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Poésie

Posts Tagged ‘vase’

Je cherche partout la goutte (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2020



Je cherche partout la goutte
Qui fera déborder le vase
Pour faire tant de dégâts
Cette goutte
Doit être extraordinaire

(Pierre Albert-Birot)

Illustration: Corrie White

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CONSCIENCE (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020



Manuel Gil Perez   N [800x600]

CONSCIENCE

Il y a parfois comme de grandes choses achevées.
La table est rangée, la chambre propre.
Tout est calme, paré de quiétude.
Il n’y a plus que des amis. Plus besoin d’attitudes.
Les objets se regardent exister.
ll semble que tout soit prêt, que le repos arrive.
La paix aura la couleur du soleil.
On pourra désirer le sommeil.
Mettre des fleurs dans les vases et comprendre les mots.
Les livres seront des robes de jeunes filles.
Tout sera simple et frais. L’amour, le travail et le corps.
Les songes auront le temps de vivre.
Des nappes sereines entourent les épaules.
Des buées rémittentes se posent sur le front. Le sang rêve.
Les mains s’adoucissent.
Une perception universelle aiguise la conscience.

(Gabriel Cousin)

Illustration: Manuel Gil Perez 

 

 

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Que dit le cochon (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2020



Illustration
    
que dit le cochon

Pour parler, dit le cochon,
ce que j’aime c’est les mots porqs :
glaviot grumeau gueule grommelle
chafouin pacha épluchure
mâchon moche miches chameau
empoté chouxgras polisson.
J’aime les mots gras et porcins :
jujube pechblende pépère
compost lardon chouraver
bouillaque tambouille couenne
navet vase chose choucroute.
Je n’aime pas trop potiron
et pas du tout arc-en-ciel.
Ces bons mots je me les fourre sous le groin
et ça fait un pöeme de porq.

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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Neptune (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



 

Illustration: Noèla Morisot
    
Neptune

Je m’habille chaque jour d’un bleu nouveau
veste électrique ou indigo
turquoise vase troublée des émaux
fluorescence ou lait de brumes
rage violette cernes de lune

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une indicible tristesse a ouvert grand les yeux (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2019



Une indicible tristesse
A ouvert grand les yeux, le
Vase de fleurs s’est éveillé
Et a diffusé son cristal.

Toute la chambre parfumée
De langueur — remède suave!
Qu’un si petit règne

Engouffre tant de rêve.
Un peu de vin rouge, un peu
De mai et de son soleil —
La blancheur des doigts les plus fins
Casse le fragile biscuit.

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Francine Van Hove

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P comme POULET… aux myosotis (Joëlle Brière)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




    
P comme POULET… aux myosotis

Ingrédients :
Se procurer,
un petit poulet tendre
un bouquet de myosotis
une pincée de vent
une cuillerée de miel
un zeste de soleil

Préparation et dégustation:
Caresser le petit poulet tendre de la crête au croupion.
Mettre le bouquet de myosotis dans un vase bleu ciel.
Y ajouter la pincée de vent et le zeste de soleil.
Sans plus.
Déguster lentement la cuillerée de miel
en regardant le petit poulet tendre picorer sur la pelouse,
à midi,
pendant que les autres sont à table.

(Joëlle Brière)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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La tentation (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2019



Ce vase un peu dans l’ombre
au bord de la fenêtre
Qui voudrait t’entraîner dans d’autres tourbillons,
Regarde-le plutôt comme si de tes mains
Tu l’avais façonné,

Comme si c’était toi
Qui venais de le faire.

(Guillevic)

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Vers vagues (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



 

Alexandru Darida c4 [1280x768]

Vers vagues

Le fébrile frisson des murmures d’amour
M’émeut ce soir les nerfs et vieillit ma mémoire.
La voix d’un violon sous la soie et la moire
Me miaule des mots d’inéluctable amour.

La verveine se pâme en les vases de jade :
Un fantôme de femme en l’alcôve circule.
Mais ma mémoire est morte avec le crépuscule,
Et j’ai perdu mon âme en les vases de jade.

Oh ! mol est mon amour, vague est le violon !
Un arôme d’horreur rôde en l’air délétère,
Et je rêve de rêve en l’ombre du mystère

Mais oh ! la volupté veule du violon !

(Stuart Merrill)

Illustration: Alexandru Darida

 

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Le salon s’est rempli de désert (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019




    
Le salon s’est rempli de désert

L’air ne tremble pas
Les bruits s’avachissent
Les gestes restent inachevés

Seule se déploie
L’odeur pressante
Des lys qui pataugent dans le vase
Coeurs ouverts
Jusqu’à l’indécence

Un peu grise
Je chante Mozart

Éclair volé
À l’éternité

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Les pétales se détachent (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019




    
Les pétales se détachent

Un par un depuis les vases
Les pétales de roses éphémères viennent de se détacher.
Dans le monde des fleurs
Je ne trouve nulle décomposition de la mort.
Le pas-beau ne lance nulle invective ultime contre la vie.
Nulle fleur ne cherche à avilir de sa haine
Cette terre à qui elle demeure redevable
Et lui rend les reliefs du peu qui lui reste, pâle, en parfums et formes.
Là-dedans se cache le toucher mélancolique d’un adieu,
Point de reproches.
Quand le jour de l’anniversaire et celui de la mort
Viennent à se rencontrer,
Entre l’aube et le crépuscule
je compte déceler, dans cette union,
L’échange de regards entre le jour si las
A l’horizon du levant et celui du coucher,
Et la belle apothéose
D’une éclatante gloire en prosternation !

***

An Example

From the flower vase fell, one by one,
Petals from a short-lived rose.
In the realm of flowers
I see no decrepitude from death.
Ugliness is unable to scoff ultimately at life.
No flower profanes with its hatred
The soil to which it is indebted,
It pays back the faint remnants
of its forms and perfumes.
It has a melancholic touch of bidding farewell,
Exempt from blames.
I seem to find in the union
When birth-day and death-day meet face to face
An exchange of look of the exhausted day
At the horizons where rises and sets the sun :
A humble and beautiful end
of a resplendent glory.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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