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Poésie

Posts Tagged ‘urgence’

Parce que les visages jamais ne reviennent (Gilbert Vautrin)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2019




    
parce que les visages
jamais ne reviennent

comment dire
le bruit des jours
le flux et le reflux
toutes ces vies d’amour
hurlées
déchirées dans l’urgence
murmurées

parce que les visages
jamais ne reviennent…

(Gilbert Vautrin)

 

Recueil: Anges et Corbeau
Traduction:
Editions: Phoenix AEncrages & Co

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Je te comprends (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018


 


 

Ana Cruz 507_2

Je te comprends

Je te comprends
quand tu lis dans mon dos
des B.D.
masochistes
pendant que moi j’écris
de quoi remplir ma nuit
d’une paix
relative.
Je te comprends
avec tes mots croisés
ma définition
reste à perdre…
Je te comprends
quand
la nuit a vrillé
et que mes mains se crispent
comme celles
d’un
foudroyé.
Je te comprends
quand tes urgences crient
sous l’assaut
de patients
ivres morts.
Je te comprends
car nous parlons
un dialecte
une langue secrète
naufragée…

(Balbino)

Illustration: Ana Cruz

 

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Le signe (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




    
Le signe

Та voix sous la Grande Ourse qui tournait lente dans le
ciel, la netteté de ta voix. Les silences de ta voix malgré
l’urgence.

Et maintenant les cheminées de la centrale, leurs
colonnes de vapeur blanche qui vont chercher très haut
les respirations de l’azur. Maintenant une fois, deux fois
cet admirable signe de tes sourcils qui n’est qu’à toi.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Arpèges et paraboles
Traduction:
Editions: Gallimard

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Arbre de long séjour (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




    
Arbre de long séjour
Apprends-moi
Le chant nouveau
Toujours plus loin
De la racine
Pour une liberté
Non visible

Dis-moi le temps
Où l’homme et l’arbre
Se ressemblent
Par le rêve obstiné
De croître sans vertige
Et de vivre debout

Dis-moi l’heure
Où l’ange et l’oiseau
Se ressemblent
Par l’urgence de l’aile
Et par le chant
Qui vibre au plus haut.

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Agir et penser comme un chat (1) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
Au commencement, Dieu créa l’Homme,
mais le voyant si faible, il lui donna le chat.

(Warren Eckstein)


    

Le chats de gouttière même les plus loqueteux sont toujours nobles.
Ils n’ont rien à prétendre.
Ils sont chats… et tout est dit.

(Frédéric Vitoux)

Au plus profond de nous, nous sommes tous motivés par les mêmes urgences.
Les chats ont le courage de vivre sans s’en préoccuper.

(Jim Davis)

Avec les qualités de propreté, d’affection, de patience,
de dignité et de courage que possèdent les chats,
combien d’entre nous, je vous le demande,
pourraient devenir des chats ?

(Fernand Méry)

L’idée du calme
est dans un chat assis.

(René Char)

Le chat semble mettre un point d’honneur à ne servir à rien,
ce qui ne l’empêche pas de revendiquer au foyer
une place meilleure que celle du chien.

(Michel Tournier)

Et quand je vois passer un Chat
je dis:
il en sait long sur l’Homme.

(Jules Supervielle)

J’ai beaucoup étudié les philosophes et les chats.
La sagesse des chats est infiniment supérieure.

(Hippolyte Taine)

Le chat ne nous caresse pas,
il se caresse à nous.

(Rivarol)

L’espèce humaine est la seule à avoir des difficultés à se voir en tant qu’espèce.
Un chat semble n’avoir aucun mal à un être un chat; c’est tout simple.
Les chats n’ont apparemment aucune complexe,
aucune ambivalence, aucun conflit et ne montrent aucun signe de volonté d’être plutôt des chiens.

(Abraham Maslow)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

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Ils s’étreignent lentement (Sarah Kane)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018




    
Ils s’étreignent lentement.
Ils font l’amour, lentement d’abord,
puis fort, vite, dans l’urgence,
et chacun découvre
que le rythme de l’autre est le même que le sien.

Ils jouissent en même temps, et restent allongés, enlacés,
lui toujours en elle.

Un tournesol jaillit à côté de leurs têtes et entame sa croissance.
Quand sa croissance est terminée,
Graham l’incline et le hume.
Il sourit.

(Sarah Kane)

 

Recueil: Purifiés

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Le dragon, l’ange et la licorne (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2018



Dieu dit:
« C’était un cas d’urgence;
je me suis demandé
à quoi servaient mes créatures
les plus bizarres:
le dragon, l’ange et la licorne.
J’ai convoqué ceux en qui je croyais,
réels, puissants, incontestables:
le baobab, le cheval de labour,
la montagne accoudée à la mer.
Ils ont tenu dix conférences
sans se mettre d’accord.
J’ai donc gardé
le dragon, l’ange et la licorne;
pour éviter quelques malentendus,
j’ai cru bon cependant de les rendre invisibles. »

(Alain Bosquet)

Illustration: Antonio Chacon

 

 

Illustration: Antonio Chacon

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ENFIN (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018




    
ENFIN

volant plus vite que ma peur
au loin des mouettes crient l’urgence

où trouver sentier à son pied
à son coeur septentrion

en essartant des hivers oubliés
j’ai mis à nu des noms défaits

soulevant leurs paupières lourdes
ils burent un peu du ciel blanc

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Dans le temps facile et bleu (Nicole Brossard)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2017



 Illustration: Fabienne Guilhem
    
dans le temps facile et bleu
quand la lumière est lente
et fait des noeuds de toute urgence
avec les ombres et les catastrophes
tu dis qu’il faut de la pluie
de la pluie et encore plus de nuit
que ne peut l’abîme
ou le silence des gens de tendresse

(Nicole Brossard)

 

Recueil: Cahier de roses & de civilisation
Traduction:
Editions: d’Art le Sabord

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L’EMPIRE D’UNE ROBE (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017



Alexander Nedzvetskaya Prosperity [800x600]

Illustration: Alexandra Nedzvetskaya
    
L’EMPIRE D’UNE ROBE

Une femme un poème habitent ma voix
quand nous rêvons ensemble
Une chambre une vie une voix
Le seul lit de la lumière
L’un bouge et elle est nue entre nous deux
comme la gorge des montagnes
Je me tais, les autres sont morts
et si je me retourne
le poème tremble dans les bras de l’amour
Pauvres, nous n’avons qu’un drap pur
pour nous aimer ensemble
lorsque je rêve à haute voix.

Pour toi je veux tailler dans ma vie
la robe des circonstances.

Non pas celle où dans les plis des paroles se cachent
les petits villages traversés en dormant
où l’on vivrait heureux si l’on avait le temps
Pas de hautes couleurs imprimées de soleils, de forêts, de cascades
mais une robe sur parole
une étoffe sur mesure
prise dans l’accent dont j’use dans le sommeil
lorsque je suis très pur et très beau
Une robe précise comme le moule qui me creuse et m’emplit
celle de l’éloquence
une robe de rumeurs.

La robe de l’étonnement
dont chaque fibre m’a demandé de longs tourments
dont chaque hanche m’a demandé tant de nuits blanches
La robe où l’on entre où l’on sort
La robe jeune comme le rire
une robe pour un empire.

Non pas celle qui existera plus tard
lorsque la langue des amants sera langue commune
mais la quotidienne
à la véritable couleur du jour
On la vêt comme on la parle.

Te souviens-tu de ce chemin de campagne
qui se perdait en ville et demandait son chemin ?
Vous tournerez à gauche.
Et nous voici avec la robe, bras dessus, bras dessous,
la moitié de la vie passée, nous retournant
en faisant de petits signes d’adieu
à ceux qui nous suivent dans le labyrinthe des années
Te souviens-tu de cette robe de frémissement liquide
de vents et de feuilles
du colloque des lèvres et des eaux ?

