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Posts Tagged ‘vendange’

NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



Illustration: Charles de Groux
    
NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE

Les cloches essèment au vent
La joi’ de leur carillonnée,
Qui vient me surprendre, rêvant,
Dans le coin de ma cheminée ;
Noël ! Noël ! c’est aujourd’hui
Que Jésus vint sur sa litière,
Noël ! mon ventre a tressailli
Sous les plis de ma devantière.

O toi qui vas, dans mon sabot,
Me descendre, avec un petiot,
De la misère et de la peine,
Noël ! Noël ! si ça se peut
Attends encore ! Attends un peu ! …
Attends jusqu’à l’année prochaine !

Noël ! Noël !cette anné’-ci
Le froid tua les blés en germe,
Tous nos ceps ont été roussis ;
Le « jeteux d’sorts », sur notre ferme,
A lancé son regard mauvais
Qui fait que sont « péri’s » mes bêtes,
Que mes pigeons se sont sauvés
Et que mon homme perd la tête.

Tous mes gros sous, à ce train-là,
Ont filé de mon bas de laine,
Quand reviendront ? Je ne sais pas !
Mais, à la récolte prochaine,
J’espère voir les blés meilleurs
Et meilleure aussi la vendange,
Pour mon bonheur et le bonheur
De l’enfant dont j’ourle les langes.

(Gaston Couté)

 

 

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Le Voyage (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Le Voyage

Pour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes,
L’univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le cœur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :

Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
D’autres, l’horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d’une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.

Pour n’être pas changés en bêtes, ils s’enivrent
D’espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir ; cœurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Ceux-là, dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu’un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l’esprit humain n’a jamais su le nom !

Nous imitons, horreur ! la toupie et la boule
Dans leur valse et leurs bonds ; même dans nos sommeils
La Curiosité nous tourmente et nous roule,
Comme un Ange cruel qui fouette des soleils.

Singulière fortune où le but se déplace,
Et, n’étant nulle part, peut être n’importe où !
Où l’Homme, dont jamais l’espérance n’est lasse,
Pour trouver le repos court toujours comme un fou !

Notre âme est un trois-mâts cherchant son Icarie ;
Une voix retentit sur le pont : « Ouvre l’œil ! »
Une voix de la hune, ardente et folle, crie :
« Amour… gloire… bonheur ! » Enfer ! c’est un écueil !

Chaque îlot signalé par l’homme de vigie
Est un Eldorado promis par le Destin ;
L’Imagination qui dresse son orgie
Ne trouve qu’un récif aux clartés du matin.

Ô le pauvre amoureux des pays chimériques !
Faut-il le mettre aux fers, le jeter à la mer,
Ce matelot ivrogne, inventeur d’Amériques
Dont le mirage rend le gouffre plus amer ?

Tel le vieux vagabond, piétinant dans la boue,
Rêve, le nez en l’air, de brillants paradis ;
Son œil ensorcelé découvre une Capoue
Partout où la chandelle illumine un taudis.

Étonnants voyageurs ! quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d’astres et d’éthers.

Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile !
Faites, pour égayer l’ennui de nos prisons,
Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,
Vos souvenirs avec leurs cadres d’horizons.

Dites, qu’avez-vous vu ?

« Nous avons vu des astres
Et des flots ; nous avons vu des sables aussi ;
Et, malgré bien des chocs et d’imprévus désastres,
Nous nous sommes souvent ennuyés, comme ici.

La gloire du soleil sur la mer violette,
La gloire des cités dans le soleil couchant,
Allumaient dans nos cœurs une ardeur inquiète
De plonger dans un ciel au reflet alléchant.

Les plus riches cités, les plus beaux paysages,
Jamais ne contenaient l’attrait mystérieux
De ceux que le hasard fait avec les nuages.
Et toujours le désir nous rendait soucieux !

— La jouissance ajoute au désir de la force.
Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d’engrais,
Cependant que grossit et durcit ton écorce,
Tes branches veulent voir le soleil de plus près !

Grandiras-tu toujours, grand arbre plus vivace
Que le cyprès ? — Pourtant nous avons, avec soin,
Cueilli quelques croquis pour votre album vorace,
Frères qui trouvez beau tout ce qui vient de loin !

Nous avons salué des idoles à trompe ;
Des trônes constellés de joyaux lumineux ;
Des palais ouvragés dont la féerique pompe
Serait pour vos banquiers un rêve ruineux ;

Des costumes qui sont pour les yeux une ivresse ;
Des femmes dont les dents et les ongles sont teints,
Et des jongleurs savants que le serpent caresse. »

Et puis, et puis encore ?

