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Posts Tagged ‘ver luisant’

LA VIE HUMAINE (Jules-Lefèvre Deumier)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2019



Duy Huynh -   (45)
LA VIE HUMAINE

Notre vie est semblable à l’étoile qui file,
Au nuage d’albâtre où l’azur se faufile,
Au chant du passereau sur les buissons verdis,
Au vol de l’aigle errant autour du paradis ;
Aux grains d’argent tombés du voile de l’aurore,
Au flambeau vacillant dans les ombres qu’il dore,
Au papillon rôdeur qui le prend pour le jour,
Aux brises d’orient, dont le volage amour
Soulève des ruisseaux l’humide rêverie,
Aux sillons dont il brode en courant la prairie
A cet arc sept fois teint d’une splendeur d’emprunt
A l’insecte de feu qui luit sous un ciel brun
Au son de l’Angelus que la cloche soupire,
A l’encens d’une fleur que le printemps respire
Aux récits des amants, le soir, sous les bouleaux

Tout cela, c’est la vie ; et ces riants tableaux
N’en sont tous cependant qu’une affligeante image.
L’étoile qui s’envole a le sort du nuage ;
Le passereau s’enfuit, l’aigle ne revient pas ;
Les larmes du matin se sèchent sous nos pas ;
Le papillon se brûle à des flambeaux qui meurent
Jamais les plis du vent sur les prés ne demeurent
L’arc-en-ciel se déflore au soleil qui le peint,
La cloche en pleurs se tait, le ver luisant s’éteint,
L’encens s’évanouit ; l’histoire commencée
S’arrête : rien n’écoute… et la vie est passée !

(Jules-Lefèvre Deumier)

Illustration: Duy Huynh

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A la lumière du jour (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



A la lumière du jour
Personne ne se souvient
Du ver luisant

(Abbas Kiarostami)

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VERLAINE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



 

Dorina Costras glissando_pictura_inset

VERLAINE

La chanson
que jamais je ne dirai
s’est assoupie sur mes lèvres.
La chanson
que jamais je ne dirai.

Parmi le chèvrefeuille
était un ver luisant
et d’un de ses rayons
la lune perçait l’eau.

Ce fut alors que je rêvai
la chanson
que jamais je ne dirai

chanson pleine de lèvres
et de canaux lointains

chanson de longues heures
dans l’ombre gaspillées

chanson d’étoile vive
sur un jour éternel.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Dorina Costras

 

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Nous cherchons (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019




    
Nous cherchons,
sous d’instables
ruines, la preuve
de notre existence,

mais il suffit
d’un ver luisant
dans la pénombre,

pour que le monde
se révèle et que
cette frêle clarté

indique l’entrée
d’un domaine
que nous n’avions
pas soupçonné.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’HEURE D’INSPIRATION (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2018



 

L’HEURE D’INSPIRATION

C’est l’heure où, dans les bois, le rossignol, qui veille,
Prodigue de ses chants la plaintive merveille :
Où, de ses rendez-vous égayant les déserts,
L’amour a des aveux, plus doux que ces concerts :
Où les eaux du ruissel, que le vent contrarie,
Font, en se débattant, naître la rêverie.
C’est l’heure, où dans le thym s’appellent les grillons :
Où, comme des esprits, d’inquiets papillons
Viennent voir, aux vitraux qu’enflamment nos lumières,
Si nous parlons des morts, au moins dans nos prières.
C’est l’heure, où sur la mousse, au feu du ver luisant,
Les sylphes font pousser des fraises, en dansant.
Échos capricieux de leurs folles cadences,
Les feux-follets dans l’air se font des confidences :
La fleur pompe du soir la molle humidité :
Le ciel d’étoiles d’or sable l’obscurité,
Et cet or, réfléchi dans une onde courante,
Reproduit le Pactole et sa richesse errante.

Des nuages foncés, qui bordent l’horizon,
La lune, en se levant, disperse la prison :
L’azur bruni des cieux descend sur la verdure :
Une ombre transparente a baigné la nature,
Et d’un charme inconnu l’imprègne, en l’effleurant :
C’est l’heure, où l’on devient poète, en l’admirant.