Je suis riche de tous les désirs des vivants
et ta robe, c’est l’une et multiple qu’on n’ose soulever
laissant au souvenir sa chance d’aborder
sur la plage inconnue qui est au delà de la chair.
Cadis de vérité
dauphin de tendresse, mers enchantées
surah de respect

Les étoiles s’y laissent prendre comme dans un étang
et la trame du inonde tremble
car tu viens d’y passer comme une flamme
femme, légère passagère à bord de ma vie
femme au long cours comme les rivières.
Tu débordes de mes bras, satin noyé
et je voudrais être aussi le miroir
pour savoir ce qu’il te répond
quand tu lui fais le grand honneur de le questionner.

Oui, mon amour te va bien
Tu as accepté sa charge de collines, de beauté
son poids argenté d’années
et du miroir sort un long cortège d’amants
qui nous ressemblent

Elles y sont toutes les robes de joie
elles y sont toutes les triomphantes
celles du jardin d’Août où la chaleur est mûre
celles des fêtes dans les blés
les bleues, les enchantées d’après-midi,
les rêveuses, les solitaires
et je ne parlerai pas du large parfum de bras blancs
mêlés à la vanille des herbes sèches,
à l’odeur du feu dans le souvenir

Ah ! robes de ma voix, couvrez-la d’étoffes stellaires,
elle qui habite la parole
comme le bocal des lanternes et me brûle
Choisis. Ordonne, ardente.
Il y a de tout dans la passion
qui flambe jusqu’à l’exaspération du langage
Taille, coupe, échancre, dentelle.

Exige, ne me demande qu’une seule chose l’impossible.
Cela seul je le peux :
Des robes de lynx, de sirphes, de chimères
les manteaux des cascades,
les couronnes de larmes, les guirlandes de trèfle,
le petit chemin des neiges, la route du feu.
Tout est à tes pieds.

Tu peux fouler ce que tu veux.
Et dédaigner
Et voici que l’amour, le vrai,
celui qu’on n’approche pas souvent, s’avance.
Il vient hors des limites du désert, il se couche.
Il est un vieux mot de lion à la crinière pouilleuse.
La vermine des étoiles se répand sur le sol

Laisse-toi envahir par les constellations, elles sont contagieuses.
Tu mérites toutes les affections du ciel.

Et voici la robe taillée dans l’air diamantifère des solitudes.
Je l’ai prise à l’avant d’un bateau qui coupait l’équateur
chargé d’un automne et d’un printemps astral et boréal

La robe d’indienne
La douceur pour tes épaules des oiseaux lyres.
Celle-là les alizés d’un soir l’amenèrent.
Elle avait couru cent ans dans leur haleine autour des terres
et la voici faite de bruine et de haubans
indigo comme la mer qu’on imagine
et sonore comme le temps
Avec elle tu es bien ce navire qui rôde dans ma vie
quand nous sommes au large de nous-mêmes

Car j’ai grandi depuis que je t’aime
et je suis devenu pareil à un océan où, parfois,
quand je me laisse assoupir par mon chant
c’est toi, là-bas, au bout de mon bras,

tu es aussi dans mon épaule,
à la fois dans mes reins et partout dans mes yeux
femme, robe, neige, poème
Tu es une robe de neige sur la mer
Tu danses avec elle pour la beauté la vanité
Tu danses aux quatre coins du monde,
traversée par les météores à longue durée
qui déchirent nos espaces
Je sais la hôte patiente de tes lèvres
qui se plaignent au milieu des draps de l’automne
encore tachés des vendanges

Robe des pluies
Robe rauque des lichens sur les rocs
Robe de Robinson
Robe de silence où l’on pénètre avec effraction
Robe de papier journal où l’on ne parlait que d’amour
Robe de faits divers de dernière heure de toute urgence
Robe taillée dans la colonne des annonces
Robe cousue dans un krack financier, de building, de panique, de science
Robe pourpre comme un précipité chimérique…

