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Poésie

Posts Tagged ‘verser’

Il faut (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2020



il faut que la mer là-bas
soit la force qui vague
après vague nous a
quittés

il faut une nuit inquiète
pour dominer les arbres
et nous donner raison
de trembler avec eux

il faut une fenêtre mal
fermée dont chaque battement
devient un oiseau noir
au bord de nos lumières

il faut au moment de verser
perdre haleine et le souffle
qui nous hébergeait

(Jean-François Mathé)


Illustration: Sabin Balasa

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Nos chants (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



Nos chants accompagnaient
Le bruit lourd des vagues
Au milieu des cris de l’équipage

Chassés de leurs nids
Les oiseaux secouaient la fatigue de leur vol
Et les larmes qu’ils versaient
Sur les feuilles de platane
Effaçaient le sourire du miroir
Qui avait la forme de tes lèvres
Et disparaissait dans les brouillards de ma mémoire.

(Jean-Baptiste Besnard)

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LE POMMIER SUR LA ROUTE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020



Illustration: Henri Eisenberg
    
LE POMMIER SUR LA ROUTE

Je suis un pommier tout près de la route
Que ne longe pas de clôture.
Ils sont rouges mes fruits,
Ils flamboient dans mes branches.
Sers-toi, passant, on ne te dira rien.
Et si tu tiens à remercier quelqu’un,
Remercie la terre où j’ai mes racines,
Ce pays-ci qui nous berce tous deux,
Qui me nourrit, qui te nourrit aussi.

Quand au printemps le soleil devient bon,
Je sens se faire en moi une nuée de fleurs,
Quand l’été me verse un suc vénéré,
J’incline jusqu’au sol mes branches
Pour rendre grâce à la terre,
Et lui dire humblement
Ce que je veux lui dire,
Je ne sais trop comment.

Quand vient l’automne
Et que mes branches ploient sous la foison des fruits,
Je les offre aux humains,
Puis quand commence à tomber ma parure,
Quand la neige me fait une fourrure épaisse,
J’étreins très fort le sol de toutes mes racines
Afin que la tempête
Ne puisse m’arracher à mes assises,
Et d’année en année je porte plus de fruits
Et chaque année je veux en donner davantage.

Je chéris les enfants balancés dans mes branches,
Portant le foulard rouge
Qui parle d’un drapeau.
Et je chéris aussi les jeunes filles
Dont les pieds blancs parcourent mon feuillage,
Poches, tabliers tout remplis de pommes,
Criant de joie, les joues en feu.

J’arrive alors à oublier les gens
Qui ont jeté des pierres
Dans ma boule de feuilles.
Je me souviens que le printemps passé
Deux jeunes gens se sont appuyés à mon tronc
Et se sont embrassés,
Que le garçon, joyeux,
Mit une fleur à son chapeau
Et partit en chantant.

Je suis un pommier tout près de la route
Que ne longe pas de clôture.
Ils sont rouges, mes fruits,
Ils flamboient dans mes branches.
Sers-toi, passant, on ne te dira rien.
Et si tu tiens à remercier quelqu’un,
Remercie la terre où j’ai mes racines,
Ce pays-ci qui nous berce tous deux,
Qui me nourrit, qui te nourrit aussi.

(Mihai Beniuc)

 

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DONNE-MOI TES DOUTES (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020



 

Illustration: Mana Neyestani
    
DONNE-MOI TES DOUTES

Donne-moi tes doutes que je les redresse
Comme des clous tordus,
Donne-moi tes incertitudes, toi qui vas
Sur ce que tu crois être une fausse route.
J’ai assez erré, assez cogné à des portes pour savoir
Qu’il n’y a pas d’autre sagesse,
Depuis l’infini jusqu’au point zéro,
Que d’être à la besogne, entiché de fini.
Versez vos griefs dans ma solitude,
Aussi large qu’un golfe,
Dans mon chantier où l’on répare
Les vaisseaux qui firent naufrage.
Je suis le vieil ami
De ceux qui sont grands dans leurs actions
Et pas dans leurs paroles;
Moi je peux mourir parmi les fourmis
Et que l’on m’oublie.
Dans l’immense nuit du monde; pourtant,
J’ai élevé, aux côtés des autres,
Le jour sous le soleil, la nuit dans les ténèbres,
Efforts douloureux, rêve chimérique
Payé de pleurs dans des bols de terre —
Des foyers pour durer, de hautes pyramides,
Avec la foi qu’un jour
Le ciel partout s’éclairera.

(Mihai Beniuc)

 

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Poème d’adieu (Du Mu)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



    
Poème d’adieu

Une grande passion ressemble à l’indifférence
Devant la coupe nul sourire ne vient aux lèvres
C’est la bougie qui brille les affres des adieux :
Jusqu’au jour, pour nous, elle verse des larmes

(Du Mu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Que me parles-tu de gloire (Pascal Bonetti)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020




Que me parles-tu de gloire,
A quoi bon ces vains discours ?
Donne-moi plutôt à boire,
Rends-moi plutôt mes amours.
Vois, ma tête est déjà chenue
Et des suprêmes adieux
L’heure tôt sera venue !
De ce vin qu’aiment les dieux
Verse donc, verse, mon page,
Emplis ma coupe à plaisir
Pour que mon ultime page
S’achève sur un désir.

(Pascal Bonetti)

Illustration: Gérard de Lairesse

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On boit parfois la nuit comme un vin (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2020



Illustration: F.A. Moore
    
On boit parfois la nuit comme un vin
Versé dans un grand verre rond

Senteurs boisées

Le silence a du corps

Une épaisseur d’ombre
Chaude
Court dans le sang

L’ivresse a les mains douces

Joie obscure et apaisée
Dormante

Nuit longue en bouche

(Jean-Pierre Siméon)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Numéro 130
Traduction:
Editions: Revue Friches

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Il faut au printemps (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2020




    
Il faut au printemps
Savoir verser dans les coupes
Toute l’ivresse !
Si sages sont vos visages
En fleurs, fleurs de magnolia !

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Muse II (David Marino)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



Muse II

Comment ne pas aimer la chaleur de ton sein,
L’amour éphémère de la beauté antique ?

Tu nous verses l’ivresse épurée du bon vin
Et ton lait rouge apaise et plaint le fanatique.

Et ta peau étoilée embaume le divin.
Séraphins, archanges et anges te jalousent

Sage ou diablesse, ce doux parfum est saint,
Ici, tous les hommes, bons et mauvais t’épousent.

(David Marino)


Illustration: Gustave Moreau

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Mon ombre (Hosai)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2019



Avec calme
mon ombre bouge
et verse du thé à son invité

(Hosai)


Illustration

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