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Dans un poème, il n’y a qu’un instant de poésie… (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2021



 

Didier Delamonica - French Mystical Fantasy painter -   (34) [1280x768]

Dans un poème, il n’y a qu’un instant de poésie…

Il faut savoir le discerner.
Un poème n’est vivant qu’improvisé.
J’entends ainsi ce qui s’accomplit hors du temps et de la commune mesure.
Les images poétiques doivent s’admettre ou se rejeter.
Elles ne se discutent pas plus que les images du rêve.
Le miracle de l’univers est qu’il tourne et se développe.
Il faut qu’on puisse dire d’un poème qu’il tourne
et continue à se développer dans l’âme du lecteur.

(Franz Hellens)

Illustration: Didier Delamonica

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Boum (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2021



 

boum [1280x768] [1280x768]

Boum

1. La pendule fait tic tac tic tac
Les oiseaux du lac font pic pic pic pic
Glou glou glou font tous les dindons
Et la jolie cloche ding din don
Mais…

Boum
Quand notre cœur fait Boum
Tout avec lui dit Boum
Et c´est l´amour qui s´éveille.
Boum
Il chante « love in bloom »
Au rythme de ce Boum
Qui redit Boum à l´oreille

Tout a changé depuis hier
Et la rue a des yeux qui regardent aux fenêtres
Y a du lilas et y a des mains tendues
Sur la mer le soleil va paraître

Boum
L´astre du jour fait Boum
Tout avec lui dit Boum
Quand notre cœur fait Boum Boum

2. Le vent dans les bois fait hou hou hou
La biche aux abois fait mê mê mê
La vaisselle cassée fait cric crin crac
Et les pieds mouillés font flic flic flac
Mais…

Boum
Quand notre cœur fait Boum
Tout avec lui dit Boum
L´oiseau dit Boum, c´est l´orage
Boum
L´éclair qui lui fait boum
Et le bon Dieu dit Boum
Dans son fauteuil de nuages.

Car mon amour est plus vif que l´éclair
Plus léger qu´un oiseau qu´une abeille
Et s´il fait Boum s´il se met en colère
Il entraîne avec lui des merveilles.

Boum
Le monde entier fait Boum
Tout l´univers fait Boum
Parc´que mon cœur fait Boum Boum
Boum
Je n´entends que Boum Boum
Ça fait toujours Boum Boum
Boum Boum Boum…

(Charles Trenet)

 

 

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Beauté, méfiez-vous de mes yeux (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2021



 


Beauté, méfiez-vous de mes yeux,
Car ils viennent vous assaillir;
Et s’ils pouvaient vous conquérir,
Ils ne demanderaient pas mieux.

Dans l’univers, seule vous êtes
Le trésor d’agrément parfait,
Beauté : méfiez-vous de mes yeux,
Car ils viennent vous assaillir!

J’en ai connu, jeunes et vieux,
Que mourir indifférerait
Pourvu qu’ils vous aient fait céder;
Je vous préviens qu’ils sont pareils :
Beauté, méfiez-vous de mes yeux !

(Charles d’Orléans)

Illustration: Le Titien

 

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L’interruption (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2021




l’interruption
des yeux
qui te virent

d’un silence
à l’autre
de l’univers

(Silvia Baron Supervielle)

Illustration: Odilon Redon

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QUAND JE FERME LES YEUX… (Louis Delorme)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2021




Quand je ferme les yeux, je crois voir des étoiles
Comme si, dans mon crâne, était un univers,
Ressemblant à celui qui nous est découvert
Quand la nuit chaque soir en déchire les voiles.

A qui notre intellect a-t-il servi de toile
Pour que, dans la pensée, se fasse le transfert ?
Irréel et réel vont souvent de concert,
Nous sommes imprégnés des deux jusqu’à la moelle ;

Tous deux sont bien présents, prompts à nous égarer
Si bien que nous avons du mal à séparer
Quelquefois ce qui est de ce qu’on imagine.

Le monde n’est perçu qu’à travers l’instrument :
Télescope géant ou lunette marine,
Avons-nous bien idée de notre dénuement ?

(Louis Delorme)

Illustration: Josephine Wall

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Acte de foi (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2021



Acte de foi

Alors que l’arbre offre son feuillage
Au premier oiseau venu
Que le soleil éclabousse le sol
Et que l’horizon bouscule les nuages
Je me partage avec le monde entier

Alors que la clarté lisse les cailloux du chemin
Et que les oiseaux qui s’abattent sur les sillons
Lacèrent jusqu’à la faire saigner
La poitrine du champ
Je bois l’espace
À longues lampées

Ma pensée crée le monde
Si je meurs il meurt avec moi
Être de chair je marche vers l’éternité

Sous un soleil assoupi
J’écoute le rire des enfants dans le pré
Et respire les odeurs de la grange

Tandis que la brise fait frissonner les arbres
Je contemple le bleu mouvement de la mer
Plus pures
Les couleurs se dépouillent de leurs formes
Dans la valse des vagues

J’empoigne l’univers
Et défie le mystère profond
Des plus banales choses.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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UNE LONGUEUR D’AVANCE (André Welter)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2021



Illustration
    
UNE LONGUEUR D’AVANCE
à Gérard Chaliand

La poésie se joue du temps.
Elle parle et sait de très loin.
Dans l’univers d’avant-naître.
Dans l’instant d’outre-venue.
Dans le réel plus vaste.

