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Posts Tagged ‘univers’

Si tu savais (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



 

Dina Shubin 167341

Loin de moi,
Si tu savais.

Si tu savais comme je t’aime et, bien que tu ne m’aimes pas,
comme je suis joyeux, comme je suis robuste et fier
de sortir avec ton image en tête, de sortir de l’univers.
Comme je suis joyeux à en mourir.

Si tu savais comme le monde m’est soumis.
Et toi, belle insoumise aussi, comme tu es ma prisonnière.
Ô toi, loin-de-moi à qui je suis soumis

Si tu savais.

(Robert Desnos)

Illustration: Dina Shubin

 

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Quand vient l’aurore (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



L’air frémit; l’onde est plus sonore;
Toute âme entrouvre son secret;
L’univers croit, quand vient l’aurore,
Que sa conscience apparaît.

(Victor Hugo)

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Comme des fenêtres ouvertes aveuglées de soleil (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017




Il y a du silence
dans la musique de la langue
comme dans l’arbre et la pierre
et le feu et le vent,
qui l’entend?

Qui a jamais vu l’informelle substance du silence.
Fertile abîme.
Cordon ombilical du merveilleux
Et si le silence était sans métaphore
notre seul transport dans l’infini

L’art n’est pas le seul langage du silence,
mais l’univers, l’oeil, l’extase et la beauté

Comme des fenêtres ouvertes
aveuglées de soleil

(Michel Camus)

 

 

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L’HYMNE ETERNEL (Pascal Bonetti)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017




L’HYMNE ETERNEL

Je te reconnaîtrai sans t’avoir jamais vue,
Car ton image est dans mes yeux
Semblable à ces reflets qu’on voit sur les lacs bleus
Et dont on cherche en vain les causes dans la nue.
Je te reconnaîtrai… Comment ? Je ne sais pas !
Peut-être à la beauté calme de ton visage,
Peut-être au bruit laissé par ta robe au passage,
Ou peut-être à l’empreinte de tes pas.
Es-tu reine ou bergère ?
Je ne sais pas… Je te vois à travers
Des rêves lumineux, vaporeuse et légère,
Telle, en mirage, une oasis dans mon désert.

Je t’emporterai loin, dans l’au-delà des choses
Où les heures s’en vont endormir leurs secrets,
Et parmi les odeurs et l’ombre des forêts
Je te ferai d’indicibles apothéoses.
Je te ferai des reposoirs
Avec les pins géants et les fleurs des bruyères,
Et dans le mystère ému des longs soirs,
Je laisserai vers toi s’exhaler ma prière.

Nos corps se dresseront dans leur double beauté
Comme un thyrse de chair. Le ciel diamanté,
Les yeux verts des étangs, l’extase des collines,
Regarderont passer notre double désir
Qui montera vers les splendeurs de l’avenir
Par les sentiers, par les rochers, par les ravines.
Nos esprits s’ouvriront au sens de l’infini.

Muables gouttes d’eau dans le gouffre immuable,
Nous essaierons de pénétrer l’éternité.
Atomes conscients devant l’immensité,
Nos cerveaux tenteront de sonder l’insondable.

Nous verrons que nos chairs, ces filles du passé,
Roulent depuis toujours dans le cycle des causes
Et que, plus tard encor, par les vents dispersé,
Notre couple vivra dans les parfums des roses,
Dans les plaintes des mers, dans les souffles des vents,
Dans les fruits, dans les blés, dans les chênes mouvants,
Au hasard des métamorphoses.

Nous verrons que notre âme est l’embryon de Dieu,
Un peu de la grande Aine éparse par le monde,
Qui, parmi l’inconnu de l’époque et du lieu,
Fait vivre le cosmos, le règle et le féconde,
Et que cette âme, accrue à nos gestes latents,
D’un plus puissant envol exaltera le temps
Qui sur nos faiblesses se fonde.

Nous concevrons l’ordre profond de l’univers
Notre corps aspirant à la beauté parfaite,
Notre esprit s’avançant vers l’ultime conquête
Par les chemins les plus divers.

Nous nous sentirons solidaires
Des siècles qui nous précédèrent
Comme de ceux qui nous suivront
Et levant alors notre front
Vers ce Dieu qui par nous incessamment se crée,
Nous chanterons l’hymne sacrée :

« Heureux les doux, heureux les bons, heureux les forts,
Heureux les justes !
Ceux qui mettent leur foi dans la pensée auguste,
Leur espérance dans l’effort !

Heureux ceux dont le coeur est pur et volontaire,
Ceux qui portent leurs jours comme des ciels d’été,
Ceux qui s’en vont chantant, ivres d’avoir capté
Les secrètes lois de la terre !
Heureux les simples qui, bravant les lendemains,
Tendent leurs bras vers les bras fous de l’aventure !
Heureux ceux dont le rêve ou le verbe ou les mains
Entent sur le passé les aurores futures ! »

Je verrai dans tes yeux l’universel amour,
Dans les miens tu liras la millénaire attente,
Nous sentirons en nous cette sève exaltante
Qui de chaque jour fait le jour.

Enfin nous comprendrons la splendeur de la vie,
Le besoin qui s’y vient confondre de la mort,
Et la marche éternelle — et dont rien ne dévie —
Vers un éternel âge d’or.

(Pascal Bonetti)

Illustration: Sabin Balasa

 

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Ils étaient pour un autre monde (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



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Ils étaient pour un autre monde

Tout dialogue, rompu.
Tout amour, rapiécé.
Tout jeu, marqué.
Toute beauté, tronquée.

