Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘verdoyant’

Etais-je espace ? (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019



Erik Johansson  rl

Etais-je espace ? Il poussait des murailles
Contre mon corps. Etais-je oiseau ? La terre
En s’éloignant m’initiait au vol.
Etais-je fleuve ? Auprès de moi la rive
Me dédiait ses arbres verdoyants

(Robert Sabatier)

Illustration: Erik Johansson

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ton rire (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



Ton rire

Les fleurs se prosternent
Devant tes pas menus
Tu ris dans l’herbe
Sous un gai soleil
Ou sous la pluie
Qui te fait cet adorable visage
Mouillé qui reste enjoué
Et qu’on a envie d’essuyer
Non avec un mouchoir
Mais avec des baisers
Et dans la candeur de l’aube
Ton regard en prend la couleur

Tu ris sous le feuillage attentif
D’un arbre qui songe
Déjà à une abondance de fruits
Rien que pour te faire plaisir
Car il aime te voir croquer ses pommes
Et danser autour de lui
Dans le pré verdoyant
En légère robe d’été
Qui incite au péché.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Kendrick Sydney

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Loger la source (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018


 


Igor Morski 5f5ea707 

Loger la source

Il avait lu — tant lu.
Un jour il gravit la montagne qui dominait la terre, il fut ému.
Mais il avait tant lu qu’il était comme un dos de livre.
De lui saillaient les feuilles, elles interceptaient, enfermaient,
froissaient toutes les sources et toutes les frondaisons.
Alors fut en lui une lente faim. Il se sentit pesant et aspira le vent.
Le vent l’effeuilla. Il se trouva comme le dos creux d’un livre sans pages.
Et dans ce long creux le fluent et le verdoyant vinrent s’y loger.
Il devint la source et la clairière.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Igor Morski

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’été dans la montagne (Li Po)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



L’été dans la montagne

Nonchalant, j’agite mon éventail de plumes blanches,
Mon corps est nu dans le bois verdoyant.
Ôtant mon bonnet, je l’accroche au rocher,
Mon chef découvert se baigne dans le vent des sapins.

(Li Po)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Verdoyante fumée (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Verdoyante fumée
Demain je serai l’arbre
Et pour les oiseaux froids
La cage fortunée.

(René Guy Cadou)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

POUR UN TEMPS, POUR UN PETIT TEMPS (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration: Pascal Baudot
    
POUR UN TEMPS, POUR UN PETIT TEMPS

Pour un temps, pour un petit temps,
De la foule et du bruit gardée,
Je puis chanter, je puis sourire :
Pour un petit temps j’ai congé!

Où iras-tu, coeur harassé?
Oh! plus d’une terre t’invite,
Là-bas comme iei, plus d’un gîte
Te promet repos, front lassé.

Je sais, parmi d’âpres collines,
Un vallon où hurle l’hiver,
Mais où, dans la froidure, brille
Une réchauffante lumière.

Ce n’est, sous un brouillard sans lune,
Qu’un vieux toit flanqué d’arbres nus,
Mais qu’est-il de plus cher au monde
Que le foyer qu’on a perdu?

L’oiseau muet perché sur la pierre,
Le mur que la mousse verdit,
L’allée où foisonne l’ortie,
Combien, ô combien je les aime!

Les rejoindrai-je? Ou chercherai-je
Un climat autre, un autre ciel
Pour la musique familière
D’un parler cher au souvenir?

Comme je rêvais, s’évanouirent
Le feu vacillant, les murs nus :
Après la pénombre lugubre,
Un jour radieux m’apparut.

Verdoyant, un sentier désert
Débouchait sur un vaste herbage
Que des monts vaporeux, bleuâtres,
Cernaient là-bas de toutes parts;

Un ciel si limpide, une terre
Si calme, tant de paix dans l’air,
Des moutons sauvages paissant
Pour parfaire l’enchantement —

La scène m’était bien connue,
Et connues toutes, même au loin,
Les pistes qui, sur chaque butte,
Marquaient le passage des daims.

N’y fussé-je restée qu’une heure,
Elle eût valu des jours de peine,
Mais le réel chasse le rêve :
Voici qu’on tire mes verrous.

Tandis que j’étais abîmée
Dans cette extase lumineuse,
Mon heure de paix avait fui
Pour me rendre au poignant souci.

***

A LITTLE WHILE, A LITTLE WHILE

A little while, a little while,
The noisy crowd are barred away;
And I can sing and I can smile
A little while I’ve holiday!

