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Posts Tagged ‘universel’

Unité des êtres (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2020



Illustration: Josephine Wall    
    
Unité des êtres dans l’Un universellement unifiant.
Ma recherche tout entière se nourrit de cette unique certitude.
J’y retrouve la Foi, l’Espérance et l’ Amour.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’aurore s’allume (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2020



 

Illustration: William Turner
    
L’aurore s’allume

I
L’aurore s’allume ;
L’ombre épaisse fuit ;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit ;
Paupières et roses
S’ouvrent demi-closes ;
Du réveil des choses
On entend le bruit.

Tout chante et murmure,
Tout parle à la fois,
Fumée et verdure,
Les nids et les toits ;
Le vent parle aux chênes,
L’eau parle aux fontaines ;
Toutes les haleines
Deviennent des voix !

Tout reprend son âme,
L’enfant son hochet,
Le foyer sa flamme,
Le luth son archet ;
Folie ou démence,
Dans le monde immense,
Chacun. recommence
Ce qu’il ébauchait.

Qu’on pense ou qu’on aime,
Sans cesse agité,
Vers un but suprême,
Tout vole emporté ;
L’esquif cherche un môle,
L’abeille un vieux saule,
La boussole un pôle,
Moi la vérité !

II

Vérité profonde !
Granit éprouvé
Qu’au fond de toute onde
Mon ancre a trouvé !
De ce monde sombre,
Où passent dans l’ombre
Des songes sans nombre,
Plafond et pavé !

Vérité, beau fleuve
Que rien ne tarit !
Source où tout s’abreuve,
Tige où tout fleurit !
Lampe que Dieu pose
Près de toute cause !
Clarté que la chose
Envoie à l’esprit !

Arbre à rude écorce,
Chêne au vaste front,
Que selon sa force
L’homme ploie ou rompt,
D’où l’ombre s’épanche ;
Où chacun se penche,
L’un sur une branche,
L’autre sur le tronc !

Mont d’où tout ruisselle !
Gouffre où tout s’en va !
Sublime étincelle
Que fait Jéhova !
Rayon qu’on blasphème !
Oeil calme et suprême
Qu’au front de Dieu même
L’homme un jour creva !

III

Ô Terre ! ô merveilles
Dont l’éclat joyeux
Emplit nos oreilles,
Eblouit nos yeux !
Bords où meurt la vague,
Bois qu’un souffle élague,
De l’horizon vague
Plis mystérieux !

Azur dont se voile
L’eau du gouffre amer,
Quand, laissant ma voile
Fuir au gré de l’air,
Penché sur la lame,
J’écoute avec l’âme
Cet épithalame
Que chante la mer !

Azur non moins tendre
Du ciel qui sourit
Quand, tâchant d’entendre
Je cherche, ô nature,
Ce que dit l’esprit,
La parole obscure
Que le vent murmure,
Que l’étoile écrit !

Création pure !
Etre universel !
Océan, ceinture
De tout sous le ciel !
Astres que fait naître
Le souffle du maître,
Fleurs où Dieu peut-être
Cueille quelque miel !

Ô champs ! ô feuillages !
Monde fraternel !
Clocher des villages
Humble et solennel !
Mont qui portes l’aire !
Aube fraîche et claire,
Sourire éphémère
De l’astre éternel !

N’êtes-vous qu’un livre,
Sans fin ni milieu,
Où chacun pour vivre
Cherche à lire un peu !
Phrase si profonde
Qu’en vain on la sonde !
L’oeil y voit un monde,
L’âme y trouve un Dieu !

Beau livre qu’achèvent
Les coeurs ingénus ;
Où les penseurs rêvent
Des sens inconnus ;
Où ceux que Dieu charge
D’un front vaste et large
Ecrivent en marge :
Nous sommes venus !

Saint livre où la voile
Qui flotte en tous lieux,
Saint livre où l’étoile
Qui rayonne aux yeux,
Ne trace, ô mystère !
Qu’un nom solitaire,
Qu’un nom sur la terre,
Qu’un nom dans les cieux !

Livre salutaire
Où le cour s’emplit !
Où tout sage austère
Travaille et pâlit !
Dont le sens rebelle
Parfois se révèle !
Pythagore épèle
Et Moïse lit !

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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CONSCIENCE (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020



Manuel Gil Perez   N [800x600]

CONSCIENCE

Il y a parfois comme de grandes choses achevées.
La table est rangée, la chambre propre.
Tout est calme, paré de quiétude.
Il n’y a plus que des amis. Plus besoin d’attitudes.
Les objets se regardent exister.
ll semble que tout soit prêt, que le repos arrive.
La paix aura la couleur du soleil.
On pourra désirer le sommeil.
Mettre des fleurs dans les vases et comprendre les mots.
Les livres seront des robes de jeunes filles.
Tout sera simple et frais. L’amour, le travail et le corps.
Les songes auront le temps de vivre.
Des nappes sereines entourent les épaules.
Des buées rémittentes se posent sur le front. Le sang rêve.
Les mains s’adoucissent.
Une perception universelle aiguise la conscience.

(Gabriel Cousin)

Illustration: Manuel Gil Perez 

 

 

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AU MIROIR (Moshe Nadir)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019




    
AU MIROIR

Il se tient devant le miroir et voit sa propre cécité.
Les franges de ses yeux sont lourdes,
comme découpées dans l’acier.

Sa pupille est grise comme le brouillard en suspens de l’idée universelle.
Et le miroir dans lequel il regarde est complètement aveugle,
et il voit sa propre cécité.

Il se tient devant le miroir et regarde si clairement, avec tant d’acuité,
mais il ne peut transgresser du regard sa propre cécité
– elle est si lointaine, illimitée !

(Moshe Nadir)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les pierres ont la mémoire longue (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



Les pierres ont la mémoire longue

Ce sont des êtres sensibles
noués autour d’anciennes convulsions
figées en des raidissements
quasi musculaires
après l’éloignement du feu
qui fut premier
dans la lignée de leurs ancêtres
et dans les spasmes orgiaques
de leur naissance

Ce sont des vies
qui portent en elles
sur elles et autour d’elles
les armoiries et les blasons
toute l’héraldique
de la noblesse universelle
du grand Chosier
l’arbre généalogique
des grands dynastes guerriers
et des prophètes méphitiques
du minéral

(Werner Lambersy)

 

 

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L’éternelle couche nuptiale (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



Illustration: Lucie Llong   
    
L’éternelle couche nuptiale

Ce n’est qu’en cessant d’être que l’Amour est fort!
Et la tombe est sans doute une grande pupille,
au fond de laquelle survit et pleure
l’angoisse de l’amour, comme dans un calice
de douce éternité et de noire aurore.

Et les lèvres se dressent pour le baiser,
comme quelque chose de plein déborde et meurt ;
et, en une crispante conjonction,
chaque bouche abdique pour l’autre
une vie de vie agonisante.

Et quand je pense ainsi, douce est la tombe
où tous enfin se pénètrent
dans un même vacarme ;
douce est l’ombre, où tous s’unissent
dans une universelle rencontre d’amour.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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La lumière universelle (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2019



    La lumière universelle
Tire du ciel vaporeux
D’immuables étincelles
Pour les déserts bienheureux
Par une splendeur seconde
Le ciel tranquille féconde
Toutes les formes du jour
L’arbre éclate, se balance
Et jusque dans le silence
Remue un sonore amour

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les gens sont tirés vers les gens (Jan Anker Froydarlund)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



Les gens sont tirés vers les gens
Par une faim d’amour universel
Qui traverse les continents.

(Jan Anker Froydarlund)

 

 

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Ivresse rimbaldienne (Nimrod)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018




    
Ivresse rimbaldienne

Un bleu outremer guette au fond de mon oeil son écho.
Toujours je le préférai aux joies réverbérantes.
Il m’offre à toute heure du jour l’ivresse des solitudes.
je suis l’empailleur de l’espoir ici-bas, son tombeau incomparable !

L’enfance est un passeport égaré le long des routes
Indélicates. Elles desservent des foules des forêts
Abruptes et bourrues, insensibles à la patience des nuages.

Où s’en sont allées mes jeunes années ? Le temps les frictionne
De son amour universel. J’en appelle à l’ordre luciférien
Sans perdre de vue ni la douceur des nuées
Ni la beauté des ombres dociles errantes

Il ne tient qu’à moi de leur tourner le dos.
De chiffrer leurs mêlées leurs aises sur le plancher des vaches.
Le bonheur un brin paresseux suit sa pente.

(Nimrod)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Mondes innombrables ! (Camille Flammarion)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2018



    

Mondes innombrables ! Nous rêvons à eux.
Qui nous dit que leurs habitants inconnus ne songent pas à nous, eux aussi,
et que l’espace n’est pas travers par des vols de pensées
comme il l’est par les effluves de la gravitation universelle et de la lumière?

N’existe-t-il pas, entre les humanités célestes,
dont la Terre n’est qu’un modeste hameau,
une immense solidarité,
à peine pressentie par nos sens imparfaits

(Camille Flammarion)

 

Recueil: Astronomie des dames
Traduction:
Editions:

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