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Poésie

Posts Tagged ‘verrou’

Non non ça ne va plus (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020




    
Non non ça ne va plus
mon amour autrefois si menu
est devenu rond et joufflu.
Allez c’est décidé pas de pitié
au régime il est condamné
viande grillée carottes râpées
et boissons vitaminées.
Fini les sucreries câlins et gâteries
il faut réduire les calories !
Mon amour enrobé mon amour grassouillet
je le veux mince et élancé
frêle et distingué
pour qu’il puisse se faufiler
à travers portes et verrous fermés
jusqu’à ton coeur cadenassé.

(Bernard Friot)

 

Recueil: Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Poèmes pressés
Traduction:
Editions: Folio Junior

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Noël (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019




    
Noël

Du village nocturne naissent les mille tours d’une cité
des paons blancs tristement
parcourent les cours
où l’eau retient le ciel d’étoiles
où la lune s’écoule des seaux
au frisson hésitant du vent.

Le bruit des attelages secoue les granges infinies
les verrous glissent sans bruit
et les portes soupirent
libérant l’ombre des chevaux

Pâles avec une lenteur de songe
du ciel tombent
les pétales des routes de minuit

Qui donc pose aux marguerites de l’hiver
la question d’amour ?

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Billet (Evariste de Parny)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



 

Otto Lohmuller 083_otolo

Billet

Apprenez, ma belle,
Qu’à minuit sonnant,
Une main fidèle,
Une main d’amant,
Ira doucement,
Se glissant dans l’ombre,
Tourner les verrous
Qui dès la nuit sombre,
Sont tirés sur vous.
Apprenez encore
Qu’un amant abhorre
Tout voile jaloux.
Pour être plus tendre,
Soyez sans atours,
Et songez à prendre
L’habit des Amours.

(Evariste de Parny)

Illustration: Otto Lohmuller

 

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La poésie (Aldo Pellegrini)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



    

La poésie n’est rien d’autre que cette violente nécessité d’affirmer son être qui anime l’homme.
Elle s’oppose à la volonté de ne pas être qui guide les foules domestiquées
et à la volonté d’être par les autres qui se manifeste chez ceux qui exercent le pouvoir.

Les imbéciles vivent dans un monde artificiel et faux :
attachés au pouvoir qu’ils peuvent avoir sur autrui,
ils nient la pleine réalité de l’humain au bénéfice de schémas creux.

Le monde du pouvoir est un monde vide de sens, hors du réel.
La poésie est une mystique du réel.

Le poète cherche dans le mot, non pas un mode d’expression,
mais une manière de participer à la réalité.
Au moyen du verbe, le poète n’exprime pas le réel : il y participe.

La porte de la poésie n’a ni clef ni verrou :
elle se défend par sa qualité d’incandescence.
Seuls les innocents, accoutumés au feu purificateur,
peuvent ouvrir cette porte de leurs mains ardentes et accéder à la réalité.

La poésie prétend accomplir la tâche suivante :
que ce monde ne soit pas seulement habitable pour les imbéciles. »

(Aldo Pellegrini)

 

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Masqué (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018




    
Masqué

La forêt grogne
assiège la maison.

Pour t’affoler, enfant,
ton chien s’est déguisé en loup,
il porte un masque
des gants de fer
mais sous ses gants
les griffes crissent
et sous le masque
les crocs luisent de vraie fureur.

Et le voici dehors, qui laboure le seuil,
mord le vent,
hurle à la lune.

Sois vigilant,
ferme la porte,
pousse bien le verrou,
garde ta main du père.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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À Ninon (Alfred de musset)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Illustration: Auguste Raynaud
    
À Ninon

Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?
L’amour, vous le savez, cause une peine extrême ;
C’est un mal sans pitié que vous plaignez vous-même ;
Peut-être cependant que vous m’en puniriez.

Si je vous le disais, que six mois de silence
Cachent de longs tourments et des voeux insensés :
Ninon, vous êtes fine, et votre insouciance
Se plaît, comme une fée, à deviner d’avance ;
Vous me répondriez peut-être : Je le sais.

Si je vous le disais, qu’une douce folie
A fait de moi votre ombre, et m’attache à vos pas :
Un petit air de doute et de mélancolie,
Vous le savez, Ninon, vous rend bien plus jolie ;
Peut-être diriez-vous que vous n’y croyez pas.

Si je vous le disais, que j’emporte dans l’âme
Jusques aux moindres mots de nos propos du soir :
Un regard offensé, vous le savez, madame,
Change deux yeux d’azur en deux éclairs de flamme ;
Vous me défendriez peut-être de vous voir.

Si je vous le disais, que chaque nuit je veille,
Que chaque jour je pleure et je prie à genoux ;
Ninon, quand vous riez, vous savez qu’une abeille
Prendrait pour une fleur votre bouche vermeille ;
Si je vous le disais, peut-être en ririez-vous.

mais vous ne saurez rien. – Je viens, sans rien en dire,
m’asseoir sous votre lampe et causer avec vous ;
Votre voix, je l’entends ; votre air, je le respire ;
Et vous pouvez douter, deviner et sourire,
Vos yeux ne verront pas de quoi m’être moins doux.

Je récolte en secret des fleurs mystérieuses :
Le soir, derrière vous, j’écoute au piano
Chanter sur le clavier vos mains harmonieuses,
Et, dans les tourbillons de nos valses joyeuses,
Je vous sens, dans mes bras, plier comme un roseau.

La nuit, quand de si loin le monde nous sépare,
Quand je rentre chez moi pour tirer mes verrous,
De mille souvenirs en jaloux je m’empare ;
Et là, seul devant Dieu, plein d’une joie avare,
J’ouvre, comme un trésor, mon coeur tout plein de vous.

J’aime, et je sais répondre avec indifférence ;
J’aime, et rien ne le dit ; j’aime, et seul je le sais ;
Et mon secret m’est cher, et chère ma souffrance ;
Et j’ai fait le serment d’aimer sans espérance,
mais non pas sans bonheur ; – je vous vois, c’est assez.

Non, je n’étais pas né pour ce bonheur suprême,
De mourir dans vos bras et de vivre à vos pieds.
Tout me le prouve, hélas ! jusqu’à ma douleur même…
Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?

(Alfred de musset)

 

 

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LES OBJETS RENVERSES (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



David Hockney -VanGoghChair1988

 

LES OBJETS RENVERSES

On peut mentir à ses amis,
rester muet devant les femmes,
mais à l’objet qui vit sans bruit
comment lui dérober son âme ?

L’oreiller gonflé, bien en place,
parle des nuits passées ailleurs.
Un tapis alourdi de traces
trahit la bête et la fureur.

Taches, cendres, poussière, odeurs,
monceau de signes sur la table,
vous accablez vos créateurs
de témoignages implacables.

Ni la peur ni la récompense
ne vous poussent à déposer,
hors l’étrange et sûre vengeance
contre qui vous a méprisés.

Vous démontez les alibis,
verrous tirés, vieilles empreintes.
Parmi les meubles ennemis
un homme est seul avec ses craintes.

(Axel Toursky)

Illustration: David Hockney

 

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Le vent peut déchirer le ciel que nous aimons (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



David Alfaro Siqueiros peace-1961

Le vent peut déchirer le ciel que nous aimons,
On aura beau briser ce chant à coups de hache,
Tu restes, mon amour, le radeau de limon
Pâle, émergeant toujours des brumes du voyage.

Je ne vois pas tes yeux mais je sais comme ils brillent.
Le vent noue à ton cou son collier de fraîcheur.
Tu pousses les verrous des portes de la peur
Et tu n’écoutes plus ce que les soldats crient.

(Albert Ayguesparse)

Illustration: David Alfaro 

 

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Vaste prison muette (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



Silence au guet – une heure tinte.
Rentre à tes débuts, rentre aux gris
murs moites en ciment qui suintent,
et t’imagine libre, ami,
me dis-je. Et me dressant debout,
je vis qu’au ciel, dessus ma tête,
le Grand Chariot brillait, verrou
d’une vaste prison muette.

(Attila Jozsef)


Illustration

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L’attente (Jules Verne)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018



Illustration: Hugues Gillet
    
L’attente

Je suis dans la douce attente ;
Au nocturne rendez-vous,
Je guette ma belle amante ;

La lune amoureuse argenté
Le gazon flexible et doux ;
Je suis dans la douce attente ;

L’ombre tiède et frémissante
Se prépare à point pour nous ;
Je guette ma belle amante ;

De sa beauté ravissante
Déjà je me sens jaloux ;
Je suis dans la douce attente ;

Il lui faudra quitter tante,
Père, mère, sœur, époux !
Je guette ma belle amante ;

Bien couverte de sa mante,
Elle doit les tromper tous ;
Je suis dans la douce attente ;

Dans ce bosquet d’amarante,
Il ne faut pas de verrous !
Je guette ma belle amante ;

Elle arrive diligente !…
Je la contemple à genoux !
Dans une bien douce attente
J’ai guetté ma belle amante !

Ma douce amante, pourquoi,
Alors que je me réveille,
Ta bouche pure et vermeille
Que tu viens pencher vers moi,
Se clôt-elle à mon oreille ?

Serait-ce pas un baiser ?
Quelquefois je le suppose,
Que de tes lèvres de rose
Tu voudrais sur moi poser
Secrètement et pour cause ?

Ou plutôt à mon chevet,
Retenant ta fraîche haleine,
Crains-tu que je ne surprenne
Dans ton coeur quelque secret
Qu’il me dérobe avec peine ?

Mais pour guérir ta douleur,
Car ta souffrance me touche
Quand l’ombre ceint ma couche,
Dépose l’un dans mon cœur,
Pose l’autre sur ma bouche !

(Jules Verne)

 

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