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Poésie

Posts Tagged ‘vague’

Océan (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2020



    

Océan

Les hommes passeront, la poussière éperdue
Passera, les oiseaux fuiront dans l’étendue,
Les chevaux passeront, les vagues passeront,
Les nuages fuiront et s’évanouiront,
Les chars s’envoleront dans la rumeur des routes
Mais les obscurités, les questions, les doutes,
Resteront, sans qu’on voie un peu de jour qui point
Mais les ombres sont là qui ne passeront point
Mais on aura toujours, quoi qu’on rêve et qu’on fasse,
Devant soi, le prodige et la nuit face à face
Mais on ne verra rien, jamais, jamais, jamais,
Pas même une blancheur sur de vagues sommets,
Pas même un mouvement de souffles et de bouches,
Dans l’immobilité des ténèbres farouches.

(Victor Hugo)

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Hasard de mes pas (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2020




    
Hasard de mes pas
Avec la vague intuition
Que tu m’attendais
Je vins dans ce champ en fleurs
C’était un soir de lune

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Vagues déchaînées (Alain Boudet)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020


 


 

Matthew Cusick   mer-dechainee-collage-carte-7 [1280x768]

Vagues déchaînées
Galets mélangés
Sable malmené
Horizon brouillé
La mer a perdu
son marque-plage.

(Alain Boudet)

Illustration: Matthew Cusick

 

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Le ressac (Sylvain Tesson)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2020



Illustration: Elena Vyatkina
    
Le ressac

L’océan est un peu agaçant, à la fin.
Chaque vague en fait des tonnes,
pour rien.

(Sylvain Tesson)

 

Recueil: Une très légère oscillation
Traduction:
Editions: Equateurs

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Est-ce que le signe engendre le paysage (Robert Guiette)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2020



Est-ce que
le signe engendre le paysage
suscite l’arbre et le nuage
et la vague et la brume
du vert au bleu
et de la pierre de lune

(Robert Guiette)

 

 

 

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Douce l’odeur des raisins bleutés (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020




    
Douce l’odeur des raisins bleutés,
Et leur ivresse encore lointaine,
Sourds et sombres les sons de ta voix…
Je ne ressens ni pitié ni peine.

Toiles d’araignée entre les grappes,
Entre les pieds de vigne trop frêles.
Comme des glaçons portés par les eaux,
Flottent les nuages dans le ciel.

Mais le soleil paraît, haut et net.
Si tu souffres, aux vagues va le susurrer,
Peut-être vont-elles te répondre
Ou peut-être même t’embrasser.

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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La route pointée vers la haute mer (Robert Guiette)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



La route pointée vers la haute mer
mais si près des premières vagues
et si près des innocentes plages
où nos pas s’arrêtent

comme un mât dans le ciel inverse
qui s’effrange
je me perds
autour de moi-même

(Robert Guiette)


Illustration: Patrice Rivoallan

 

 

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Tiens ! Ce baiser sur ton front! (Edgar Poe)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020



 

Christian Schloe  382492675_b

Tiens ! Ce baiser sur ton front!
et, à l’heure où je te quitte, oui, bien haut, que je te l’avoue :
tu n’as pas tort, toi qui juges que mes jours ont été un rêve;
et si l’espoir s’est enfui en une nuit ou en un jour
– dans une vision ou aucune, n’en est-il pour cela pas moins PASSÉ ?
Tout ce que nous voyons ou paraissons, n’est qu’un rêve dans un rêve.

Je reste en la rumeur d’un rivage par le flot tourmenté
et tiens dans la main des grains du sable d’or – bien peu !
Encore comme ils glissent à travers mes doigts à l’abîme,
pendant- que je pleure – pendant que pleure ! O Dieu !
Ne puis-je les serrer d’une étreinte plus sûre ? O Dieu !
Ne puis-je en sauver un de la vague impitoyable ?
TOUT ce que nous voyons ou paraissons, n’est-il qu’un rêve dans un rêve ?