(Jules Lefèvre-Deumier)

 

 

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DÉBUT D’AUTOMNE (Xu Hou)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



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DÉBUT D’AUTOMNE

Dans la nuit lointaine vibre une guitare
Au vent d’ouest frissonnent les liserons bleus
Les vers luisants dansent parmi les roses blanches
Une première oie sauvage frôle la voie lactée
Silencieuse, une brume automnale flotte
Sur la cime des grands arbres

Au loin les crêtes de montagnes se font lumineuses
Au sud du fleuve Huai, les feuilles commencent tomber
Je sens que le lac Dongting devient houleux

(Xu Hou)

 

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Le tigre (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



lllustration
    
Le tigre, à en parler: un ver luisant.
Le ver luisant, à n’en pas parler : un tigre.

(Franck André Jamme)

 

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

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COIN DE CIEL (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Illustration
    
COIN DE CIEL

L’étoile
ancienne
ferme ses yeux brouillés.

L’étoile
nouvelle
veut bleuir
l’ombre.

(Dans la pinède brillent
des vers luisants.)

(Federico Garcia Lorca)

 

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NOCTURNE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration: Edvard Munch
    
NOCTURNE

Elle

Le rossignol se plaint dans la ramure noire.
Je t’ai donné mon corps, et mon âme, et ma gloire.

Les arbres élancés sont noirs sur le ciel vert.
Vois cette fleur qui meurt dans mon corsage ouvert.

Le vent est parfumé ce soir comme de l’ambre.
Tu sais qu’on a trouvé ton poignard dans ma chambre

Embrasse-moi. La lune a des teintes de sang.
Mon père est mort, dit-on, hier en me maudissant.

Là-haut le rossignol pleure et se désespère.
La cloche qu’on entend, c’est le glas de mon père.

Les parfums de ce soir font ployer mes genoux,
Je suis lasse. Un instant, ami, reposons-nous.

Que je t’aime! Au château vois-tu cette lumière?
C’est un cierge allumé près du lit de ma mère.

Ah! les étoiles!… — On dirait un sable d’or.
Ne t’avais-je pas dit que mon père était mort?

Levons-nous. Allons près du lac. Je suis plus forte.
Ne t’avais-je pas dit que ma mère était morte?

Entends le bruit de l’eau… C’est comme des chansons,
C’est comme nos baisers, quand nous nous embrassons.

Je ne veux pas savoir d’où tu viens, ni même
Savoir quel est ton nom… Que m’importe? Je t’aime

Le rossignol se tait au bruit de ce beffroi.
Ma mère me disait que ton coeur était froid.

La lune fait pâlir le cierge à la fenêtre.
Mon père me disait que tu n’étais qu’un traître.

Écoute ce grillon. Vois donc ce vers luisant.
Assez de cloche. Assez de cierge. — Allons-nous-en.

J’ai pris des diamants autant qu’on voit d’étoiles,
Partons. Sens le bon vent, qui va gonfler nos voiles.

Viens. Qu’est-ce qui retient ta parole et tes pas?

Lui

Mademoiselle, mais… Je ne vous aime pas.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mort d’un Poète (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    
Mort d’un Poète
I. M. Francis Jammes

Mon Dieu comme il fait silence ici
on dirait que les sources ont tari
que les coeurs ont perdu leur vie
et les feuilles le secret des nids.

Comme il fait silence, on dirait que les jeunes filles
ont perdu le goût de chanter leurs rêves
ou que leurs rêves sont restés sans récompense
ou qu’elles savent que Dieu veut les priver de vie.

Plus personne n’appellera les fleurs par leurs noms
tous les prés s’en iront nourriture à fenil
sans qu’un doigt ait noué chaque brin d’harmonie

Vois comme est triste la prairie
depuis qu’il n’est plus là pour la chanter
vois comme les joncs sont durs au bout du pré
comme l’aube est pressée d’abandonner les sources…

Il y a toute la nuit avec son chant d’enfance
et le cri des crapauds vers-luisants du silence
il y a toute la nuit fermée sur les amours
et la lutte d’ailes au vents

toute la nuit de larves et d’essaims
(l’assassin doucement tourne la roue de lune sur la lame)
(le lecteur fantastique sous l’ombre des cheveux
voit naître sur la page la lointaine bataille)

il y a toute la nuit au bruit de source :
goutte à goutte, chant à chant, râle à râle
les sanglots jusqu’à l’aurore
les gestes pour soi-même et le poème écrit…

solitude ! solitude ! oh ! beauté de la nuit !…
la porte frappe sur la chair d’attente.

(Alain Borne)

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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