« Ô cerveaux enfantins !

Pour ne pas oublier la chose capitale,
Nous avons vu partout, et sans l’avoir cherché,
Du haut jusques en bas de l’échelle fatale,
Le spectacle ennuyeux de l’immortel péché :

La femme, esclave vile, orgueilleuse et stupide,
Sans rire s’adorant et s’aimant sans dégoût ;
L’homme, tyran goulu, paillard, dur et cupide,
Esclave de l’esclave et ruisseau dans l’égout ;

Le bourreau qui jouit, le martyr qui sanglote ;
La fête qu’assaisonne et parfume le sang ;
Le poison du pouvoir énervant le despote,
Et le peuple amoureux du fouet abrutissant ;

Plusieurs religions semblables à la nôtre,
Toutes escaladant le ciel ; la Sainteté,
Comme en un lit de plume un délicat se vautre,
Dans les clous et le crin cherchant la volupté ;

L’Humanité bavarde, ivre de son génie,
Et, folle maintenant comme elle était jadis,
Criant à Dieu, dans sa furibonde agonie :
« Ô mon semblable, ô mon maître, je te maudis ! »

Et les moins sots, hardis amants de la Démence,
Fuyant le grand troupeau parqué par le Destin,
Et se réfugiant dans l’opium immense !
— Tel est du globe entier l’éternel bulletin. »

Amer savoir, celui qu’on tire du voyage !
Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :
Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui !

Faut-il partir ? rester ? Si tu peux rester, reste ;
Pars, s’il le faut. L’un court, et l’autre se tapit
Pour tromper l’ennemi vigilant et funeste,
Le Temps ! Il est, hélas ! des coureurs sans répit,

Comme le Juif errant et comme les apôtres,
À qui rien ne suffit, ni wagon ni vaisseau,
Pour fuir ce rétiaire infâme : il en est d’autres
Qui savent le tuer sans quitter leur berceau.

Lorsque enfin il mettra le pied sur notre échine,
Nous pourrons espérer et crier : En avant !
De même qu’autrefois nous partions pour la Chine,
Les yeux fixés au large et les cheveux au vent,

Nous nous embarquerons sur la mer des Ténèbres
Avec le cœur joyeux d’un jeune passager.
Entendez-vous ces voix, charmantes et funèbres,
Qui chantent : « Par ici ! vous qui voulez manger

Le Lotus parfumé ! c’est ici qu’on vendange
Les fruits miraculeux dont votre cœur a faim ;
Venez vous enivrer de la douceur étrange
De cette après-midi qui n’a jamais de fin ! »

À l’accent familier nous devinons le spectre ;
Nos Pylades là-bas tendent leurs bras vers nous.
« Pour rafraîchir ton cœur nage vers ton Électre ! »
Dit celle dont jadis nous baisions les genoux.

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l’ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l’encre,
Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !

Verse-nous ton poison pour qu’il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ?
Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau !

(Baudelaire)

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Nuit ma voûtée de ton destin de nuit (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018


 


 

Jeanie Tomanek shockandawe

Nuit ma voûtée de ton destin de nuit
qui fais mûre sauvage ma rue que tu émondes de ses ronces
Nuit large comme les rues et lisse jusqu’au ciel comme les toits et les pâtures
et qui t’allonges jusqu’à l’horizon comme la mort des morts
et comme la mémoire des vivants
Nuit sans fissure dessertie du diadème par les nuées
et rejetée du vif par les tentures et par ta nature

Nuit taciturne malgré le meurtrier et la victime et la plainte du sang hors la veine entaillée
Nuit lasse de ton destin de nuit et vieille de ce qu’il advient chaque nuit dans la nuit
tu es sevrée car l’homme est debout au soleil et dormant à ta face

Ton corps d’alcool est l’arête et l’encoignure
tes coudes s’effacent dans les impasses
tu combles les interstices des pavés
tu es le pieu et la lierne des palissades
et tes paupières clignent dans les balustres des balcons
Tes poings coupés par les toits feuillettent parfois une étoile dévoilée

Ma nuit creusée par les canaux de mon attente tu es attentive et courtoise
tu estimes le pas de l’homme et le répercutes dans sa haute unité et dans sa pleine lourdeur
et restitues à son corps son juste bruit

Le soleil a ses sujets qu’il comble qu’il brûle et qui dorment
toi tu as ceux qui manquent les vendanges
et s’anuitent pour rattraper d’impalpables récoltes
et pour rafraîchir la constante et matinale blessure
Et tu annexes exclusive leur passage

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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ROSE ET GADOUE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018


ROSE ET GADOUE

Rose disait à gadoue:
Tout finira bien, ma soeur,
Feu nous mangera les joues,
Feu nous mangera le coeur.
Serons gaîment vendangées,
Serons gaîment mélangées
Et de nous-mêmes gorgées,
Infiniment propagées.
Ainsi poudre de lumière,
Irons luire pour toujours
A la face délétère
Du Parfait qui nous entoure.

(Norge)

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OFFRANDE (Camille Mauclair)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



oleg zhivetin 204

OFFRANDE

Mon cœur et mon âme,
Si tu veux je te les donne,
Et tout ce qui éclôt en moi
Est suspendu au-dessus de toi
Comme un espalier,
Se courbant pour que tu le cueilles.
Je suis gerbe bonne à lier,
Je suis vendange pour ta corbeille,
Je suis fruit pour ton panier,
Je suis ombre sur ton sommeil,
Mais laisse-moi t’accompagner.

Comme les nuages du ciel,
Comme l’eau que tu côtoies,
Je t’accompagne et je te veille,
O toi,
Car ton chemin est toujours le mien :

Et je veux bien n’être qu’un objet
Pourvu qu’il soit près de ta main,
Et je veux bien n’être qu’une fumée
Pourvu qu’elle t’amuse,
Et je veux bien n’être qu’un rien
Si tu as envie d’un rien,
Et je veux être toute chose
Pourvu que ton rêve s’y pose.

(Camille Mauclair)

Illustration: OlegZhivetin 

 

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NOUVEAU CREDO DU PAYSAN (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Léon-Augustin Lhermitte
    
NOUVEAU CREDO DU PAYSAN

Bon paysan -dont la sueur féconde
Les sillons clairs où se forment le vin
Et le pain blanc qui doit nourrir le monde,
En travaillant, je dois crever de faim ;
Le doux soleil, de son or salutaire,
Gonfle la grappe et les épis tremblants ;
Par devant tous les trésors de la terre,
Je dois crever de faim en travaillant !

Refrain
Je ne crois plus, dans mon âpre misère,
A tous les dieux en qui j’avais placé ma foi,
Révolution ! déesse au coeur sincère,
Justicière au bras fort, je ne crois plus qu’en toi ! (bis)

Dans mes guérets, au temps de la couvraille,
Les gros corbeaux au sinistre vol brun
Ne pillent pas tous les grains des semailles :
Leur bec vorace en laisse quelques-uns !
Malgré l’assaut d’insectes parasites,
Mes ceps sont beaux quand la vendange vient
Les exploiteurs tombent dessus bien vite
Et cette fois, il ne me reste rien !

Au dieu du ciel, aux maîtres de la terre,
J’ai réclamé le pain de chaque jour :
J’ai vu bientôt se perdre ma prière
Dans le désert des cieux vides et sourds ;
Les dirigeants de notre République
Ont étalé des lois sur mon chemin,
D’aucuns m’ont fait des discours magnifiques,
Personne, hélas ! ne m’a donné de pain !

Levant le front et redressant le torse,
Las d’implorer et de n’obtenir rien,
Je ne veux plus compter que sur ma force
Pour me défendre et reprendre mon bien.
Entendez-vous là-bas le chant des Jacques
Qui retentit derrière le coteau,
Couvrant le son des carillons de Pâques :
C’est mon Credo, c’est mon rouge Credo

(Gaston Couté)

 

 

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LES MAINS BLANCHES, BLANCHES… (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Alfred Roll
    
LES MAINS BLANCHES, BLANCHES…

Elle avait les mains blanches, blanches,
Comme deux frêles branches
D’un aubier de mai ;
Elle avait les mains blanches, blanches
Et c’est pour ça que je l’aimais.

Elle travaillait aux vignes ;
Mais les caresses malignes
Du grand soleil
Et l’affront des hâles
Avaient respecté sa chair pâle
Où trônait mon baiser vermeil.

Et ses mains restaient blanches, blanches,
Comme deux frêles branches
D’un aubier de mai.
Et ses mains restaient blanches, blanches
Et toujours ! toujours ! je l’aimais

Mais un monsieur de la ville
Avec ses billets de mille
Bien épinglés
Vint trouver son père
Aux fins des vendanges dernières
Et s’arrangea pour me voler…

Me voler la main blanche, blanche,
Comme une frêle branche
D’un aubier de mai,
Me voler la main blanche, blanche
La main de celle que j’aimais !

