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Poésie

Posts Tagged ‘va-et-vient’

La tendresse (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018




    
Va et vient de la tendresse,
qui arrive ou se retire
comme un rêve d’enfant,
manipulant des distances
qui s’écoutent ou s’allongent
sans changer de mesure.

La rencontre et la séparation
occupent le même espace,
qui s’éveille parfois vers un coté
et parfois vers l’autre,
comme un homme dans son lit,
qu’ il soit seul ou non.

La tendresse dissout
cette ligne illusoire
qui partage les eaux
de la séparation et de la rencontre.

Près et loin n’existent pas.
La tendresse les créé
comme la mer créé la plage
avec le bord insaissable
de ses sages marées.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie verticale 12
Traduction: Fernand Verhesen
Editions: La Différence

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LE SOMMEIL D’EVANAISSANTE (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018




LE SOMMEIL D’EVANAISSANTE

Une île entre tempête et bonace,
et pas autre chose, j’ai débarqué sur ta face
au premier sommeil : dorment les volcans
de noire lave, le son des narines
touchait à peine sur les côtes, antique
va-et-vient, un bruissement de marées.

Tu me tiens dans ton sommeil, et je ne puis
te mener trop longtemps, les enchantements
qui me font m’arrêter sont larves
ou signaux : qu’est-ce qui là-bas apparut
qui déjà disparaît. Est-ce moi Ariel
ou bien est-ce le vent qui brouille ton rire

dans les baies lointaines. Si tu te tournes
dans le rêve et te retournes, quel est ce besoin
maintenant du naufragé de monter
ou de descendre là où la caresse
est rixe entre deux instants, la même
que tu ne contiens pas et que tu livres à la brise.

Ainsi je me fatigue au long de tes sentiers
ardus : partout, vois, c’est une mer
maintenant d’yeux ouverts, mais c’est moi
qui t’ai vue te lever, insomnieuse, de la côte,
ce n’était pas un feu follet : les coquillages
résonnaient à ta marche marine.

***

IL SONNO DI EVANASCENTE

Un’isola tra tempesta e bonaccia,
e non altro, sbarcai sulla tua faccia
nel primo sonno : dormono i vulcani
di vera lava, il suono delle nari
toccava appena sulle coste, antico
andirivieni, un fruscio di maree.

Mi tieni nel tuo sonno, e io non posso
andarti troppo a lungo, gli incantesimi
che mi fanno fermare sono larve
o segnali : che cosa laggiù apparve
che già scompare. Sono io Ariele
o è il vento che scompiglia ora il tuo riso

nelle baie lontane. Se ti volti
nel sogno e ti rivolti, che bisogno
è questo ora del naufrago di salire
o scendere là dove la carezza
è rissa tra due attimi, la stessa
che non contieni e che doni alla brezza.

Cosi io mi stanco lungo i tuoi sentieri
impervi : dappertutto vedi è mare
ora d’occhi dischiusi, ma fui io
che vidi alzarti insonne dalla costola,
non era un fuoco fatuo : le conchiglie
risuonavano al tuo passo marino.

(Piero Bigongiari)

Illustration: Alexandre Cabanel

 

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VA-ET-VIENT (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



VA-ET-VIENT

Je tombe en toi avec la chute aveugle de la vague
ton corps me soutient comme la vague qui renaît
dehors le vent souffle et rassemble les eaux
tous les bois sont un seul arbre

Vogue la ville en pleine nuit
terre et ciel et marée incessante
les éléments enlacés tissent
le vêtement d’un jour inconnu

(Octavio Paz)

 

 

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C’est tout près des rails que j’habite (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



C’est tout près des rails que j’habite,
près du va-et-vient permanent
des vitres de ces trains en fuite
dans le vent nocturne ondoyant.
Dans la nuit éternellement,
Foncent les jours qui se font suite.
Dans chacun des compartiments
c’est moi qui m’accoude et médite.

(Attila Jozsef)

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Je mets la main (Ariane Dreyfus)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2018



Illustration: Susan Harrison-Tustain

    

je mets la main dans une main pour
retrouver le va-et-vient du réel

(Ariane Dreyfus)

 

Recueil: Iris c’est votre bleu
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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VILLE, BROUHAHA… (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



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VILLE, BROUHAHA…

Ville, brouhaha, continuel va-et-vient des rues,
Ô vie sale, hostile, inutilement usée,
Savoir qu’il y a la mer et les plages nues,
Des montagnes sans nom et des plaines plus vastes
Que le plus vaste des désirs,
Et moi, en toi enfermée, je vois seulement
Des murs et des façades, je ne peux voir
Ni les marées qui montent, ni le changement des lunes.

Savoir que tu me prends la vie
Et qu’à l’ombre de tes murs tu traînes
Mon âme promise
Aux vagues blanches et aux vertes forêts.

***

CIDADE, RUMOR…

Cidade, rumor e vaivém sem paz das ruas
Ó vida suja, hostil, inutilmente gasta,
Saber que existe o mar e as praias nuas,
Montanhas sem nome e planicíes mais vastas
Que o mais vasto desejo,
E eu estou em ti fechada e apenas vejo
Os muros e as paredes, e não vejo
Nem o crescer do mar, nem o mudar das luas.

Saber que tomas em ti a minha vida
E que arrastas pela sombra das paredes
A minha alma que fora prometida
As ondas brancas e ás florestas verdes.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration

 

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Non (Luc Estang)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017



Illustration: Henri Rousseau (Le Douanier Rousseau)
    
Non, pas le corail ni le nonchaloir
les naïvetés de chair mise nue,
ou les fruits souillant les doigts de sang noir,
ni les touffeurs de savane inconnue

ne me tentaient : pas même la couleur
de la terre brûlante et diluée
dans la mer comme une vieille douleur
dans les larmes, pas même la suée

virginale des palmes le matin !
Mais seulement ce va-et-vient du Verbe,
ô scansion profonde qui n’atteint
que la rive où baignent les longues herbes.

celles des souvenirs mal immergés
celles des repentirs pris sur les sables
celtes des secrets peut-être en danger ,
celles des espoirs les moins saisissables

(Luc Estang)

 

Editions: Cahiers du Sud

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LE PREMIER PAPILLON (Wladyslaw Broniewski)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017



Illustration: ArbreaPhotos

LE PREMIER PAPILLON

Le premier papillon s’envola dans le pré,
lança vers le soleil un bonjour bien joyeux,

dans un nuage blanc s’égara un moment,
battit de l’aile frêle et descendit, prudent ;

batifola un peu, insouciant et léger,
de tous ces va-et-vient se sentit fatigué,

s’assit sur une fleur, lui dit : que tu sens bon !
Tel fut le premier jour du premier papillon.

(Wladyslaw Broniewski)

 

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L’infini (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017



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L’infini n’est autre
Que le sans fin
va-et-vient
Entre ce qui se cherche
Et ce qui se perd
Mille veines ouvertes
d’un cœur l’autre

(François Cheng)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Hans Thoma

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Dévisager l’ultime (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017




    
Dévisager l’ultime
Retrouver sans faille
l’ouvert
Où se donne
la vie entière
En son inaltéré
va-et-vient

Entre la cime d’ici
et l’horizon
Un aigle trace
le cercle du soir
Qu’un éclair recueille
en passant

À temps ou
à contretemps

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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