Comme tu restes nue pourtant
et c’est ma condition d’homme
de ne pouvoir t’habiller que de toi-même
Vois, je n’ai jamais eu que du sang dans mes paroles
c’est ma seule richesse

Il est dans mon oreille gauche
parce qu’un soir de naufrage je t’ai entendue pleurer et appeler
Il est dans mon oeil droit et je pleure aussi des images
qui déteignent sur tous les écrans du monde
Il est dans mes bras en croix; il coule au flanc

puisque je suis toujours un homme crucifié

Il est dans mes jambes, il court, je cours,
je ne le saisis point Il a de l’avance sur moi
Il charrie ce qu’ont tenu des millions de poitrines avant la mienne

Il a recueilli tous les noms qui ont sombré au bord des lèvres
avant que la parole soit proférée,
dans les désastres, les misères avant les résurrections.

Et maintenant il faut que tout cela sorte
d’une manière ou d’une autre
Pardonne-moi.
Nous ne nous sommes pas choisis,
mais, désignés, nous assurons à deux le destin de tous
Je veux tailler une robe dans l’espérance.
Que les siècles t’accompagnent
et que le grand escalier du temps vienne à tes pieds,
abaisse ses marches, de siècle en siècle que tu montes
ô femme d’entre les femmes
modeste inconnue que personne ne remarque,
mais qui assure son rôle de médiatrice.
Mon espoir est le tien.
Tu marcheras, tu aborderas dans l’espace du bonheur
Souviens-toi de nos misères, de nos chances, charité.

Je t’ai beaucoup aimée,
vêtue du meilleur de l’homme
pour que tu sois la souveraine quotidienne
pour que tu sois le jour.

Une robe couleur de l’amour.
Que les grands espaces t’entourent
avec leurs envolées d’aigles.
Nous n’avons jamais méprisé la terre.
Nous ne l’avons pas quittée un seul instant
Souviens-toi de ces jours
où il y avait de la poussière dans le soleil
et dans les nuits un imaginaire qui donnait tout,
distribuait les richesses,
dilapidait les fortunes communes devant l’air consentant.
Les arbres consultés disaient toujours oui avec leurs ombres
et la mer et son rideau de vagues s’ouvraient

Taille donc toi-même dans la terre
ce manteau tout bruissant de pas qu’y laissèrent les amants
— ils ne sont pas prêts d’être oubliés —
quand un chemin qui se perdit les mena jusqu’au haut du talus
où ils s’aimèrent à la face d’un autre monde

Faisait-il beau là-bas ? Nul ne l’a su.
Mais la terre a besoin des hommes et elle parle
Prends ta voix dans le manteau des mers
ta voix dans la rumeur du coquillage de neptune,
on entend tout

Prends-la dans les feux de l’air
Que l’air se déroule comme les ceintures
Défais les ceintures comme tombe la neige
aime la neige pour lui donner ta chaleur
la chaleur de ta voix et plonge le couteau.
Il en coulera un long sanglot brisé

Ça, oui, ça, c’est la voix de l’amour qui n’est pas mort.
Il passe au long des rues, au long des âges
Les chiens le reconnaissent, le saluent
Les trains de nuit marchent plus vite
Les insectes vont sortir ce soir pour le rencontrer
Il y a beaucoup à maintenir dans la voix.

Elle est un manteau jeté sur l’absence.
C’est un coup de poing au coeur de l’apparence
et chaque fois que je me bats avec l’amour,
une femme blanche s’en va par mes blessures,
douloureuse, et ne me reconnaît plus
c’est toi dans ma voix qui saigne et dit:

Rien n’a changé
Nous sommes toujours face à face, pauvres.
Allons ! Il te faut partir.
Il ne manque plus que le dernier regard.
Jette-toi dans mes yeux
Il ne manque plus que la dernière agrafe
c’est parfait

je ne tiens que par un sourire,
le tien,
si merveilleusement désespéré.

(Jean Malrieu)

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