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Poésie

Posts Tagged ‘vénéneuse’

LE MARCHEUR (Yves Martin)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



 

Eugeniusz Zak - Tutt'Art@ (3) [1280x768]

LE MARCHEUR
VOUS NE ME VOLEREZ PAS

Vous ne me volerez pas mon plaisir.
Vous pouvez m’interdire vos femmes, croiser vos filles,
M’abandonner comme une portée de chats,
Me faire payer des prix exorbitants vos zincs.

Vos douches ne me vendangeront pas.
Vous me masquerez l’écolière, l’odeur de myrrhe des pupitres,
Vous cacherez ses cahiers de peur que je les érige.
Vous voulez des murs nets.

Vous ne m’empêcherez pas de prendre de biais, la nuit,
De jouer avec vos chambres, de vouloir nerveux vos livres.
J’ouvre les fenêtres d’une maison que j’ai voulu déserte,
Dingue de chèvrefeuille, légère, vénéneuse comme un ange.

(Yves Martin)

Illustration: Eugeniusz Zak 

 

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Je ne t’ai pas perdu, hideux instant (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018



 

Hans Christiansen  _4

Je ne t’ai pas perdu, hideux instant,
comme je le croyais; non !
Près de moi voici les fleurs vénéneuses
que fit s’épanouir en moi la passion,
enracinées en mon sang convulsé,
si belles dans leur brûlante tristesse!
Les voici, les voici et me faisant pleurer,
je ne sais pas si c’est de les avoir faites,
ou de les avoir faites, hélas, si belles !

***

¡No te he perdido, instante feo,
como creía; no!
Aquí tengo las flores venenosas
que me abrió la pasión, con raíz en mi sangre
convulsiva,
¡tan bellas en su cálida tristeza!
¡Aquí están, aquí están, haciéndome llorar,
no sé si por haberlas hecho,
o por haberlas hecho ¡ay! tan bellas!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration

 

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Une vierge arrose d’eau chaude les fougères (Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017



Illustration: Marie-Paule Deville Chabrolle

    
Une vierge arrose d’eau chaude les fougères
Une troupe de petites filles observe l’ermite en sa cellule
Mes soeurs sont endormies au fond d’une grotte vénéneuse

(Maeterlinck)

 

 

 

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L’HORREUR (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016




L’HORREUR

Je me vis traverser des pièces oubliées
– Les astres, fous, dansaient sur un fond bleu
Et dans les champs hurlaient les chiens,
Et le foehn ravageait sauvagement les cimes.

Et puis soudain : silence ! La sourde ardeur des fièvres
Fait éclore des fleurs vénéneuses à mes lèvres,
Des branches s’égoutte, comme d’une blessure,
La rosée, pâle éclat, et goutte, goutte comme du sang.

Du désert illusoire d’un miroir émerge
Lentement, comme se dirigeant dans le flou,
Une face d’horreur et de ténébre : Caïn !

Tout bas froufroute une tenture de velours,
Par la fenêtre la lune semble fixer le vide
Et puis me voici seul avec mon assassin.

***

DAS GRAUEN

Ich sah mich durch verlass’ne Zimmer gehn.
— Die Sterne tanzten irr auf blauem Grunde.
Und auf den Feldem heulten laut die Hunde,
Und in den Wipfeln wühlte wild der Föhn.

Doch plötzlich : Stille ! Dumpfe Fieberglut
Läßt giftige Blumen blühn aus meinem Munde,
Aus dem Geäst fä…llt wie aus einer Wunde
Blaß schimmernd Tau, und fä…llt, und äf…llt wie Blut.

Aus eines Spiegels trügerischer Leere
Hebt langsam sich, und wie ins Ungefä…hre
Aus Graun und Finsternis ein Antlitz : Kain !

Sehr leise rauscht die samtene Portiere,
Durchs Fenster schaut der Mond gleichwie ins Leere,
Da bin mit meinem Mörder ich allein.

(Georg Trakl)

 

 

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