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Poésie

Posts Tagged ‘vallée’

Le gentil chasseur (Richard Brautignan)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019




    
Le gentil chasseur

Oui,
moi aussi,
j’ai traqué l’amour
dans la vallée du coeur.

Oui,
moi aussi,
suis rentré chez moi les mains vides,
parfois en pleurant,
parfois juste en regardant
droit devant moi,
mais ne voyant rien.

***

The Gentle Hunter

Yes,
I, too,
have hunted for love
in the valley of the heart.

Yes,
I, too,
have gone home empty-handed,
sometimes crying,
sometimes just staring
straight ahead,
but seeing nothing.

(Richard Brautignan)

 

Recueil: Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus
Traduction: Thierry Beauchamp / Romain Rabier
Editions: Points

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MIDI (Tomás Segovia)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019



Illustration 
    
MIDI

Imprégnée de lumière, aveugle d’ardeur,
entourée de l’air dense
où s’enfoncent les bruits
comme de grosses pierres sourdes,
gît mollement la terre.

Masses et rondeurs se déploient
en une belle et barbare impudicité
aux côtés de laquelle j’aimerais m’allonger,

et avec des silences avides elle m’incite
à dormir durement abattu
dans la tiédeur obscure de ses vallées,

éteignant enfin cette flamme obstinée
contre la douce terre sans mémoire.

(Tomás Segovia)

 

Recueil: Cahier du nomade
Traduction: Jean-Luc Lacarrière
Editions: Gallimard

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Rando sur la crête (Sei Haisen)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2019



 

randonnee

rando sur la crête –
midi sonne dans une vallée
puis plus loin dans l’autre

(Sei Haisen)

Illustration

 

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La vallée (André Miguel)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2019



La vallée aspire
le bleu céleste
Les platanes oscillent
sur un mur blanc
Je reste longtemps
à l’ombre
pour jouir de ce qui monte
palpitations visibles

(André Miguel)

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Elévation (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



 

Elévation

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
– Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!

(Charles Baudelaire)

 

 

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AUBE (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



 

Anne Yvonne Gilbert  2

AUBE

L’intuition dit verdure
Mais l’arbre où le saisir ?
Vidé de sa substance absent du ciel et pierres
Ni vallée ni rivière à douceur avant voix
vers lui à disparaître
Au coin du paysage, qu’il emporte ses noix !
Liant en lui et déliant désert et souffle

Mais rien que presque étoile à rayons et rayures

L’intuition est assise avec ses jeunes filles
Anxieuses étonnées sous sa première feuille
Ouvertes endormies
Enfin – rien – mais – lui – s’ébroue

Il faut l’écrire avec ses oiseaux dans la mort

(Salah Stétié)

Illustration: Anne Yvonne Gilbert

 

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J’ai soif de ta fraîcheur (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration: Etienne Adolphe Piot
    
J’ai soif de ta fraîcheur

Il faut que l’étang soit très pur
Pour que le Cerf vienne y boire
J’ai soif de ta fraîcheur Elvire
Fais le Cerf boire à ton eau

Ah vois un décor de forêt
Au feu frais des chênes matinaux
Écoute un souffle pour l’orée
Ou mouvement de vapeur après le ciel

Que me chasses-tu de ta pensée
Ou de ton corps ouvert comme vallée
Au Cerf donne rivière et pâturage
Toi qui cédas à d’autres sans nul gage

Le pin le chemin peuvent luire
Ils n’ont la moire de ta joue
Le rhododendron est moins rouge que ta bouche
Le sorbier moins rose au front que ton désir

J’ai soif de ta fraîcheur Elvire
Et de ton cœur d’avril sans nul partage
Fais-le brûler en moi contre le pire
Dans l’éblouissement de l’Idée à l’aube

(Jacques Chessex)

 

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IL NOUS FAUT (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



Harry Eliott a [800x600]

Il nous faut un aubergiste bien rond,
Sautillant, au bonnet saluant preste,
Aux boutons de métal doux sur sa veste.
Il nous faut, il nous faut, mon cœur profond.

Une vallée un peu de vieille estampe.
Des Peterborough aux habits de plaids,
Les amours de Newstead au gris des lampes,
Un grand vent qui déclame du Manfred.

Il nous faut l’oubli le plus implacable,
(C’est comme si nous n’avions pas été)
Des noms de jadis gravés dans les tables ;
Voilà ce qu’il nous faut, en vérité.

— Comme plus haut : un aubergiste rond
Et des chambres discrètement baignées
De demi-jour de toiles d’araignée.

— Il nous faut, il nous faut, mon cœur profond.

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Illustration: Harry Eliott

 

 

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Ordonnez-moi (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018



Ordonnez-moi
de ne plus quitter ma terre,
de ne plus vivre à l’écart,
dans des vallées d’asile,
dans des cités en exil.

Commandez-moi
de ne plus me dénouer de ce pays
qui me baptisa,
me refusa,
mais qui sera mon dernier lit.

Donnez-moi
de l’accepter tel quel :
à demi mangé,
à demi bouilli.
Je m’y sens bien
sans reconnaissable raison.

Je ne fréquenterai plus
les grandes villes
où m’attirait le quartier des gares
et me fascinaient les embarcadères.
J’ai oublié si j’épargnais
en vue d’un billet de départ
ou d’une prostituée qui avait
un peu de mon visage
et sûrement le double de mon âge.

J’ai perdu le regret
des lointains voyages,
ne m’enivre plus l’odeur
qui flotte dans les aérogares
et cette fragile lenteur
des passagers en proie
à une demi-peur.
Je ne vais plus aujourd’hui
que de Quimper à Quimperlé,
à Brest ou à Morlaix.

J’ai perdu aussi le regret
des grandes amours de chair,
me contentant de qui je contente
et si j’aime encore
ce n’est plus que le pays
dont les frontières pour le moment
s’enroulent en moi en pelote,
si j’aime encore
ce n’est plus que la Bretagne qui me porte.

(Gérard Le Gouic)

 

 

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Quand la neige s’est effacée (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018




    
Quand la neige s’est effacée,
les monts de la sierra
se sont éloignés.
La vallée a reverdi
au soleil d’avril, la vallée
est pleine d’une verte flamme,
pleine d’une vie, sans souci,
et l’âme songe à un papillon,
atlas du monde, et songe.
Avec le prunier en fleur et la campagne verte,
avec la glauque vapeur du rivage,
autour des branches,
avec les premières ronces qui blanchissent,
avec cette douce brise
qui triomphe de la mort et de la pierre,
cette amertume qui m’étouffe
s’écoule en espérance d’Elle…

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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