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Posts Tagged ‘vasque’

LA NYMPHE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2019



 

LA NYMPHE

L’eau calme qui s’endort, déborde et se repose
Au bassin de porphyre et dans la vasque en pleurs
En son trouble sommeil et ses glauques pâleurs
Reflète le cyprès et reflète la rose.

Le Dieu à la Déesse en souriant s’oppose;
L’un tient le sceptre et l’arc, l’autre l’urne et les fleurs,
Et, dans l’allée entre eux, mêlant son ombre aux leurs,
L’Amour debout et nu se dresse et s’interpose.

Les talus du gazon bordent le canal clair;
L’if y mire son bloc, le houx son cône vert,
Et l’obélisque alterne avec la pyramide;

Un Dragon qui fait face à son Hydre ennemie,
Tous deux du trou visqueux de leurs bouches humides
Crachent un jet d’argent sur la Nymphe endormie.

(Henri De Régnier)

 

 

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LE BASSIN ROSE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2019



 

fontaine rose

LE BASSIN ROSE

Si le jet d’eau s’est tu dans la vasque, si l’or
De la statue en pleurs au centre du bassin
S’écaille sur la hanche et rougit sur le sein,
Si le porphyre rose en l’onde saigne encor;

C’est que tout, alentour, s’engourdit et s’endort
D’avoir été charmant, mystérieux et vain,
Et que l’Écho muet dans l’ombre tend la main
Au Silence à genoux auprès de l’Amour mort.

L’allée est inquiète où l’on ne passe plus;
La terre peu à peu s’éboule du talus;
La porte attend la clef, le portique attend l’hôte,

Et le Temps, qui survit à ce qu’il a été
Et se retrouve toujours tel qu’il s’est quitté,
Fait l’eau trop anxieuse et les roses trop hautes.

(Henri De Régnier)

Illustration

 

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Clair de lune (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



 

Clair de lune

Penser qu’on vivra jamais dans cet astre,
Parfois me flanque un coup dans l’épigastre.

Ah ! tout pour toi, Lune, quand tu t’avances
Aux soirs d’août par les féeries du silence !

Et quand tu roules, démâtée, au large
A travers les brisants noirs des nuages !

Oh ! monter, perdu, m’étancher à même
Ta vasque de béatifiants baptêmes !

Astre atteint de cécité, fatal phare
Des vols migrateurs des plaintifs Icares !

Oeil stérile comme le suicide,
Nous sommes le congrès des las, préside ;

Crâne glacé, raille les calvities
De nos incurables bureaucraties ;

O pilule des léthargies finales,
Infuse-toi dans nos durs encéphales !

O Diane à la chlamyde très-dorique,
L’Amour cuve, prend ton carquois et pique

Ah ! d’un trait inoculant l’être aptère,
Les coeurs de bonne volonté sur terre !

Astre lavé par d’inouïs déluges,
Qu’un de tes chastes rayons fébrifuges,

Ce soir, pour inonder mes draps, dévie,
Que je m’y lave les mains de la vie !

(Jules Laforgue)

Illustration: Caroline Duvivier

 

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Les braises d’un crépuscule mauve (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



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Les braises d’un crépuscule mauve
fument derrière les noirs cyprès…
Sous la gloriette ombragée, la fontaine
avec son Amour, ailé et nu, de pierre,
et qui rêve, muet. Dans la vasque de marbre
repose l’eau morte.

(Antonio Machado)

 

 

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Les rêves de ta vie profonde (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2018



Illustration: Thomas-Alexander Harrison
    
Les rêves de ta vie profonde,
libère-les de leur ténèbre.
Ils sont jeux d’eaux et tombent
plus clairs et en pauses chantantes
dans le sein de leurs vasques.

