Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘velours’

Les galants (Clod’Aria)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



Les galants qui vous font la cour
font rimer amour
avec velours.
Ah! Ah!
Les femmes ne sont pas folles:
amour rime avec casserole.

(Clod’Aria)

Posted in humour | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Aux fleurs (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



Aux fleurs

Fleurs des bois, fleurs des prés, fleurs aux formes parfaites,
Quelle peine sincère, en ce mois, vous nous faites !
Vos coupes de parfums, vos vases de couleurs,
Vos calices de miel, vos corolles de pleurs,
Vos feuillages luisants, vos tiges élancées
Harmonieusement par la brise bercées,
Rien de votre beauté frêle n’a parfumé
Ni réjoui ce triste et frileux mois de mai !
Sans doute, un peu de vous dans la grâce des femmes
A charmé nos regards et consolé nos âmes…
Vos grandes sœurs ont eu leur règne séduisant
Et c’est le tour des plus petites, à présent.
– Églantines, lilas, tulipes, violettes,
C’est le printemps ! Muguets, agitez vos clochettes !
Dans les cerisiers blancs, dans les pommiers fleuris,
Le merle vous appelle avec de petits cris ;
Et les amants qui font l’amour à lèvres closes,
Ne peuvent rien se dire en l’absence des roses…
La terre, sous son herbe avare, vous attend,
Marguerite au cœur d’or, svelte lys éclatant,
Narcisse rose et blanc, pensée au velours sombre,
Et rêve de sommeil à votre petite ombre.
Chantez-nous la chanson délicate du bleu,
Et la gamme du rose exquis au rouge feu ;
Détaillez-nous la forme ascétique ou charnue,
Épanouie en boule, étoilée ou menue,
Et la variété soyeuse du satin,
Sa nuance innombrable au soleil du matin,
Ses éblouissements de pierres précieuses,
Ses ors, ses argents mats, ses pourpres somptueuses !
Comme trempé de sang, qu’on aperçoive au loin
L’ardent coquelicot dressé dans le sainfoin,
Et que dans la forêt, dentelée et légère,
Verte au pied du tronc gris, foisonne la fougère !
Point d’abeilles sans vous et point de papillons
Qui voltigent, de miel en miel, dans les rayons.
Vous êtes la lumière éclairant toute chose,
Ou bleue ou blanche ou mauve ou violette ou rose,
Et qui s’est incarnée en votre fine chair
Et, sous le ciel de pluie ou le firmament clair,
De vos calices fait de petites veilleuses
Frissonnantes au vent, douces et merveilleuses !
Vous êtes les parfums enivrants des sentiers,
Qui s’exhalent sans s’épuiser, des jours entiers,
Et, moite, dans le bois profond au vaste dôme,
Fume et l’emplit, pareil à l’encens, votre arôme !
La jeune fille rit en s’embaumant à vous,
Et pour vous respirer baise vos cœurs si doux.
Quand elle vous caresse à sa lèvre, on peut dire
Que la lèvre a l’odeur et la fleur le sourire !
Vous embellissez tout ; l’eau devient diamant
Dès que sur vous la goutte étincelle un moment,
Et lorsqu’un papillon brun en vous s’aventure,
Vous composez un prodige de la nature !
– Fleurs des champs, fleurs des bois, riches fleurs des jardins,
Splendide floraison : velours, tulles, satins ;
Humbles fleurs qui croissez au bord des grandes routes,
Fleurs indigentes qui bientôt vous fanez toutes ;
Fleurs à qui chaque jour le jet de l’arrosoir
Prodigue la fraîcheur qu’entretiendra le soir ;
Et vous, chétives fleurs tristes et négligées,
Qui n’êtes pas souvent d’eau limpide aspergées,
Qui comptez sur le ciel seulement, et que juin
Négligemment arrose en passant – et de loin,
C’est la saison ! Ne nous laissez pas dans la peine :
Sans couleurs, sans parfums, qu’est l’existence humaine ?

(Albert Lozeau)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Doucement s’en va le jour (Suzanne François)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2020



    

Doucement s’en va le jour

Doucement, doucement,
Doucement s’en va le jour
Doucement, doucement
À pas de velours.

La rainette dit
Sa chanson de nuit
Et le lièvre fuit
Sans un bruit.

Doucement, doucement,
Doucement s’en va le jour
Doucement, doucement
À pas de velours.

Le hibou tout gris
Est déjà parti
Chasser les souris
Sous les buis.

Doucement, doucement,
Doucement s’en va le jour
Doucement, doucement
À pas de velours.

Dans le creux des nids
Les oiseaux blottis
Se sont endormis
Bonne nuit.

(Suzanne François)

MERCI à Patrick son fils pour son aimable autorisation de publier ici

la date de 1977 qui figure sur la partition est la date de déclaration à la SACEM. Cette chanson a été écrite en 1953

Recueil: En me promenant
Traduction:
Editions: du Scarabée

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

LES DEUX VOIX (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



LES DEUX VOIX

La tristesse, la pluie, une lettre attendue
Décolorent ce premier jour de printemps.
Et ma main qui se tend
Vers la lettre attendue
Ne soupèse le poids que de mon temps perdu.
Perdu mon temps, perdue la course heureuse
Vers de nouvelles voix,
Perdue surtout ma partie de tricheuse :
Les bagues me sont tombées des doigts.

J’ai bien des fois brûlé
Mais de chaque incendie
Un nouveau coeur m’est né
Pour l’amour de ma vie.

Bagues par les plages mangées,
Les poissons portent des bijoux essentiels
A mes mortelles soirées.
Poissons : sommeil du diable,
Mes mains en creusant le sable
Ne trouvent enlisés que mes péchés véniels.

Et j’attends d’une lettre
La pluie ou le beau temps
La lettre baromètre
Tient mon ciel en suspens.

Ah! les visages, les visages perdus
N’ont pas laissé d’empreintes nettes
Aux miroirs des amours muettes
Que les voyageurs ont tendus.
Voyageurs, vous disiez en montrant le miroir :
« Soufflez fort, il faut que vos visages s’éteignent.
L’amour vous habillera de noir
Afin que les désirs vous craignent. »
Et les bras étaient plus grands
Dans la chambre plus haute,
L’épaule devenait le monde où l’on apprend
La leçon des mille fautes.

Dans l’armoire pendue
Au-dessus du plancher
Ma robe est toute nue
je n’ose la toucher.

Maintenant un tambour au loin bat ma retraite.
L’âge est seul en ma chambre à me serrer de près.
Le drapeau du malheur est le drap des secrets.
Je n’irai plus dans mes habits de fête
Me baigner au lac des tendres toujours,
Adieu mousselines, voici les prêtres,
Adieu beaux jours à ma fenêtre,
L’extrême-onction sent le velours.

La cascade aux roches roucoule,
Criez plus fort : le bruit est sourd.
Chaque fou court après son moule.
L’extrême-onction sent le velours.

(Louise de Vilmorin)

Illustration: Fabienne Contat

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES DJINNS (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2020



 

Schéhérazade

LES DJINNS

Tous les djinns d’Orient sont cachés, dit-on,
O Rimsky-Korsakoff, dans les instruments
Que tu fais jouer au signe de ton bâton;
Ils montrent leurs nez trop longs
Par les trous des flûtes de bois creux
Ou dansent des pas prestes et charmants
Sur les cordes des violons.
Ils redisent des sérénades et des aubades
Comme des amoureux;
Ils redisent les chants des marins de Sindbad,
Et l’on croit toujours
Après leur musique très douce ou nasillarde
Voir apparaître en robe de velours
Schéhérazade.

(Tristan Klingsor)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au Printemps (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2020



 

Lauri Blank -    (45) [1280x768]

Au Printemps
Tous les serments sont en fleur
Les coeurs sont frisés
Les yeux sont en velours
Et les pieds rient

(Pierre Albert-Birot)

Illustration: Lauri Blank

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | 1 Comment »

Dans la chambre du grand-père (Madeleine Ley)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2020



Dans la chambre du grand-père
il y avait un coquillage
qui soupirait et chantait
comme le vent de la mer.

Dans la chambre du grand-père
il y avait un petit coffre
en bois luisant jaune clair,
qu’il rapporta de ses voyages
et que lui seul savait ouvrir.

Il y avait deux Japonais
en ivoire, sous un globe;
et tout au fond d’un tiroir,
dans son écrin de velours vert,
– bijou poli par les vagues –
la pipe en écume de mer!

(Madeleine Ley)

Illustration: Christian Lloveras

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Little Venice (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2020



 

Little Venice

Little Venice

Tout au long de Little Venice
petit canal aux eaux tranquilles
avec son bassin et son île
les barques comme sur la glace
et nous nous embrassant debout contre les arbres

Ma mémoire s’endeuille
ma mémoire s’endort
il y avait alors
des friselis de feuilles
et de douces odeurs

Tout au long de Little Venice
des jours que le temps éfaufile
qui avaient ta forme gracile
indécis lentement s’effacent
mais nous nous embrassons toujours contre nos arbres

Ma mémoire s’endeuille
ma mémoire s’endort
il y avait alors
des friselis de feuilles
et de douces odeurs

Tu avais un gilet de soie et de velours

(Louis Calaferte)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pas de lumière dans les ruelles (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



Illustration: Gustav Klimt

    
Pas de lumière dans les ruelles et rien ne vient de l’horizon.
Je marche
un cygne se promène dans un bassin sur un mur.
Voilà le velours du vent. Le corps de l’horizon est de sel
Mon temps est revêtu de son amour
comme l’amour qui dérive dans la houle des illusions.

Mon illusion c’est que j’entends maintenant
une lyre dans la forêt de la tristesse.

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ÉCRAN (Aron Kushnirov)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020




    
ÉCRAN

Écoutez,
Celui qui vous parle, c’est moi
Écran,
Des écrins de velours
Et des cadres dorés
Trop longtemps m’ont tenu captif,
Des cloisons décorées, des murs et des clôtures
M’ont toujours isolé
Et mon clair appel
Fut converti
En hurlement mensonger des enseignes.
Aujourd’hui
Je m’adresse aux murs:
Dispersez-vous !
Plus de toitures,
Plus de planchers
Délivrez-moi l’espace,
Ici
Toutes les têtes
Créant ensemble un océan,
Pour vous j’ai surgi
Pour vous je suis né,
Plus larges les gradins au milieu de la place,
Sur le gouffre reptilien des rues, élevez
Mon estrade !
Ma semence sera le ciel
Et mon espace l’oeil multiplié des foules.

(Aron Kushnirov)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :