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Poésie

Posts Tagged ‘valise’

Souffle le vent d automne (Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2021




    
Souffle le vent d automne
La vieille valise prend le chemin de l’étagère
Et avec elle les souvenirs

(Sôseki)

 

Recueil: Haïkus
Traduction: Elisabeth Suetsugu
Editions: Philippe Picquier

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EN VAIN J’ÉMIGRE (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2021




    
EN VAIN J’ÉMIGRE

J’émigre en vain
Dans chaque ville je bois le même café
et me résigne au visage fermé du serveur
Les rires de mes voisins de table
taraudent la musique du soir
Une femme passe pour la dernière fois
En vain j’émigre
et m’assure de mon éloignement
Dans chaque ciel je retrouve un croissant de lune
et le silence têtu des étoiles
Je parle en dormant
un mélange de langues
et de cris d’animaux
La chambre où je me réveille
est celle où je suis né
J’émigre en vain
Le secret des oiseaux m’échappe
comme celui de cet aimant
qui affole à chaque étape
ma valise

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: L’arbre à poèmes Anthologie personnelle 1992-2021
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les Déchues (Extrait) (Adelle Barry)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020



    

Les Déchues (Extrait)

Que l’Imam prie
Que le prêtre jeûne
Et que l’athée dorme
Quelle importance
Chacun voit son Dieu dans le ciel
Il lui parle en silence
Il lui crie ses souffrances
Gardez vos croyances dans vos âmes
Et aimez-vous pardon
Dans les tombes, vous êtes tous poussière

Et puis quoi?
Kadjatou Xialong Yung
Je déjeune en mafé
Je dîne en sushi
Les yeux émincés
Le nez gros
Une pincée de sel dans mon identité
Quelle chance!

Il paraît que Paris c’est la crise
Et que la France est faillite
Haa, reprenons nos valises
Il paraît que là-bas c’est le paradis
L’hiver fait six mois, quelle importance
Ici les cinquante degrés durent une éternité
Il paraît qu’il y a assurance maladie là-bas
Haa Ébola et sida on s’en fout
Ici l’hôpital c’est la morgue
Et la morgue un reposoir

J’ai vu mon frère offrir sa femme
Pour payer la traversée
J’ai vu ma soeur s’ouvrir à l’inconnu
J’ai vu le viol consenti
Pour fuir le dénuement

La voix libératrice
S’est tue
Depuis, je maudis
Le langage du silence

(Adelle Barry)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Passent des jours de grand vent (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2020



Passent des jours de grand vent, d’un si grand
vent que débordant des rues il ouvre en plein
ciel un boulevard sans passants. Moi, là dessous
je porte mes mains comme des valises où j’ai
rangé quelques visages, à peine caressés. Le
mien y est aussi, avec sueurs et fatigues, plus
vrai que celui que j’offre à l’air et aux bonjours.

(Jean-François Mathé)


Illustration: Marie-Thomas Scheid

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… Surtout (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2020




Toi qui vas revoir ma campagne
toi qui vas revoir ma maison
mon village et son horizon,
toutes mes pensées t’accompagnent…

c’est à toi que le paysage
sourira ce soir … Et demain,
tous les grands arbres du chemin
chuchoteront sur ton passage…

Mais si les gens, dans la grand’rue
semblent te toiser du regard,
dis-leur que tu viens de ma part…
et tu seras la bienvenue.

Salue pour moi monsieur le Maire
salue l’église… et le facteur,
et fais aussi, quand le jour meurt
une visite au cimetière…

Et puis quand – trop tôt à ta guise –
sonnera l’heure du retour
sur les côteaux va faire un tour,
et rapporte dans ta valise…

… la douce odeur des bois, l’odeur des foins humides,
ramène dans ton coeur la chanson des genêts,
ramène dans tes yeux le bleu ciel limpide…
… Mais ramène surtout du beurre… et des oeufs frais

(Francis Blanche)

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SANS NUIRE (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



JE suis servante dans la rue
je ne sais rien Mes seins
se serrent Oh ! qu’on empoigne
Tous ceux-là sans chevalerie

