Dalton)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: oemas Clandestinos/Clandestine Poems
Traduction: Jack Hirschman
Editions: Curbstone

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Ni draps sur la face (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Ni draps sur la face,
ni pierres tombales, personne
n’a disparu, les noms ne s’oublient pas,
les noms aimés,
tous iront se refondre
dans l’unanime, l’intarissable,
au présent de l’écoute.

(Pierre Dhainaut)

 

Recueil: Sur le vif prodigue
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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DANS LES JARDINS DES LODI (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



Lodi Garden, New Delhi

DANS LES JARDINS DES LODI

Dans le bleu unanime
les dômes des mausolées
— noirs, concentrés, pensifs —
émirent soudain
des oiseaux

(Octavio Paz)

 

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Vos souvenirs deviennent mes souvenirs (Jacques Darras)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



Vos souvenirs deviennent mes souvenirs mémoire
unanime anonyme.
Vous moi entrons dans les allées d’un vaste cimetière
nécropole.
Appelez-le roman familial ou national.
J’arrive de mon côté avec l’outil-poème, il est tard, je suis
jardinier des vides.
Je mesure les intervalles.
Il m’aura d’abord fallu vivre ma propre vie, accompagner
mon père jusqu’au bout de la sienne.
Il m’aura fallu attendre la nuit pour lire au livre entr’ouvert
de ma propre lignée.
Dans les vides.

(Jacques Darras)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Casimir Krakowiak

 

 

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Dans les jardins des Lodi (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2015




Dans les jardins des Lodi

Dans le bleu unanime
les dômes des mausolées
– noirs, concentrés, pensifs –
émirent soudain
des oiseaux

***

En los jardines de los Lodi

En el azul unánime
los domos de los mausoleos
– negros, reconcentrados, pensativos –
emitieron de pronto
pájaros

(Octavio Paz)

Illustration

 

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