Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘valise’

EN T’ATTENDANT (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2022



Illustration: Kitty Crowther
    
EN T’ATTENDANT

Quand je t’attends, c’est long.
Les arbres traversent le chemin.
Les oiseaux font leur valise de feuilles.
Les crapauds ont le temps
de se changer trois fois en prince.

Quand je t’attends, c’est long.
Les mille-pattes ont lacé leurs souliers.
Les cigales ont fini de chanter.
Les montres ont le temps
de glisser trois fois des poignets.

Quand tu arrives enfin,
le soleil a déjà compté tous ses rayons,
la mer, ses vagues et le ciel, ses nuages.

Dépêche-toi,
ma lune, ô ma douceur,
il va faire nuit noire sur mon cœur.

(Carl Norac)

Recueil: Petits poèmes pour passer le temps
Traduction:Editions: Didier Jeunesse

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

comme on dort bien dans la valise (Bruno Munari)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2022



Illustration: Enzo Arnone
    

comme on dort bien dans la valise
sous la couverture grise
chaude et légère

***

соmе si dorme
con lа coperta grigia
leggera e calda nella valigia

***

snug as a bug in a rug

(Bruno Munari)

Recueil: Ciccì coccò
Traduction: traduit de l’italien par Annie Pissard Mirabel – Isabel Butter Caleffi anglais
Editions: Maurizio corraini

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Souffle le vent d automne (Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2021




    
Souffle le vent d automne
La vieille valise prend le chemin de l’étagère
Et avec elle les souvenirs

(Sôseki)

 

Recueil: Haïkus
Traduction: Elisabeth Suetsugu
Editions: Philippe Picquier

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

EN VAIN J’ÉMIGRE (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2021




    
EN VAIN J’ÉMIGRE

J’émigre en vain
Dans chaque ville je bois le même café
et me résigne au visage fermé du serveur
Les rires de mes voisins de table
taraudent la musique du soir
Une femme passe pour la dernière fois
En vain j’émigre
et m’assure de mon éloignement
Dans chaque ciel je retrouve un croissant de lune
et le silence têtu des étoiles
Je parle en dormant
un mélange de langues
et de cris d’animaux
La chambre où je me réveille
est celle où je suis né
J’émigre en vain
Le secret des oiseaux m’échappe
comme celui de cet aimant
qui affole à chaque étape
ma valise

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: L’arbre à poèmes Anthologie personnelle 1992-2021
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les Déchues (Extrait) (Adelle Barry)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020



    

Les Déchues (Extrait)

Que l’Imam prie
Que le prêtre jeûne
Et que l’athée dorme
Quelle importance
Chacun voit son Dieu dans le ciel
Il lui parle en silence
Il lui crie ses souffrances
Gardez vos croyances dans vos âmes
Et aimez-vous pardon
Dans les tombes, vous êtes tous poussière

Et puis quoi?
Kadjatou Xialong Yung
Je déjeune en mafé
Je dîne en sushi
Les yeux émincés
Le nez gros
Une pincée de sel dans mon identité
Quelle chance!

Il paraît que Paris c’est la crise
Et que la France est faillite
Haa, reprenons nos valises
Il paraît que là-bas c’est le paradis
L’hiver fait six mois, quelle importance
Ici les cinquante degrés durent une éternité
Il paraît qu’il y a assurance maladie là-bas
Haa Ébola et sida on s’en fout
Ici l’hôpital c’est la morgue
Et la morgue un reposoir

J’ai vu mon frère offrir sa femme
Pour payer la traversée
J’ai vu ma soeur s’ouvrir à l’inconnu
J’ai vu le viol consenti
Pour fuir le dénuement

La voix libératrice
S’est tue
Depuis, je maudis
Le langage du silence

(Adelle Barry)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Passent des jours de grand vent (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2020



Passent des jours de grand vent, d’un si grand
vent que débordant des rues il ouvre en plein
ciel un boulevard sans passants. Moi, là dessous
je porte mes mains comme des valises où j’ai
rangé quelques visages, à peine caressés. Le
mien y est aussi, avec sueurs et fatigues, plus
vrai que celui que j’offre à l’air et aux bonjours.

(Jean-François Mathé)


Illustration: Marie-Thomas Scheid

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

… Surtout (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2020




Toi qui vas revoir ma campagne
toi qui vas revoir ma maison
mon village et son horizon,
toutes mes pensées t’accompagnent…

c’est à toi que le paysage
sourira ce soir … Et demain,
tous les grands arbres du chemin
chuchoteront sur ton passage…

Mais si les gens, dans la grand’rue
semblent te toiser du regard,
dis-leur que tu viens de ma part…
et tu seras la bienvenue.

Salue pour moi monsieur le Maire
salue l’église… et le facteur,
et fais aussi, quand le jour meurt
une visite au cimetière…

Et puis quand – trop tôt à ta guise –
sonnera l’heure du retour
sur les côteaux va faire un tour,
et rapporte dans ta valise…

… la douce odeur des bois, l’odeur des foins humides,
ramène dans ton coeur la chanson des genêts,
ramène dans tes yeux le bleu ciel limpide…
… Mais ramène surtout du beurre… et des oeufs frais

(Francis Blanche)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SANS NUIRE (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



JE suis servante dans la rue
je ne sais rien Mes seins
se serrent Oh ! qu’on empoigne
Tous ceux-là sans chevalerie

Mes yeux fermés C’est un trésor
Sans le tenir que je soupèse
Doux comme un soleil qui me chauffe
Au mur très bon où je m’endors

Mes épaules à la fenêtre
Pour accourir pour échapper
Les trains les camps les gares
Pour attendre je revenais

Ma chambre ô mon pauvre savon
Et ma valise de carton
J’ai seulement rêvé dans la ville de pierre
D’un bain qui me caresse et me serre
Plus profond et plus long que la mer

(Pierre Morhange)


Illustration: Amedeo Modigliani

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

La vieille valise la chaussette l’endive (Benjamin Péret)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2020




La vieille valise la chaussette l’endive
se sont donné rendez-vous entre deux brins d’herbe.

(Benjamin Péret)

 

 

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , | 2 Comments »

C’est toi (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018



C’est toi

C’est toujours le mystère des choses.
On les voit dans leur inconsistance
attendre les yeux qui les reflètent,
les mains qui les touchent. On ne sait pas
ce qui les fait être là, ensemble,
valise, tableau, feuilles qui bougent
sur la fenêtre. On écoute encore
un silence inaudible. On devine
qu’il n’y a rien. Et ce rien, c’est toi.

(Jacques Ancet)


Illustration: Simone Lacour

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :