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Poésie

Posts Tagged ‘véhémence’

Par des barreaux nouveaux-nés (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018


femme-fenetre

Une femme en amour devant une fenêtre vide.
Des yeux bleu ardent, bleu lanière.
Un corps arqué sur le désespoir de son nom.
Dehors le grand tumulte harassé des étoiles
contre le ciel semble ne plus s’ouvrir,
ne plus suspendre l’issue de leur perfection
qu’à cette véhémence brouillée de larmes puériles,
qu’à ce gémissement,
qu’à ce silence.

(Jacques Dupin)

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AVEC TOI (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2018



Illustration
    
AVEC TOI

Turquoise rafale fuient
Par couples les perroquets
Véhémences
Le monde flambe
Un arbre
Bouillonnant de corbeaux
S’embrase sans brûler
Immobile
Parmi les hauts tournesols
Tu es
Pause de la lumière
Le jour
Un vaste mot clair
Battements de voyelles
Tes seins
Mûrissent sous mes yeux
Ma pensée
Est plus légère que l’air
Je suis réel
Je vois ma vie je vois ma mort
Le monde est réel
Je vois
J’habite une transparence

(Octavio Paz)

 

Recueil: Versant Est
Traduction: Yesé Amory,Claude Esteban,Carmen Figueroa,Roger Munier,Jacques Roubaud
Editions: Gallimard

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ROMAN DU SAULE (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



 

vieux saule

ROMAN DU SAULE

D’abord, ce dut être une plante,
petite et souple juste assez
pour s’écouter chanter le vent.

Une plante qui se taisait
pour apprendre son métier d’arbre
dans la mémoire des racines.

Un beau jour, toutes les idées,
tous les raisonnements d’écorce
qui la gonflaient ont giclé drus.

Comme une grande véhémence
d’un coup se vide par la bouche
et laisse l’homme titubant,

cette verdure échevelée
a démoli l’énergumène
qui n’en pouvait plus de pousser.

Maintenant l’arbre ne vit plus
que de couleuvres et de rats
dans le creux de sa réussite,

et répète inlassablement
un mot énorme et sédentaire
qui fait se presser les nuages.

(Axel Toursky)

Illustration

 

 

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PAR DES BARREAUX NOUVEAU-NÉS (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Edward Hopper
    
PAR DES BARREAUX NOUVEAU-NÉS

Une femme en amour devant une fenêtre vide. Des
yeux bleu ardent, bleu lanière. Un corps arqué sur le
désespoir de son nom. Dehors le grand tumulte harassé
des étoiles contre le ciel semble ne plus s’ouvrir, ne plus
suspendre l’issue de leur perfection qu’à cette véhé-
mence brouillée de larmes puériles, qu’à ce gémisse
ment, qu’à ce silence.

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Le corps clairvoyant
Traduction:
Editions: Gallimard

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ART POÉTIQUE (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
ART POÉTIQUE

La diction n’implique pas d’être gai ou triste
Mais de donner ma voix à la véhémence des choses
Et faire du monde extérieur la substance de mon esprit
Comme celui qui dévore le coeur du lion
Regarde observe écoute
Aux aguets pour la chasse dans la pénombre de la chambre

***

ARTE POÉTICA

A dicçao não implica estar alegre ou triste
Mas dar minha voz à veemência das coisas
E fazer do mundo exterior substância da minha mente
Como quem devora o coracão do leão
Olha fita escuta
Atenta para a caçada no quarto penumbroso

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

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L’été s’éternisait (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



L’été s’éternisait
dans la lumière inépuisable des clairières
aux mares noires desséchées
La vaine véhémence de ses buissons
Le feuillage doré de ses renoncements
faits de lenteur et de bercements

(Georges Bonnet)

 

 

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L’éclaircie (Luc Dietrich)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2016



 

L’éclaircie

Dans la pâte des nuages une trouée se fait.
Les tiges et les troncs oscillent, la tête des arbres tourne
aspirée par la lumière comme par la véhémence du vide.

(Luc Dietrich)

Illustration

 

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PAR DES BARREAUX NOUVEAU-NÉS (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2016



 

PAR DES BARREAUX NOUVEAU-NÉS

Une femme en amour devant une fenêtre vide.
Des yeux bleu ardent, bleu lanière.
Un corps arqué sur le désespoir de son nom.

Dehors le grand tumulte harassé des étoiles contre le ciel
semble ne plus s’ouvrir, ne plus suspendre l’issue de leur perfection
qu’à cette véhémence brouillée de larmes puériles,
qu’à ce gémissement,
qu’à ce silence.

(Jacques Dupin)

 

 

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