Comment sont-ils arrivés jusqu’ici ?

Tout dialogue, verbe.
Tout amour, sans pronoms.
Tout jeu, sans règles.
Toute beauté, offrande.

Il y a sans doute une faille
dans l’administration de l’univers.
Des créatures erronées ?
Des mondes égarés ?
Des dieux irresponsables ?

Ils étaient pour un autre monde.

***

Eran para otro mundo.

Todo diálogo, roto.
Todo amor, con costuras.
Todo juego, marcado.
Toda belleza, trunca.

¿Cómo llegaron hasta aquí?

Todo diálogo, verbo.
Todo amor, sin pronombres.
Todo juego, sin reglas.
Toda belleza, entrega.

Algo falla sin duda
en la administración del universo.
¿Criaturas erróneas?
¿Mundos equivocados?
¿Dioses irresponsables?

Eran para otro mundo.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Dormir (Amado Nervo)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2017



Dormir

Ce que j’ai, ami, c’est un profond
désir de dormir …
Sais-tu ? Le Sommeil
est un état de divinité.
Celui qui dort est un Dieu…

Ce que j’ai,
mon ami, c’est un grand désir de dormir
Le Sommeil est dans la vie le seul monde
à nous, car la veille nous plonge
dans l’illusion commune, dans l’océan
de ce qu’on nomme RÉALITÉ, Éveillés,
nous voyons la terre, l’eau, l’air, le feu,
les créatures éphémères… Endormis,
chacun est dans son monde ;
hermétique, fermé aux yeux étrangers,
aux étrangères âmes ; chaque esprit file
son propre rêve (ou sa vérité : qui sait !)

même l’être le plus adoré
ne peut entrer avec nous par la porte
de notre sommeil. L’épouse même,
qui partage ton lit
et l’entend dialoguer avec les fantômes
qui creusent leurs sillons dans ton esprit
tandis que tu dors, ne pourrait,
quelle que fût ton angoisse,
franchir le seuil de ce monde,
de TON MONDE merveilles des ombres.

Oh, bienheureux ceux qui dorment !
Pour eux s’éteint chaque nuit,
avec toute leur douleur, l’univers
quotidien que crée notre esprit.
Comme ils éteignent leur lumière s’éteint le COSMOS.

Le pire châtiment est la veille :
l’insomnie est exil
du meilleur paradis …

Ne trouble donne pas ma paix par tes discours,
ami : tu es savant,
mais mon sommeil l’est davantage… Éloigne-toi !
Je ne veux nulle gloire, nul héritage :
ce que j’ai, ami, c’est un profond
désir de dormir…

(Amado Nervo)

 

 

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Ad formosissima formisissimarum (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



Ad formosissima formisissimarum

Telle Aphrodite issue des écumeuses vagues,
ta beauté est pareille aux obscurs océans,
la courbe de tes seins épouse l’univers
et tes splendides hanches émergent de la nuit,
or la voûte nocturne accompagne tes pas,
les aubes te saluent très gracieusement,
tes yeux s’illuminent aux soleils du couchant
cependant que ta face éclipse bien des lunes,
que ton sourire efface la lueur des étoiles,
ô toi la plus belle d’entre toutes les femmes.

(Jean-Claude Demay)

Illustration: Herbert Draper

 

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Peau-aime (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



 

 

Peau-aime (2)

Ô mon ange aux yeux bleus comme l’azur marin
L’indigo d’océans s’élevant vers les ciels
Ton sourire est pareil à un arc-en-ciel
Je te salue beauté incarnant le divin

Tes seins rassemblent toutes les splendeurs des mondes
Et tes hanches celles de tous les univers
Tes fesses sont semblables aux globes et aux sphères
Tant elles sont parfaitement courbes et rondes

Ton corps a le parfum des siècles et des ères
Qui tournoient lentement par devers l’infini
Quant à ton âme elle a l’apparence jolie

De la sainte la fée ou bien de la houri
Or ton regard est pur autant que les éthers
De cette éternité s’ouvrant comme la mer

(Jean-Claude Demay)

Illustration: Carolus-Duran

 

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Ô ange de lumière (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



Ô ange de lumière à l’irrêvée splendeur,fascinante beauté aux formes ravissantes,
admirable joyau de la création, étoile irradiée des érotiques feux,
diamant d’univers étincelant de grâce, très élégante femme aux généreux appâts,
non je ne trouve pas les mots qui conviendraient à définir ton charme ensorcelant d’amour,
ma lyre se taira pour mieux mettre en valeur les éclairs fulgurants de tes yeux envoûtants,
les accents de ta voix aux tendres inflexions et l’éclat de ton corps aux harmonies divines.

(Jean-Claude Demay)

 

 

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Harmonie (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



Harmonie

Tu as cette beauté issue du fond des âges
Il passe dans tes yeux l’aile même des anges
Et tous les univers et tous les paysages
Soudain sont révélés par ta voix très étrange

Incarnant les splendeurs tes gestes sont très lents
Tu ressembles alors aux déesses antiques
Qui regardent au loin s’éloigner l’océan
Ton sourire semble provenir de l’Attique

Les étoiles tremblent au rebord de tes cils
Ton regard est pareil aux astres qui tournoient
Sous la voûte nocturne qui danse gracile

Aux stridences des astres et semblerait-il
Que ton visage s’illumine des éclats
De bonheur de liesse et de profonde joie

(Jean-Claude Demay)

Illustration: James Sant

 

 

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