Where wilt thou go, my harassed heart?
Full many a land invites thee now;
And places near and far apart
Have rest for thee, my weary brow.

There is a spot ‘mid barren hills
Where winter howls and driving rain,
But if the dreary tempest chills
There is a light that warms again.

The house is old, the trees are bare
And moonless bends the misty dome,
But what on earth is half so dear,
So longed for as the hearth of home?

The mute birds sitting on the stone,
The dank moss dripping from the wall,
The garden-walk with weeds o’ergrown,
I love them—how I love them all !

Shall I go there? or shall I seek
Another clime, another sky,
Where tongues familiar music speak
In accents dear to memory?

Yet, as I mused, the naked room,
The flickering firelight died away
And from the midst of cheerless gloom
I passed to bright, unclouded day—

A little and a lone green lane
That opened on a common wide;
A distant, dreamy, dim blue chain
Of mountains circling every aide;

A heaven so clear, an earth so calm,
So sweet, so soft, so hushed an air
And, deepening still the dream-like charm,
Wild moor-sheep feeding everywhere—

That was the scene; I knew it well,
I knew the pathways far and near
That winding o’er each billowy swell
Marked out the tracks of wandering deer.

Could I have lingered but an hour
It well had paid a week of toil,
But truth has banished fancy’s power;
I hear my dungeon bars recoil—

Even as I stood with raptured eye
Absorbed in bliss so deep and dear
My hour of rest had fleeted by
And given me back to weary care.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La pluie venue du mont Ki-chan (Song Zhiwen)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2017



La pluie, venue du mont Ki-chan,
Avait passé rapidement avec le vent impétueux.

Le soleil se montrait pur et radieux,
au-dessus du pic occidental,
Les arbres de la vallée du Midi
semblaient plus verdoyants et plus touffus.

Je me dirigeai vers la demeure sainte,
Où j’eus le bonheur qu’un bonze vénérable
me fit un accueil bienveillant.

Je suis entré profondément
dans les principes de la raison sublime,
Et j’ai brisé le lien
des préoccupations terrestres.

Le religieux et moi
nous nous sommes unis dans une même pensée ;
Nous avions épuisé ce que la parole peut rendre,
et nous demeurions silencieux.

Je regardais les fleurs immobiles comme nous ;
J’écoutais les oiseaux suspendus dans l’espace,
et je comprenais la grande vérité.

(Song Zhiwen)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La pluie venue (Song Tche-Wen)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017




La pluie venue du mont Ki-chan avait passé rapidement avec le vent impétueux.
Le soleil se montrait pur et radieux au-dessus du pic occidental,
les arbres de la vallée du Midi semblaient plus verdoyants et touffus.

Je me dirigeai vers la demeure sainte
où un bonze vénérable me fit un accueil bienveillant.
Le religieux et moi nous nous sommes unis dans une même pensée ;
nous avions épuisé ce que la parole peut rendre
et nous demeurions silencieux.

Je regardais les fleurs immobiles comme nous,
j’écoutais les oiseaux suspendus dans l’espace,
et je comprenais la grande vérité.

(Song Tche-Wen)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Brise du soir (Maurice Poulet)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016




Sois donc la bienvenue, douce brise du soir,
Après cette journée de chaleur accablante!
O toi que j’attendais avec le doux espoir
De sentir rafraîchir ma poitrine haletante!

L’implacable soleil a terminé sa ronde.
La reposante lune des belles nuits d’été
L’a remplacé, là-haut, et coule sur le monde
Une vivifiante et suave clarté.

Couché sur le talus verdoyant de la route,
Le regard clair perdu dans la céleste voûte,
Grisé, je songe à tout et je ne songe à rien,
Tellement je revis, tellement je suis bien.

Une saute de vent rend la minute exquise:
De folles graminées frôlent mon torse nu,
Je baille et je détends mes vieux membres moulus,
J’oublie tout et m’endors, caressé par la brise.

(Maurice Poulet)

Illustration: Charles Sprague-Pearce

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le platane émondé (Luc Dietrich)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2016




Le platane émondé

Tout être se souvient de la forme qu’il est né pour remplir :
dans la joie ou dans la douleur, dans le désir ou la vertu
il s’efforce de la soutenir, de l’ouvrir jusqu’au bout sous le regard du ciel.

L’arbre frappé a vibré comme une corde.
La hache a taillé son chemin jusqu’au nerf du bois.

Les hautes branches sont tombées avec le bruit des grandes pluies.
Mais le désir embrouillé dans les racines, muré dans le tronc,
se souvient de la verdoyante sphère.

(Luc Dietrich)

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :