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Poésie

Posts Tagged ‘venter’

BLOC-NOTES (Michèle Garant)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2019



BLOC-NOTES

Dire au vent : qu’il retienne sa course
Aux bourgeons : d’éclater la lumière
Dire au grésil, dire au ciel bleu
Giboulée chante, giboulée vente.

Dire au ruisseau : sauter vert, glisser frais
Dire aux pluies : laver à grande eau les trottoirs
Et les âmes des hommes vieux
En faire lessive qui claque.

Dire aux hommes : d’être petit comme une graine
Têtu et simple, retenu confiant
Rester au fond de la terre
Attendre patiemment.

(Michèle Garant)

 

 

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PETITE FLAMME (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2019




    
PETITE FLAMME

Petite flamme t’éteindras-tu ?
— Oui s’il pleut s’il vente

Et s’il fait beau ?
— Le soleil suffit, rien ne brille

Et s’il fait nuit ?
— S’il fait nuit, dort tout le monde
On n’y voit goutte.

Donc à la fin, de toute manière
la petite flamme s’éteint.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Toute une après-midi (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019




    
Toute une après-midi,
j’ai recopié des noms
de fleurs — il pleuvait,

il ventait, vrai temps
de chien. À la fin,
je ne savais plus, sous
ma main crispée,

si les longues listes
écrites étaient un
passe-temps sans
intention, sans but,

ou le prolongement de
ce corps inconnu que
je sentais frémir

en moi, avec toutes
les fleurs de la terre.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’écris près de la lampe. Il fait bon. Rien ne bouge (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2019



 

Jean Édouard Vuillard (French painter, 1868-1940) Old Woman in Front of the Fireplace 1895

J’écris près de la lampe. Il fait bon. Rien ne bouge.
Toute petite, en noir, dans le grand fauteuil rouge,
Tranquille auprès du feu, ma vieille mère est là ;
Elle songe sans doute au mal qui m’exila
Loin d’elle, l’autre hiver, mais sans trop d’épouvante,
Car je suis sage et reste au logis, quand il vente.
Et puis, se souvenant qu’en octobre la nuit
Peut fraîchir, vivement et sans faire de bruit,
Elle met une bûche au foyer plein de flammes.
Ma mère, sois bénie entre toutes les femmes.

(François Coppée)

Illustration:  Jean Édouard Vuillard

 

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L’ANGE DE REIMS (Jacques-André Saintonge)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



L’ANGE DE REIMS

L’Ange de Reims est mon ami,
Lui qui tient le cadran solaire ;
(Même s’il est ange à demi,
Et si c’est un ange de pierre.)

J’aime qu’il n’ait rien d’autre à faire
Que de mesurer le soleil ;
Il est l’ange de la lumière,
Il est l’ange du bon conseil.

Qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente,
Il est là. Cela me suffit.
Il a ce visage qui chante.
Il est sûr de Dieu. Il sourit.

(Jacques-André Saintonge)

 

 

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MON PLUS GRAND BONHEUR, C’EST QU’AU LOIN (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017




    
MON PLUS GRAND BONHEUR, C’EST QU’AU LOIN

Mon plus grand bonheur, e’est qu’au loin
Mon âme fuie sa demeure d’argile,
Par une nuit qu’il vente, que la lune est claire,
Que l’oeil peut parcourir des mondes de lumière —

Que je ne suis plus, qu’il n’est rien —
Terre ni mer ni ciel sans nuages —
Hormis un esprit en voyage
Dans l’immensité infinie.

***

I’M HAPPIEST WHEN MOST AWAY

I’m happiest when most away
I can bear my soul from its home of clay
On a windy night when the moon is bright
And the eye can wander through worlds of light—

When I am not and none beside—
Nor earth nor sea nor cloudless sky—
But only spirit wandering wide
Through infinite immensity.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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MON PLUS GRAND BONHEUR, C’EST QU’AU LOIN (Emily Jane Brontë)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017



 

MON PLUS GRAND BONHEUR, C’EST QU’AU LOIN

Mon plus grand bonheur, c’est qu’au loin
Mon âme fuie sa demeure d’argile,
Par une nuit qu’il vente, que la lune est claire,
Que l’oeil peut parcourir des mondes de lumière —
Que je ne suis plus, qu’il n’est rien —
Terre ni mer ni ciel sans nuages —
Hormis un esprit en voyage
Dans l’immensité infinie.

***

I’M HAPPIEST WHEN MOST AWAY

I’m happiest when most away
I can bear my soul from its home of clay
On a windy night when the moon is bright
And the eye can wander through worlds of light—

When I am not and none beside—
Nor earth nor sea nor cloudless sky—
But only spirit wandering wide
Through infinite immensity.

(Emily Jane Brontë)

Illustration

 

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Caffe Parnaso (Margarita Guarderas de Jijon)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2016



Il vente, la présence se faufile,
prend le vert des sapins,
traverse le cristal des portes,
va de la terrasse aux oiseaux
au clair-obscur des parasols.
Plus on regarde et plus on peut
compter les mots, Rome au loin,
comme aux tables les garçons.

(Margarita Guarderas de Jijon)

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Chanson du faux nom (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2016



Chanson du faux nom

C’est certain, la vie s’accroche.
Elle vous met le grappin.
Se ferme comme une broche
en plein cœur chaque matin.

Elle dit halte à la nuit,
c’est de jour qu’elle travaille
à vous planter des ennuis,
des soucis, de la mitraille

à travers l’âme et le corps,
Elle vous chausse, vous gante,
elle vous pousse dehors
qu’importe qu’il pleuve ou vente,

que vous en attrapiez la grippe
Faites-vous une raison
car cette vie qui s’agrippe,
c’est la mort sous un faux nom.

(Jean-François Mathé)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Au bord de la Rance (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2015



Au bord de la Rance

A l’entrée d’un village,
Je m’arrête à l’auberge
Tapie dans le feuillage ;
Quelque part sur la berge,
Tout au bord de la Rance,
Dans l’odeur un peu rance
Des pommes rissolées
Dans une noix de beurre
Et du cidre en bolées.
Lentement passe l’heure
En douces rêveries,
Auprès de la servante
Dans sa robe fleurie.
Sur la rivière, il vente.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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