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Poésie

Posts Tagged ‘vain’

Dans la marée des choses vivantes (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019




    
Dans la marée des choses vivantes
— chimères et grimaces,
étranger tu demeures :
qu’est-ce que cette vie ?

Y a-t-il un autre temps
dans le temps ? un autre lieu
dans le lieu ? une parole fleur
double ouverte dans la parole ?

La mort en marche, seule
incorruptible, sculpte
en toi la statue de l’impossible.

Tu regardes le ciel inchangé
où flottent de vains nuages
dans l’oubli de quelque dieu.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard
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Je t’attendais à la porte des heures (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Je t’attendais à la porte des heures :
le silence est si vaste.
Que sont devenues ces traces d’eau
fuyante entre les pierres ?

Écoute au miroir des heures vides
sonner les chiffres de la nuit,
ils ne sont la voix de personne
sinon du sable qui s’épuise.

Les heures traversent l’obscur,
passantes proches, venues
de quel ciel, de quel monde

Vain ? maintenant que tu n’es plus
qu’une parole étrangère
et qui s’en va ?

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le temps est vieux (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2019




    
Le temps est vieux, le temps est vain,
vieillard impénétrable,
en lui tu respires, tu t’éloignes.

Comme la nuit est longue
et lourde ! et l’encre si noire !

Tu inventes d’autres rumeurs
et le temps parmi d’autres mots obscurs
sème ses ombres sur la mer.

(Lionel Ray)

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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« Tu ne devrais pas » (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018


priere

Viens un temps où mendier s’interrompt,
Lorsque les lèvres qui depuis si longtemps intercédaient
Découvrent que leur prière est vaine.
« Tu ne devrais pas » est un coup d’épée plus tendre
Qu’un Dieu déçu disant
« Disciple, prie encore ».

***
There comes an hour when beggin stops,
When the long interceding lips
Perceive their prayer is vain.
« Thou shalt not » is a kinder sword
Than from a disappointing God
« Disciple, call again ».

(Emily Dickinson)

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Aux jours de fête (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2018



Illustration
    
Aux jours de fête, à mes heures d’ennui,
je portais la main à ma lyre
et célébrais avec délices
les vains loisirs, la folie ou l’amour.

Même alors, malgré moi, je laissais
se tarir l’impure musique
lorsque ta voix majestueuse
me frappait soudain de stupeur.

Je me surprenais à pleurer
et, pour ma conscience blessée,
ta parole avait le parfum
et la douceur d’une huile pure.

Aujourd’hui, maître spirituel,
tu me tends encore ta main
et ta puissance, aimante et humble,
sait calmer mes rêves sauvages.

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Poésies
Traduction: Louis Martinez
Editions: Gallimard

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Vie (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2018



Illustration
    
Vie, don stérile et fortuit,
de quoi me sers-tu, ma vie ?
Pourquoi un destin caché
à la mort t’a-t-il vouée ?

Qui, dans un dessein hostile,
m’a tiré hors du néant,
liant à mon âme ardente
un esprit rongé de doutes ?

Nul but au bout de ma route :
un coeur vide, un esprit vain
qu’empoisonne d’amertume
le bruit morne de mes jours.

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Poésies
Traduction: Louis Martinez
Editions: Gallimard

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AVEU (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2018




    
AVEU

Je vous aime, quoique j’enrage,
que ce soit ridicule et vain.
En outre il faut qu’à vos genoux
j’avoue ma sottise et ma honte.
Avec ma figure ! A mon âge !
Il serait temps de s’assagir.
Mais tous les indices sont clairs :
je suis atteint du mal d’amour.
Loin de vous je m’ennuie,— je bâille —
près de vous la langueur m’est douce
et je n’en peux mais : je dois dire,
cher ange, combien je vous aime.
Quand j’entends, venant du salon,
vos pas, le bas de votre robe
ou votre voix juvénile et candide,
je perds d’un seul coup la raison.
Souriez-vous ? Je suis aux anges.
Vous m’ignorez ? J’ai le coeur lourd.
Tout un jour de peine s’efface
si vous m’offrez votre main pâle.

Quand, absorbée par votre ouvrage,
vous laissez ruisseler vos boucles
indolemment, les yeux baissés,
je m’attendris, ne dis plus mot,
vous contemplant comme un enfant.
Vous conterai-je ma détresse,
ma tristesse, ma jalousie,
quand par tous les temps vous allez
au loin, trop loin, vous promener ?
Ou bien vos larmes solitaires,
les propos à deux dans un coin,
ou les petits voyages en ville
ou les soirées près du piano ?
Aline, ayez pitié de moi !
Je n’ose exiger de l’amour.
Il se peut que, pour mes péchés,
je sois indigne d’être aimé.
Faites semblant ! Votre regard
exprime si bien tant de choses.
Je suis si facile à tromper!
Et voudrais tant l’être par vous !

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Poésies
Traduction: Louis Martinez
Editions: Gallimard

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Comme on aimerait que tout se concerte (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



 

Comme on aimerait cercles  l

Comme on aimerait
que tout se concerte

les dieux et les cercles
et chacun le sien

toi dans ta cahute,
moi sous le soleil

pas de luttes vaines,
l’abîme pareil

fais-toi philosophe,
mon noble cousin

si tu ne crois rien
la folie te guette.

(Claude Esteban)

Illustration: Kandisky 

 

Comme on aimerait
que tout se concerte

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Las de l’attente vaine (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2018



Illustration: Brian Burke    
    
Las de l’attente vaine,
Mieux vaut voir sur la plaine
La nullité certaine
Du jour naître et passer.

L’espoir vieillit trop vite.
Bientôt la foi se perd.
Il n’y a ni lit ni gîte
Pour l’homme qui s’agite.
La plaine est infinite.
Les vastes champs sont verts.

(Fernando Pessoa)

 

Recueil: Poèmes français
Traduction:
Editions: de la Différence

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Mes jours neigent vainement (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2018



Illustration
    
Mes jours neigent vainement
Ils ne couvrent pas la plaine

Qui s’étend infiniment
D’aller seule toujours pleine,

J’aurais voulu la couvrir
D’innocence radieuse,

Y lancer la furieuse
Tempête du grand désir

Le vent qui met en mouvement
Les arbres morts et les vivants,

Et roule la meule de foin
Des images dont j’ai besoin.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Trézeaux
Traduction:
Editions: Gallimard

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