Et je sais maintenant : deviens tel un enfant
Toute angoisse n’est qu’un commencement;
mais la terre est illimitée,
et la peur n’en est que le geste
et le désir en est le sens.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Ce fut en un soir où les chansons (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



 

 

Jeanie Tomanek  -escapevelocity

Ce fut en un soir où les chansons
Des amants liés par leurs mains lasses
Mouraient, ô Dame pâle qui passes,
Au clair de la lune des moissons.

Long penchée au bord des lourds calices
Des lys, fleurs des reines et des rois,
Tu faisais le signe de la croix
Comme une qui renonce aux délices.

Chevelure éparse au vent léger,
Tu paraissais ceinte de lumière
Contre l’ombre de la nuit première
Et les feuilles du prochain verger.

L’eau tintait tristement dans les vasques
Qu’enguirlandaient des danses d’amours
Et de satyres faisant des tours
Au rire à jamais muet des masques.

La puisant dans tes chétives mains,
Cette eau par laquelle tu fus sainte,
Tu baptisas les fleurs de l’enceinte,
Où dormait l’âme des lendemains.

Fus-tu le Remords ou la Mémoire,
O Passante aux yeux pleins de passé ?
Maintenant l’eau stagne en le fossé
Et les lys sont morts avec la gloire

De ce soir où les lentes chansons
Des amants liés par leurs mains lasses
Mouraient, ô Dame pâle qui passes,
Au clair de la lune des moissons.

(Stuart Merrill)

Illustration: Jeanie Tomanek 

 

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Ne crie pas… (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018



 Illustration: Pascal Renoux
    
Ne crie pas…

Ne crie pas
sollicite à voix basse la sueur écarlate
traîne-la par les cheveux hors du mur circulaire
et de sa rouge meurtrière

Humecte la ligne de partage entre aine et plaine
là où guette l’abeille
celle qui perce le vide
étourdit le sang
enfume labyrinthe et gosier

Ne crie pas te dis-je si tu veux entraîner le monde dans ta noyade
nage en amont en abysses dans un bruit de vagues et de vasques

Refoule l’écume
elle encombre le seuil
obstrue la voûte
réveille par son clapotis barque et timonier

À main basse te dis-je

(Vénus Khoury-Ghata)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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JASPE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



JASPE

Toi, jailli de l’igné aux vasques des volcans,
dans le froid des cristaux tu as mêlé les règnes.
Et tu es devenu armure des forêts,
gangue irisée des sèves où, gisante,
tu captas la mémoire des arbres.

(Jacques Lacarrière)

Illustration

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L’ABANDON (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 

Stitched Panorama

L’ABANDON

Le carrosse d’or roux, la chaise, le sabot
Qui piaffe au pavé clair et sonne sur la dalle,
N’animent plus la cour vaste, vide et royale
Où se sont tus les pas, le fouet et le grelot.

La porte s’entrebâille et le volet se clôt;
Le vent use, tout bas, la pierre jaune et pâle;
Le silence engourdi crispe de salle en salle
Ses deux ailes de cendre et sa bouche d’écho.

La fontaine qui chante en gouttes dans la vasque,
Ni le faune qui rit sous le marbre du masque,
Ni le vase fleuri, ni les blanches statues

N’ont pu faire s’entresourire l’un à l’autre,
Lui qui porte un miroir, elle qui s’y voit nue,
La Solitude assise et le Passé qui rôde.

(Henri De Régnier)

Illustration

 

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Naissance (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



Illustration: Lyne Le Grand
    
Naissance

J’adore souveraine ce grand nom qui t’éclaire et tremble
Cette ombre
Que dissipe un nuage oublié
Ces grands courants
Adorables où nagent des eaux d’or

Ta nuit te garde claire
Approfondit ta route
J’accueille l’évasion de ta voix de velours
De ta voix émue d’un avenir d’oiseaux

La nuit te garde claire
J’ai souci d’un visage, dans la douceur des pluies
De mains versant une eau aux vasques emplies de pleurs
La nuit te nomme d’abord
Regard, puis rocs, pensée

Dans la douleur première de l’enfant premier-né
Celui qui le voit chante
Celui qui chante est né.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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