Mes yeux fermés C’est un trésor
Sans le tenir que je soupèse
Doux comme un soleil qui me chauffe
Au mur très bon où je m’endors

Mes épaules à la fenêtre
Pour accourir pour échapper
Les trains les camps les gares
Pour attendre je revenais

Ma chambre ô mon pauvre savon
Et ma valise de carton
J’ai seulement rêvé dans la ville de pierre
D’un bain qui me caresse et me serre
Plus profond et plus long que la mer

(Pierre Morhange)


Illustration: Amedeo Modigliani

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La vieille valise la chaussette l’endive (Benjamin Péret)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2020




La vieille valise la chaussette l’endive
se sont donné rendez-vous entre deux brins d’herbe.

(Benjamin Péret)

 

 

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C’est toi (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018



C’est toi

C’est toujours le mystère des choses.
On les voit dans leur inconsistance
attendre les yeux qui les reflètent,
les mains qui les touchent. On ne sait pas
ce qui les fait être là, ensemble,
valise, tableau, feuilles qui bougent
sur la fenêtre. On écoute encore
un silence inaudible. On devine
qu’il n’y a rien. Et ce rien, c’est toi.

(Jacques Ancet)


Illustration: Simone Lacour

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Comme (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018



 

as de coeur

Comme

Come, dit l’Anglais à l’Anglais, et l’Anglais vient.
Côme, dit le chef de gare, et le voyageur qui vient dans cette ville
descend du train sa valise à la main.
Come, dit l’autre, et il mange.
Comme, je dis comme et tout se métamorphose, le marbre en eau, le ciel
en orange, le vin en plaine, le fil en six, le coeur en peine, la peur en seine.
Mais si l’Anglais dit as c’est son tour de voir le monde changer de forme à sa convenance
Et moi je ne vois plus qu’un signe unique sur une carte:
L’as de coeur si c’est en février,
L’as de carreau et l’as de trèfle, misère en Flandre,
L’as de pique aux mains des aventuriers.
Et si cela me plaît à moi de vous dire machin,
Pot à eau, mousseline et potiron.
Que l’Anglais dise machin,
Que machin dise le chef de gare,
Machin dise l’autre,
Et moi aussi.
Machin.
Et même machin chose.
Il est vrai que vous vous en foutez.
Que vous ne comprenez pas la raison de ce poème.
Moi non plus d’ailleurs.
Poème, je vous demande un peu?
Poème? je vous demande un peu de confiture,
Encore un peu de gigot,
Encore un petit verre de vin
Pour nous mettre en train…
Poème, je ne vous demande pas l’heure qu’il est.
Poème, je ne vous demande pas si votre beau-père est poilu comme un sapeur.
Poème, je vous demande un peu… ?

Poème, je ne vous demande pas l’aumône,
Je vous la fais.
Poème, je ne vous demande pas l’heure qu’il est,
Je vous la donne.
Poème, je ne vous demande pas si vous allez bien,
Cela se devine.
Poème, poème, je vous demande un peu…
Je vous demande un peu d’or pour être heureux avec celle que j’aime.

(Robert Desnos)

 

 

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Le bon moment Il arrive toujours ce moment (Dany Laferrière)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



calendrier [800x600]

Le bon moment
Il arrive toujours ce moment.
Le moment de partir.
On peut bien traîner encore un peu
à faire des adieux inutiles et à ramasser
des choses qu’on jettera en chemin.
Le moment nous regarde
et on sait qu’il ne reculera plus.

L’instant du départ nous attend à la porte.
comme quelque chose dont on sent la présence
mais qu’on ne peut toucher.
Dans la réalité, il prend l’aspect d’une valise.

Le temps passé ailleurs que
dans son village natal
est un temps qui ne peut être mesuré.
Un temps hors du temps inscrit
dans nos gènes.

Seule une mère peut tenir pareil compte.
La mienne a fait pendant trente-deux ans
sur un calendrier Esso

(Dany Laferrière)

 

 

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