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Pouvoir qui m’utilises, comme un médium somnambule (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 

Martin Jarrie _serpent

Pouvoir qui m’utilises,
comme un médium somnambule,
pour tes mystérieuses communications ;
je te vaincrai, oui,
je saurai bien ce que tu dis,
ce que tu me fais dire, quand tu me saisis ;
je saurai bien, un jour, ce que je dis !

***

Poder que me utilizas,
como medium sonámbulo,
para tus misteriosas comunicaciones;
ihe de vencerte, sí,
he de saber qué dices,
qué me haces decir, cuando me cojes;
he de saber qué digo, un día!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Martin Jarrie

 

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Enfin je t’ai roulé, opiniâtre rocher, dans l’abîme (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2019



 

Gurbuz Dogan Eksioglu  (38)

Enfin je t’ai roulé, opiniâtre rocher,
dans l’abîme.
— Temps,
(perdu ?), pierre, de mon oeuvre pure,
pour vaincre ta laideur grossière ! —

Maintenant, debout, haletant encore,
sur la plaine à nouveau. Là-haut, le ciel
du couchant pacifique, comme une eau de rose,
d’où j’ai rejailli, pur,
le front perlé d’étoiles pâles.

Et entre la poitrine et les bras douloureux,
la sensation divine d’une rose géante,
qui fut — mais quand ? — de pierre.

***

Ya te rodé, canto obstinado,
en el abismo.
— iTiempo
¿perdido?, piedra, de mi obra pura,
para vencer tu fealdad grosera!—

Ahora, de pie, jadeante aún,
otra vez en lo todo llano. Arriba, el cielo
del ocaso pacífico, como un agua rosada,
de donde me he salido, puro,
sudando estrellas pálidas.

Yentre el pecho y los brazos doloridos,
la sensación divina de una jigante rosa,
que fue — ¿cuándo? — de piedra.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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THANATOS ATHÀNATOS (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019



Illustration: Patrick Dubrac
    
THANATOS ATHÀNATOS

Et nous devrons donc te renier, Dieu
des tumeurs, Dieu de la fleur vivante,
et commencer par un non à la pierre
obscure du « je suis », consentir à la mort
et sur chaque tombe écrire notre
seule certitude: « thànatos athànatos » ?
Sans un nom qui rappelle les rêves
les larmes les fureurs de cet homme
vaincu par les questions encore ouvertes ?
Notre dialogue change; l’absurde
est désormais possible. Là-bas,
par-delà la fumée du brouillard, dans les arbres
veille la puissance des feuilles,
le fleuve est réel qui se heurte contre les rives.
La vie n’est pas un songe. L’homme est réel
et ses pleurs aussi, jaloux du silence.
Dieu du silence, ouvre la solitude.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Ouvrier de songes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: LA NERTHE

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Contre la rumeur (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Contre la rumeur
grumeleuse
de la mer
un oiseau
maintient
l’aigu l’agile
d’un trille

Vaincue
la marée
recule

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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De la lumière, quelqu’un attend (Morten Nielsen)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2018




    
De la lumière, quelqu’un attend —

De la lumière quelqu’un attend.
mais mon attente n’a pas encore pris fin.
Si je t’offrais à présent mes mains,
elles seraient vides.

À travers la pluie, la lumière de l’espace
tombe à fines gouttes sur mon visage —
mais tous les sens se tournent à nouveau
vers les cris d’une voix.

Elle crie — elle gémit, et ta lumière
a disparu à travers la pluie.
Je dois encore rester seul avec un manque
que je n’ai pas vaincu.

De la lumière, quelqu’un attend.
Je suis seul avec une voix dans le vide.
Il serait cruel de venir vers toi qui attends
avant que mon attente ait pris fin.

***

Der er Lys og nogen venter —

Der er Lys, og nogen venter.
Men min Ventetid er endnu ikke omme.
Hvis jeg gav dig mine Hænder nu,
var de tomme.

Ud igennem Regnen falder
paa mit Ansigt Rummets Lys i fine Draaber —
men saa vender aile Sanser si paany
mod en Rost der raaber.

