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Poésie

Posts Tagged ‘valeur’

LA MONTRE EN OR (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



LA MONTRE EN OR

Elle est en or.
Ça lui permet de s’arrêter quand elle veut.
Pensez : une montre en or ne s’arrête pas sans raison.
En général, les montres sont faites pour donner l’heure.
Mais une montre en or existe d’abord pour sa valeur personnelle.
Une heure lui plait, elle la garde.
Elle est en or.

(Norge)

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Amitié (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018



Illustration
    
Amitié
À Yves Miramont,
à la mémoire de sa mère,

Poète, je t’écris en ce jour de malheur,
Je t’écris ma plus belle page
Pour te dire que je partage
Ta douleur.

Ma poésie, hélas ! n’a pas grande valeur.
Mais tu lui ouvriras ta porte,
Car d’un ami elle t’apporte
Le coeur.

Quand on est las, quand on est triste,
Il est doux,
Il est doux de savoir qu’il existe
Un vieil ami qui pense à vous.

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

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L’artiste (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018




L’artiste

J’aime toucher le buste de marbre
Et sentir palpiter sous son sein
Le travail et le dessein
De la main du sculpteur …

J’aime lire le poème
Et entendre la voix de l’écrivain
J’aime la vertu de ces qualités d’antan
Perpétuées au fil des ans…

J’aime la valeur
Des choses immatérielles,
De ce qui a des ailes
Et sait toucher mon cœur.

(Mireille Gaglio)

Illustration: Auguste Rodin

 

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Le joyau (Tshanyang Gyatsho)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



Quand le joyau était à moi
j’ignorais sa valeur,
quand le joyau devint à l’autre
le chagrin monta, étreindre mon cœur!

(Tshanyang Gyatsho)

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Dans le ciel du néant avec presque rien (Katerina Anghelàki-Rooke)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018



Dans le ciel du néant avec presque rien

Par le trou de la serrure je guette la vie
je l’espionne pour comprendre
pourquoi c’est toujours elle qui gagne
tandis que nous perdons tous.
Pourquoi toutes les valeurs naissent et s’imposent
à ce qui pourrit d’abord :
le corps.
Je meurs en esprit sans trace de maladie
je vis sans nul besoin d’encouragement
je respire que je sois près ou loin
de ce qu’on touche
de chaud, qui embrase…
Je me demande quels autres arrangements
la vie va inventer
entre la débâcle d’une disparition définitive
et le miracle de l’immortalité chaque jour.
Je dois ma sagesse à la peur :
je jette
pétales, soupirs, nuances.
L’air, la terre, les racines je les garde –
je veux lâcher le superflu
pour entrer dans le ciel du néant
avec presque rien.

(Katerina Anghelàki-Rooke)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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CHOSES (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018




    
CHOSES

I
Les objets ont l’immortelle tranquillité
Et l’immortel amour quand les relient les nombres
Entre l’antique ton la belle majesté
Du temps et le lieu pur l’espace en clair et sombre

Quand les formes sont nues ainsi la pleine chair
Consentante aux frissons, quand ressortent les songes
Des ornements secrets, quand un rayon d’éclair
Pressant chaque mémoire entre eux les fait répondre

Quand leur calme sortant pareil à l’oraison
Ils donnent au coeur d’homme avant qu’il ne les perde
Tout à coup sécurité consolation

Chacun est au plus haut dans les êtres qui sont
L’achèvement de leur mariage est leur superbe
Où Dieu pose la main sur la condition.

II
Chacun soucieux d’être tant
Ne prit sa fonction sa forme
Que de ce lieu où le présent
Le plaça le soumet l’informe

Sa valeur en Dieu est ce fruit
Qu’il est ici et non point la
Ne rayonnant là mais ici.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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Trop vieux pour être utiles (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



Abraham Isaac Jacob

Les murs ne tombent pas
[15]

Trop vieux pour être utiles
(pourtant en années d’expérience,

nous sommes bien les mêmes)
pas assez vieux pour être morts,

nous sommes les gardiens du secret,
les porteurs, les fileurs

du fil intangible et rare
qui lie toute l’humanité

à l’ancienne sagesse,
à l’antiquité ;

notre joie est unique, pour nous,
grappe, lame, coupe, blé

sont des symboles dans l’éternité,
et chaque objet concret

a une valeur abstraite, hors du temps
dans la parallèle du rêve

dont le sigil lié n’a pas changé
depuis Ninive et Babel.

