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Poésie

Posts Tagged ‘verre’

Les sirènes (Christophe Maé)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2021



Illustration: Frederic Leighton
    
Les sirènes

Tel un Jack Sparrow, je remonte mes manches
J’assure pas, j’assure plus, sans mon verre sur la planche
Tel un Jack de trop, du dimanche au dimanche
J’assume pas, non j’assume plus, je ne suis plus étanche

C’est pas la mer à boire tu sais, juste un peu d’eau salée
Solo, et soûlé, sur mon îlot isolé
J’ai des idées noires tu sais, une mouche dans un verre de lait
Même si je perds la mémoire, je bois pour oublier

Et j’entends les sirènes
Résonner au loin
Elles vont, elles viennent
Chercher les marins
Et j’entends les sirènes
Dans la tempête au loin
Avec la vie que je mène
Elles viendront pour moi demain

Tel un Jack Sparrow, je remonte les marches
Je les servais les mecs comme moi tu sais, dans ma chemise blanche
À trinquer un peu trop, perroquet sur la planche
Mon rein a coulé comme un radeau qui prend l’eau, et qui flanche

C’est pas la mer à boire tu sais, juste un peu d’eau salée
Sous l’eau, et soûlé, sur mon îlot isolé
J’ai des idées noires tu sais, une mouche dans un verre de lait
Même si je perds la mémoire, je bois pour oublier

Et j’entends les sirènes
Résonner au loin
Elles vont, elles viennent
Chercher les marins
Et j’entends les sirènes
Dans la tempête au loin
Avec la vie que je mène
Elles viendront pour moi demain

J’entends les sirènes
J’ai plongé profond
Ma tristesse est comme la mer
Elle n’a pas de fond

Tel un Jack Sparrow, je rabaisse mes manches

(Christophe Maé) (Paul Ecole)

 

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Ils croient (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



Ils croient manger des viandes
Et boire des vins
Mais c’est vingt mille ans
Qu’ils ont sur leur assiette
Et dans leur verre

(Pierre Albert-Birot)

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DEVANT LES PIVOINES (Liu Luxi)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021



Illustration: Yun Shouping
    
DEVANT LES PIVOINES

Je bois aujourd’hui,
devant les pivoines, décidé à m’enivrer.
Une goutte amère
tombe dans mon verre,
peut-être les pivoines disent-elles :
« Ce n’est pas pour vous, vieux monsieur,
que des fleurs si belles se sont épanouies. »

(Liu Luxi)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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SOLEIL COUCHANT (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021




    
SOLEIL COUCHANT

Les rayons obliques du soleil
scintillent sur les perles des rideaux.
Les fleurs du printemps resplendissent sur les rives.
Un parfum enivrant.
monte des jardins,
le long du fleuve.
Sur les chalands immobiles
s’allument les feux
pour le repas du soir.
Les moineaux piailleurs
bataillent farouchement
dans les branches.
Une nuée d’insectes a envahi la cour.
Qui a inventé ce vin trouble ?
Un seul verre suffit
à dissiper mille chagrins !

(Du Fu)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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Depuis que son garçon est parti pour la guerre (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021




    

Depuis que son garçon est parti pour la guerre,
La veuve met les deux couverts comme naguère,
Sert la soupe, remplit un grand verre de vin,
Puis, sur le seuil, attend qu’un envoyé divin,
Un pauvre, passe là pour qu’elle le convie.
Il en vient tous les jours. Donc son fils est en vie,
Et la vieille maman prend sa peine en douceur.
Mais l’épicier d’en face est un libre penseur
Et songe : –  » Peut-on croire à de telles grimaces ?
Les superstitions abrutissent les masses.  »

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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Petite clarification (Zuzanna Ginczanka)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2021



Illustration: Josephine Wall
    
Petite clarification

Je ne suis pas née
de la poussière
ni ne redeviendrai
poussière.
Je ne suis pas descendue
du ciel
ni ne retournerai au ciel.
Je suis moi-même le ciel
comme une voûte de verre.
Je suis moi-même la terre
comme la glèbe féconde,
Je n’ai fui
de nulle part
et ne retournerai
nulle part.
Hormis moi-même je ne connais d’autres lointains.
Dans le poumon gonflé du vent
et dans le calcaire des rochers
je dois
moi-même
ici
dispersée
me trouver.

***

Wyjaśnienie na marginesie

Zuzanna Ginczanka
Nie powstałam
z prochu,
nie obrócę się
w proch.
Nie zstąpiłam
z nieba
i nie wrócę do nieba.
Jestem sama niebem
tak jak szklisty strop.
Jestem sama ziemią
tak jak rodna gleba.
Nie uciekłam
znikąd
i nie wrócę
tam.
Oprócz samej siebie nie znam innej dali.
W wzdętem płucu wiatru
i w zwapnieniu skał
muszę
siebie
tutaj
rozproszoną
znaleźć.

(Zuzanna Ginczanka)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil:
Traduction: Traduit du polonais par Isabelle Macor
Editions:

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Nous restons figés parfois… (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2021




Illustration: Robert Doisneau
    
Nous restons figés parfois…

Nous restons figés parfois
au milieu d’une rue,
d’un mot
ou d’un baiser,
les yeux immobiles
comme deux longs verres d’eau solitaire,
la vie immobile
et les mains inertes entre un geste et celui qui aurait suivi,
comme si elles n’étaient plus nulle part.
Nos souvenirs alors sont d’un autre
dont à peine nous nous souvenons.

C’est comme si nous prêtions notre vie pour un temps,
sans l’assurance qu’elle nous sera rendue
et sans que personne nous l’ait demandée,
mais en sachant qu’elle sert alors
à quelque chose qui nous concerne plus que tout.

La mort n’est-elle un prêt, elle aussi,
au milieu d’une rue
d’un mot
ou d’un baiser ?

***

Nos quedamos a veces detenidos
en medio de una calle,
de una palabra
o de un beso,
con los ojos inmóviles
como dos largos vasos de agua solitaria,
con la vida inmóvil
y las manos quietas entre un gesto y el que hubiera seguido,
como si no estuvieran ya en ninguna parte.
Nuestros recuerdos son entonces de otro,
a quien apenas recordamos.

Es como si prestásemos la vida por un rato,
sin la seguridad de que nos va a ser devuelta
y sin que nadie nos la haya pedido,
pero sabiendo que es usada
para algo que nos concierne más que todo.

¿No será también la muerte un préstamo,
en medio de una calle,
de una palabra
o de un beso?

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Poésie verticale
Traduction: Traduit de l’espagnol (Argentine) par Roger Munier
Editions: Points

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LE JOUR DE L’ANNONCIATION A PASSÉ (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021




    
LE JOUR DE L’ANNONCIATION A PASSÉ

À vue de corbeau
le quartier est d’un blanc indécent
à la fin de juin.
Une femme arrose les fleurs et regarde
de loin les reflets noirs et aveuglants
de l’oiseau dans la cage
qu’un enfant accroche sur le balcon d’en face.
Un jour l’enfant va oublier
de fermer la porte de la cage.
Un jour la femme va traverser
l’unique mur de verre de sa boîte en béton
et ils vont se rencontrer dans l’infini
de cinq mètres entre les immeubles :
quand quelqu’un se jette dans le vide
Dieu construit un pont pour lui,
lance une échelle
ou bien lui envoie un oiseau.

Mais peut-on sortir d’un paysage
gravé dans l’œil
d’un corbeau empaillé ?

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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Enlacements (Marcel Lapeyre)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2021




    

Enlacements

Quatre vers à lire
près d’un verre à boire
cinq volubilis
sur la margelle du soir

(Marcel Lapeyre)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Friches 131
Traduction:
Editions: Revue de poésie Friches

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Le vin d’éternité (Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2020



    
Le vin d’éternité

En ce temps-ci, il n’est d’autre ami sans défaut
qu’un verre de vin pur, un recueil de poèmes:

Pars sans bagage étroit est le pas du salut.
Prends la coupe, car rien, rien ne vaut une vie.

Je ne suis pas le seul à être négligent : les
savants, eux aussi, sont tristes de ne pas
mettre en pratique ce qu’ils savent.

On voit bien que ce monde est un passage obscur
et que tout, ici-bas, est déplacé, instable.

Tiens-t-en aux beaux cheveux ! Ne conte pas de fable !
Ce sont les astres seuls qui sont les responsables : de
Saturne et Vénus dépend notre destin.

Mon cœur espérait tant s’unir avec le tien,
mais la mort a coupé la route de la vie.

On ne trouve jamais notre Hâfez lucide :
n’est-il pas toujours ivre du vin éternel?

***

(Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

 

Recueil: L’amour, l’amant, l’aimé
Traduction: Vincent-Masour Monteil
Editions: Actes Sud

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