Og den raaber — og den jamrer,
og dit Lys igennem Regnen er forsvundet.
Jeg maa endnu være ene med et Savn,
som jeg ikke har forvundet.

Det er Lys, og nogen venter.
Jeg er ene med en Stemme i det tomme.
Det var ondt mod dig, der venter, huis jeg kom,
for min Ventetid er omme.

(Morten Nielsen)

 

Recueil: Guerriers sans armes Krigere uden vaaben
Traduction: Pierre Grouix
Editions: Grèges

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LE SONGE (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2018



Illustration: Andrzej Malinowski
    
LE SONGE

J’aimerais lorsque tu dors
vaincre l’abeille des morts
que soulève sur tes lèvres
le premier mot de la fièvre
et l’exode des ruisseaux

J’aimerais prendre cette eau
la jeter contre nos herbes
et m’oubliant dans le verbe
croire au seul bruit de ta peau.

(Jean Sénac)

 

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Tambours de soie (Norge)(Georges Mogin)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2018




    
Tambours de soie
fifres de miel
clairons migrateurs des tempêtes
Belles chansons de prisonniers
Mille bouquets de mains tendus vers sa présence
cachots troués par l’espérance
orages troués par la foi
espace baisé sur la bouche
Communion toujours renaissante et vaincue.

Tant de ferveur s’ouvre les nues

Tant d’ivresse n’est pas perdue.

(Norge)(Georges Mogin)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Seghers

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SI TU T´EN VAS (Léo Ferré)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2018



 

Akzhana Abdalieva -  -  (14) [1280x768]

SI TU T´EN VAS

Si tu t´en vas
Si tu t´en vas un jour
Tu m´oublieras
Les paroles d´amour
Ça voyage pas

Si tu t´en vas
La mer viendra toujours
Vers le rivage
Les fleurs sauvages
Dans les blés lourds
Viendront toujours

Si tu t´en vas
Si tu t´en vas un jour
Tu m´oublieras
Les blessures d´amour
Ne s´ouvrent pas

Si tu t´en vas
La source ira toujours
Grossir le fleuve
Les amours neuves
Vers les beaux jours
Iront toujours

Si tu t´en vas
Si tu t´en vas un jour
Tout finira
Les choses de l´amour
Ne vivent pas

Si tu t´en vas
La mort vaincra toujours
La fleur de l´âge
C´est son ouvrage
Malgré l´amour
Qui meurt toujours

Si tu t´en vas
Si tu t´en vas un jour
Rappelle-toi
Les paroles d´amour
Ne s´envolent pas

Si tu t´en vas
Au-delà de la vie
Vers la lumière
Où les prières
N´arrivent plus
Elles sont perdues

Si tu t´en vas
Si t´en vas un jour
Dans ces coins-là
Nous parlerons d´amour
Comme autrefois

Si c´est possible…

(Léo Ferré)

Illustration: Akzhana Abdalieva

 

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LES COMPARAISONS (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



    

LES COMPARAISONS

Bergeronnette, oiseau de Kypris , chante avec nos premiers désirs !
Le corps nouveau des jeunes filles se couvre de fleurs comme la terre.
La nuit de tous nos rêves approche et nous en parlons entre nous.

Parfois nous comparons ensemble nos beautés si différentes,
nos chevelures déjà longues, nos jeunes seins encore petits,
nos pubertés rondes comme des cailles et blotties sous la plume naissante.

Hier, je luttai de la sorte contre Melanthô mon aînée.
Elle était fière de sa poitrine qui venait de croître en un mois,
et, montrant ma tunique droite, elle m’avait appelée Petite Enfant.

Pas un homme ne pouvait nous voir, nous nous mîmes nues devant les filles,
et, si elle vainquit sur un point, je l’emportai de loin sur les autres.
Bergeronnette, oiseau de Kypris, chante avec nos premiers désirs !

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu as erré (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018




    
tu as erré
souvent perdu pied
connu des heures
d’épouvante

tu allais crever là
sans avoir rien compris
rien vécu rien accompli

crever de n’avoir pu
te faire naître

un jour
le chemin
s’est ouvert

tu n’as plus fait
que marcher
et au sortir
de la forêt
ayant vaincu
la peur
un autre regard
t’a été donné

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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