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Poésie

Posts Tagged ‘vers’

LA MER (Henry Jacques)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



LA MER

Poètes de tous poils dont les pieds ont des bottes,
Dont l’aile est repliée au mitan des capotes,
Par ce que nous savons, par ce que nous aimons,
Par le vent et le sel qui brûlent nos poumons,
Par les hivers du Cap tatouant nos mains bleues,
Les torrides soleils où flambent nos cheveux,
Par l’espace cabré que domptent les filins,
Par les bois et le fer, par le chanvre et le lin,
Nous chanterons d’instinct, toute âme, toute chair,
N’importe la musique et n’importe le vers ;
LA MER !

(Henry Jacques)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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L’insatisfaction où me laissent mes vers (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2020




    
L’insatisfaction où me laissent mes vers est entière :
ils ne disent jamais seulement ce que j’ai voulu dire.
Ces textes d’une nudité extrême, à mes yeux portent trop de surcharges ;
le pur instant qui nous donne l’Être n’y brille pas de son éclat réel.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pour écrire un seul vers (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2020



Pour écrire un seul vers

il faut se souvenir de cent ans de sommeil
et des vies qui précédèrent, de la piqûre des roses
et de l’aïeule qui voulait voir la mer,
de l’homme au large dos couvert de ventouses
et de ses enfants effrayés par les méduses.
Des objets magiques et des formules
où s’enroulent des fleurs autour des lettres gothiques.

Puis abandonner à son sort
cet homme en nous qui se noie dans ses souvenirs,
pour renouer avec la magie sans accessoires
et la jonglerie sans rien, mais avec des gestes
suspendus en l’air et la réalité
qui se retourne comme un gant.

Avec les êtres et les choses
attirant les mots comme des aimants.

(Gérard Macé)


Illustration: Sylvie Lemelin

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Coeur de bois (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2020



Illustration
    
Coeur de bois

Amandine si hautaine
Amandine au coeur de bois
Ce soir, je serai ton Roi.
Si tu veux, tu seras la Reine.

J’ai ôté mon tablier
J’ai mis mes plus beaux souliers
Dans ma poche des sous neufs
Pour les distribuer aux veufs

Comme trône j’ai le fauteuil
Du Grand Oncle Cancrelat
Qui fume dans son cercueil
Une pipe en chocolat.

Ma couronne vif argent
Vient tout droit du pâtissier.
Sur mes épaules flotte un drap
On se cachera dedans.

Le fauteuil est à roulettes
Quelle aubaine pour un Roi !
Je le déplace et les traîtres
Frappent au mauvais endroit.

Amandine, tes yeux verts
Illuminent toutes mes nuits.
Je voudrais t’écrire en vers
Quand je serai plus instruit

Amandine, tu m’as dit .
« Je viendrai sept heures sonnées.
Je viendrai dans ton grenier
Avec ma chemise à plis. »

L’heure passe et je suis là
Ma couronne pour les rats !
Ah ! ce bruit de patinette !
Mais non, ce n’est pas ici.

Le sang me monte à la tête
J’entends les cloches aussi.
Et pourtant, je suis le Roi !
Tu devrais, genou en terre,

Baiser le bout de mon drap
Et pleurer pour la manière !
« Madame, relevez-vous »
Te dirai-je noblement !

Et sur tes lèvres de houx
T’embrasserai jusqu’à cent.
L’heure fuit , mes oripeaux
Juste bons pour les corbeaux !

Amandine, tu te moques
Tu te ris toujours de moi.
Quand tu remontes tes socques
Je tremble et ne sais pourquoi…

Amandine, je vais mourir
Si vraiment tu ne viens pas.
Je t’ordonne de courir
De grandir entre mes bras !

Le silence, seul, répond
Aile blanche sur mon front.

Le grenier comme un navire
Se balance dans la nuit.
Le trône vide chavire
L’Oncle fume en son réduit.

Amandine sans foi ni loi
Amandine ne viendra pas.
Jamais elle ne sera Reine
D’Occident ou de Saba

Jamais elle ne régnera
Sur c’qu’il y a de plus sacré.
Peste noire ou choléra
Jamais ne pourra pleurer.

Et pourtant comme je l’aime
Amandine des chevaux d’bois
De Jean-Pierre et de Ghislaine
De tout le monde à la fois !

Et pourtant comme je l’aime
(À mes pieds tombe le drap)
Amandine si hautaine
Amandine au coeur de bois.

(René de Obaldia)

 

Recueil: Innocentines
Traduction:
Editions: Gracet & Fasquelle

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Les Amoureux (Aldebert)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2020




    
Les Amoureux

Souvent a l’école, on se moque de nous
Les enfants rigolent, ce sont des jaloux
Ma princesse a osé, quelle bien jolie scène
Elle a déposé sa main dans la mienne

Nous faisons le mur, ce n’est pas de tout repos
Je suis sans armure, elle est sans château
Souvent dans la rue, on nous montre du doigt
Les gens sont bourrus, mais les gens sont comme ça

Tout ça parce que tous les deux, nous oublions d’être sages
On est amoureux, et nous enjambons les nuages!

Nous avons fugué entre deux paragraphes
Nous avons largué les leçons d’orthographe
Tout par dessus bord, les dictées, les problèmes
On est tombé d’accord, pour se dire je t’aime.

Ici les oiseaux sont dans la confidence

Quand on est en haut, plus rien n’a d’importance
Au premier baiser, plus rien ne bouge
J’ai senti passer, mes joues de roses à rouges

Selon les vents, si ça nous sonne
Quand nous serons de grandes personnes
Nous redescendrons sur Terre

Et quand les archers auront des ailes
Le cœur de tout les écoliers
Nous viendrons vous chanter ces vers

Levez bien la tête! Ouvrez grand les yeux!
Vous verrez peut être les enfants amoureux.

Fleurter sur les stratus, quelle sensation étrange.
Flâner sur les nimbus, deux apprentis-anges.

Nous oublions d’être sages, et nous enjambons les nuages.
Nous oublions d’être sages, et nous enjambons les nuages!

(Aldebert)

 

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Comment prouver que je suis là ce soir (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2020



 

Pierre-Albert Birot

Comment prouver que je suis là ce soir
Tout seul entre ces quatre murs
Nos amis intimes
Le plus simple est de m’enfermer en grandeur naturelle
Au fond de ces cinq vers

(Pierre Albert-Birot)

Illustration

 

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L’écrit vainc (Achbé)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2020



Illustration: Achbé    
    
L’écrit vainc

Les larmes coulèrent.
Les larmes colère!
Les cris enflèrent.
Les cris enfer!
Puis l’écrit vint.

Les mots éclairent.
Les mots éclairs!
Les mots libèrent.
Les vers, l’hiver!
Puis l’écrit vainc.

(Achbé)

 

Recueil: Ma rue par Achbé
Traduction:
Editions: Gallimard

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Soirs de confidences (Jean-Pierre Michel)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020




Soirs de confidences

Quand je parle à ton coeur, que la vie a froissé
En cette fin de jour où le bonheur s’effeuille
Je voudrais que les mots au soyeux de ma feuille
Brodent l’or de tes yeux de rêves enlacés.

Quand je parle à ton coeur, aux soirs de confidences
Où dansent les reflets que filtre l’abat-jour
Renaît dans ton regard où s’éveille l’amour
Une aube de lumière en sa magnificence.

Quand je parle à ton coeur, qu’un doute effleure encor
Ecoute les échos, au chant de mes – je t’aime -.
Dans le lit de la nuit où éclôt mon poème
Chaque vers est musique au clavier de ton corps.

(Jean-Pierre Michel)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

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VERS QUOI? (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



VERS QUOI?

Vers quel édifice
Toutes ces fondations ?

Vers quelle destination
Toutes ces poursuites ?

Vers quelle cible
Toutes ces flèches ?

Vers quelle durée
Tous ces instants ?

Vers quel mirage
Nos cheminements ?

(Andrée Chedid)


Illustration: Catherine Catteloin

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Au dieu de l’amour (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2019



Illustration
    
Au dieu de l’amour
J’ai dédié tout en priant
Mes vers d’aujourd’hui
Quand donc le dieu des liaisons
En fera-t-il réception ?

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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