Elle est lueur de mise en abîme.
Feu souverain hors des flammes.
Trace qui préfigure.
Elle est nuit très pure.
Aube fraîche.
Grand midi.

Rythme et visée
de toute vie qui se risque.
La poésie est sursaut d’adolescence à jamais.
Désir sans frein.

Vitesse.
Vertige.
Frénésie de départ.

Comme un galop dans le sang.
Comme un soleil à la bouche.
Et l’infini qui se donne en partage…

[…]

(André Welter)

 

Recueil: La vie en dansant – Au cabaret de l’éphémère – Avec un peu plus de ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Assis sur un banc (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2021



On est l’Univers
Assis sur un banc
Devant l’Univers
Qui ne vous connaît pas
Et vous montre les dents

(Pierre Albert-Birot)

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LE GRAND DÉFI (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021




LE GRAND DÉFI

I

Ton corps était tendu de grâce et d’insolence :
Le grand défi brillait d’un feu de diamant
dans tes yeux où l’amour en pleine virulence
rutilait comme un astre au fond du firmament.

Nous reprîmes le chant de nos premières fêtes :
Le monde de nouveau chancela sous nos poids,
tellement nous étions lourds de tous nos émois ;
royale tu m’ouvris les alcôves secrètes.

Aussitôt jaillissant du sarcophage d’or
telle tu m’apparus qu’en songe j’avais prise :
reine Néfertiti sans voile ni trésor,

ayant pour seul atour sa beauté reconquise
ou bien, livrée à la caresse de nos brises,
ondine d’Alassour, nymphe des lacs du Nord.

II

Royale tu m’ouvris les alcôves du ciel :
Par quel prodige, par quelle métamorphose
dans ton lit devenu l’axe de toute chose,
l’Univers retrouva son centre essentiel !

Ce fut le tourbillon fantastique des sens
pris soudain dans la ronde éternelle des astres.
Et tel fut le combat que jouant les désastres
il nous rongea les os et nous brilla le sang.

Cherchant de nos volcans les plus riches vestiges
nous tournions, nous tournions sur nos propres vertiges
avant la chute d’or dans le cratère en feu.

Le bonheur renaissait de la chaude coulée
des laves dévalant les flancs nus et nerveux
de ta divinité de nouveau révélée.

III

O Déesse, voici le temps de l’apogée :
La terre disparaît avec son rituel
et son cortège de soucis habituels.
C’est l’ivresse du ciel par l’amour propagée

qui déferle sur nous en beaux cyclones d’or.
Quelle force nous lance au-delà de nous-mêmes,
plus haut que notre rêve et plus loin que la mort.
Le zénith nous délivre un message suprême

pour franchir la frontière au col de l’infini.
Nous avons à passer la charge la plus lourde
dont un simple mortel se soit jamais muni.

Notre soif est si grande et si fraîche la gourde
que du désert brillant le sable et les rocailles
s’en trouvent attendris jusque dans les entrailles.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration

 

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TOM SAWYER (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



TOM SAWYER

Tom Sawyer
Sans en avoir l’air
A parcouru tout l’univers.

il a fait pipi
Dans le Mississippi.

Sur les bords du Saint-Laurent
il haranguait les harengs.

il a fait des pieds de nez
Aux géants et aux Pygmées.

Toujours il trouvait un singe
Pour lui repriser son linge.

Parfois il ne mangeait pas
Pour éloigner les boas.

Et quand il était trop maigre
il couchait avec les nègres.

il explorait des cavernes
Et des mondes subalternes.

il découvrait des trésors
Qu’il jetait par-dessus bord.

Des tours et des tours pendables
Qu’il jouait à tous les notables.

Et si on l’a pas pendu
C’est vraiment qu’on n’a pas pu !

Sur des bateaux à vapeur
il fumait comme un sapeur.

il déambulait souvent
Ses poches remplies de vent,

Mais toujours un grand couteau
Pour parer aux zigotos.

il fessait les orphelins
Qui partageaient pas leur pain.

Embrassait les orphelines
Qui jouaient de la mandoline.

Des crocs-en-jambe il donnait
Au diable quand il boitait.

Ma mère c’est ma mère.
Mon père c’est mon père.

Ma soeur c’est du beurre.
Tom Sawyer c’est mon frère.

Il a eu mille aventures
Ce qui l’a rendu très dur.

Mais son coeur était si bon
Qu’on n’en voyait pas le fond.

(René de Obaldia)

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