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Poésie

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Il y a tellement de beauté (American Beauty)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018




La plus belle chose jamais filmée…
il y a tellement de beauté… dans le monde…
que c’en est insoutenable.

American Beauty (wikipedia)

« C’était une de ces journées grises
où il va se mettre à neiger d’une minute à l’autre
et qu’il y a comme de l’électricité dans l’air.
On peut presque l’entendre.

Et ce sac était là.
En train de danser avec moi.

Comme un enfant qui m’invitait à jouer avec lui.
Pendant 15 minutes.

C’est là que j’ai compris qu’il y avait autre chose.
Au delà de l’univers.
Plus loin que la vie.

Je sentais cette force, incroyablement bienveillante
qui disait qu’il n’y avait aucune raison d’avoir peur.

Jamais.

Sorties du contexte, les images n’ont aucun sens je sais mais…
ça m’aide à m’en souvenir.

J’ai besoin de m’en souvenir.

Parfois je me dis qu’il y a tellement de beauté… dans le monde…
que c’en est insoutenable.

Et mon coeur est sur le point de s’abandonner… »

(American Beauty)

etc…

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Le coeur flamboyant (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Le coeur flamboyant

Mon coeur avait cessé de suivre le soleil
Et se cachait en moi peureux comme un oiseau
Déjà les monts brisés s’ouvraient sur des rivières
Des fleuves, des torrents déversaient un sang chaud
Déjà l’oiseau vivait au sein d’une planète.

Il coulait une sève en ce corps végétal
Je marchais comme un loup, je souffrais comme un arbre
J’entendais s’affronter les insectes du mal
Des mouches, des essaims bougeaient en mille grappes
Et j’allais glorieux de porter ces batailles.

J’habitais ma blessure et dormais dans ses lèvres.
À mes jours éblouis, je donnais mille vies
La montagne crachait en plein ciel sa colère
Et l’astre retombait sur l’astre pour mourir
Il naissait chaque fois quelque clarté nouvelle.

Ce coeur avait cessé de tourner sur lui-même
Il remuait parfois pour mieux s’écouter battre
Il ne savait plus rien du chant de l’univers
C’était un vieux grillon qui s’endormait dans l’âtre
Et tout mon corps brûlait pour cacher sa misère.

(Robert Sabatier)

 

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Pour vos beaux yeux qui me vont consumant (Vincent Voiture)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Loetitia Pillault_372_p

Pour vos beaux yeux qui me vont consumant,
L’Amour n’a point de peine et de tourment,
De feu cuisant, ny de cruel martyre,
Que de bon coeur je ne voulusse élire,
Et qu’on ne doive endurer doucement.

Tout l’Univers n’a rien de si charmant,
Et s’il estoit sous mon commandement,
Je quitterois volontiers son empire
Pour vos beaux yeux.

Toute la cour vous sert également ;
Mais quant à moy, si je vous vais aimant,
Ne croyez pas que par là je desire
Cette faveur où tout le monde aspire
Car je vous ayme et vous sers seulement
Pour vos beaux yeux.

(Vincent Voiture)

Illustration: Loetitia Pillault

 

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Terres Chaleureuses (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Terres Chaleureuses

Moi, altéré de vie, enfant des impatiences,
Je chanterai les noces de l’ombre et de l’ardent.

Avec mon peu de souffle, jusqu’au temps sans lisière,
Je tiendrai promesse envers l’unique mort.

Aux chemins divisés, l’horizon est le même ;
Nos jours furent ce miracle pareil aux moissons.

Songe à l’oiseau délié en nos arbres meurtris ;
Nous avons eu l’herbe et l’eau du seul amour.

Songe à l’espérance, sa tige doublée de terre ;
Songe au cœur dénoué par la voix de l’ami.

Un champ raidi prête naissance au pavot ;
Et le grain fut, chaque fois, le contraire de la nuit.

Mon amertume se noie, si légère est sa trame ;
Si vaste est l’univers où tout s’accomplira.

Oui, je te chante ô mort, jusqu’à l’ultime absence,
Gardienne de l’inconnu, douce prairie des errants !

Je chante, car ici-bas l’épi échappe aux cendres ;
La parole délivre, l’aile trouve sa raison.

Un soir, je m’en irai loin des terres chaleureuses ;
Le masque, couleur d’aube, sur ma face de vivant.

Un soir je m’en irai, ayant pour seule peine
De quitter tout amour enlacé aux saisons.

Ô mort, tu me viendras, et je le veux ainsi.

(Andrée Chedid)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

 

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Dans des univers provisoires (Karel Logist)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
Dans des univers provisoires
tu vas tu vogues sans consigne
ni de prudence ni de gloire,
tu navigues pour trouver l’Autre,
le virtuel alter ego
et tu caresses des chairs d’écran
froides comme des amours parfaites.

(Karel Logist)

 

Recueil: J’arrive à la mer
Traduction:
Editions: De le Différence

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INSCRIPTION (Saint-Georges de Bouhélier)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



INSCRIPTION
SUR CE QUI CAUSE LE MALHEUR

Tu te plains de la vie, elle u pourtant ses charmes
Qu’il est beau de connaître.
Il te semble, il est vrai, qu’ils ont un goût de larmes
Mais il naît de ton être !

L’eau de pluie en tombant dans un puits plein de sable
Prend son odeur ainsi.
Toute chose qui passe en ton cœur misérable
Se charge de soucis.

Tu crois les jours sans grâce, ils te paraissent sombres,
Sans qu’aucun d’eux ne brille :
C’est en toi qu’empruntant ces couleurs pleines d’ombres
Ils deviennent stériles.

La peine qui t’emplit fait de chaque délice
Un chagrin éternel,
Comme un objet plongé dans la vague qui glisse
Se recouvre de sel !

Rejette loin de toi cette langueur tragique
Qui toujours te dévore :

Tu verras quel bonheur l’univers communique
A l’âme qui l’adore !

(Saint-Georges de Bouhélier)

Illustration

 

 

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DÉNUÉ (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




    
DÉNUÉ

Dès le départ, nous savions bien
qu’un astre incertain nous guidait.
Mais eût-on dit qu’en se volatilisant
une aussi frêle statue créerait un pareil vide
où mon univers est maintenant tout près de se perdre en poussière?

(Michel Leiris)

 

Recueil: Haut Mal suivi de Autres lancers
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’appel de la musique (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2018



    

L’appel de la musique assouplit quelque chose d’essentiel dans l’homme
sans raisons ni arguments.

Ce lien doit être en relation avec les rythmes épars dans l’univers.
Il n’y a pas de poésie sans musique,
mais l’essentiel, en elle, c’est la musique intérieure,
bien que demeure aussi une certaine musique extérieure.

Il s’agit d’une espèce de musique du sens,
en intime symbiose avec la musicalité propre des mots.
Comme dans toute musique, le silence habite ses interstices.
Ainsi que la transcendance et la consolation?

Il est difficile de concevoir un homme, et moins encore un poète
qui n’aime pas la musique à l’intérieur et à l’extérieur du poème.

Le souci de l’être, qui est l’essence de la poésie, sait que l’être est musique.
Et devine même qu’il existe une musique du vide et du non-être.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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Une flèche traverse l’univers (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2018



Illustration: Vladimir Kush
    
Une flèche traverse l’univers.
Peu importe qui l’a lancée.
Elle transperce également le fluide et le solide,
le visible et l’invisible.
Tenter de calculer son parcours
reviendrait à imaginer un mur dans le néant.

Flèche depuis l’anonyme vers l’anonyme,
depuis un abîme qui n’est pas une origine
vers un autre abîme qui n’est pas une destinée,
mouvement qui semble n’en être pas un
mais plutôt une extase à chaque instant renouvelée.

Je la trouve en ta main
ou toi en ma pensée.
Je peux la voir entrer dans un nuage,
couper en deux un oiseau,
surgir des fleurs et des pluies,
fendre une cécité,
transpercer les morts.

Peut-être son exemplaire anonymat
nous convoque-t-il à notre propre anonymat,
pour que nous puissions aussi nous libérer
de notre commencement et notre fin.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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Je n’invente pas le poème (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




    
Je n’invente pas le poème
il existe quelque part
dans l’univers

micro cassé
il pend hors d’un rêve

(Anise Koltz)

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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