Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘végéter’

RONDEAU DU MOI SECRET (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2020



Illustration: Fanny Verne
    
RONDEAU DU MOI SECRET

For de mon for, tréfonds le plus intime
De mon bas être à l’erreur condamné,
Secrètement t’habite un Moi sublime,
Clos au dehors, du dedans gouverné.
Indifférente aux intérêts du monde,
Sans vanité, sans soif de chair ni d’or,
Ainsi tiens-tu ma Personne Seconde,
For de mon for.

Pour quel haut fait, quelle oeuvre magnanime
Ce Moi de Moi dans ton antre est-il né?
Pilier du ciel, rédimeur du vieux crime,
Quel abdal est-ce, ou Christ prédestiné
Tel du magnan sous la quenouille blonde
Le papillon qui vit sans aile encor,
Prêt à briser sa coquille féconde,
For de mon for,

Ainsi végète, ainsi déjà s’anime
Dans ton cocon de soie environné,
Le grain vivant, la chrysalide infime
De l’ange immense en ma chair confiné.
Mais, de l’abîme où n’atteint point la sonde,
Pour prendre aux cieux un droit et libre essor,
Comment sortir de ta geôle profonde,
For de mon for

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sonnet (René Ghil)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2019



 

Dao Hai Phong     phong-two-trees

Sonnet

Ma Triste, les oiseaux de rire
Même l’été ne voient pas
Au Mutisme de morts de glas
Qui vint aux grands rameaux élire

Tragique d’un passé d’empire
Un seul néant dans les amas
Plus ne songeant au vain soulas
Vers qui la ramille soupire.

Sous les hauts dômes végétants
Tous les sanglots sans ors d’étangs
Veillent privés d’orgueils de houle

Tandis que derrière leur soir
Un souvenir de Train qui roule
Au loin propage l’inespoir.

(René Ghil)

Illustration: Dao Hai Phong

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mes poèmes (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018




    
Mes poèmes
végètent parmi vous
sans antennes visibles
mais avec des tentacules
souterrains
qui creusent dans vos terres
de multiples galeries

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ta bouche aux lèvres d’or (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2018




    
Ta bouche aux lèvres d’or n’est pas en moi pour rire
Et tes mots d’auréole ont un sens si parfait
Que dans mes nuits d’années, de jeunesse et de mort
J’entends vibrer ta voix dans tous les bruits du monde.

Dans cette aube de soie où végète le froid
La luxure en péril regrette le sommeil,
Dans les mains du soleil tous les corps qui s’éveillent
Grelottent à l’idée de retrouver leur coeur.

Souvenirs de bois vert, brouillard où je m’enfonce
J’ai refermé les yeux sur moi, je suis à toi,
Toute ma vie t’écoute et je ne peux détruire
Les terribles loisirs que ton amour me crée.

(Paul Eluard)

 

Recueil: Poésies 1913-1926
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Personne (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017




Il n’y a personne sur le givre du seuil,
personne dans les couloirs, les glaciers
de cette grotte où végète le feu.
Désert des lampes et des murs,
couches glacées des chambres souterraines.
Pourtant des doigts menus t’effleurent,
des seins, des envols de murmures,
puis, devant toi, à hauteur d’homme,
bâille une mâchoire funèbre.

(Jean Joubert)

Illustration: http://www.tripalbum.net/patagonie/glacier/

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

L’Heure tourne (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



 

L’Heure tourne

L’heure tourne
avant le quatre-heures
il est déjà 15 heures
et je suis
fou à lier.
Je vois
mes yeux las.
Le miroir
végète.
La population
sécrète
ses enzymes
d’exclusion.
Un Tsigane d’Ukraine me dira :
«Au moins ici
vos poubelles
sont pleines !»

L’heure tourne
tu vas bientôt rentrer.
Nous t’attendons
moi
et les murs
humides.

(Balbino)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :