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Poésie

Posts Tagged ‘vague’

Sur le rivage (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



Sur le rivage

L’air tremble au-dessus du rivage
Au milieu d’un délire de mâts
Je respire l’odeur des vagues

La terre presse ses lèvres
Sur la gorge nue de la mer
Entre nuage et écume
Entre vol et immobilité
Un cormoran plane
A ras des flots que rythme
Le diapason du vent

Sous un ciel engrossé de nuages
Nous rêvons sur un tapis de sable
Incrusté de coquillages
Où tu te couvres d’algues
Pour couvrir ta nudité
Au regard des passants
Qui longent les plages
A la recherche de coups d’oeil
Tandis que la mer noie ses poissons

Au bout de nos mains
La mer berce la baie.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: William Bouguereau

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UN PAON VU A TRAVERS MONTES DE OCA (José Emilio Pacheco)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2021



UN PAON VU A TRAVERS MONTES DE OCA

Dans le vague jardin rubendariste
avec superbe il déploie ses vitraux
et dans la source de mousse braille son épouvante
car l’eau ne reflète pas
son paonirréalité

***

UN PAVO REAL VISTO POR MONTES DE OCA

En el vago jardín rubendariano
con soberbia despliega sus vurales
y en la fuente de musgo lanza un grito
de pavor
porque el agua no refleja
su pavoirrealidad

(José Emilio Pacheco)

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UNE OUVERTURE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2021



Illustration: ArbreaPhotos
    
UNE OUVERTURE

Comment dessiner si on ne fait que deviner
entre deux arbres, dans la rapidité des nuages
une vague lumière incertaine, fragile mais constante,
qui repose dans sa parfaite limpidité,
couronne d’écume ? C’est la terre, c’est peut-être le visage
de la terre et une offrande du ciel, le paradis épars
qui à travers ombres et branches a parcouru le champ entier
de la mémoire dans un vertige immobile. Comment être
l’oiseau fidèle de cet éclair ? Comment garder vivantes
les images concaves et aériennes, les germes de l’origine ?

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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DANS L’ÉGALITÉ DU TORRENT (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021




    
DANS L’ÉGALITÉ DU TORRENT

Dans l’égalité du torrent, un seul arbre,
des mots et des pierres accueillant un
visage au rythme des vagues, et une
ombre ovale sur les épaules, respirant
lentement le cercle d’air, les reflets
dans les branches, semblants de
souffle, les anneaux du jour, sans bord
ni centre l’arche inachevée, errante, qui
sur la mer est la permanence.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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L’ombre d’une vague (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021




    

L’ombre d’une vague charrie encore une autre ombre.
À la vague d’une ombre succède une autre vague.
À mon cheval perdu je dois ouvrir le chemin d’un
autre cheval plus fort et partout présent.

Le bleu-vert sombre d’une colline ou d’un nuage
(la tempête a arraché tes vêtements). Nus nous
sommes maintenant l’eau verte d’une poitrine et le
pain blanc de la maison sur les dunes.

Sous le soleil nous sommes des animaux fauves, rouges,
qui se nourrissent des éléments à l’ombre du cheval,
sous la clarté du vide, dans la charpente des navires.

Le jour. Les seins. L’eau. L’ombre. La lumière. La fièvre.
Une roue s’emballe du poignet jusqu’à l’arbre
dans un ciel grand ouvert au plaisir de la soif.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Le portrait (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2021



Le portrait

Elle passa comme un parfum de fleur d’automne.
J’espérais la revoir et ne la voyais plus,
Mon cœur était lassé de ne trouver personne,
Mes yeux étaient lassés d’avoir été déçus.

Je me souvins un jour que de notre amour brève,
Il me restait un vieux portrait que je baisais.
Sous les baisers brûlants de larmes arrosés,
L’image s’effaça et s’enfuit comme un rêve.

Et je désespérais quand je vis apparaître
Sur l’image effacée l’azur pur de ses yeux,
Quand je vis la pâleur de ses lèvres renaître
Avec un éclat tendrement mystérieux.

Le souvenir avait refait l’image pure.
Sur le papier vieilli je remis un baiser ;
Ses lèvres vinrent sur les miennes se poser
Et je sentis au cœur une vague brûlure.

(Jules Supervielle)

Illustration

 

 

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Ma nostalgie n’est pas mienne (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2021



Ma nostalgie n’est pas mienne.
Elle est vieille comme les astres.
Un jour, comme eux,
née du Néant,
du vide illimité.

Le bruissement des arbres,
le roulement de la vague sur le rivage,
les hautes montagnes au loin —
éveillent ma nostalgie.
Mais non pour une chose d’ici.
Pour une autre chose infiniment lointaine,
et d’il y a très, très longtemps —

Longtemps avant la mer, avant les montagnes, avant les vents —

***

Min längtan är inte min.
Den är gammal så som stjärnorna.
Född ur Intet engång
som dc,
ur den gränslösa tomheten.

Suset i träden,
vågens slag mot stranden,
de stora bergen långt borta —
de väcker min längtan.
Men inte till någonting här.
Till något oändligt långt borta,
någonting för länge länge sen —

Långt före havet, långt före bergen, långt före vindarna —

(Pär Lagerkvist)


Illustration: Guillaume Dubufe

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Je repense ton sourire (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2021



Je repense ton sourire, i1 est pour moi une eau limpide
entrevue d’aventure dans la pierraille d’une grève,
étroit miroir auquel contemple un lierre ses corymbes;
et sur toute chose l’embrassement d’un blanc ciel paisible.

Cela, mon souvenir; je ne saurais dire, ô lointain,
si de ton visage, libre, s’exprime une âme ingénue,
ou bien si tu es de ceux qu’errants le mal du monde exténue
et qui portent avec eux, talisman, leur souffrance.

Mais ceci puis-je te dire : pensée, ton effigie
engloutit colères et caprices sous une vague de calme,
et ton aspect vient sourdre en ma mémoire grise,
droit comme la cime d’une toute jeune palme…

***

Ripenso i1 tuo sorriso, ed è per me un’acqua limpida
scorta per avventura tra le petraie d’un greto,
esiguo specchio in cui guardi un’ellera i suoi corimbi;
e su tutto l’abbraccio d’un bianco cielo quieto.

Codesto è il mio ricordo; non saprei dire, o lontano,
se dal tuo volto s’esprime libera un’anima ingenua,
o vero tu sei dei raminghi cue i1 male del rondo estenua
e recano il loro soffrire con sé come un talisman.

Ma questo posso dirti, che la tua pensata effigie
sommerge i crucci estrosi in un’ondata di calma,
e che il tuo aspetto s’insinua nella mia memoria grigia
schietto come la cima d’una giovinetta palma…

(Eugenio Montale)


Illustration: Léonard de Vinci

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LES JONQUILLES (William Wordsworth)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2021



    

LES JONQUILLES

J’errais seul comme un nuage
Flottant au-dessus des monts et des vallées,
Quand tout à coup je vis un mirage,
Une foule de jonquilles dorées;
Près du lac, sous les arbres mises
Flottant et dansant dans la brise.

Pareilles aux étoiles qui brillent
Et scintillent sur la Voie lactée,
Elles s’étendaient à l’infini
Le long des bords d’une baie :
D’un regard j’en vis dix mille
Mimant une danse enjouée.

Les vagues à côté éclatantes dansaient
Mais elles les surpassaient en joie :
Un poète ne pouvait qu’être gai
En si belle compagnie !
Je les regardais, les regardais, mais loin de moi
La conscience de leur riche profit;

Car souvent, quand sur mon lit je couche
L’esprit libre ou pensif,
Dans mon for intérieur soudain elles me touchent
Bonheur solitaire natif;
Et mon cœur de plaisir s’emplit comme une quille
Et danse avec les jonquilles.

***

THE DAFFODILS

I wander’d lonely as a cloud
That floats on high o’er vales and hills,
When all at once I saw a crowd,
A host of golden daffodils,
Beside the lake, beneath the trees
Fluttering and dancing in the breeze.

Continuous as the stars that shine
And twinkle on the milky way,
They stretch’d in never-ending line
Along the margin of a bay:
Ten thousand saw I at a glance
Tossing their heads in sprightly dance.

The waves beside them danced, but they
Out-did the sparkling waves in glee:
A poet could not but be gay
In such a jocund company!
I gazed — and gazed — but little though
What wealth the show to me had brought.

For oft, when on my couch I lie
In vacant or in pensive mood,
They flash upon that inward eye
Which is the bliss of solitude;
And then my heart with pleasure fills
And dances with the daffodils.

(William Wordsworth)

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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RÉSIDU (Ida Vitale)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



Illustration: Rachel Ostrow

www.rachelostrow.com

Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Irish, Serbian, Armenian

Poem of the Week Ithaca 677 « Residue », Ida Vitale, Uruguay 1923

from: “Riduzione dell’Infinito”, Editorial Tusquets, 2002.

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

RÉSIDU

Vie brève ou longue, tout
ce que nous vivons est réduit
à un résidu gris dans la mémoire.
Des voyages anciens subsistent
de mystérieuses monnaies
affichant de fausses valeurs.
De la mémoire ne s’élèvent
qu’une vague poussière et un parfum.
Peut-être est-ce de la poésie ?

Traduction Elisabeth Gerlache

(Ida Vitale)

***

RESIDU

Kort of lang leven, alles
wat we leven wordt gereduceerd
tot een grijs residu in het geheugen.
van de oude reizen blijven
de mysterieuze munten
die valse waarden voorwenden.
uit het geheugen stijgt alleen
een vaag stof en een parfum op.
misschien is het poëzie?

Vertaling: Germain Droogenbroodt

***

RESIDUAL

Corta la vida o larga, todo
lo que vivimos se reduce
a un gris residuo en la memoria.
De los antiguos viajes quedan
las enigmáticas monedas
que pretenden valores falsos.
De la memoria sólo sube
un vago polvo y un perfume.
¿Acaso sea la poesía?

Ida Vitale

***

RESIDUE

Short or long life
everything what we live is reduced
to a gray residue in our memory.
From the old journeys remain
the enigmatic coins
pretending false values.
From our memory rise only
a vague dust and a perfume.
Maybe it’s poetry?

Translation: Stanley Barkan

***

RESIDUO

Che sia breve o lunga la vita—
tutto ciò che viviamo è ridotto
a un grigio residuo nella nostra memoria.
Dei vecchi viaggi,
restano le monete enigmatiche,
che rivendicano falsi valori.
Dalla nostra memoria,
affiora solo una polvere vaga e profumo.
È forse poesia?

Traduzione Luca Benassi

***

RÜCKSTAND

Kurzes oder langes Leben, alles
was wir leben, verkümmert
zu einem grauen Rest in der Erinnerung.
Von den alten Reisen bleiben
rätselhafte Münzen,
die einen falschen Wert vorgeben.
Aus der Erinnerung steigt auf
nur vager Staub und ein Parfüm:
Vielleicht ist es Poesie?

Übersetzung Germain Droogenbroodt – Wolfgang Klinck

***

RESIDUAL

Curta a vida ou longa, tudo
o que vivemos se reduz
a um resíduo cinzento na memória.
Das viagens antigas restam
as enigmáticas moedas
que fingem valores falsos.
Da memoria, só a poalha vaga
e um perfume sobem no ar.
Será poesia?

Tradução portuguesa: Maria do Sameiro Barroso

***

RISIDUU

Curta la vita o longa
tuttu chiddu ca vivemu si ridduci
a un risiduu grigiu nna la mimoria.
Di li antichi viaggi
restanu muneti enigmatichi
ca pritennunu valuri fausi.
Di la mimoria nchiana sulu
na purviri vaga e un prufumu.
È forsi la puisia?

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

REZIDUAL

Scurtă sau lungă viața, tot
ce trăim, se condensează
în griul rezidual al amintirii.
Din vechi călătorii ne alegem
cu enigmatice monede
de valori presupuse.
Din amintiri se înalță numai
un praf difuz și un parfum:
Să fie oare aceasta poezia?

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

RESZTKA

Życie krótkie, czy długie —
Wszystko co przeżywamy, sprowadza się
do bladej resztki w naszej pamięci.
Z dawnych podróży ,
pozostają zagadkowe monety,
wyglądające na fałszywe.
Z naszej pamięci,
unosi się tylko niewidoczny pył i zapach
Czy to może poezja?

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΚΑΤΑΛΟΙΠΑ

Μακρόχρονη ζωή ή σύντομη
όλα που ζούμε μένουν
μικροσκοπικά κατάλοιπα μνήμης
από ταξίδια που άφησαν
τα αινιγματικά ψευδοαξιών τους
λάφυρα
Μόνο ένα θαμπό άρωμα παραμένει
που μπορεί να `ναι κι η ποίηση

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translaion by Manolis Aligizakis

***

残 留

命短或命长我们生存的一切都在减少
为我们记忆里的一个灰色残留物。

从古老的旅程留下
自诩人文
价值的神秘硬币。

从我们的记忆只升起
模糊的灰尘和香水。
也许这就是诗歌?

英 译:杰曼·卓根布鲁特-斯坦利·巴坎
汉 译:中 国 周道模 2021-3-29
Translation into Chinese by William Zhou

***

بقايا

،إن تكن الحياة قصيرة أو طويلة
فكل ما نعيشه فيها
.يصير بقايا من رماد
،في الذاكرة
،األسفا ر القديمة
تحتفظ بالقيمة الزائفة
.لعمالت غريبة
،من الذاكرة
،ال تتصاعد سوى موجة غبار

..وعطر

أيمك ن أن يكون هو ال ّشعر؟
إيدا فيتالي، أوروغواي 1923

ترجمته عن اإلنجليزية سارة سليم
Translation into Arab by Sarah Slim

***

अवशेष
छोटा या लंबा जीवन

हम जो कुछ भी जीते हैं वह कम हो जाता है
हमारी स्मृति में एक ग्रे अवशेष के लिए।

पुरानी यात्राओं से रहे
गूढ़ सिक्के

झूठे मूल्यों का दिखावा करना।
हमारी स्मृति से ही उठते हैं
एक अस्पष्ट धूल और एक इत्र।
शायद यह कविता है?
इडा विटले, उरुग्वे 1923.
Ida Vitale, Uruguay 1923

Hindi translation by Jyotirmaya Thakur

***

燃え残り

人生は長くても短くても
すべての存在は記憶の中で
灰色の燃えかすとなる

大昔の旅から残ったものは
まるで価値があるかのように見せる
謎めいた硬貨である

私たちの記憶からは
ぼやけた埃とかすかな香り
もしかしたらそれが詩なのだろうか

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

پس مانده
زندگی کوتاه یا بلند

همه آنچه ما زندگی میکنیم تقلیل مییابد
به ته نشینی خاکستری در خاطره
از سفرهای قدیمی باقیماندهست
سکههایی مرموز
تنها از خاطرات ما برمىخیزد
یک غبار مبهم و عطری
شاید این همان شاعری باشد؟
ايدا ويتال، اروگوئه ١٩٢٣
ترجمه: سپیده زمانی

Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

ОСТАТЪК

Дълъг или кратък живот –
всичко което преживяваме се свежда
до блед остатък в нашата памет.
От старите пътувания остават
загадъчните монети,
претендиращи за фалшиви ценности.
От нашата памет се издига само
неясен прах и парфюм.
Това е поезията, може би?

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

LEIFAR

Stutt eða löng ævi
allt sem við lifum verður aðeins
gráar leifar í minninu.
Af gömlum ferðalögum eru aðeins eftir
óskiljanlegir smápeningar
á upplognu gengi.
Úr minni okkar rís aðeins
óljóst ryk og ilmur.
Er það kannski skáldskapur?

Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

ОСАДОК

Будем жить много или мало –
любая жизнь осядет
серым цветом в памяти.
От старых путешествий останутся
загадочные монеты
фальшивой ценности.
Поднимутся из памяти лишь
смутная пыль и запахи духов:
может быть, это и есть стихи?

Перевод Гермайна Дрогенбродта
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

NALALABI

Maigsi o mahaba man ang buhay
lahat ng ating naging buhay ay nabawasan
sa isang kulay-abong nalalabi sa aming mga alaala.
Mula sa nakaraang mga paglalakbay
ang mahalagang mga barya na
nagkukunwaring maling mga pagpapahalaga.
Mula sa ating mga alaala ay nangingibabaw lamang
ang malabong alikabok at ang halimuyak.
Marahil ito ay isang tula?

Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

שיירים / אידָה ויטָלֶה

חַיִּים קְצָרִים אוֹ אֲרֻכִּים
כָּל מָה שֶׁאָנוּ חַיִּים מִצְטַמְצֵם
לִשְׁיָרִים אֲפֹרִים בְּזִכְרוֹנֵנוּ.

מֵהַמַּסָּעוֹת הַיְּשָׁנִים נִשְׁאָרִים
הַמַּטְבְּעוֹת הַמִּסְתּוֹרִיִּים
שֶׁמַּעֲמִידִים פָּנִים שֶׁל עֲרָכִים כּוֹזְבִים.

בְּזִכְרוֹנֵנוּ עוֹלִים רַק
אָבָק מְעֻרְפָּל וּבֹשֶׂם.
הַיִתָּכֵן שֶׁזּוֹ שִׁירָה?

תרגום לאנגלית: ג’רמיין דרוגנברודט וסטנלי ברקן
תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

எஞ்சியுள்ளது

கூறுகிய வாழ்வோ நீண்ட வாழ்வோ
நாம் வாழ்வது எப்படியிருப்பினும்
நமது நினைவில் பழுப்பு நிற
மிச்சமாக குறைகிறது!பழம் பயணங்களிலிருந்து
புதிரான நாணயங்கள்
தவறான மதிப்பாக பாசாங்கு செய்துகொண்டு!
குழப்பும் துகளும், நறுமணமும்
நமது நினைவிலிருந்து எழுகிறது!
அதுதான் கவிதையோ!!!!

Translation NV Subbaraman

***

DERENGÎ

Jiyan eger dirêj be yan kurt be, em di
çi de dijîn, her kêm dibe
çawa derengiyeke gewr di mêjî de.
Ji geştên kevn perçediravên
mamikî dimînin
ewên nirxên nerast kêmnirx dixuyînin.
Ji bîranînê her bagereke vala
ji tûzê radibe û lewanteyek:
Belkî ew helbestvanî ye.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

অবশিষ্টাংশ
জীবন সংক্ষিপ্ত বা দীর্ঘ
যেখানেই আমরা বসবাস করি না কেন তা

হ্রাস পায়

আমাদের স্মৃতির ধূসর অবশিষ্টাংশে ।
আমাদের পুরনো জীবনযাত্রার অবশিষ্টাংশ
থেকে প্রহেলিকা মুদ্রাগুলি
ভান করে মিথ্যে মূল্যবোধ এর ।
আমাদের স্মৃতি থেকে জাগরিত হয় শুধু
একটি অসার ধুলো আরেকটি সুগন্ধি
হয়তোবা এটি একটি কবিতা?
ইদা ভিটালে, উরুগুয়ে

Bangla Translation: Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

IARMHAR

Fada nó gearr an saol
caolaíonn gach aon ní
ina mhearchuimhne liath.
De na seanaistir
níl ann anois ach na seanbhoinn
thruaillithe, dhíblí.
Ón gcuimhne éiríonn
cumhra lagbhrí.
An fhilíocht, b’fhéidir?

Aistrithe go Gaeilge ag Rua Breathnach
Translation into Irish by Rua Breathnach

***

TALOG

Dug ili kratak život
sve što preživljavamo je svedeno
na sivi talog u našem pamćenju.
Od bivših putešestvija ostaju
zagonetni novčići
koji glume lažnu vrednost.
Iz našeg sećanja vaskrsavaju samo
jedva primetna prašina i miris.
Možda je to poezija?

Sa engleskog prevela: S. Piksiades
Translation into Serbian by S. Piksiades

***

ՆՍՏՎԱԾՔ

Կարճ կամ երկար կյանք.
ողջ մեր ապրածը
հիշողության մեջ
վերածվում է գորշ նստվածքի:
Հին ճամփորդություններից մնում են
հանելուկային մետաղադրամները՝
իբրև կեղծ արժեքներ:
Մեր հուշերից հառնում է միայն
աղոտ փոշի և բուրմունք:
Գուցե դա պոե՞զիան է:

Translation into Armenian by Armenuhi Sisyan

(Ida Vitale)

Recueil: Ithaca 677
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
Holland: https://boekenplan.nl
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
France: https://arbrealettres.wordpress.com
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
Romania: http://www.logossiagape.ro; http://la-gamba.net/ro; http://climate.literare.ro; http://www.curteadelaarges.ro.; https://cetatealuibucur.wordpress.com
Spain: https://www.point-editions.com; https://www.luzcultural.com
India: https://nvsr.wordpress.com; https://ourpoetryarchive.blogspot.com>
USA-Romania: http://www.iwj-magazine.com/journal02

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