Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘verdir’

Printemps (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Printemps

La branche jaillit.
Le chemin secret des eaux voit le jour.
Moi le ciel, toi la terre, moi le sable,
toi le ruisseau, moi les reins, toi l’abondance,
avec en plus la rencontre du temps prédestiné,
moi l’histoire, toi l’événement,
mêlés, roulés, confondus, essoufflés, perdus.

Moi la silice, toi le grain d’eau,
moi le chagrin, toi le repos,
les jours, les nuits, leur alternance.

Une branche verdit qui nous unit d’un seul élan,
toi la sève, moi l’écorce,
toi le bourgeon, moi la feuille.

Le sang qui est amour a coulé
au long des berges de la mémoire,
salué je ne sais quel dieu noir,
je te souris et tu m’enchantes,
je t’enlace et tu me prolonges
sur le grondement même des eaux.

Le temps fleurit en ses racines profondes.
Il règne ici l’odeur et la fragrance du jasmin.
Toi la douceur, moi le regard,
toi la narine, moi la tempe.
Ma voix, ta voix
sont les gémissements des bienheureux.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: À leur sage lumière

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On ne voit pas l’eau (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017




    
On ne voit pas l’eau.
— Mais dans sa présence obscure
se baigne
l’éternelle nudité,
devant laquelle l’homme est aveugle. —

Et ce non voir que je sens, fixe
dans la nuit qui commence à verdir
— nuit intérieure, nuit du monde ? — ,
est plus que de la voir, c’est ne pas savoir
si c’est dans le monde ou dans mon âme
que se baigne l’éternelle nudité — la femme
seule —,
devant laquelle l’homme est aveugle.

***

No se ve el agua.
— Pero en su presencia oscura
se baña
la desnudez eterna,
para la que el hombre es ciego.—

Y este no verla que yo siento, fijo
en la noche que ya va verdeando
— ¿noche interior, noche del mundo?—,
es más que verla, es no saber
si se baña en el mundo o en mi alma
la desnudez eterna —la mujer
sola—,
para la que el hombre es ciego.

(Juan Ramón Jiménez)

 

Recueil: Poésie en vers
Traduction: Bernard Sesé
Editions: José Corti

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Très-aimée (Breyten Breytenbach)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017




    
Très-aimée, je t’envoie une tourterelle vermeille
car personne ne tire sur un messager rouge
je lance haut dans l’air ma tourterelle vermeille je sais
que tous les chasseurs la prendront pour le soleil
vois, ma tourterelle s’élève ma tourterelle s’incline
sur son passage les océans scintillent
les arbres verdissent
elle bronze mon message sur ta peau

car mon amour voyage avec toi
mon amour s’attache à toi tel un ange
comme une aile, candide comme un ange
je te prie, prends mon amour
comme une voilure enveloppante

(Breyten Breytenbach)

 

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En rêvant près de la rivière (Gaston Bachelard)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2017



En rêvant près de la rivière,
j’ai voué mon imagination à l’eau,
à l’eau verte et claire,
à l’eau qui verdit les prés.
Je ne puis m’asseoir près d’un ruisseau
sans tomber dans une rêverie profonde,
sans revoir mon bonheur…
Il n’est pas nécessaire
que ce soit le ruisseau de chez nous,
l’eau de chez nous.
L’eau anonyme sait tous mes secrets.
Le même souvenir sort de toutes les fontaines.

(Gaston Bachelard)


Illustration

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Dès que l’aube verdit (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



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Dès que l’aube verdit sous une ardente sève,
Au fond des bois épais je m’assieds et je rêve,

Dans l’ombre enseveli.
Je me dis : « A quoi bon la vengeance et la haine ?
Débris des jours passés, refleurissez sans peine,
Couronnez-vous d’oubli ! »

(Hippolyte Lucas)

 

 

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Le démiurge (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



Le démiurge

Tout ce qu’il caressait
Devenait invisible.

Sur l’écume des vagues
Il avançait en rêve.

Il marchait sur les blés
Qui ne se couchaient pas.

En or il transformait
Toute chose nommable.

S’il traçait des sentiers,
C’était par rectitude.

L’habitait l’espérance
Comme un poisson vermeil.

Chaque mot qu’il disait
Devenait une fleur.

Le suivait en cortège
Le bestiaire d’Orphée.

Un soupir et la terre
Se prenait à verdir.

Un seul geste et l’étoile
Remplaçait le soleil.

Allait ainsi cet homme
Apprivoisant les mots.

Il effrayait la mort
Avec son écriture.

Et son destin de sable
Inversait le temps noir.

(Robert Sabatier)

 

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Quand tu contemples une rose (Mahmoud Darwich)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2016



Quand tu contemples une rose
qui a blessé un mur et que tu te dis :
J’ai bon espoir de guérir du sable,
ton cœur verdit…

Quand, par une journée belle comme une icône,
tu accompagnes une femme au cirque
et que tu es convié à la danse des chevaux,
ton cœur rougit…

Quand tu comptes les étoiles, que tu te trompes
après la treizième et que tu t’assoupis
comme l’enfant
dans la bleuité de la nuit,
ton cœur blanchit…

Quand tu marches et
que tu ne
trouves pas
le songe
allant devant toi comme l’ombre,
ton cœur jaunit…

*

When You Gaze Long

When you gaze long at a rose
that has wounded a wall, you say to yourself:
I hop e for a cure ftom the sand.
Your heart turns green…

When you take a woman to the circus,
a woman whose day is lovely as an icon…
and you dismount like a guest to the horse’s prance.
your heart turns red…

When you count the stars, and make a mistake after
thirteen, and you doze like a child
in the blue of the night,
your heart turns white…

When you journey, and do not find the dream
that walks before you like a shadow,
your heart turns yellow…

(Mahmoud Darwich)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

 

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Conte d’amour XI (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2015



Conte d’amour XI

La feuille des forêts
Qui tourne dans la bise
Là-bas, par les guérets,
La feuille des forêts
Qui tourne dans la bise,
Va-t-elle revenir

Verdir-la même tige ?
L’eau claire des ruisseaux
Qui passe claire et vive
A l’ombre des berceaux,
L’eau claire des ruisseaux
Qui passe claire et vive,
Va-t-elle retourner
Baigner la même rive ?

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Entre l’ombelle et le maïs (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2015



Entre l’ombelle et le maïs,
Le noisetier et le hêtre,
Cette alliance fut conclue
Pour la plus fraîche odeur,
Pour la paix du regard
Qui feront verdir ce pré
Tout au creux de la mémoire.

(Georges-Emmanuel Clancier)

Illustration

 

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OH! ÊTRE FEUILLE VERTE… (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2015



 

feuille verte

OH! ÊTRE FEUILLE VERTE…

Oh, être feuille verte sur l’arbre éternel des hommes,
Oh, pouvoir y verdir,
Bruire, nicher dans les branches comme l’oiseau,
Oh, pouvoir habiter leurs mondes !

Oh, être voyageur sous le vent lourd des jardins,
Tremper dans les lointains mouillés les aurores comme en un vin,
Croître dans le bruissement des rosées, germer dans l’haleine du vent,
Oh, marcher en paix, sans parler, par les routes!

Ou pousser dans les vents avec les doigts blancs des racines
Et concevoir de nouveaux continents, louer
La puissance silencieuse de la nuit, la terreur grise dans les profondeurs sans bords,
Oh, cesser de saigner, oh, pouvoir mourir !

(Srecko Kosovel)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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