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Poésie

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Presque toutes les choses resteront à dire (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2019




    
Presque toutes les choses
resteront à dire.
C’est trop que de recommencer du début
ce qu’il faut dire.

Seule notre parole
nous donne une réalité.
Les paroles des autres
tantôt nous affirment la bouche
et tantôt nous déplacent
ce qu’il faut dire.

Et ainsi arriverons-nous à la fin,
réels à moitié,
entravés également
par ce qu’il ne faut pas dire.

Nous poursuivrons la quête
de la clé introuvable.
Et quelquefois nous éprouverons
une fleur verbale dans le vide,
une fleur non complètement étrangère
notre tenace requête
d’être quelque chose dans le dire et le non-dire.

***

Quedarán por decir
casi todas las cosas.
Es demasiado empezar otra vez desde el comienzo
lo que hay que decir.

Sólo nuestra palabra
nos vuelve realidad.
Las palabras ajenas
a veces nos afirman la boca
y otras veces nos desplazan
lo que hay que decir.

Y así llegaremos al final,
reales a medias,
coartados también
por lo que no hay que decir.

Seguiremos buscando
la combinación inhallable.
Y a veces sentiremos
una flor verbal en el vacío,
una flor no totalmente ajena
notre tenace requête
d’être quelque chose dans le dire et le non-dire.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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La chanson désespérée (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018



Illustration: Chantal Dufour
    
La chanson désespérée ne se laisse pas se dire.
La matière verbale errante ne cesse d’émaner
du centre qui n’est pas centre,
du vertige des fleurs aurifères
embues de l’or des chercheurs d’or.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Le poème est un acte de célébration (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018




    
Parlerait-il de choses très négatives,
le poème est un acte de célébration,
parce qu’il est le foyer d’intensité vitale et verbale,
une sorte de petite fête dans le vide

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Fragments verticaux
Traduction:
Editions:

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Tout mot appelle un autre mot (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




    
Tout mot appelle un autre mot,
tout mot est un aimant verbal,
un pôle d’attraction variable
qui inaugure des constellations toujours nouvelles.

Un mot est tout le langage,
mais aussi le fondement
de toutes les transgressions du langage,
la base où toujours s’affirme un antilangage.

Le mot est encore l’homme,
deux mots sont déjà l’abîme.
Un mot peut ouvrir une porte.
Deux mots l’effacent.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie verticale 7
Traduction:
Editions: Points

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Ce que je fais (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2017




    
Ce que je fais

Ce que je fais n’a pas de raison d’être :
j’unis des mots bien souvent pour le pire,
et le meilleur se cache sous les mots.

Pressentiment : celui de cesser d’être
si je n’écris — car je suis écriture
de ma naissance à la fin de la page.

Pas de raison ? De toute éternité,
ce que je cherche a pour nom le silence,
il est au bout de mon itinéraire.

Pour le trouver je dois couvrir de terre
le corps épais de la vieille existence
et m’abriter sous la pierre verbale.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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Un livre (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017




    
Mesure-t-on véritablement la grande réserve des mots qui nous habitent,
savons-nous réellement l’immensité de notre mandala verbal ?

Laissons-nous prendre, reprendre et surprendre encore
par la plasticité charnelle des mots,
par leur circulation amoureuse, illimitée.

Un livre, c’est toujours une respiration, un rythme — une providence.

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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