Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘verge’

LE POÈTE PAYSAN (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Louis-Philippe Kamm
    
LE POÈTE PAYSAN

Il aimait le ruisseau chanteur
Le coup d’aile de l’hirondelle
Le sol vêtu de pâquerettes
La robe pommelée du ciel
Pour lui l’orage fracasseur
Était la voix même de Dieu
Où se dressait le roc du soir
Il voyait Moïse et sa verge
Tout ce qu’embrassait son regard
Jusqu’aux insectes des fougères
Créatures du Tout-Puissant
Il l’aimait pour l’amour de Lui
Homme à respecter le silence
Dans les affaires de la vie
Penseur dès son adolescence
Paysan de par ses soucis
Et poète pour sa joie grande.

***

THE PEASANT POET

He loved the brook’s soft sound
The swallow swimming by
He loved the daisy-covered ground
The cloud-bedapled sky
To him the dismal storm appeared
The very voice of God
And when the evening rock was reared
Stood Moses with his rod
And everything his eyes surveyed
The insects i’ the brake
Were creatures God Almighty made
He loved them for his sake —
A silent man in life’s affairs
A thinker from a boy
A peasant in his daily cares
A poet in his joy.

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SUR LA ROUTE DE SAN ROMANO (André Breton)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2017



 

Illustration: Paolo Uccello
    
SUR LA ROUTE DE SAN ROMANO

La poésie se fait dans un lit comme l’amour
Ses draps défaits sont l’aurore des choses
La poésie se fait dans les bois

Elle a l’espace qu’il lui faut
Pas celui-ci mais l’autre que conditionnent

L’oeil du milan
La rosée sur une prèle
Le souvenir d’une bouteille de Traminer
embuée sur un plateau d’argent
Une haute verge de tourmaline sur la mer
Et la route de l’aventure mentale
Qui monte à pic
Une halte elle s’embroussaille aussitôt

Cela ne se crie pas sur les toits
Il est inconvenant de laisser la porte ouverte
Ou d’appeler des témoins

Les bancs de poissons les haies de mésanges
Les rails à l’entrée d’une grande gare
Les reflets des deux rives
Les sillons dans le pain
Les bulles du ruisseau
Les jours du calendrier
Le millepertuis

L’acte d’amour et l’acte de poésie
Sont incompatibles
Avec la lecture du journal à haute voix

(André Breton)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

EROS (Pierre-Albert Birot)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2015




EROS petit bougre blond un peu trop bouclé
Tu nous embêtes avec tes fléchettes
Drôle d’idée qu’a eue ta mère
De mettre ça dans ton soulier
Et dire que durant des siècles
Les poètes n’ont rien trouvé de mieux
Que de prendre ce gosse au sérieux
Moi je voulais faire un poème à coups de verges
Pour envoyer le môme au lit
Sans pleurs ni grincements de dents
Sûr qu’il tombe de sommeil
Depuis le temps qu’il nous mène au doigt et à l’oeil
Mais je renonce au poème
Décidément je n’ai jamais su jouer
Avec les enfants
Qu’un autre l’envoie coucher

(Pierre-Albert Birot)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Cède au feu qui te désespère (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2015


A toutes brides toi dont le fantôme
Piaffe la nuit sur un violon
Viens régner dans les bois

Les verges de l’ouragan
Cherchent leur chemin par chez toi
Tu n’es pas de celles
Dont on invente les désirs

Tes soifs sont plus contradictoires
Que des noyées

Viens boire un baiser par ici
Cède au feu qui te désespère.

(Paul Eluard)

Illustration: Vladimir Kush

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :