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Poésie

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La poésie crie plus de réalité (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018



Illustration: René Magritte
    
La poésie crie plus de réalité,
ajoute du réel au réel,
elle est réalité.

Et le poème, qui apparaît ainsi comme une organisation
ou une structure ouverte, intentionnellement incomplète,
puisqu’elle devra se compléter chez le lecteur ou l’auditeur,
s’impose parfaitement à nous comme une présence.
Et c’est le poème comme présence qui va au-delà des affirmations et des explications,
pour configurer cette efficace plus que logique et non discursive qu’est la poésie.

Partant, le poème rompt encore la solitude de l’homme, lui sert de compagnie essentielle
et l’aide à transcender le jeu ténébreux des questions et des réponses.

Voilà pourquoi la poésie est le plus grand réalisme possible,
même si les naïfs, les ignorants et les arrogants la considèrent comme une abstraction,
une évasion ou une velléité subsidiaire de la toute-puissance politique ou idéologique.
Oui, la poésie est le plus grand réalisme possible.

Elle franchit même l’obstacle du nom des choses,
pour les nommer d’une autre façon,
loin du leurre et de l’arbitraire de l’étiquette.
Elle dé-nomme, comme l’ont souligné Roger Munier

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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Ce quelque chose (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2017



Illustration: Razvan Ciocanel
    
Ce quelque chose — ou quelqu’un —
Venu de loin
Qui nous effleure avec douceur,
Dans la velléité de l’aube,
Pour nous annoncer que toujours
Le monde recommence.

Il nous entoure d’une tunique d’herbe
Et de rosée,
Puis s’en va à pas d’écureuil,
Nous laissant inter-dits,
Dans le jour iné-dit
Qui déjà commence.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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C’est vrai (Juan Gelman)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2015



C’est vrai

Chaque jour
je me rapproche de mon squelette.
Il a des raisons de se montrer.
Je lui en ai fait voir de bonnes et de mauvaises
sans rien lui demander
lui toujours me demandant, sans voir
comment était le bonheur ou le malheur,
sans se plaindre, sans
distances éphémères de moi.
Maintenant qu’il scrute presque
l’air autour,
que pensera la clavicule cassée,
bijou splendide, les genoux
que j’ai traînés sur des pierres
entre de faux pardons, etcétéra.
Squelette pillé, bientôt
ta vue ne gênera plus aucune velléité.
Tu supporteras l’univers tout nu.

*

Verdad es

Cada día
me acerco más a mi esqueleto.
Se está asomando con razón.
Lo metí en buenas y en feas sin preguntarle nada,
él siempre preguntándome, sin ver
cómo era la dicha o la desdicha,
sin quejarse, sin
distancias efímeras de mí.
Ahora que otea casi
el aire alrededor,
qué pensará la clavícula rota,
joya espléndida, rodillas
que arrastré sobre piedras
entre perdones falsos, etcétera.
Esqueleto saqueado, pronto
no estorbará tu vista ninguna veleidad.
Aguantarás el universo desnudo.

(Juan Gelman)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com

 

 

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Je porte mes orages sur mes épaules (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2015




Alors que le ciel plonge ses racines dans le sol
Au milieu des heures souriantes
Je crucifie le temps
Sensible aux appels
Je suis plusieurs vélléités
Plusieurs désirs d’être
Et incarne de multiples personnages
Qui sont ce que je suis
Devant l’écho muet des jours anciens
Je porte mes orages sur mes épaules

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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