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Posts Tagged ‘vendredi’

JARDIN DU VENDREDI (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2019




    
JARDIN DU VENDREDI

L’arbre est tranquille
mais son écorce éclate
entre le coeur et toi

Les feuilles leur exode
le dur amour le pain
et le nid déserté
où la tendresse rôde
sans trouver son voisin

Il fallait refuser
le soleil était proche
Je n’ai pas dit non
j’ai ouvert les mains

Alors le coq a fait l’orage.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Ambiance diabolo menthe (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019




    
Ambiance diabolo menthe
Sur le boulevard

Vert des arbres
Encore verts
Glaçons crus
D’un vent sans indulgence

Le soir tombe
D’un coup
Porte de Montreuil

La petite foule du vendredi
S’irrite

Entre les palissades des chantiers
Gisant noir
Dodu
Un sac poubelle
Embarrasse le trottoir

Le temps presse

Il est bientôt l’heure
De se repaître
Des malheurs du monde
Au journal télévisé

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Dix maximes pour la marche (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018



Illustration:  Bénédicte Muller
    
Dix maximes pour la marche

Qui cherche une soeur gerce de douceur
qui cherche pourquoi herse toujours soi

qui hisse l’ennui la nuit le dévisse
qui tranche ses veines épanche sa peine

qui tue le lundi pue le vendredi
qui pâlit d’un pleur meurt au lit d’un râle

qui patauge en songe jauge le mensonge
qui hèle l’effroi cisèle sa croix

qui freine sa main traîne son chagrin
qui prouve le feu
les cieux le recouvrent.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Tu les croises (Karel Logist)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
Tu les croises dans l’île
à rêves découverts,
visages confondus,
vingt mille robinsons,
solitudes à vendre
sept lundis par semaine
et pas un Vendredi qui vaille l’or d’aimer.

(Karel Logist)

 

Recueil: J’arrive à la mer
Traduction:
Editions: De le Différence

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Semainier (Sylvie Durbec)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018




    
semainier

J’avais sept mouchoirs
lundi
mardi
mercredi
jeudi
vendredi
samedi
dimanche
ma mère les rangeait
dans un tiroir
entre les siens
et ceux de mon père
Les miens brodés
animaux du jour
de la semaine
et de la nuit
prochaine
une couleur par jour
lundi rouge mardi vert mercredi bleu
jeudi noir vendredi jaune samedi gris
et dimanche doré
tu as ton mouchoir
ma mère m’expliquait
noué aux quatre coins
pour couvrir ta tête
un noeud au coin
pour te souvenir
et aussi pour pleurer
et parfois te moucher
et au moment du départ
pour nous dire au revoir

je n’ai plus sept mouchoirs
aujourd’hui n’en reste qu’un
celui de papier avec ces mots
j’avais sept mouchoirs

(Sylvie Durbec)

 

Recueil: Le paradis de l’oiseleur
Traduction:
Editions: Al Manar

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Le vendredi du crime (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



 

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Le vendredi du crime

Un incroyable désir s’empare des femmes endormies
Une pierre précieuse s’endort dans l’écrin bleu de roi
Et voilà que sur le chemin s’agitent les cailloux fatigués
Plus jamais les pas des émues par la nuit
Passez cascades
Les murailles se construisent au son du luth d’Orphée
et s’écroulent au son des trompettes de Jéricho
Sa voix perce les murailles
et mon regard les supprime sans ruines
Ainsi passent les cascades avec la lamentation des étoiles
Plus de cailloux sur le sentier
Plus de femmes endormies
Plus de femmes dans l’obscurité
Ainsi passez cascades.

(Robert Desnos)

Illustration: Achille Funi

 

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Ne soyez pas Robinson (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Ne soyez pas Robinson

1
On s’ connaît mal dans l’existence
Et d’puis trois mois que nous avons
Par un beau soir fait connaissance
Je ne sais mêm’ pas votre nom.

Refrain 1
Si vous êtes Adam, moi je suis Eve
Eve
Si vous êtes Roméo, je serai Juliette
Juliette
Et si vous êtes Paul, je suis Virginie
Nie
Si c’est vous Daphnis, je suis votre Chloê
Mais vous n’êtes pas Robinson
Car Robinson
Pauvre Robinson
N’avait que Vendredi

2
On a des rêv’s dans la cervelle
On vit dans un monde idéal
Celle-là se croit jeune et belle
Celui-là qu’il est général.

Refrain 2
Soyez Napoléon, moi Joséphine
fine
Êtes-vous Charles le fou, je veux être Odette
Odette
Devenez Henri IV et moi Gabrielle
elle
Dimanche c’est vous? J’ vous suis, je suis Lundi
Mais ne soyez pas Robinson.
Car Robinson
Pauvre Robinson
N’avait que Vendredi!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Un jour Dieu voudra (Coplas Poèmes Andalous)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2017



Illustration: Takahiro Hara
    
Un jour Dieu voudra peut-être
que Pâque tombe un vendredi,
et la lune sur ton toit,
et moi dans le lit où tu dors.

(Coplas Poèmes Andalous)

 

Recueil: Coplas Poèmes de l’amour andalou
Traduction: Guy Lévis Mano
Editions: Allia

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De l’extérieur (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2016



De l’extérieur

Vendredi. La séance au Fox
resplendit de gens comme il faut.
Mais moi je reste à l’extérieur.
C’est que l’argent me fait défaut.

Rien qu’aujourd’hui? ou la semaine?
Le mois entier? J’ai échangé
mes livres pour quelques billets:
c’étaient les doigts, non les anneaux.

Mais pas assez pour voir le film
de Theda Bara l’ophidienne.
Qu’importe le film? L’important
c’est la ciguë de cet instant.

La donzelle de mes pensers
mais qui à moi pense si peu,
surgit, camélia souriant.
Moi, je joue à l’indifférent.

Entre, nuage coloré,
entre, musique faite corps.
À peine me sait-elle ici,
raide, maigre, droit comme un I.

Elle ne me voit, ni ne me
verra. Chaque soyeux pétale
de son ensemble naturel
me fait délicieusement mal.

Ça n’a aucun sens, ou bien trop,
d’attendre deux heures durant
qu’elle sorte du cinéma
comme un poème sort de moi.

Tortueuse leçon, j’apprends
à jouir de la douleur des choses.
Ce qu’elle a vu, intrigue, écran,
ne vaut ce à quoi je m’amuse,

le jeu lancinant qui consiste
à penser en vain à ma dame,
de l’extérieur, de ce côté
qui demeurera du passé

et qui vit encore: pouvoir
de sentir, plus que le vécu,
ce qui pouvait avoir été,
ce qui est, sans être jamais.

(Carlos Drummond de Andrade)

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Qui rit vendredi (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2016




Qui rit vendredi
boira quarante jours plus tard.

(Francis Blanche)

 

 

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