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Poésie

Posts Tagged ‘verbe’

UNE APPARENCE (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018




    
UNE APPARENCE

Je ne suis pas moi
je ne suis qu’une apparence

Mon image me couvre
telle une vieille couverture

J’erre comme un point d’interrogation
un verbe sans sujet

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard
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Toute vérité (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018



 

croix

toute vérité à la fin
contenue dans le corps
dans le corps-esprit
os verbe image chair

« l’accent vrai du coeur »

***

all truth ultimately
within the body
the body-mind
word flesh image bone

« the inarticulate heart’s true tone »

(Kenneth White)
Illustration: Salvador Dali

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La poésie (Aldo Pellegrini)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



    

La poésie n’est rien d’autre que cette violente nécessité d’affirmer son être qui anime l’homme.
Elle s’oppose à la volonté de ne pas être qui guide les foules domestiquées
et à la volonté d’être par les autres qui se manifeste chez ceux qui exercent le pouvoir.

Les imbéciles vivent dans un monde artificiel et faux :
attachés au pouvoir qu’ils peuvent avoir sur autrui,
ils nient la pleine réalité de l’humain au bénéfice de schémas creux.

Le monde du pouvoir est un monde vide de sens, hors du réel.
La poésie est une mystique du réel.

Le poète cherche dans le mot, non pas un mode d’expression,
mais une manière de participer à la réalité.
Au moyen du verbe, le poète n’exprime pas le réel : il y participe.

La porte de la poésie n’a ni clef ni verrou :
elle se défend par sa qualité d’incandescence.
Seuls les innocents, accoutumés au feu purificateur,
peuvent ouvrir cette porte de leurs mains ardentes et accéder à la réalité.

La poésie prétend accomplir la tâche suivante :
que ce monde ne soit pas seulement habitable pour les imbéciles. »

(Aldo Pellegrini)

 

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Vous avez dit « Je t’aime » (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Vous avez dit « Je t’aime » au vide-ordures,
« je vous salue » aux fruits tombés,
« bonjour » au sable assis sur vos mensonges.
Vous avez dit « remplacez-nous »
aux trottoirs malheureux,
à la fatigue végétale,
au verbe sans vertèbre.
Vous avez dépensé tout votre orgueil.
Retraités de la peur, mot à mot, geste à geste,
vous êtes devenus votre potence.

(Alain Bosquet)

 

 

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LA PUDEUR (Maurice Olivaint)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



Carrie Vielle (7) [800x600]

LA PUDEUR

Quand la gloire des Dieux rayonnait sur le monde,
La femme, dans l’orgueil d’un prestige exalté
Par la lyre et le marbre où revit sa beauté,
Se dévoilait sans honte à l’art qu’elle féconde.

Le Verbe surprit Rome en sa luxure immonde.
Néron, persécuteur d’un culte détesté,
Traîne au cirque sanglant ta chaste nudité,
Vierge vouée au Christ dont la grâce t’inonde.

La crainte de la mort ne trouble point tes yeux,
Mais tu croises les bras sur ton sein soucieux
D’échapper aux regards que ta jeunesse attire ;

Et ce geste éperdu qui te vêt de splendeur,
Comme une fleur d’amour éclose du martyre,
Aux hommes éblouis révèle la Pudeur.

(Maurice Olivaint)

Illustration: Carrie Vielle 

 

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De joie et d’ombre (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




    
De joie et d’ombre

Ange, car il fallut bien le langage
L’ordre exilé malgré la grâce
Ange d’ombre pour dire et l’épaule pour prendre
Appui sur le chemin de la chute à l’effroi

Es-tu jamais aimé, parfois tu te demandes
Si le Verbe repose au fond du geste d’homme

Sais-tu la joie quand l’espérance épuise
L’enfer léger de chaque jour
Le splendide soir de sang ainsi qu’une chaleur
Où la chair en marchant s’accroît de la substance

Ange, ma mort passée mon martyre témoigne
J’ai l’âge dangereux de la si vive absence
Ta beauté maintenant me regarde pourquoi

Ange de joie, pourquoi, tant d’ombre où je souffris?

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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AMÉTHYSTE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018



AMÉTHYSTE

Verbe violet des grottes où veille le dragon,
force des talismans au torse des orages.
Ton nom signifierait dans la langue des gemmes :
paix des hommes sous l’épée de Dieu.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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Je suis tous ces mots (Samuel Beckett)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018


mots

Je suis en mots,
je suis fait de mots,
des mots des autres.

Je suis tous ces mots,
tous ces étrangers,
cette poussière de verbe.

(Samuel Beckett)

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Agir et penser comme un chat (5) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
J’aime dans le chat cette indifférence
avec laquelle il passe des salons
à ses gouttières natales.

(René de Chateaubriant)


A ma connaissance, le chat demeure
le seul animal dont toutes les émotions
se lisent au travers de l’orientation des oreilles,
pupilles et battements de queue.

(Anne Calife)


Quand je joue avec mon chat,
qui sait s’il ne s’amuse pas plus de moi
que je fais de lui ?

(Michel de Montaigne)


Il est des beautés qui excèdent le vocabulaire.
Les chats appartiennent à cet ordre.

(Louis Nucéra)


Le chat se contente d’être,
c’est le verbe qui lui va le mieux.

(Louis Nucéra)


La seule personne qui me comprenne,
sur cette terre,
c’est mon chat.

(Diane Gontier)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

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Seul ce qui longe la mer n’est pas bordé (Carole Darricarrère)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



Seul ce qui longe la mer n’est pas bordé.
Ce qui fascine le regard n’est pas bordé.
Le Verbe nulle part est bordé.
Ce qui n’est pas bordé n’est pas mathématiquement formulable.
Ni quantifiable.
La parole verticale, qui est pure expansion, n’a pas de bords.
Le Poème nulle part n’est bordé.
Centre advenant du centre, il est partout centre.

(Carole Darricarrère)

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