(Edgar Poe)

Illustration: Christian Schloe

 

 

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Tout à coup, vers le nord, du vaste horizon pur (William Chapman)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2020



Tout à coup, vers le nord, du vaste horizon pur
Une rose lueur émerge dans l’azur,
Et, fluide clavier dont les étranges touches
Battent de l’aile ainsi que des oiseaux farouches,
Eparpillant partout des diamants dans l’air,
Elle envahit le vague océan de l’éther.
Aussitôt ce clavier, zébré d’or et d’agate,
Se change en un rideau dont la blancheur éclate,
Dont les replis moelleux, aussi prompts que l’éclair,
Ondulent follement sur le firmament clair.
Quel est ce voile étrange, ou plutôt ce prodige ?

(William Chapman)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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L’INSTANT (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019




L’INSTANT

Jamais, jamais plus
Cet instant, jamais
Ces lentes rides
A travers l’eau lisse,
Et jamais plus ces
Nuages blancs et gris
Dans le ciel cristallin vif
Bleu comme le cri du sterne,
Strident parmi l’air léger,
Salé par l’océan,
Adouci par les fleurs.

Ici coïncident
Les longues histoires
Des formes récurrentes
Qui se touchent en un point
Et se quittent dans l’instant,
Les vagues rapides
Du vent et de l’eau,
Le rythme plus lent
De l’usure des roches,
De l’enfoncement des terres.

Dans les lacs fertiles
Le cycle de vie
Des algues brunes
Entrecroise
Les fréquences
Des divers coquillages
Chacun avec son arc
Sa spirale singulière
Filée à partir d’un point
En ton et demi-ton
D’une octave formelle.

Ici viennent planer
Les mouettes blanches
Qui lentement tournent
Au-dessus des îles
OEillets de mer et herbe salée,
Eider et fou de Bassan,
Courlis et cormoran,
Chacun a son mode .
Personnel d’extase
Nouée dans le dessin,
Le courant incessant
De l’espèce perpétuelle,
Répétée, renouvelée
Par le vouloir de la joie
Dans des oeufs mis à l’abri
De corniches escarpées.

Le soleil qui se lève
Sur une terre, se couche
Sur une autre.
Rapidement les fleurs
Croissent et se flétrissent,
Le grand iris jaune
Déploie sa corolle
Quand les primevères se fanent,
Les volutes des fougères
Se déroulent, les moucherons
Dansent le temps d’une heure
Dans l’air du soir,
La phalène brune émerge
De sa chrysalide
Et les os de l’alouette
Tombent épars dans l’herbe.

Le soleil qui s’est levé
De la mer ce matin
Ne reviendra jamais,
Car la lumière diffuse
Qui fait briller les feuilles
Et miroite sur l’eau
Poursuivra cette nuit
Son très long voyage
Hors de l’univers.
Jamais plus ce soleil,
Ce monde, jamais plus
Cet unique témoin.

***

THE MOMENT

Never, never again
This moment, never
These slow ripples
Across smooth water,
Never again these
Clouds white and grey
In sky sharp crystalline
Blue as the tern’s cry
Shrill in light air
Salt from the ocean,
Sweet from flowers.

Here coincide
The long histories
Of forms recurrent
That meet at a point
And part in a moment,
The rapid waves
Of wind and water
And slower rhythm
Of rock weathering
And land sinking.

In teeming pools
The life cycle
Of brown weed
Is intersecting
The frequencies
Of diverse shells
Each with its variant
Arc or spiral
Spun from a point
In tone and semitone
Of formal octave.

Here come soaring
White gulls
Leisurely wheeling
In air over islands
Sea pinks and salt grass,
Gannet and eider,
Curlew and cormorant
Each a differing
Pattern of ecstasy
Recurring at nodes
In an on-flowing current,
The perpetual species,
Repeated, renewed
By the will of joy
In eggs lodged safe
On perilous ledges.

The sun that rises
Upon one earth
Sets on another.
Swiftly the flowers
Are waxing and waning,
The tall yellow iris
Unfolds its corolla
As primroses wither,
Scrolls of fern
Unroll and midges
Dance for an hour
In the evening air,
The brown moth
From its pupa emerges
And the lark’s bones
Fall apart in the grass.

The sun that rose
From the sea this morning
Will never return,
For the broadcast light
That brightens the leaves
And glances on water
Will travel tonight
On its long journey
Out of the universe,
Never this sun,
This world, and never
Again this watcher.

(Kathleen Raine)

Illustration: Andrew Judd

 

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