Au seul penser de la scène
Où l’Autre, en sa patte pleine
D’or et d’argent,
Broierait les mains chères
Au nez du maire et du vicaire,
J’ai laissé ma raison aux champs,

Lui ! toucher aux mains blanches, blanches,
Comme deux frêles branches
D’un aubier de mai,
Lui ! toucher aux mains blanches, blanches,
Aux mains de celle que j’aimais

La veille du mariage,
Chez le charron du village
Je fus quérir
Un fer de cognée,
Et m’en servis à la nuitée,
Quand ma belle fut à dormir.

J’ai coupé ses mains blanches, blanches,
Comme deux frêles branches
D’un aubier de mai,
J’ai coupé ses mains blanches, blanches…
C’était pour ça que je l’aimais !

(Gaston Couté)

 

 

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CHANSON DE VENDANGES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Daniel Ridgway Knight
    
CHANSON DE VENDANGES

L’automne sourit au flanc des coteaux
En le rouge orgueil des grappes vermeilles,
Allons les beaux gas ! Hotte sur le dos !
Filles, emportez serpes et corbeilles
Et, tout en chantant, bras dessus dessous
Dans les vignes d’or prenez la volée.

Refrain
Allez en vendange et dépêchez-vous
(Les raisins sont mûrs, les raisins sont doux)
N’attendez pas la gelée,
N’attendez pas la gelée.

Mordant ou frôlant les raisins rosés,
Les lèvres ont l’air de raisins farouches
Allons les beaux gas ! Cueillez des baisers,
Filles, pour cela, tendez-leur vos bouches ;
Et vers le bonheur d’au-dessus de nous
Vendangeurs d’amour prenez la volée.

Le temps de vendange et celui d’amour
Durent dans la vie une nuit de rêve,
Hélas les beaux gas ! Le bonheur est court
Filles ! La jeunesse est encor plus brève !
Et l’hiver blanc, fils des automnes roux,
Glace le baiser qui prend sa volée.

(Gaston Couté)

 

 

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SUR LE PRESSOIR (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



    

SUR LE PRESSOIR

Sous les étoiles de septembre
Notre cour a l’air d’une chambre
Et le pressoir d’un lit ancien;
Grisé par l’odeur des vendanges
Je suis pris d’un désir étrange
Né du souvenir des païens.

Couchons ce soir
Tous les deux, sur le pressoir !
Dis, faisons cette folie ?…
Couchons ce soir
Tous les deux sur le pressoir,
Margot, Margot, ma jolie !

Parmi les grappes qui s’étalent
Comme une jonchée de pétales,
O ma bacchante ! roulons-nous
J’aurai l’étreinte rude et franche
Et les tressauts de ta chair blanche
Ecraseront les raisins doux.

Sous les baisers et les morsures,
Nos bouches et les grappes mûres
Mêleront leur sang généreux ;
Et le vin nouveau de l’Automne
Ruissellera jusqu’en la tonne,
D’autant plus qu’on s’aimera mieux !

Au petit jour, dans la cour close,
Nous boirons la part de vin rose
Œuvrée de nuit par notre amour ;
Et, dans ce cas, tu peux m’en croire,
Nous aurons pleine tonne à boire
Lorsque viendra le petit jour !

(Gaston Couté)

 

 

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Rire (Edmond-Henri Crisinel)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2018



Edmond-Henri Crisinel
    
Rire

Si vous dites que j’ai versé
Des pleurs de douce repentance,
Si vous dites que j’ai bercé
Mon cœur d’une prière intense,

Si vous dites que j’ai trahi
Les musiques de ma luxure
Bénie, et que j’ai…
Le vin de ma vendange impure,

Si vous dites que j’ai brisé
Mon orgueil au pied du Calvaire,
(O Maître) et que j’ai renié
L’œillet de ma folie amère,

Si vous dites ces choses saintes!
Divins élans ! sanglots divins !
Soupirs de femme ardente aussi,
Ha ! si vous dites ces choses saintes !

Vous mentez, ô nid chaud de mes lèvres,
Vierges folles: ce soir d’été
Ah ! nul frisson, ce soir funeste :
Rien qu’un rire égaré — dans le soir…

(Edmond-Henri Crisinel)

 

Recueil: Oeuvres
Traduction:
Editions: Plaisir de lire

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