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Et si les mots n’étaient plus que des taches (Hamid Tibouchi)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



Et si les mots n’étaient plus que des taches et si les lignes
devenaient des sentiers les pages des paysages les chapitres
des géants de pierre de 1’î1e du Silence et les livres de grands
oiseaux sauvages annonçant la venue du printemps

(Hamid Tibouchi)


Illustration

 

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Durga Stotra (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020




    
Durga Stotra

Mère Durga ! Chevalière au lion, donneuse de tous les pouvoirs, Mère,
bien-aimée de Shiva! Nous, la jeunesse du Bengale, nés de ta Puissance,
sommes réunis dans ton temple pour t’adresser notre prière.
Écoute, ô Mère ! Descends sur notre terre du Bengale ! Manifeste-toi !

Mère Durga! D’âge en âge, naissance après naissance, nous venons ici-bas
dans un corps humain, accomplissons ton oeuvre et regagnons le foyer de Ta Félicité.
Cette fois encore, en cette naissance, nous voici, consacrés à ton oeuvre.
Écoute, ô Mère ! Descends sur notre terre du Bengale ! Sois avec nous, notre Sauveuse !

Mère Durga! Chevalière au lion, trident en main, ton corps de beauté
couvert d’une armure, Mère, donneuse de victoire ! L’Inde attend ta venue,
impatiente de te voir sous ta forme de Grâce et de Bonté. Écoute, ô Mère !
Descends sur notre terre du Bengale ! Manifeste-toi !

Mère Durga! Donneuse de force, d’amour, de connaissance !
Toi qui dans l’essence de ta nature es la Shakti-de-Puissance ! Ô Redoutable,
au double visage de Douceur et de Violence ! Dans la bataille de la vie,
dans la bataille de l’Inde, c’est toi qui nous as envoyés comme tes guerriers.

Ô Mère, accorde à nos coeurs et nos esprits l’énergie du Titan,
l’audace et la hardiesse du Titan dans toutes nos actions. Accorde, ô Mère,
à notre coeur et notre intelligence la force de caractère et la connaissance d’un dieu !

Mère Durga ! Le peuple de l’Inde, noble entre tous, était englouti dans d’épaisses
ténèbres. Mais voici que peu à peu, ô Mère, tu te lèves à l’extrême horizon
et l’Aurore resplendit dans le rougeoiement de ton corps-de-ciel qui dissipe l’obscurité.
Que l’immense lumière se répande, ô Mère, et disperse les ténèbres !

Mère Durga ! Parée de profonde verdure, ornée de la Toute-Beauté, toi qui maintiens,
toi en qui reposent la connaissance, l’amour et la force, c’est sur la terre du Bengale
que tu t’incarnes aujourd’hui; cachée jusqu’ à présent, repliée sur elle-même,
elle concentrait ses énergies. Mais l’âge est venu, le jour est venu et déjà
elle se redresse, notre Mère du Bengale, portant l’Inde entière sur ses épaules.
Viens, ô Mère ! Manifeste-toi !

Mère Durga! Nous, tes enfants, que par ta grâce, sous ton empire,
nous puissions accomplir la grande oeuvre, le grand idéal. Anéantis en nous
la petitesse, anéantis l’égoïsme, anéantis la peur !

Mère Durga! Toi qui revêts le visage de Kâlî, portant à ton cou une guirlande de crânes,
vêtue d’espace, brandissant l’épée, ô Déesse, triomphatrice de l’Asura!
De ton rugissement féroce et impitoyable, fais périr les passions-ennemies de l’âme,
qu’il n’en reste plus une seule vivante au fond de nous.

Que nous devenions purs et sans souillure. Telle est notre prière, ô Mère !
Manifeste-toi!

Mère Durga! L’Inde moribonde est abîmée dans l’égoïsme, la peur, la petitesse.
Rends-nous grands et dignes des plus hautes tentatives, rends-nous magnanimes
et sincères dans notre volonté inflexible d’atteindre la Vérité.
Chasse tout misérable désir, toute impuissance, toute paresse,
que plus jamais nous ne soyons paralysés par la peur !

Mère Durga! Shakti-du-Yoga! Que ton pouvoir immense s’étende partout !
Nous sommes tes enfants bien-aimés. Fais largement briller parmi nous
l’enseignement perdu, la fermeté, la puissance de la pensée,
la dévotion et la foi, l’austérité et la chasteté, la connaissance de la Vérité,
et à travers nous répands-les sur le monde. Pour aider et secourir l’humanité,
toi, Durga, annihilatrice de toute adversité,
ô Mère-du-monde ! Manifeste-toi !

Durga Mère ! Extermine en nous les vices-ennemis, puis extirpe au-dehors
tous les dangers, tous les obstacles ! Que plein de force, valeureux et noble,
le peuple de l’Inde vive à jamais dans ses forêts sacrées et dans ses champs fertiles,
au pied de ses montagnes amies du ciel, le long des rives de ses fleuves
aux eaux saintes et purifiantes. Peuple suprême par son amour et son unité,
sa vigueur et sa droiture, son art et sa littérature, son héroïsme et sa connaissance !
Telle est notre prière aux pieds de la Mère ! Manifeste-toi !

Mère Durga ! Que ta Force, la Force du Yoga, inonde et emplisse notre corps !
Nous deviendrons tes instruments, ton épée qui abat le mal, ta lampe qui dissipe
l’ignorance. Exauce cette aspiration de la jeunesse du Bengale. Toi, notre Souveraine,
guide-nous ; toi qui détruis le mal et brandis ferme l’épée ;
toi, lumière resplendissante de la connaissance, tiens haut la lampe !
Manifeste-toi !

Mère Durga! Quand nous te posséderons, nous ne déferons plus tes liens :
nous t’attacherons à nous avec la triple corde de la foi, de la dévotion et de l’amour.
Viens, Mère ! Manifeste-toi dans notre esprit, notre vie, notre corps !
Viens, révélatrice de la Voie des Héros ! Plus jamais nous ne te rejetterons !
Que notre vie entière devienne une adoration sans fin de Durga!
Que toutes nos actions soient pour toujours sacrées, pleines d’amour et d’énergie,
vouées au service de la Mère ! Telle est notre prière, ô Mère !
Descends sur notre terre du Bengale ! Manifeste-toi !

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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L’autre lumière (Gilles Weinzaepflen)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    

L’autre lumière

I
Une fois que la lumière naturelle a perdu tout pouvoir
éclairant, que dans sa pleine intensité elle ne donne
plus à voir que la part d’ombre et qu’ainsi, le processus
d’inversion se met en place, l’autre lumière jaillit.

Ceux qui sont destinés à la recevoir diffèrent sa venue et
n’acceptent que les fragments de ce qui n’a de sens que
dans la totalité.

II
L’autre lumière produit des éclairs répétés et aveuglants.
Celui dont le bonheur visuel défaille sacrifie souvent à
l’aveuglement temporaire qu’elle lui procure. Son être
n’est plus éclairé par une source inégale mais par des
éclairs successifs et identiques, qui ne trouvent de loi
qu’en eux-mêmes. Différente est la lumière du soleil, dont
l’intensité varie.

Ici, il ne s’agit pas d’une lumière pour voir ou être vu,
mais d’une lumière qui voit.

III
Lorsque ces éclairs diminuent puis cessent, l’ébloui se
trouve plongé dans une nuit extrême. Parce que le surcroît de
lumière avec lequel il s’était accoutumé à voir disparaît,
il lui semble que le monde entier s’obscurcit.

Il est nécessaire que l’autre lumière cesse, que l’ébloui
apprenne une seconde fois à voir au moyen de la lumière
naturelle. Le souvenir lumineux témoigne de l’insuffisance
de la lumière naturelle à éclairer le monde. Par lui l’ébloui
va tenter de revenir dans la vision éblouie, à partir de ce
nouveau point de départ qu’est la lumière naturelle.

IV
Dès lors, la nostalgie permet l’illumination complète, qui
consiste en cela : voir dans l’autre lumière, par le seul
moyen de la lumière naturelle dispensée à chacun.

(Gilles Weinzaepflen)

 

Recueil: Noël Jivaro
Traduction:
Editions: Le clou dans le fer

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PÉCHÉ MORTEL (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2019



PÉCHÉ MORTEL

Cette après-midi lourde épouse mon attente,
Sa rumeur est le bruit d’un amour contenu,
Mais la marche du temps, désespérément lente,
Se précipitera lorsque nous serons nus.

Un siècle, j’attendrais la seconde où nos corps
Insulteront le ciel de leurs soifs confondues.
Si j’épuise une vie à guetter ta venue,
L’espace d’un baiser me donnera la mort.

(François Mauriac)

 

 

 

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Un siècle (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



Un siècle, j’attendrais la seconde où nos corps
Insulteront le ciel de leurs soifs confondues.
Si j’épuise une vie à guetter ta venue,
L’espace d’un baiser me donnera la mort.

(François Mauriac)

 

 

 

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Toutes les vérités (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019



Toutes les vérités sont en attente dans toutes les choses,
Elles ne hâtent ni ne retardent leur venue au monde,
Elles ne nécessitent pas le forceps de l’accoucheur.

(Walt Whitman)

 

 

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Assiettes en faïence usées (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2019


assiette

 

Assiettes en faïence usées
Dont s’en va le blanc,

Vous êtes venues neuves
Chez nous.

Nous avons beaucoup appris
Pendant ce temps.

(Guillevic)

 

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Les grandes blessures de la joie (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



 

les grandes blessures de la joie
qui voit se fendre le désert
pour la venue du visiteur

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Mathieu Levis

 

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Annoncez (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019




    
Annoncez les couleurs du soleil étouffé
annoncez l’incendie du blanc déjà tué
annoncez le roi nu
annoncez quatorze heures à midi
annoncez sur le seuil la venue des maudits
la neige des pétales sur l’hiver qui s’est tu
annoncez j’aime dans leurs palais de sang
annoncez pile et deux fois face
sur les linges qui savent quelle face ils essuient
annoncez l’impossible multiplié par tous
ne vous laissez pas questionner
ne vous laissez pas déséquilibrer
ne vous laissez pas séduire
annoncez.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Histoire contemporaine
Traduction:
Editions:

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AIGLE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Illustration : Luis Pla
    
AIGLE

Les corbeaux volent en bandes
l’aigle vole seul.
(Luchino Visconti)

Si proche du ciel
vole l’aigle

seul
comme le poète

attendant patiemment
la venue du verbe

jusqu’à ce qu’enfin la plume
grince quelques lignes

hésitant encore
sur le sens

la vanité
de nommer.

***

ADELAAR

De raven vliegen in zwermen
de adelaar vliegt alleen
Luchino Visconti

De hemel zo na
vliegt de adelaar

eenzaam
als de dichter

geduldig wachtend
op de komst van het woord

tot eindelijk de pen
enkele regels krast

twijfelend nog
over de zin

de vergeefsheid
van het benoemen.

***

EAGLE

The ravens fly in swarms
the eagle flies alone
Luchino Visconti

So close to heaven
flies the eagle
lonely
as the poet

who patiently waits
the arrival of a verse

till the pen
finally scratches a few a few lines

still doubting
the sense

the idleness
of naming.

***

ADLER

Die Raben fliegen in Schwärmen
der Adler fliegt allein
Luchino Visconti

Dem Himmel so nah
fliegt der Adler

einsam
wie der Dichter

geduldig wartend
auf die Ankunft des Worts

bis endlich die Feder
einige Zeilen kratzt

zweifelnd noch
über den Sinn

die Vergeblichkeit
des Benennens.

***

ΑΕΤΟΣ
Σμήνη πετούν τα κοράκια
και πάντα μοναχός ο αετός
Luchino Visconti

Ψηλα στον ουρανό πετά ο αετός
μονάχος

σαν ποιητής
που με υπομονή αναμένει

τον κάθε στίχο
ώσπου η πένα του

γράφει μερικές γραμμές
κι ακόμα αμφιβάλει

για το θέμα
του πώς να ονομάσει

την απραξία
Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη

***

AQUILA

I corvi volano a stormi
l’aquila vola da sola
Luchino Visconti

Così vicina al cielo
vola l’aquila

Solitaria
come il poeta

aspettando paziente
l’arrivo di una parola

finché infine la penna
graffia alcune linee

dubitando ancora
del senso

vano
del nominare.

***


乌鸦群地飞。
老鹰独自飞行
卢奇诺·维斯康蒂

如此接近天堂
鹰孤独地

飞翔
就像这位诗人

谁在耐心等待
一首诗的天袭

直到笔尖
最后划了几条线

仍然怀疑
这意识

这命名
的无益

***

ACVILA

Corbii zboară în stoluri
acvila zboară solitar.
Luchino Visconti

Atât de aproape de cer
zboară acvila

singură
ca un poet

răbdător așteptând
sosirea cuvântului

până când pana, în sfârșit,
zgârie câteva linii

îndoindu-se încă
de rostul

de zădărnicia
spunerii prin cuvinte.

***

ÁGUIA

Os Corvos voam em bando
a águia voa sozinha
Luchino Visconti

Tão perto do céu
a águia voa

solitária
como opoeta

esperando paciente
a chegada da palavra

até que ao fim a pluma
rasga uma linhas

duvidando no entanto
do sentido

inútil
de nomear.

***

Герман Другенбруд

ОРЕЛ

Вороны летают в стаях
Орел летает один
Лучино Висконти

Так близко к небу
летит орел

Одинок
как поэт

в терпеливом ожидании
явления слова

пока перо наконец
не нацарапает первое слово

еще сомневаясь
в его смысле

тщетность
именования

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 575 (de « Dans le courant du temps, Meditations aux Himalaya »)
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Néerlandais / Anglais / Allemand / Grec Manolis Aligizakis / Italien Emilio Coco / Chinois Zhou Dao Mo / Roumain Gabriela Căluțiu-Sonnenberg / Portugais José Eduardo Degrazia / Russe Vyacheslav Kupriyanov /
Editions: POINT / Publication prévue en 2019 par l’Harmattan

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