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Un homme regarde la mer (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019


homme-face-a-la-mer-visoterra-17539

La nuit donne sur le jardin
un homme regarde la mer
il vend des oranges et des clémentines
à la tendresse du regard
le rire des jeunes filles
immobiles
sur la dune de l’été.

(Tahar Ben Jelloun)

Illustration

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Bonjour, bonjour, mon vieil âge (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Olga Naletova_ Vieux clown

Bonjour, bonjour, mon vieil âge
(j’avais perdu mon visage)
Pour vingt sous moins un écu
je vends mon chapeau pointu.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Olga Naletova

 

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AUREA MEDIOCRITAS (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Papillon

AUREA MEDIOCRITAS

Heureux l’ami secret des arts et de l’étude,
Pour qui la renommée est une servitude :
Le sourire du ciel a lui sur son berceau.
La gloire fait du mal : son sublime flambeau
A des éclairs trop vifs pour une humble chaumine :
Il aveugle toujours les yeux qu’il illumine.
L’appeler sous son toit, c’est bannir le sommeil ;
C’est y vouloir, pour lampe, attacher le soleil.
Au temple des grands noms suspendons nos guirlandes ;
Mais n’ayons pas d’autels, où nous servions d’offrandes.
Ambitieux amants du commerce des fleurs,
Ne les cultivons pas pour vendre leurs couleurs.
Tandis que, spéculant sur leur grâce fertile,
Pour en faire de l’or un autre les distille,
Aimez-les seulement ; ou, leurs dons les plus doux,
Un papillon qui passe en jouit plus que vous.

(Jules Lefèvre-Deumier)

 

 

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Ne jetez pas aux pourceaux (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Ne jetez pas aux pourceaux —
L’animal rationnel préfère
La chair aphrodisiaque de l’huître :
Qui donc attache à une perle
Un prix tel
Qu’il vend tout
Pour l’acheter?

***

Cast not before swine —
The rational animal
Oysters’ soft aphrodisiac flesh prefers:
Who values then a pearl
At so great price
As to sell all
To purchase one ?

(Kathleen Raine)

Illustration: Vladimir Kush

 

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Où les couleurs sont-elles (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



Où les couleurs sont-elles
Tant que la nuit y voit
Le rouge vend ses ailes
Le blanc est mort de froid

(Joë Bousquet)

 

 

 

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J’habite près de mon silence (Georges Perros)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2018



Georges Perros
    
J’habite près de mon silence
à deux pas du puits et les mots
morts d’amour doutant que je pense
y viennent boire en gros sabots
comme fantômes de l’automne
mais toute la mèche est à vendre
il est tari le puits, tari.

(Georges Perros)

 

Recueil: J’habite près de mon SILENCE et 27 autres poèmes
Traduction:
Editions: Finitude

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La peine (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2018



La peine

On vendit le chien, et la chaîne,
Et la vache, et le vieux buffet,
Mais on ne vendit pas la peine
Des paysans que l’on chassait.

Elle resta là, accroupie
Au seuil de la maison déserte,
A regarder voler les pies
Au-dessus de l’étable ouverte.

Puis, prenant peu à peu conscience
De sa force et de son pouvoir,
Elle tira d’un vieux miroir
Qui avait connu leur présence,

Le reflet des meubles anciens,
Et du balancier, et du feu,
Et de la nappe à carreaux bleus
Où riait encore un gros pain.

Et depuis, on la voit parfois,
Quand la lune est dolente et lasse,
Chercher à mettre des embrasses
Aux petits rideaux d’autrefois.

(Maurice Carême)


Illustration

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Coeur Pur (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



 

Attila Jozsef
    
Coeur Pur

Je n’ai ni père, ni mère,
Ni dieu, ni foyer,
Ni berceau, ni bière,
Ni amante, ni baiser.

Trois jours déjà sans manger,
Ni bombance, ni bouchée.
Mon empire, c’est mes vingt ans.
Mes vingt ans, je vous les vends.

Et si nul n’en veut, ma foi,
Le diable, lui, me les prendra.
Le cœur pur, j’irai voler,
S’il le faut, assassiner.

On m’arrêtera, me pendra,
En terre chrétienne m’enterrera,
Et une ivraie homicide
Croîtra sur mon cœur splendide.

(Attila Jozsef)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Ni père ni mère
Traduction: Guillaume Métayer
Editions: Sillage

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LA JULIE JOLIE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018




    
LA JULIE JOLIE

A la loué’ de la Saint Jean
Un fermier qui s’ râtlait des rentes
Dans l’ champ d’ misér’ des pauvres gens
Alla s’enquéri’ d’eun’ servante.
Après avoir hoché longtemps,
Pour quatr’ pair’s de sabiots par an
Avec la croûte et pis l’ log’ment,
I’ fit embauch’ de la Julie…
La Julie était si jolie !

L’empléya, sans un brin de r’pos
Du fin matin à la nuit grande,
A m’ner pâturer les bestiaux
Dans l’herbe peineus’ de la lande;
Mais un soir qu’il ‘tait tout joyeux
D’avoir liché queuqu’s coups d’vin vieux
l’ s’ sentit d’venir amoureux
Et sauta dans l’ lit d’ la Julie…
La Julie était si jolie !

D’pis c’jour-là, d’venu fou d’amour
I’ t’y paya des amusettes,
Des affutiaux qu’ l’orfév’ du bourg
Vous compt’ toujou’s les yeux d’ la tête;
Pis, vendit brémaill’s et genêts,
Vendit sa lande et son troupet
A seul’ fin d’ se fair’ des jaunets
Pour mett’ dans l’ bas blanc d’ la Julie…
La Julie était si jolie !

Si ben qu’un coup qu’il eut pus ren
Ayant donné jusqu’à sa ferme,
A l’ mit dehors, aux vents du ch’min,
Comme un gâs qui pai’ pus son terme ;
Mais c’ jour-là, c’était la Saint Jean :
Pour quat’ pair’s de sabiots par an
Avec la croûte et pis l’ log’ment,
I’ s’embaucha cheu la Julie…
La Julie était si jolie !

(Gaston Couté)

 

 

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Tu les croises (Karel Logist)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
Tu les croises dans l’île
à rêves découverts,
visages confondus,
vingt mille robinsons,
solitudes à vendre
sept lundis par semaine
et pas un Vendredi qui vaille l’or d’aimer.

(Karel Logist)

 

Recueil: J’arrive à la mer
Traduction:
Editions: De le Différence

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