Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘vase’

Sur ma table est un vase de Chine (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2021



Tout là-bas sur le chemin que je n’ai jamais vu
Je regarde le vase émaillé
un être que je ne connais pas me parle
il marche et m’ignore
il est violet il est bleu
Est-il mort ou vivant est-il né?
Sur ma table est un vase de Chine

(Pierre Albert-Birot)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les ovales de deux citrons sur une table (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2021


 


Vincent Van Gogh   3 [1280x768]

Les ovales de deux citrons sur une table,
notes jaunes soutenues autour de quoi gravitent les gammes bleues des raisins.
D’un vase rouge aminci par le haut, inquiétant et profond montent les bulles sonores des anémones,
accords de mauve et de carmin, avec des soupirs noirs et, çà et là, des dissonances de verts froids.
Une nappe blanche par-dessous reçoit les harmonies
et les propage comme une eau lisse, tandis qu’un livre ouvert, à côté, les raconte.

(Franz Hellens)

Illustration: Vincent Van Gogh

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le miracle de la naissance (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2021




    
Le miracle de la naissance

J’ai vu mon âme, voyageuse dans le Temps,
de vie en vie elle suivait les voies cosmiques,
obscure dans les fonds et sur les hauts sublime,
évoluant du ver jusques au dieu.

Étincelle du Feu éternel elle vint
bâtir dans la Matière une demeure pour le Non-né.
Inconsciente, la Nuit sans-soleil reçut la flamme ;
dans le germe brut des choses muettes et délaissées

la Vie remua, la Pensée esquissa une forme brillante
jusqu’à ce que sur la terre inanimée se meuve,
née de la Nature somnambule dans son sommeil,
une créature pensante douée d’espoir et d’amour.

Et toujours à pas lents le miracle perdure :
peu à peu, dans la vase et la pierre, la naissance de l’Immortel.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Près du Mont Saint-Michel (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2020



Près du Mont Saint-Michel

Entraîné par le vent dans un tourbillon de routes,
J’atteins la grève, enfin, tout près du Mont Saint-Michel
Domaine de la mer, du ciel sombre et du sel,
Où, dans les prés-salés, des troupeaux d’agneaux broutent.

Je verrai le soleil se coucher sur Cancale,
Assistant au retour des charrettes bancales
Qui tanguent dans la vase, emplies de goémon
Alors que la marée emprisonne le Mont.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Ondine (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2020


ondine

 

Il taillada les ronces, ramassa la vase grise
Afin de me donner droit de passage dans mes propres drains
Et je me mis à courir pour lui, vive, lavée de ma rouille.
Il fit halte, me vit enfin dévêtue,
Eau claire, insoucieuse en apparence.
Puis il marcha à mes côtés. Là où les fossés se croisent
Près de la rivière, je clapotai et bouillonnai
Jusqu’à ce qu’il enfonce une pelle loin dans mon flanc
Et m’étreigne. J’avalais sa tranchée
Avec gratitude, me répandant par amour
Dans ses racines, remontant dans ses graines cuivrées –
Mais dès qu’il vit la force de mon accueil, moi seule
Pouvais le grandir et lui être miroir subtil.
Il m’explosa si complètement que mon corps perdit
Sa liberté froide. Humaine, touchée par lui.

(Seamus Heaney)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sous le nénuphar de la mare (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



Sous le nénuphar de la mare
Au fond de la cour
Près du tas de fumier
Je capte l’extase du crapaud
Dans la vase du soir.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 2 Comments »

Le Ciel est inhérent à l’Esprit (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2020


daryl-taylor-fauconiere-204612a41

Le Ciel est inhérent à l’Esprit
Que si l’Esprit se dissolvait –
Son Site – nul Architecte
Ne le pourrait confirmer –

Il est aussi vaste – que notre Capacité –
Aussi clair – que notre idée –
Pour Qui en a un juste désir
Il n’est pas plus loin, qu’Ici –

(Emily Dickinson)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Mille chemins, un seul but (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2020




    

Mille chemins, un seul but

Le chasseur songe dans les bois
À des beautés sur l’herbe assises,
Et dans l’ombre il croit voir parfois
Danser des formes indécises.

Le soldat pense à ses destins
Tout en veillant sur les empires,
Et dans ses souvenirs lointains
Entrevoit de vagues sourires.

Le pâtre attend sous le ciel bleu
L’heure où son étoile paisible
Va s’épanouir, fleur de feu,
Au bout d’une tige invisible.

Regarde-les, regarde encor
Comme la vierge, fille d’Ève,
Jette en courant dans les blés d’or
Sa chanson qui contient son rêve !

Vois errer dans les champs en fleur,
Dos courbé, paupières baissées,
Le poète, cet oiseleur,
Qui cherche à prendre des pensées.

Vois sur la mer les matelots
Implorant la terre embaumée,
Lassés de l’écume des flots,
Et demandant une fumée !

