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Posts Tagged ‘vacher’

Le vacher et le garde-chasse (Jean-Pierre Claris de Florian)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2020




    
Le vacher et le garde-chasse

Colin gardait un jour les vaches de son père ;
Colin n’avait pas de bergère,
Et s’ennuyait tout seul. Le garde sort du bois :
Depuis l’aube, dit-il, je cours dans cette plaine
Après un vieux chevreuil que j’ai manqué deux fois
Et qui m’a mis tout hors d’haleine.
Il vient de passer par là bas,
Lui répondit Colin : mais, si vous êtes las,
Reposez-vous, gardez mes vaches à ma place,
Et j’irai faire votre chasse ;
Je réponds du chevreuil. – ma foi, je le veux bien.
Tiens, voilà mon fusil, prends avec toi mon chien,
Va le tuer. Colin s’apprête,
S’arme, appelle Sultan. Sultan, quoiqu’à regret,
Court avec lui vers la forêt.
Le chien bat les buissons ; il va, vient, sent, arrête,
Et voilà le chevreuil… Colin impatient
Tire aussitôt, manque la bête,
Et blesse le pauvre Sultan.
À la suite du chien qui crie,
Colin revient à la prairie.
Il trouve le garde ronflant ;
De vaches, point ; elles étaient volées.
Le malheureux Colin, s’arrachant les cheveux,
Parcourt en gémissant les monts et les vallées ;
Il ne voit rien. Le soir, sans vaches, tout honteux,
Colin retourne chez son père,
Et lui conte en tremblant l’affaire.
Celui-ci, saisissant un bâton de cormier,
Corrige son cher fils de ses folles idées,
Puis lui dit : chacun son métier,
Les vaches seront bien gardées.

(Jean-Pierre Claris de Florian)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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Cow-bow (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018




    
Je me souviens de la surprise que j’ai éprouvée
en apprenant que « cow-bow  » voulait dire « garçon vacher ».

(Georges Perec)

 

Recueil: Je me souviens
Traduction:
Editions: Hachette

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LA PLACE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration: Paula Modersohn-Becker
    
LA PLACE

On entend sur la place les cris d’une femme
au soir de l’existence
seule avec sa chevelure
son dédain âpre et pur.
Des pâtres, des vachers
l’ont dans sa jeunesse embrassée.
Demeurent des plafonds noirs
des balcons historiés
faisant le tour de la place
et l’heureux conducteur
d’une voiture vide.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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La vache (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018



    

La vache

Vieille, avec sa bouche édentée,
Les ans enroulés à ses cornes.
Sur la route qui mène aux champs,
Le vacher la brutalisait.

Son coeur est sourd à tout chahut :
Les souris grattent dans un coin.
Elle pense — son âme est triste —
Aux pattes blanches de son veau.

Plus de fils pour cette mère.
Première joie : nul profit.
Sur un pieu dessous le tremble,
Sa peau ondule à la brise.

Et dans le champ de sarrasin,
Avec son fils même destin,
On jettera un licol à son cou
Et on la conduira pour l’abattage.

Plaintive et triste et décharnée,
Cornes seront fichées en terre…
Elle rêve d’un blanc bocage,
D’un beau et riche tapis d’herbe.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Poèmes 1910-1925
Traduction:
Editions: La Barque

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UNE CHANSON (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



UNE CHANSON

Une chanson bonne à mâcher
Dure à la dent et douce au coeur.
Ma soeur, il faut pas te fâcher,
Ma soeur.

Une chanson bonne à mâcher
Quand il fait noir, quand il fait peur,
Comme à la lèvre du vacher,
La fleur.

Une chanson bonne à mâcher
Qui aurait le goût du bonheur,
Mon enfance, et de tes ruchers
L’odeur.

(Paul Eluard)

Illustration

 

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Nul ne le sait (Rafael Alberti)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2017



Non, la sonnaille des tramways
— diling! diling ! — de la cité
ne sait pas que la mer est morte.

Nul ne le sait, nul ne le sait.
N’est-ce pas mieux : nul ne le sait !

Ni toi, la verte voiturette
qui, chemin de la fruiterie,
conduis ton tintinnabulis.

Nul ne le sait, nul ne le sait.
N’est-ce pas mieux : nul ne le sait!

Ni toi, ni toi, jeune vacher,
qui emmènes tes deux vachettes,
si tôt matin, donner leur lait.

Nul ne le sait, nul ne le sait.
N’est-ce pas mieux : nul ne le sait!

(Rafael Alberti)

Illustration: Kazuya Akimoto

 

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