***

Too old to be useful
(whether in years or experience,

we are the same lot)
not old enough to be dead,

we are the keepers of the secret,
the carriers, the spinners

of the rare intangible thread
that binds all humanity

to ancient wisdom,
to antiquity;

our joy is unique, to us,
grape, knife, cup, wheat

are symbols in eternity,
and every concrete object

has abstract value, is timeless
in the dream parallel

whose relative sigil has not changed
since Nineveh and Babel.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Un entier effet de la grâce (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



Jeune, je demandais aux êtres plus qu’ils ne pouvaient donner :
une amitié continuelle, une émotion permanente.

Je sais leur demander maintenant moins qu’ils peuvent donner :
une compagnie sans phrases.

Et leurs émotions, leur amitié, leurs gestes nobles
gardent à mes yeux leur valeur entière de miracle :
un entier effet de la grâce.

(Albert Camus)

Illustration: Bernard Rolland 

 

 

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Impérissable créature (Tommaso Landolfi)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Impérissable créature,
D’où te vient, non ta valeur,
Mais ce qu’en notre âme tu es,
Cette force que trahison,
Désillusion jamais n’épuisent,
Qui, toujours vive, à vous nous condamne ? Invincibles
Vous rôdez dans l’obscure trame
De nos cités, vous maintenez en vie
Une race détruite, vous les ultimes
Ministres de l’espérance, fût-elle vaine
En fin de compte !

Faut-il adoucir des souffrances :
Une femme le pourra ; un homme désespère
De son destin : c’est encore une femme
Qui le soutiendra le long du rocailleux chemin ;
Un homme brise son épée :
La femme aimée la lui remet,
Pure et brillante, en main.
Et pourtant nous savons
Combien cruelle, vile, traîtresse
Elle est.

Siècles et millénaires
S’étaient entassés l’un sur l’autre
Et désormais elle languissait, se défaisait
La race humaine, jadis glorieuse…
Sur la pourriture, sur le purin
Quelque chose flottait et c’était une femme.

***

Inesauribile creatura,
Donde ti viene, non già il tuo valore,
Ma quello che nel nostro anima sei,
Quella virtù che tradimento,
Che delusione non sgomenta,
Che sempre viva a voi ci sforza ? Invitte
Voi vi aggirate per l’oscura trama
Delle nostre città, serbate in vita
Una razza distrutta, voi ministre
Ultime di speranza, e sia pur vana
Infne !

Un male è da lenire
Una donna potrà ; dispera un uomo
Del suo destino : ed una donna ancora
Lo sosterrà lungo la via ronchiosa ;
Un uomo spezza la sua spada
Schietta e lucente nella mano
A lui la riporrà la donna amata.
E tuttavia sappiamo pure
Quanto feroce, vile, traditrice,
Ella.

S’erano i secoli, i millenni
L’uno sull’altro accatastati
Ed oramai languiva e si sfaceva
La stirpe umana, un di gloriosa…
Sul putridume, sul liquame
Qualcosa galleggiava : era una donna.

(Tommaso Landolfi)


Illustration: William Bouguereau

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Pauvr’homme parmi les voleurs (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



Pauvr’homme parmi les voleurs
Ne craint rien; son âme et son cœur
Dans le monde sont les meilleurs,
Pauvr’homme n’a jamais peur.

Pauvr’homme parmi les voleurs,
Notre Bon Dieu nous aidera.
De vache le pauvre n’aura,
Ou s’il en a une elle meurt.

Pauvr’homme parmi les voleurs.
Manche de bêche pour bêcher
En pauvre homme le monde entier:
Pauvr’homme, voilà ta valeur.

(Attila Jozsef)

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