Se rappelant quand le flot noir
Bat les flancs plaintifs du navire,
Les hameaux si joyeux le soir,
Les arbres pleins d’éclats de rire !

Vois le prêtre, priant pour tous,
Front pur qui sous nos fautes penche,
Songer dans le temple, à genoux
Sur les plis de sa robe blanche.

Vois s’élever sur les hauteurs
Tous ces grands penseurs que tu nommes,
Sombres esprit dominateurs,
Chênes dans la forêt des hommes.

Vois, couvant des yeux son trésor,
La mère contempler, ravie,
Son enfant, cœur sans ombre encor,
Vase que remplira la vie !

Tous, dans la joie ou dans l’affront,
Portent, sans nuage et sans tache,
Un mot qui rayonne à leur front,
Dans leur âme un mot qui se cache.

Selon les desseins du Seigneur,
Le mot qu’on voit pour tous varie ;
– L’un a : Gloire ! l’autre a : Bonheur !
L’un dit : Vertu ! l’autre : Patrie !

Le mot caché ne change pas.
Dans tous les cœurs toujours le même ;
Il y chante ou gémit tout bas ;
Et ce mot, c’est le mot suprême !

C’est le mot qui peut assoupir
L’ennui du front le plus morose !
C’est le mystérieux soupir
Qu’à toute heure fait toute chose !

C’est le mot d’où les autres mots
Sortent comme d’un tronc austère,
Et qui remplit de ses rameaux
Tous les langages de la terre !

C’est le verbe, obscur ou vermeil,
Qui luit dans le reflet des fleuves,
Dans le phare, dans le soleil,
Dans la sombre lampe des veuves !

Qui se mêle au bruit des roseaux,
Au tressaillement des colombes ;
Qui jase et rit dans les berceaux,
Et qu’on sent vivre au fond des tombes !

Qui fait éclore dans les bois
Les feuilles, les souffles, les ailes,
La clémence au cœur des grands rois,
Le sourire aux lèvres des belles !

C’est le nœud des prés et des eaux !
C’est le charme qui se compose
Du plus tendre cri des oiseaux,
Du plus doux parfum de la rose !

C’est l’hymne que le gouffre amer
Chante en poussant au port des voiles !
C’est le mystère de la mer,
Et c’est le secret des étoiles !

Ce mot, fondement éternel
De la seconde des deux Romes,
C’est Foi dans la langue du ciel,
Amour dans la langue des hommes !

Aimer, c’est avoir dans les mains
Un fil pour toutes les épreuves,
Un flambeau pour tous les chemins,
Une coupe pour tous les fleuves !

Aimer, c’est comprendre les cieux.
C’est mettre, qu’on dorme ou qu’on veille,
Une lumière dans ses yeux,
Une musique en son oreille !

C’est se chauffer à ce qui bout !
C’est pencher son âme embaumée
Sur le côté divin de tout !
Ainsi, ma douce bien-aimée,

Tu mêles ton cœur et tes sens,
Dans la retraite où tu m’accueilles,
Aux dialogues ravissants
Des flots, des astres et des feuilles !

La vitre laisse voir le jour ;
Malgré nos brumes et nos doutes,
Ô mon ange ! à travers l’amour
Les vérités paraissent toutes !

L’homme et la femme, couple heureux,
À qui le cœur tient lieu d’apôtre,
Laissent voir le ciel derrière eux,
Et sont transparents l’un pour l’autre.

Ils ont en eux, comme un lac noir
Reflète un astre en son eau pure,
Du Dieu caché qu’on ne peut voir
Une lumineuse figure !

Aimons ! prions ! les bois sont verts,
L’été resplendit sur la mousse,
Les germes vivent entr’ouverts,
L’onde s’épanche et l’herbe pousse !

Que la foule, bien loin de nous
Suive ses routes insensées.
Aimons, et tombons à genoux,
Et laissons aller nos pensées !

L’amour, qu’il vienne tôt ou tard,
Prouve Dieu dans notre âme sombre.
Il faut bien un corps quelque part
Pour que le miroir ait une ombre.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

PALUDS (René Guyomard)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2020



palud 04 [800x600]

PALUDS

Le long des prés marins des vases craquelées
Où l’écume du flot qui monte s’insinue
Sur ces grises paluds où paissent les étraves
Viens attendre, ma soeur, que s’approche le soir
Entre les tamaris et que la cloche tinte.
A l’horizon se traîne une dernière pluie
Et le ciel sans couleur se fige au ras des sables.
La vague à petits coups émeut les blanches barques
Qui bientôt glisseront sur les herbes noyées.

Ah que vienne la mer ou que vienne la Grâce
Pour emporter au loin au loin cette âme morte
Qui ne sait plus aimer le lent le triste été !

(René Guyomard)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je cherche partout la goutte (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2020



Je cherche partout la goutte
Qui fera déborder le vase
Pour faire tant de dégâts
Cette goutte
Doit être extraordinaire

(Pierre Albert-Birot)

Illustration: Corrie White

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :