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Posts Tagged ‘universel’

AU MIROIR (Moshe Nadir)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019




    
AU MIROIR

Il se tient devant le miroir et voit sa propre cécité.
Les franges de ses yeux sont lourdes,
comme découpées dans l’acier.

Sa pupille est grise comme le brouillard en suspens de l’idée universelle.
Et le miroir dans lequel il regarde est complètement aveugle,
et il voit sa propre cécité.

Il se tient devant le miroir et regarde si clairement, avec tant d’acuité,
mais il ne peut transgresser du regard sa propre cécité
– elle est si lointaine, illimitée !

(Moshe Nadir)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les pierres ont la mémoire longue (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



Les pierres ont la mémoire longue

Ce sont des êtres sensibles
noués autour d’anciennes convulsions
figées en des raidissements
quasi musculaires
après l’éloignement du feu
qui fut premier
dans la lignée de leurs ancêtres
et dans les spasmes orgiaques
de leur naissance

Ce sont des vies
qui portent en elles
sur elles et autour d’elles
les armoiries et les blasons
toute l’héraldique
de la noblesse universelle
du grand Chosier
l’arbre généalogique
des grands dynastes guerriers
et des prophètes méphitiques
du minéral

(Werner Lambersy)

 

 

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L’éternelle couche nuptiale (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



Illustration: Lucie Llong   
    
L’éternelle couche nuptiale

Ce n’est qu’en cessant d’être que l’Amour est fort!
Et la tombe est sans doute une grande pupille,
au fond de laquelle survit et pleure
l’angoisse de l’amour, comme dans un calice
de douce éternité et de noire aurore.

Et les lèvres se dressent pour le baiser,
comme quelque chose de plein déborde et meurt ;
et, en une crispante conjonction,
chaque bouche abdique pour l’autre
une vie de vie agonisante.

Et quand je pense ainsi, douce est la tombe
où tous enfin se pénètrent
dans un même vacarme ;
douce est l’ombre, où tous s’unissent
dans une universelle rencontre d’amour.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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La lumière universelle (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2019



    La lumière universelle
Tire du ciel vaporeux
D’immuables étincelles
Pour les déserts bienheureux
Par une splendeur seconde
Le ciel tranquille féconde
Toutes les formes du jour
L’arbre éclate, se balance
Et jusque dans le silence
Remue un sonore amour

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les gens sont tirés vers les gens (Jan Anker Froydarlund)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



Les gens sont tirés vers les gens
Par une faim d’amour universel
Qui traverse les continents.

(Jan Anker Froydarlund)

 

 

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Ivresse rimbaldienne (Nimrod)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018




    
Ivresse rimbaldienne

Un bleu outremer guette au fond de mon oeil son écho.
Toujours je le préférai aux joies réverbérantes.
Il m’offre à toute heure du jour l’ivresse des solitudes.
je suis l’empailleur de l’espoir ici-bas, son tombeau incomparable !

L’enfance est un passeport égaré le long des routes
Indélicates. Elles desservent des foules des forêts
Abruptes et bourrues, insensibles à la patience des nuages.

Où s’en sont allées mes jeunes années ? Le temps les frictionne
De son amour universel. J’en appelle à l’ordre luciférien
Sans perdre de vue ni la douceur des nuées
Ni la beauté des ombres dociles errantes

Il ne tient qu’à moi de leur tourner le dos.
De chiffrer leurs mêlées leurs aises sur le plancher des vaches.
Le bonheur un brin paresseux suit sa pente.

(Nimrod)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Mondes innombrables ! (Camille Flammarion)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2018



    

Mondes innombrables ! Nous rêvons à eux.
Qui nous dit que leurs habitants inconnus ne songent pas à nous, eux aussi,
et que l’espace n’est pas travers par des vols de pensées
comme il l’est par les effluves de la gravitation universelle et de la lumière?

N’existe-t-il pas, entre les humanités célestes,
dont la Terre n’est qu’un modeste hameau,
une immense solidarité,
à peine pressentie par nos sens imparfaits

(Camille Flammarion)

 

Recueil: Astronomie des dames
Traduction:
Editions:

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Je pleure … de Beauté (Viviane-Josée Restieau)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



Je pleure … de Beauté
Tellement un Grand est Grand
Quand il est si simple
Il est particule d’Amour à la Source
Il n’a rien à dire
Il ressent, Il émet
Il unifie ceux qui sont prêts
Sans le savoir car
Le Grand ne le sait pas lui-même
Le silence déploie son souffle
Et le vent emporte son étincelle divine …
… Étincelle qui Elle-même
Viendra éclore l’Innocent
Le Grand sait qu’il ne sait pas,
Qu’il ne sait plus.
Il devient …
Il devient …
Il devient …
… l’Unité de l’Instant au cœur de la Vie
Il s’est quitté pour se répartir
Sans le savoir
Dans l’Infini Récepteur du Tout : …
… Battement du Cœur Universel.

(Viviane-Josée Restieau)

Illustration: Viviane-Josée Restieau

 

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Je (Alain Jouffroy)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018




    
Facile à dire : « Je ne suis pas moi ».
Moins facile : « Aucun moi n’est un je ».
C’est pourtant le cas, universel.
Les je sont des cas exceptionnels.

(Alain Jouffroy)

 

Recueil: Être-Avec
Traduction:
Editions: De la Différence

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Sous mille formes (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Illustration: Cécile Mendousse
    
Sous mille formes tu peux te cacher,
Pourtant, ô bien-aimée, sitôt je te reconnais ;
Tu peux te couvrir de voiles magiques,
Ô toute présente, sitôt je te reconnais.

Au jeune élan très pur du cyprès,
Ô femme de belle stature, sitôt je te reconnais ;
Dans l’ondulation des flots du canal,
Ô toute séduisante, sitôt je te reconnais.

Quand le jet d’eau montant se déploie,
Ô toute joueuse, avec joie je te reconnais ;
Quand la nue se forme et se transforme,
Multiple créature, je te reconnais bien.

Au tapis des prairies semées de fleurs,
Sous ta parure de mille étoiles, je reconnais ta beauté ;
Et quand s’épand partout le lierre aux mille bras,
Universelle étreinte, je te connais.

Quand à l’aube s’embrase la montagne,
Soudain, toute-sereine, je te salue,
Et qu’ensuite au-dessus de moi s’arrondisse la voûte des cieux,
Ô toi qui dilates les coeurs, je te respire.

Tout ce que je connais en moi et hors de moi,
Ô source de tout savoir, je le connais par toi ;
Et quand je nomme les cent noms d’Allah,
Avec chacun résonne aussi un nom pour toi.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard

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