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Poésie

Posts Tagged ‘vallée’

LES JONQUILLES (William Wordsworth)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2021



    

LES JONQUILLES

J’errais seul comme un nuage
Flottant au-dessus des monts et des vallées,
Quand tout à coup je vis un mirage,
Une foule de jonquilles dorées;
Près du lac, sous les arbres mises
Flottant et dansant dans la brise.

Pareilles aux étoiles qui brillent
Et scintillent sur la Voie lactée,
Elles s’étendaient à l’infini
Le long des bords d’une baie :
D’un regard j’en vis dix mille
Mimant une danse enjouée.

Les vagues à côté éclatantes dansaient
Mais elles les surpassaient en joie :
Un poète ne pouvait qu’être gai
En si belle compagnie !
Je les regardais, les regardais, mais loin de moi
La conscience de leur riche profit;

Car souvent, quand sur mon lit je couche
L’esprit libre ou pensif,
Dans mon for intérieur soudain elles me touchent
Bonheur solitaire natif;
Et mon cœur de plaisir s’emplit comme une quille
Et danse avec les jonquilles.

***

THE DAFFODILS

I wander’d lonely as a cloud
That floats on high o’er vales and hills,
When all at once I saw a crowd,
A host of golden daffodils,
Beside the lake, beneath the trees
Fluttering and dancing in the breeze.

Continuous as the stars that shine
And twinkle on the milky way,
They stretch’d in never-ending line
Along the margin of a bay:
Ten thousand saw I at a glance
Tossing their heads in sprightly dance.

The waves beside them danced, but they
Out-did the sparkling waves in glee:
A poet could not but be gay
In such a jocund company!
I gazed — and gazed — but little though
What wealth the show to me had brought.

For oft, when on my couch I lie
In vacant or in pensive mood,
They flash upon that inward eye
Which is the bliss of solitude;
And then my heart with pleasure fills
And dances with the daffodils.

(William Wordsworth)

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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ALBA (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021




ALBA

Aussi calme que les feuilles pâles, humides
du lis-de-la-vallée
Elle est couchée près de moi dans l’aube.

(Ezra Pound)

Illustration

 

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Ah! Ah! (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021



 

volcan_itzaco

Ah! Ah!
Cratère ? Ah!
On s’attendait à un peu plus de sérieux…
Nous rencontrerions volontiers un peu plus de sérieux…
Qu’est-ce que cette sorte de vallée riante ?…
On n’est pas venu chercher du printemps ici,
On est venu chercher du volcan.

(Henri Michaux)

Illustration

 

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Aux arbres (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2021




    

Aux arbres

Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! – vous m’avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour.
La contemplation m’emplit le coeur d’amour.
Vous m’avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l’esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l’oeil dans l’herbe profonde,
L’étude d’un atome et l’étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m’avez vu fuir l’homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s’élance,
Et je suis plein d’oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, – je vous atteste, ô bois aimés du ciel! –
J’ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des antres sourds,
Ravins où l’on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c’est dans votre ombre et dans votre mystère,
C’est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m’endormirai.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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LE PRINTEMPS (Friedrich Hölderlin)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2020




    
LE PRINTEMPS

Le soleil retourne à de nouvelles joies,
Le jour apparaît avec des rayons, comme la floraison,
L ‘ornement de la Nature se révèle à soi dans les coeurs,
Comme se sont élevés chant et mélodies.

Le monde nouveau vient du fond des vallées,
Et sereine est l’heure matinale au printemps,
Depuis les hauteurs brille le jour, la vie du soir
Est donnée aussi à la contemplation du sens intérieur.

***

DER FRÜHLING

Die Sonne kehrt zu neuen Freuden wieder, Der
Tag erscheint mit Strahlen, wie die Blüte, Die
Zierde der Natur erscheint sich dem Gemüte,
Als wie entstanden sind Gesang und Lieder.

Die neue Welt ist aus der Tale Grunde,
Und heiter ist des Frühlings Morgenstunde,
Aus Höhen glänzt der Tag, des Abends Leben
Ist der Betrachtung auch des innern Sinns gegeben.

(Friedrich Hölderlin)

 

Recueil: Derniers poèmes
Traduction: Jean-Pierre Burgart
Editions: William Blake and Co.

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LE PRINTEMPS (Friedrich Hölderlin)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2020




    
LE PRINTEMPS

Il descend, le jour nouveau, de lointaines hauteurs,
Le matin qui s’est éveillé des crépuscules,
Il rit à l’humanité, paré et vif,
L’humanité est tendrement pénétrée de joie.

Une vie nouvelle veut à l’avenir se dévoiler,
On voit de bourgeons, signe de jours gais,
Se remplir la grande vallée, la terre,
Tandis que pour le printemps est chassée la plainte.

***

DER FRÜHLING

Es kommt der neue Tag aus fernen HOhn herunter,
Der Morgen, der erwacht ist aus den Dmmerungen,
Er lacht die Menschheit an, geschmückt und munter,
Von Freuden ist die Menschheit sanft durchdrungen.

Ein nues Leben will der Zukunft sich enthüllen,
Mit Blüten scheint, dem Zeichen froher Tage,
Das grolle Tal, die Erde sich zu füllen,
Entfernt dagegen ist zur Frühlingszeit die Klage.

(Friedrich Hölderlin)

 

Recueil: Derniers poèmes
Traduction: Jean-Pierre Burgart
Editions: William Blake and Co.

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Le vacher et le garde-chasse (Jean-Pierre Claris de Florian)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2020




    
Le vacher et le garde-chasse

Colin gardait un jour les vaches de son père ;
Colin n’avait pas de bergère,
Et s’ennuyait tout seul. Le garde sort du bois :
Depuis l’aube, dit-il, je cours dans cette plaine
Après un vieux chevreuil que j’ai manqué deux fois
Et qui m’a mis tout hors d’haleine.
Il vient de passer par là bas,
Lui répondit Colin : mais, si vous êtes las,
Reposez-vous, gardez mes vaches à ma place,
Et j’irai faire votre chasse ;
Je réponds du chevreuil. – ma foi, je le veux bien.
Tiens, voilà mon fusil, prends avec toi mon chien,
Va le tuer. Colin s’apprête,
S’arme, appelle Sultan. Sultan, quoiqu’à regret,
Court avec lui vers la forêt.
Le chien bat les buissons ; il va, vient, sent, arrête,
Et voilà le chevreuil… Colin impatient
Tire aussitôt, manque la bête,
Et blesse le pauvre Sultan.
À la suite du chien qui crie,
Colin revient à la prairie.
Il trouve le garde ronflant ;
De vaches, point ; elles étaient volées.
Le malheureux Colin, s’arrachant les cheveux,
Parcourt en gémissant les monts et les vallées ;
Il ne voit rien. Le soir, sans vaches, tout honteux,
Colin retourne chez son père,
Et lui conte en tremblant l’affaire.
Celui-ci, saisissant un bâton de cormier,
Corrige son cher fils de ses folles idées,
Puis lui dit : chacun son métier,
Les vaches seront bien gardées.

(Jean-Pierre Claris de Florian)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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DERNIER CHANT (Miguel Hernández)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2020



Illustration: Siegfried Reich
    
Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Irish, Gurajati, Serbian

Poem of the week Ithaca 658
« LAST SONG » Miguel Hernández, Spain
(Orihuela 1910 – Alicante 1942)

from “Flores detelarañas – Spinragbloemen”, POINT Editions 1993

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***

DERNIER CHANT

Peinte, non dépouillée:
ma maison est peinte
de la couleur des grandes
passions et de l’adversité.

Elle reviendra de la vallée de larmes
où on l’a menée
avec sa table abandonnée,
et son lit délabré.

Sur les coussins fleuriront
les baisers.

Et le drap tordra
sa liane nocturne
autour des corps.

La haine
s’apaisera derrière la fenêtre.

La griffe s’adoucira.

Laissez-moi l’espoir.

Traduction Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

(Miguel Hernández)

***

LAATSTE LIED

Geschilderd, niet leeg:
mijn huis is geschilderd
met de kleur van grote
passies en tegenspoed.

Het zal terugkeren uit het tranendal
waarheen het werd gevoerd

met zijn verlaten tafel,

met zijn vervallen bed.

De kussen zullen
op de kussens bloeien.
En het laken
zal haar intens geurende,
nachtelijke winde rond
de lichamen wentelen.

De haat
zal achter het raam bedaren.

De klauw zal zachtaardig worden.

Laat mij de hoop.

Vertaling Germain Droogenbroodt
Translation into Dutch by Germain Droogenbroodt

***

CANCIÓN ÚLTIMA

pintada, no vacía:
pintada está mi casa
del color de las grandes
pasiones y desgracias.

Regresará del llanto
adonde fue llevada
con su desierta mesa
con su ruidosa cama.

Florecerán los besos
sobre las almohadas.
Y en torno de los cuerpos
elevará la sábana
su intensa enredadera
nocturna, perfumada.

El odio se amortigua
detrás de la ventana.

Será la garra suave.

Dejadme la esperanza.

Miguel Hernández (de “El hombre acecha”)

***

LAST SONG

Painted, not empty
my house is painted
with the color of great
passions and misfortunes.

It will return from the wailing place
where it was carried
with its deserted table,
with its noisy

Kisses will flower
on the pillows.
And wrapped around the bodies
the sheet will elevate
its urgent creeper
nocturnal, perfumed.

Hatred will be softened,
behind the window.

The claw will be gentled.

Grant me the hope.

Translation into English by Stanley Barkan

***

CANZONE ULTIMA

Dipinta, non vuota:
dipinta è la mia casa
con il colore delle grandi
passioni e disgrazie.

Ritornerà dal pianto
dove è stata confinata
con il suo tavolo deserto,
con il suo letto in rovina.

Fioriranno i baci
sui cuscini.

e avvolto intorno ai corpi
innalzerà il lenzuolo
la sua densa edera
notturna, profumata.

L’odio si placa
dietro la finestra.

Sarà dolce l’artiglio.

Lasciatemi la speranza.

Traduzione di Luca Benassi
Translation into Italian by Luca Benassi

***

LETZTES LIED

Bemalt, nicht leer:
bemalt ist mein Haus
mit der Farbe großer
Leidenschaften und Missgeschicke.

Es wird zurückkommen vom Jammer
wohin es gebracht wurde
mit seinem verwaisten Tisch
mit seinem lärmenden Bett.

Küsse werden
auf den Kissen blühen.

Und um die Körper
wird das Betttuch
seine betörend duftende
nächtliche Schlingpflanze erheben

Der Hass wird sich mildern
hinter dem Fenster .

Sanft wird die Pranke sein.

Lass mir die Hoffnung.

Übersetzung Wolfgang Klinck
Translation into German by Wolfgang Klinck

***

ÚLTIMA CANÇÃO

Pintada, não vazia:
pintada está minha casa
com as cores das grandes
paixões e das desgraças.

Regressará do pranto
para onde foi levada
com sua deserta mesa
com sua ruidosa cama.

Florescerão os beijos
em cima de almofadas.

E em volta dos corpos
levantará o lençol
sua intensa trepadeira
noturna, perfumada.

O tédio amortecido
por trás dessa janela.

Será sua unha suave.

Deixando-me a esperança.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia
Translation into Portuguese by José Eduardo Degrazia

***

ULTIMMA CANZUNI

Pittata, non vacanti
Pittata è la me casa
dî culuri di li granni
passioni e disgrazzii.

Ritornirà di lu chiantu
unni fu purtata
cu la so tavula diserta,
cu lu so scrusciusu lettu.

Li baci ciurirannu
supra di li chiumazzi.
E attornu di li corpi
lu linzolu jsarà
lu so ntenzu, notturnu,
e profumatu rampicanti

L’odiu si smorza
darreri a la finestra
La so granfa sarà duci.

Lassatimi la spiranza.

Traduzioni in Sicilianu di Gaetano Cipolla
Translation into Sicilian by Gaetano Cipolla

***

ULTIMA CÂNTARE

spoită, nu golită:
spoită-i casa mea
în tonul marilor
pasiuni și suferințe.

Va reveni din plânset
pe unde a fost purtată
cu masa ei stingheră
cu patul zgomotos.

Vor înflori săruturi
pe perne.
Și-ncolăcit pe trupuri
cearșaful răspândi-va
amețitoarea-i boare
de iederă în noapte

Ura se va îmblânzi
în spatele ferestrei.

Va fi o gheară blândă.

Lăsați-mi doar speranța.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

OSTATNIA PIEŚŃ

Malowany, bez pustki
malowany jest mój dom
barwami wielkich
pasji i przeciwności losu.

Powróci z miejsca lamentu
dokąd go zaniosą
z opróżnionym stołem,
z czyniącym hałas łóżkiem.
Pocałunki rozkwitną
na poduszkach,
a wokół ciał
uniesie prześcieradło
silne nocne pnącze
rozsiewające woń.

Nienawiść się wytłumia
z drugiej strony okna.

To będzie łagodny pazur.

Pozostaw mi nadzieję.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień
Translation into Polish by Miroslaw Grudzień

***

ΤΕΛΕΥΤΑΙΟ ΤΡΑΓΟΥΔΙ

Βαμμένο, όχι άχρωο
το σπίτι μου βάφτηκε
με το χρώματα εξαίσιου πάθους
και κακομοιριάς.

Θα επιστρέψει απ’ των δακρύων τον τόπο
που το είχαν μεταφέρει
με το άδειο του τραπέζι και
τοέρημοκρεβάτιτου
φιλιά θ’ ανθίσουν στα μαξιλάρια
και θα τυλίξουν τα κορμιά
τα σεντόνια θα εντείνουν
το νυχτερινό τους άρωμα

Το μίσος θα ξαχαστεί πίσω
απ’ το παράθυρο

τα νύχια θα λειανθούν

πιστεύω στην ελπίδα

ΜετάφρασηΜανώληΑλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

最后的歌

涂绘过,不会空白:
我的房舍用
伟大激情和不幸
的色彩描绘
它会从泪水的深处
返回,在那里它和它的
废弃桌子,和它的被毁
的床一起被抬走。
亲吻会开花
在枕头上。
而包裹着身体的
这被单会提升
它的巨大攀登者
夜间活动的,芳香的。
仇恨会缓和
于这窗外。
爪子会变软的。
准予我希望吧。

英译:比利时杰曼·卓根布鲁特
汉译:中国周道模 2020-11-12
Translation into Chinese by William Zhou

***

الأغنية الأخيرة

أقطن منزلا صنعته
ريشة رسام، لا العدم
وزينته ألوان العواطف المتقدة لا الحظوظ السيئة.
وسيؤوب من جدار النواح
هناك حيث نقلت اللوحة.
مع مائدتها المهجورة،
وسريرها المحطم.
هناك حيث تزهر القبلات
على الوسائد.
وتدثر حول الأجسام
فترفع الألواح
ما ينبت في الأرض بسرعة
لتعبق عطرا كل ليلة.
ستتوارى الكراهية خلف النافذة
وتستحيل المخالب ناعمة.
لأحظى بالأمل.

Translation into Arab by Sarah Slim

***

अंतिम गीत

चित्रित, शून्य नहीं:
मेरा घर रंगा हुआ है
महान के रंग के साथ
जुनून और दुर्भाग्य।
यह घूमते हुए स्थान से वापस आ जाएगी
इसे कहां ले जाया गया
इसकी सुनसान मेज के साथ,
अपने खाली बिस्तर के साथ।
इच्छा फूल चुंबन
तकिए पर l
और शवों के चारों ओर लिपटा हुआ
चादर ऊँचा होगा
इसकी तत्काल लता
रात्रिचर, सुगंधित।
घृणा को परिशोधित किया जाएगा
खिड़की के पीछे।
पंजे की चपेट में आ जाएंगे।

मुझे आशा व्यक्त करो।

Translation into Hindi by Jyotirmaya Thakur

***

最後の歌

無ではなく、描かれている
わたしの家は描かれている
大きな情熱と不幸で彩色されて

それは悲嘆の場所から戻るだろう
打ち捨てられたテーブルと
使われなくなったベッドを運ばれたところから

口づけは枕の上に花を散りばめる
そして身体を包んだシーツは
急いで這う昆虫を上に追いやる
夜行性の、香りを放つ昆虫を

憎しみは窓の後ろで分割される
鋭い爪は馴らされる

わたしに希望を与えたまえ

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

آخرین ترانه

نقاشی شده، نه تهی:
نقاشی شده خانه من
با رنگ های سرشار
از شهوت و شوربختی.
بازگشت به دامان اشک
به همانجایی می رسد
به میز خالیشان،
به تخت پر سر و صدایشان.
شکوفه می دهند بوسه ها
به روی بالش ها.
و ملافه پیچیده
به دور بدن ها،
بر ساقه خواهد پیچید
با عطر شب.
خفقان گرفته، نفرت
در پشت پنجره رنگ می بازد.
پنجه ها آرام خواهند گرفت.
این امید را به من بده.

ترجمه: سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

ПОСЛЕДНА ПЕСЕН

Боядисана, а не празна –
моята къща е боядисана
с цвета на велики
страсти и нещастия.

Тя ще се завърне от ридаещото място,
където беше занесена
със своята изоставена маса,
със своето самотно легло.

Целувки ще цъфтят
по възглавниците.
И увит около телата
чаршафът ще издигне
своите спешни лиани,
нощни, парфюмирани.

Омразата зад прозореца
ще бъде разрушена.

Нокътът ще бъде разнежен.

Подари ми надежда.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

LOKASÖNGUR

Málað, ekki tómt:
húsið mitt er málað
ílitummikilla
ástríðnaogólána.

Þaðmunsnúaafturfrávolaðastaðnum
semþað var flutt á
meðsittauðaborð,
ogsitttómarúm.
Kossar munu blómstra
á koddunum.
Og vafið um líkamana
mun lakið hefja upp
sína áköfu skriðjurt
um nótt, ilmandi.

Hatrið verður greitt niður
handan gluggans.

Klærnar verða blíðar.

Leyfið mér að vona.

Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

ПОСЛЕДНЯЯПЕСНЯ

Покрашенисовсем непуст:
мойдомпокрашен
вцвет огромной страсти
и несчастья.

Онвосстанет из плача,
куда ушел однажды
с пустым столом
и опрокинутой кроватью.
Поцелуизацветут
на подушках.
И простыня
обовьетсявокругнашихтел
ночной пахучей лианой.

Ненависть
останется за окном.
Когти втянутся.

Оставь мне надежду.

Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

HULING AWIT

Pinturado, hindi bakante:
ang bahay ko ay may pintura
may kulay ng dakilang
mga kinahiligan at kasawian.

Magbabalik ito mula sa mga tumataghoy na mga lugar

kung saan binuhat ito
kasama ang walang lamang lamesa,
kasama pati ang nabakanteng kama.
Mamumulaklak ng halik
sa mga unan.

At nakapulupot sa mga katawan

itataas ng sapin
ang kagyat na gumagapang na
halimuyak ng pabango sa gabi.
Ang pagkamuhi ay mapapawi
sa likod ng bintana.
Magiliw ang mga kuko.
Pagkakalooban ako ng pag-asa.

Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

זֶמֶר אחרון / מיגואל הרננדז

צָבוּעַ, לֹארֵיק:
בֵּיתִיצָבוּעַ
בְּצֶבַעשֶׁלתַּאֲווֹת
עֲצוּמוֹתוְאֻמְלָלֻיּוֹת.

יָשׁוּבמִמְּקוֹםהַקִּינוֹת
שָׁםנָשְׂאוּאוֹתוֹ
עִםשֻׁלְחָנוֹהַנָּטוּשׁ,
עִםמִטָּתוֹהַמְּרֻקֶּנֶת.

נְשִׁיקוֹתיִפְרְחוּ
עַלהַכָּרִיּוֹת.
וּמִסָּבִיבלַגּוּפוֹת
יָרִיםהַסָּדִין
אֶתהַגֶּפֶןהָעַזָּה
לֵילִית, מְבֻשֶּׂמֶת.

הַשִּׂנְאָהעֲמוּמָה
מֵאֲחוֹרֵיהַחַלּוֹן.

הַטֹּפֶריִהְיֶהרַךְ.

הַשְׁאִירוּלִיתִּקְוָה.

תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

கடைசிப் பாடல்

வர்ணம் அடித்தாயிற்று,வெறுமை அல்ல
எனது வீடு வர்ணம் அடிக்கப்பட்டுள்ளது
அருமையான உணர்ச்சிகளோடு
துரதிருஷ்டங்களோடும் :
எடுத்துச்செல்லப்பட்ட இடத்திலிருந்து
கைவிடப்பட்ட மேசையோடு
காலிசெய்யப்பட்ட படுக்கையினின்று
அழுகை இடத்திலிருந்து திரும்பிவரும்.
தலையணைன்மீது
முத்தங்கள் மலரும்!
உடலைச் சுற்றியுள்ள
விரிப்பு மேலே எழும்
அதன் அவசர படர்கொடி
இரவிற்குரிய நருமணத்தோடு
சாளரத்திற்குப் பின்னால்
வெறுப்பு அமைதிபெறும்
கூர்மையான நகங்கள் மிருதுவாகும்
நம்பிக்கையைத்தாருங்கள்!

ஆக்கம்

Translation into Tamil by N V Subbaraman

***

STIRANA DAWIYÊ

Hatiye resmkirin, ne vala ye:
mala min hatiye resmkirin
bi rengê meraqên
mezintir û bêbextiyan.

Wê vegere ji keseran
li ew dera biribûn wir
li maseya xwe yî sêwî
li nivîna xwe yî şikestî.

Maç wê
li ser balgî geşbibin.

Û li dor govde
wê desmala li ser nivînê
bi bîhna xwe yî cadûyî rewzên
şevînî yen lihevgeryayî berzbibin.

Kîn wê nermbibe
li paş pencerê.

Neperûşk wê dilovan be.

Hêviyê ji min re bihêle.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

শেষেরগান

চিত্রিত,কিন্তু নয়শূন্য:
আমারঘরটি রঞ্জিত
অসাধারনরংদিয়ে
আবেগআরদুর্ভাগ্যের এটিপ্রত্যাবর্তনকরবেশোকেরজায়গাথেকে ।
যেখানেএটিঘটেছিলো
তারএকাকীটেবিলসহ
শূন্য তারবিছানানিয়ে,
চুম্বনহবেপ্রস্ফুটিত ।
বালিশেরউপরে
আরমৃতদেহগুলিআবৃতকরেরাখা
চাদরগুলি উদিতকরবে ।
এরজরুরীলতাগুল্ম
যারানিশাচরসুগন্ধযুক্ত
ঘৃণাহবেঅনুশীলিত ।
জানালারপিছনে
নখগুলিকেকোমলকরেদেওয়াহবে ।
আমাকেএকটু।
আশাদানকরুন ।

Bangla Translation: Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

AN TAMHRÁN DEIREANACH

Ní aoldaite, ach ildaite atá sé:
ar dhath an teasghrá
is na tubaiste
a phéinteáil mé mo theach.

Fillfidh sé ón olagón
ón áit ar iompraíodh é,
lena bhord ocrach
is a leaba thréigthe.

Fásfaidh bláthanna
ar na piliúir.

Agus crochta timpeall na gcorp
éireoidh an taibhse
sna braillíní oíche
le boladh túise uaithi.

Ní chluinfear an ghráin
Ná scríob shéimh an bháis

Taobh thiar den fhuinneog.

Tabhair dúinn misneach.

Translation into Irish by Rua Breathnach

***

અંતિમ ગાન

ચીતરેલું, નહિ કે ખાલી:
મારું ઘર ચીતરેલું છે
ઊર્મિઉછાળ અને દુર્ભાગ્યના રંગોથી
તે રુદનસ્થળથી પાછું આવશે
જ્યાં લઈ જવાયેલું તેને
ત્યજાયેલી મેજ અને
ખાલીખમ ખાટલા સાથે.
તકિયા પર મહોરશે ચુંબનો
કાયાને વિંટળાતી ચાદર પરથી
ઉપર ઊઠશે રાતરાણીની વેલ

ધિક્કાર હપ્તે હપ્તે ધકેલાશે
બારીબહાર
નહોર કૂણા થતા જશે
મને આપો એવી આશા

-મિગ્યુએલ હર્નાન્ડેઝ, સ્પેન (૧૯૧૦-૧૯૪૨), અનુવાદ: ઉદયન
Translation into Gujarati by Udayan Thakkar

***

ZADNJA PESMA

Ofarbana, nijenepostojeća:
mojakućajeobojena
bojomvelikih
patnji i nesreća.

Vratiće se sa mesta naricanja
gde je bila odnešena
sa napuštenim stolom,
sa ispražnjenim krevetom.

Poljupci će cvetati
na jastucima.
Zavijen oko tela čaršav će odići
njegovan puzavica
noćna, namirisana.

Mržnja će biti odbačena
iza prozora.

Kandže će biti nežnije.
Usliši moju nadu.

Na srpski prevela S. Piksiades
Translation into Serbian by S. Piksiades

(Miguel Hernández)

 

Recueil: ITHACA 658
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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LE JASMIN DOUBLE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020




    
LE JASMIN DOUBLE

Aïcha en a fait un collier qu’elle enroule à son cou, mais son doigt impatient a rompu le fil de soie.
Les jasmins se répandent en pluie odorante ; l’un reste pris dans ses cheveux dénoués, l’autre a glissé à terre, un autre est demeuré entre deux seins plus fermes que les chelils du mois d’amardâd.
Que ne donnerait Mansour pour être la fleur qui repose dans cette vallée d’amour !
Mais le cœur de la jeune fille est une source non encore épandue, et l’heure n’est point sonnée où des lèvres amoureuses mettront un collier de baisers au cou flexible d’Aïcha.

(Anonyme)

 

Recueil: Ghazels – Poemes persans
Traduction: Marguerite Ferté
Editions: http://www.ebooksgratuits.com

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CHOSES ILLICITES (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



CHOSES ILLICITES

L’EAU continue de couler—
La grive de chanter

pourtant
au bord du ciel

au fin fond
du lointain

se mêlent…
… les échos du canon !

Dont le silence rappelle
de vallée

en vallée à la paix
de même que les poèmes conservent

le langage
d’anciennes extases.

les éclairs et les bruits de la guerre ;
demeures dont les chambres
sont les plus froides que l’on puisse imaginer,

ils sont partis tous ceux que nous aimions,
les lits restent vides, les divans
moites, les chaises inutiles —

Allez cacher tout cela quelque part
hors de l’esprit, que cela s’enracine
et pousse, à l’écart

des oreilles et des yeux jaloux — pour soi-même.
Dans cette mine, ils viennent tous creuser.
Est-ce la souche de la plus douce

musique ? La source de la poésie qui
voyant la pendule arrêtée, dit
La pendule s’est arrêtée

qui hier encore marchait si bien ?
et elle entend le clapotis de l’eau du lac
— qui maintenant est devenue de pierre.

***

ILLEGITIMATE THINGS

WATER still flows —
The thrush still stings

though in
the skirts of the sky

at the bottom of
the distance

huddle…
…echoing cannon !

Whose silence revives
valley after

valley to peace
as poems still conserve

the language
of old ecstasies.

the flashes and booms of war ;
houses of whose rooms
the cold is greater than can be thought,

the people gone that we loved,
the beds lying empty, the couches
damp, the chairs unused —

Hide it away somewhere
out of the mind, let it get roots
and grow, unrelated to jealous

ears and eyes — for itself.
In this mine they come to dig — all.
Is this the counterfoil to sweetest

music ? The source of poetry that
seeing the clock stopped, says,
The clock has stopped

that ticked yersterday so well ?
and hears the sound of lakewater
splashing — that is now stone.

(William Carlos Williams)
Illustration: ArbreaPhotos

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