Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘vélo’

La poésie te trouve (Títos Patríkios)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021



    
La poésie te trouve

La poésie vient te trouver en vélo, en mobylette, en voiture
parfois elle arrive comme une amazone le glaive dressé
parfois elle te suit à la sortie du supermarché comme une mendiante en haillons
elle t’entraîne telle une porno-star dans les abysses imaginaires
elle te rappelle à l’ordre comme un directrice de maison de redressement
elle t’apparaît dans les tréfonds du sommeil telle une vierge immaculée
(…)

(Títos Patríkios)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Sur la barricade du temps
Traduction: Traduit du grec par Marie-Laure Coulmin Koutsaftis
Editions: Le Temps des cerises

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UNE JOURNÉE QUI COMMENCE (Yvon Le Men)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2020



écoliers rl

UNE JOURNÉE QUI COMMENCE

Le même cartable de cuir
Prix d’un mois de travail
Les mêmes baisers furtifs
Au bord de la route,
Le même vélo historique et quotidien
Tous les trois, la marche en avant
Au goût d’appréhension,
Les camarades qui accrochent leurs yeux
Aux souliers de la grande soeur
A la blouse lavée et raccommodée
Le chef serrant une poignée de main de traître,
Mais le soir, une nourriture
Réchauffée,
Savoureuse.
Maternelle,
Amoureuse,
Une communion solidaire
Après,
Un partage du livre :
Les hommes auront la force d’être ;
Il faut comprendre,
Rappelle la voix fatiguée
Et forte du Père.

(Yvon Le Men)

Illustration: Robert Doisneau

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA ROUE DANS LA ROUE (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018



    

LA ROUE DANS LA ROUE

Première prise sur le monde :
L’art de faire tourner à la main
Les pédales d’un vélo renversé, imprimant
À la roue arrière une vitesse surnaturelle.
J’aimais en voir disparaître les rayons,
Et le bourdon translucide de l’espace
Entre la jante et le moyeu. Quand on y lançait
Une pomme de terre, le tournoiement de l’air
Vous renvoyait au visage une purée vaporeuse ;
Quand on la frôlait avec une paille,
La paille se mettait à vibrer.
Les pédales avaient une manière de résister
D’abord de façon très tangible
Avant d’entraîner la main
Dans un nouvel élan — et je m’en absorbais
Comme d’un pouvoir soudain absolu: la certitude
Avait rattrapé, relancé l’objet de ma certitude
Dans l’orbite même où tournait le désir.

***

WHEELS WITHIN WHEELS

The first real grip I ever got on things
Was when I learned the art of pedalling
(By hand) a bike turned upside down, and drove
Its back wheel preternaturally fast.
I loved the disappearance of the spokes,
The way the space between the hub and rim
Hummed with transparency. If you threw
A potato into it, the hooped air
Spun mush and drizzle back into your face;
If you touched it with a straw, the straw frittered.
Something about the way those pedal treads
Worked very palpably at first against you
And then began to sweep your hand ahead
Into a new momentum — that all entered me
Like an access of free power, as if belief
Caught up and spun the objects of belief
In an orbit coterminous with longing.

(Seamus Heaney)

 

Recueil: La lucarne
Traduction: Patrick Hersant
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’ai vu… (Huguette Amundsen)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



lapin violonniste

J’ai vu…

J’ai appelé le terrassier
il marchait à cloche-pied
j’ai appelé le moissonneur
il jurait comme un voleur
j’ai appelé le cordonnier
il jetait tous ses souliers
alors je m’en suis allée
j’ai vu des hannetons
tâtonnant en rond
j’ai vu des limaces
faire la grimace
j’ai vu une libellule
très crédule
puis me penchant encore
j’ai vu un chou-fleur
chercher l’heure
j’ai vu un artichaut
qui rêvait d’être au chaud
chemin faisant
j’ai vu un lampadaire
le nez en l’air
j’ai vu un vélo
près de l’eau
j’ai vu un canard
en retard
j’ai vu un lapin
jouer au crincrin
puis j’ai vu des gens
mécontents
car ils ne voyaient rien

(Huguette Amundsen)

 

 

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Entre parenthèses (Sylvie Durbec)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018



Illustration: Marina Dieul
    
Entre parenthèses

(Chaque fois que l’un d’entre nous meurt
est-ce que chaque fois un petit dieu meurt aussi ?
le sien, bien sûr, mais aussi l’un des nôtres…
Lorsque à mon tour je mourrai, dit la petite Virginia,
quels petits dieux seront tristes de ma disparition ?
Peut-être celui des questions et des vélos ?
Je n’aime que les dieux très petits,
les grands, uniques ou multiples,
ne me plaisent pas beaucoup,
trop puissants, trop absents.
Alors, dit-elle encore, la bouche pleine de sons,
prions le petit dieu des disparitions
et des oublis.
Et puis.)

(Sylvie Durbec)

 

Recueil: Le paradis de l’oiseleur
Traduction:
Editions: Al Manar

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Des phrases (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018



plage  20090424_125025_

Des phrases

Des phrases il y en avait
qui revenaient toujours:
« N’allez pas trop loin ! »
« Elle monte ou elle descend ? »
« Comment tu la trouves ? »
et bien sûr aujourd’hui :
« Elle est super bonne ! »

C’étaient des phrases du bord de mer
qu’on entendait passer ainsi
depuis tant d’années
comme une sorte de bande son
– ineffaçable pourtant fragile –
des étés de nos vies.

Des phrases qui nous racontent
des phrases qui nous ponctuent
et qu’on connait par cœur
quand je te dis
déjà sur mon vélo
et prêt à m’envoler :

« Je reviens tout de suite
je vais voir la mer. »

(François de Cornière)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

LA RIVIERE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017





LA RIVIERE

D’arbres infortunés
seuls au bord de l’eau
la rivière si fine
écoute l’écho

les poissons d’aventure
meurent au fil pendu
la pierre sans histoire
dort à coeur perdu

A vélo
sur le pont
un homme tout rond
s’essouffle et fait oh oh

le pêcheur emporte à la maison
les saules, les cailloux, peut-être les goujons

(Raymond Queneau)

Illustration: Vincent Van Gogh

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Un arbre sans une branche (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



 

Alphonse Mucha Dance 1898 38x60cm

Un arbre sans une branche
Un oiseau criant dimanche
L’herbe rase par ici

Des godasses pas étanches
Très peu d’atouts dans la manche
Une sauce à l’oignon frit

Un phono sur une planche
Un accordéon qui flanche
Des chats des rats des souris

Un vélo coupé en tranches
Un coup dur qui se déclenche
Des voyous des malappris

Un vague vive la
Franche par un
Auvergnat d’Avranche
Les Kabyles les Sidia

La putain qui se déhancha
Un passant séduit se penche
C’est cent sous pour le chéri

Des cheveux en avalanche
Des yeux non c’est des pervenches
Belles filles de Paris

Ma tristesse qui s’épanche
La fleur bleue ou bien la blanche
Et mon cœur qu’en a tant pris

Et mon cœur qu’en a tant pris
A Saint-Ouen près de Paris

(Raymond Queneau)

Illustration: Alphonse Mucha

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le ciel se danse (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



Le ciel se danse, le ciel s’efface.
Parfois le soleil juste en face.
Je prends son vélo à mon père
En vitesse rayonnant libre comme l’air.
Cadre d’alu, vaches légères.
Plateaux pour leurs panses montgolfières.
Toujours librement des rayons.
Toujours librement des maisons.

(Valérie Rouzeau)

Illustration: Svetlana Novikova

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Les jambes de la voisine (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



les jambes de la voisine
sont les ciseaux du voisin

ce que veut le chef de gare
c’est un képi moins lustré

le vicaire est à vélo
comme un vieil iguanodon

l’épicier dans sa boutique
a pissé sur les épices

et ma maîtresse d’école
rougit en me regardant

(Jean-Claude Pirotte)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :