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Poésie

Posts Tagged ‘univers’

TELS QUE NOUS SOMMES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017




    
TELS QUE NOUS SOMMES

Avant que l’univers ne nous habite,
Nous habitons l’univers.

La parole trouve en nous son multiple paysage
Le silence déborde de songes à venir.

Entre l’instant vécu et l’instant à vivre,
S’inscrit notre visage éternel.

(Andrée Chedid)

 

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L’homme qui contemple le Ciel (Villiers de l’Isle-Adam)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



 

L’homme qui contemple le Ciel y admire souvent des soleils qui n’existent plus
et qu’il aperçoit quand même, grâce à ce rayon fantôme,
dans l’Illusion de l’univers.

(Villiers de l’Isle-Adam)

 

 

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Il suffit d’un regard (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017




    
Il suffit d’un regard pour que germe la haine
et déferle l’angoisse au fond des galaxies
il suffit d’un regard pour que mon être porte
aux sommets du plaisir les épaves de toi

Il suffit d’un regard pour que pleure la neige
et que monte la sève au levain de l’amour

il suffit d’un regard pour se tordre et s’enfuir
et d’un regard aussi pour que gicle le rêve!

Il suffit d’un regard pour que gronde la pierre
d’un regard qui embrasse et moule l’univers
il suffit d’un regard pour dans une prière
voir s’étendre la vie au néant vaste et mou !

(Nadia Tueni)

 

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Symphonie du printemps (Yannis Rítsos)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



    

Symphonie du printemps
(Chant XIV)

Nous tendons nos bras
au soleil
et nous chantons.

La lumière gazouille
dans les veines de l’herbe
et de la pierre.

Les cris de la vie
ont déployé les branches
arcs puissants.

L’écorce des arbres
verte et luisante
brille
— robe rayée déployée
sur des seins naissants de paysanne.

Comme nous aimons
nos corps sensuels.

Ne nous priez pas de partir.
Enfermés dans notre corps
nous sommes partout.

Chaque oiseau
qui plonge dans l’azur
chaque petite herbe
qui pousse au bord du chemin
nous apporte le message de dieu

Les êtres
passent près de nous
beaux aimés
revêtus
de notre rêve de notre jeunesse
et de notre amour.

Nous aimons
le ciel et la terre
les hommes et les bêtes
les reptiles et les insectes.
Nous sommes nous aussi
tout à la fois
et le ciel et la terre.

Notre corps orgueilleux
par la beauté de la joie.
Notre main toute puissante
par l’ardeur de l’amour.

L’amour dans son poing
contient l’univers.

(Yannis Rítsos)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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Sur le soupir de l’amie (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2017



Sur le soupir de l’amie
toute la nuit se soulève,
une caresse brève
parcourt le ciel ébloui.

C’est comme si dans l’univers
une force élémentaire
redevenait la mère
de tout amour qui se perd.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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Visages (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



 

Visages

Voyageurs de la nuit.
visages.

Visages des
nuits.

Si vaste. Existe-t-il
dans l’univers.

Avec la voix. avec le dessin de la
voix.

Une couleur palpable.

Parcelle de lumière.

Où nous soyons
unis.

(Paul Louis Rossi)

Illustration: Alberto Donaire

 

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La pierre noire (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



La pierre noire

Bouche brûlée il faut nommer l’aurore
Oreille morte il faut l’écouter battre
Sans mains, sans mains il faut coucher ses morts
Et sans regard prendre le feu de l’âtre
Et sans douleur s’y rebrûler encore.

Je ne suis rien que cette pierre noire
Qui reconnaît tous les pas qui la foulent
Je sais la vie et la mort des étoiles
Et l’univers qui change quand je roule
Il n’est ici d’autre douceur à croire
Qu’un pas de fille ou de chèvre ou de louve
Et m’endormir au grand calme des soirs.

Étais-je un poing serré sur ma douleur
Un serpent froid lové sur sa planète
Pour endormir les oiseaux et les fleurs
J’ai dû trouver le rythme de l’eau claire
Et pour revivre au fond de ces demeures
Prendre mon vol au souffle de la terre.

J’ai tout serré dans ma rondeur de mère
Tout le soleil tente d’user mon coeur
Je reste aux yeux immobiles des ères
Seule à rouler noire la pierre noire.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

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Je n’ai que mon désir (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017




    
Je n’ai que mon désir pour te faire prisonnière
alors que je suis lié à tes paroles et à cet amour
n’ayant pour limites que celles que veut tracer la mort
devant chaque pas qui me conduit vers toi.

Tu jaillis de toute ta gorge dans mes rêves,
tout d’un coup riants comme un village d’été.
Je peux t’attendre ainsi des nuits entières
avec ton épaule ou même tes cils pour horizon.

Un peu de foudre veille à l’entrée de ta chair
vers laquelle je viens battre comme une lame de fond
et je n’ai de cesse que quand tu n’es plus pour moi
qu’un passage dans une terre douce à en mourir.

Là, le silence est transparent comme une vitrine
et, derrière, il n’y a rien que nous à la recherche
d’un univers où le dépaysement est tel
qu’à chaque minute nous redevenons un inconnu l’un pour l’autre.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Je l’ai écrit et je l’écrirai pendant l’éternité (Auguste Blanqui)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2017



L’univers tout entier est composé de systèmes stellaires.
Pour les créer, la nature n’a que cent corps simples à sa disposition.
Malgré le parti prodigieux qu’elle sait tirer de ces ressources
et le chiffre incalculable de combinaisons qu’elles permettent à sa fécondité,
le résultat est nécessairement un nombre fini,
comme celui des éléments eux-mêmes,
et pour remplir l’étendue,
la nature doit répéter à l’infini
chacune de ses combinaisons originales ou types.

Tout astre, quel qu’il soit, existe donc en nombre infini
dans le temps et dans l’espace,
non pas seulement sous l’un de ses aspects,
mais tel qu’il se trouve à chacune des secondes de sa durée,
depuis la naissance jusqu’à la mort.
Tous les êtres répartis à sa surface,
grands ou petits, vivants ou inanimés,
partagent le privilège de cette pérennité.

La terre est l’un de ces astres.
Tout être humain est donc éternel
dans chacune des secondes de son existence.
Ce que j’écris en ce moment dans un cachot du fort du Taureau,
je l’ai écrit et je l’écrirai pendant l’éternité,
sur une table, avec une plume, sous des habits,
dans des circonstances toutes semblables. Ainsi de chacun.

Toutes ces terres s’abîment, l’une après l’autre,
dans les flammes rénovatrices,
pour en renaître et y retomber encore,
écoulement monotone d’un sablier
qui se retourne et se vide éternellement lui-même.
C’est du nouveau toujours vieux,
et du vieux toujours nouveau.

(Auguste Blanqui)

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Lorsque choisi pour ce suicide (Robert Ganzo)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Lorsque choisi pour ce suicide
J’ai senti rouler dans mon sang
Tout le poids d’un désert fluide…
Il m’a fallu vous reconnaître
formes d’un nouvel univers.

[…]

Je retrouve soudain l’azur

(Robert Ganzo)


Illustration: Michel Ogier

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