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Posts Tagged ‘végétaux’

Je redoutais la transparence de mes mains (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



Notre mémoire s’allégeait.
Bientôt je redoutai sa transparence,
et que nos corps assaillis de lumière
ne fussent plus dans ces gouffres de verre
que silence et geste sans ombre.
Le jour nous dominait. Seule la voix
du jour tonnait sur les sommets déserts.
Je redoutais la transparence de mes mains,
de tes épaules sous mes mains,
la transparence de la bouche et du regard
pareillement lavés des signes végétaux.

(Jean Joubert)

Illustration: Fabienne Contat

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Dans les livres, il y a quelque chose de divin (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2016



 

Les choses sont une façade,une croûte.Dieu seul est.
Mais dans les livres, il y a quelque chose de divin.

Le monde est mystère,les choses évidentes sont mystère,
les pierres et les végétaux.

Mais dans les livres peut-être y a-t-il une explication, une clef.
Les choses sont dures, la matière,les gens,les gens sont durs,et inamovibles.

Le livre est souple, il est dégagé. Il n’est pas une croûte.Il émane.
Le plus sale, le plus épais émane. Il est pur. Il est d’âme. Il est divin.

De plus il s’abandonne.

… Dans les livres, il cherche la révélation.
Il les parcourt en flèche.
Tout à coup, grand bonheur, une phrase … un incident… un je ne sais quoi,
il y a là quelque chose…

Alors il se met à léviter vers ce quelque chose avec le plus qu’il peut de lui-même,
parfois s’y accole d’un coup comme le fer à l’aimant.
Il y appelle ses autres notions « venez, venez ».

Il est là quelque temps dans les tourbillons et les serpentins et dans une clarté, qui dit
« c’est là ».

Après quelque intervalle, toutefois, par morceaux, petit à petit,
le voilà qui se détache, retombe un peu, beaucoup, mais jamais si bas que là où il était précédemment.
Il a gagné quelque chose. Il s’est fait un peu supérieur à lui-même.

Il a toujours pensé qu’une idée de plus n’est pas une addition.
Non, un désordre ivre, une perte de sang-froid, une fusée, ensuite une ascension générale.
Les livres lui ont donné quelques révélations.

En voici une :
Les atomes. Les atomes, petits dieux.
Le monde n’est pas une façade, une apparence.
II est : Ils sont, Ils sont, les innombrables petits dieux, ils rayonnent.
Mouvement infini, infiniment prolongé.

(Henri Michaux)

 

 

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Le livre nous attend pour PARLER (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



La musique du soleil tisse une tapisserie
d’oiseaux
Parcours des forêts
Plaisirs
Dans nos bagages des signes

Les murs végétaux se sont ouverts
Etincelles des étangs
Hautes lices des rivières
Un enfant lance une pierre

De l’aube tombent des couteaux de cristal
sur les nuques lourdes
Le feu de la nuit crépite encore

Ailleurs les hommes tendent des bras ligneux
à travers les déserts

Des femmes aveugles accouchent au bord des chemins

Nous
nous finirons par entrer dans les couloirs de cendres où

Le livre nous attend

pour PARLER.

(Georges Jean)

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Les enfants (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2016



 

Les enfants jouent au théâtre
jusqu’à l’heure
du souper dans la nuit qui vient
alors les grandes personnes les appellent
le garçon a les yeux si clairs
puis voici celle qui mourra jeune
et celle dont sera seul le corps
tous se lavent les mains dans l’ombre
près des végétaux flamboyants
et sont encore dans ce temps
que l’on vit dans l’éternité.

(Jean Follain)

 

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MORTE SAISON (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2015




MORTE SAISON

Un homme écoutait l’objection
d’un autre
qui voulait son âme immortelle
sur un seuil de porte une femme
jouait avec une bête
en pleurant
et dans les offices restaient
les végétaux, le lait
les bassines
aux reflets de sang.

(Jean Follain)

 

 

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Mort dans l’âme (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2015


Les végétaux tremblent
la pierre reçoit les ondées
des mains se serrent de jour et de nuit
les maisons s’usent jusqu’à aujourd’hui
porte à porte un mendiant va
mort dans l’ême
jusqu’au bout se poursuivent
des luttes sauvages
des vapeurs sur les abîmes.

(Jean Follain)

Illustration

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