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NOUS NOUS SOMMES AIMÉS … (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2019




NOUS NOUS SOMMES AIMÉS …

Nous nous sommes aimés d’une façon si haute
Que tous nos souvenirs, s’exaltant sous nos fronts,
Ainsi qu’un bois de pins au sommet d’une côte,
Aux plus légers émois de l’air bleu chanteront
Par-delà les blés murs, les flots et les vallons…

Nous nous sommes aimés d’une façon si pure
Que nous imaginions, à regarder nos yeux,
Tremper, par un matin frais et délicieux,
Dans l’eau vierge d’une calanque nos figures
Après l’été brûlant et le doute anxieux.

Nous nous sommes aimés d’une façon si tendre
Que nous avons rendu jalouse la saison
Qui verse aux flots pâlis sa rose et fine cendre,
Lorsque l’Automne a vu nos beaux amours s’étendre
Comme sa mer moelleuse au mourant horizon.

Nous nous sommes aimés d’une façon si forte
Que les grands midis d’Août en furent étonnés,
Et que, pour le départ ayant fermé la porte,
Du jardin tiède et blond où notre amour est né,
Cet amour vit encore après les feuilles mortes…

(Emile Ripert)

Illustration

 

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Une boîte métallique (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019


 

Une boîte métallique
Dévale le raidillon

Et son récit

Aurait besoin pour le vallon
D’être traduit.

(Guillevic)

 

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Dedans ces prés herbus et spacieux (Vincent Voiture)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



Albert Pinkham Ryder  -Gay_Head

Dedans ces prés herbus et spacieux,
Où mille fleurs semblent sourire aux Cieux,
Je viens blessé d’une atteinte mortelle
Pour soulager le mal qui me martèle,
Et divertir mon esprit par mes yeux.

Mais contre moi mon coeur séditieux
Me donne plus de pensers soucieux
Que l’on ne voit de brins d’herbe nouvelle
Dedans ces prés.

De ces tapis le pourpre précieux,
De ces ruisseaux le bruit délicieux,
De ces vallons la grâce naturelle,
Blesse mes sens, me gêne et me bourelle,
Ne voyant pas ce que j’aime le mieux
Dedans ces prés.

(Vincent Voiture)

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

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Rien ne pourrait tenir (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2019


 

Ici,
pas plus qu’ailleurs,

Ciel, brindilles, vallons,
Insectes, clair de lune,

Rien ne pourrait tenir
S’il n’y avait le chant.

(Guillevic)

 

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Des rossignols chantant à des lys (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



 

Carry Akroyd  Snow Buntings (February)

Des rossignols chantant à des lys
Sous la lune d’or de l’été, telle,
O toi, fut mon âme de jadis.

Tu vins cueillir mes lys d’espoir, Belle,
Mes lys qui saignèrent dans ta main
Quand se leva la lune nouvelle.

Amour, sera-ce bientôt demain,
Demain matin et ses chants de cloches
Et les oiseaux aux croix du chemin ?

Pauvre, il neige dans les vallons proches.

(Stuart Merrill)

Illustration: Carry Akroyd 

 

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La lune brillante (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2019



Illustration
    
La lune brillante
caresse montagnes et vallons
cœur avide.

***

De heldere maan
liefkoost bergen en dalen
hunkerend het hart

***

La luna brillante
acaricia montañas y valles
anhelante corazón

***

The bright autumn moon
caresses hills and valleys
hankering the heart

***

Luna brillante
carezza monti e valli
il cuore anela

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: Gouttes de rosée Cent haïkus
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Néerlandais l’original / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley H. Barkan / Italien Silvia Pio / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

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A MA MONTAGNE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2018




    
A MA MONTAGNE

Puisque je dois aimer ton nord
d’obscurité, de froid et de douleur,
la neige, le vallon désert —
qu’il me soit donné d’en aimer l’essence,

la puissance des roches dures,
le flot assourdissant du vent
qui emporte au loin l’esprit
plus vite que le cours du sang.

La bruyère est âpre aux larmes
et les landes revêches
n’apaisent pas le visage enfoui
mais elles me font renaître :

oh, la douce odeur, et les ciels pourpres!

***

TO MY MOUNTAIN

Since I must love your north
of darkness, cold, and pain,
the show, the lonely glen,
let me love true Worth,

the strength of the hard rock,
the deafening stream of wind
that carries sense away
swifter ‘ban ‘rowing blood.

Heather is harsh to tears
and the rough moors
give the buried face no peace
but make me rise,

and oh, the sweet scent, and purple skies !

(Kathleen Raine)

 

Recueil: ISIS errante Poèmes
Traduction: François Xavier Jaujard
Editions: Granit

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Fulgure encore, aile dorée (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2018




Fulgure encore, aile dorée,
Sur mon arpent désert,
En vain cherchant
Semblance de vallon et de clairière.
Où les passions demeurent
Surgissent peu de fleurs,
Trop loin de cette colline remémorée.

***

Flash again, golden wing,
Across my sterile plot,
Seeking in vain
Similitude of glade and dell.
Where human passions dwell
Few flowers spring,
Too far from that remembered bill.

(Kathleen Raine)

Illustration: John Atkinson Grimshaw

 

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Incompatibilité (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018


esprit

Tout là-haut, tout là-haut, loin de la route sûre,
Des fermes, des vallons, par delà les coteaux,
Par delà les forêts, les tapis de verdure,
Loin des derniers gazons foulés par les troupeaux,

On rencontre un lac sombre encaissé dans l’abîme
Que forment quelques pics désolés et neigeux ;
L’eau, nuit et jour, y dort dans un repos sublime,
Et n’interrompt jamais son silence orageux.

Dans ce morne désert, à l’oreille incertaine
Arrivent par moments des bruits faibles et longs,
Et des échos plus morts que la cloche lointaine
D’une vache qui paît aux penchants des vallons.

Sur ces monts où le vent efface tout vestige,
Ces glaciers pailletés qu’allume le soleil,
Sur ces rochers altiers où guette le vertige,
Dans ce lac où le soir mire son teint vermeil,

Sous mes pieds, sur ma tête et partout, le silence,
Le silence qui fait qu’on voudrait se sauver,
Le silence éternel et la montagne immense,
Car l’air est immobile et tout semble rêver.

On dirait que le ciel, en cette solitude,
Se contemple dans l’onde, et que ces monts, là-bas,
Écoutent, recueillis, dans leur grave attitude,
Un mystère divin que l’homme n’entend pas.

Et lorsque par hasard une nuée errante
Assombrit dans son vol le lac silencieux,
On croirait voir la robe ou l’ombre transparente
D’un esprit qui voyage et passe dans les cieux.

(Baudelaire)

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Le Bain des Nymphes (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Illustration: Adolphe William Bouguereau

    

C’est un vallon sauvage abrité de l’Euxin;
Au-dessus de la source un noir laurier se penche,
Et la Nymphe, riant, suspendue à la branche,
Frôle d’un pied craintif l’eau froide du bassin.

Ses compagnes, d’un bond, à l’appel du buccin,
Dans l’onde jaillissante où s’ébat leur chair blanche
Plongent, et de l’écume émergent une hanche,
De clairs cheveux, un torse ou la rose d’un sein.

Une gaîté divine emplit le grand bois sombre.
Mais deux yeux, brusquement, ont illuminé l’ombre.
Le Satyre !… Son rire épouvante leurs jeux;

Elles s’élancent. Tel, lorsqu’un corbeau sinistre
Croasse, sur le fleuve éperdument neigeux
S’effarouche le vol des cygnes du Caÿstre.

(José-Maria de Hérédia)

 

 

 

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