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Posts Tagged ‘vertèbres’

SCANTATE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2018



 

Zdzislaw Beksinski  Lo1_500

SCANTATE

je ne sais d’où je viens
je ne sais où je vais
j’avance au beau milieu
de la vie de la mort
comme un danseur de vide
cherchant le sang des choses
j’écris contre le bruit
de la douleur du monde

j’avance au beau milieu
de la vie de la mort
je ne sais où j’ai vu
cette pluie d’insomnie
j’écris contre le bruit
de la douleur du monde
encore un souffle d’or
dans la course au soleil

je ne sais où j’ai vu
cette pluie d’insomnie
je mets ma vie en jeu
je mets ma nuit en feu
encore un souffle d’or
dans la course au soleil
un grand vent étoilé
qui secoue les vertèbres

je mets ma vie en jeu
je mets ma nuit en feu
réclamant sans répit
ce qui laisse sans voix
un grand vent étoilé
qui secoue les vertèbres
je le reconnais bien
c’est l’infini parlant

(Zéno Bianu)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

 

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J’aime mon corps lorsqu’il est avec ton corps (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



Illustration: Irina Karkabi
    
j’aime mon corps lorsqu’il est avec ton
corps. Il devient une chose tellement nouvelle.
Muscles mieux et nerfs plus.
j’aime ton corps. j’aime ce qu’il fait,
j’aime ses comment. j’aime sentir la colonne
de ton corps et ses vertèbres,et tremblante
sa fermeté soyeuse et que je vais
encore et encore et encore
l’embrasser, j’aime embrasser ton ceci ton cela,
j’aime,lentement caresser le,scandaleux duvet
de ta toison électrique,et le qu’arrive-t-il
sur la chair entrouverte… Les grands yeux miettes d’amour,

et il se peut que j’aime le frisson

de toi sous moi complètement nouvelle

***

i like my body when it is with your
body. It is so quite new a thing.
Muscles better and nerves more.
i like your body. i like what it does,
i like its hows. i like to feel the spine
of your body and its bones,and the trembling
-firm-smooth ness and which i will
again and again and again
kiss, i like kissing this and that of you,
i like,slowly stroking the,shocking fuzz
of your electric fur,and what-is-it comes
over parting flesh….And eyes big love-crumbs,

and possibly i like the thrill

of under me you so quite new

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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SONNET AU GALOP (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2016



 

SONNET AU GALOP

Murailles ? Non, mailles,
Mai mugissement,
toi moi que travaille
le commencement.

Mes mains et mes dents
mordent les ténèbres
le marteau le temps
cogne à mes vertèbres.

Qui dit mieux? J’écoute
galop à l’envers
l’oreille à la route

sabots et crinière
les yeux les éclairs
la terre la terre!

(Jean Tardieu)

Illustration: Rafal Olbinski

 

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Le zèbre (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2016



Le zèbre,
cheval des ténèbres
Lève le pied, ferme les yeux,
Et fait résonner ses vertèbres
En hennissant d’un air joyeux.
Au clair soleil de Barbarie,
Il sort alors de l’écurie
Et va brouter dans la prairie
Les herbes de sorcellerie.
Mais la prison sur son pelage,
A laissé l’ombre du grillage.

(Robert Desnos)

 

 

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GRAND ARBRE BLANC (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2015



GRAND ARBRE BLANC

à l’Orient vieilli
la ruche est morte
le ciel n’est plus que cire sèche

sous la paille noircie
l’or s’est couvert de mousse

les dieux mourants
ont mangé leur regard
puis la clef

il a fait froid

il a fait froid
et sur le temps droit comme un i
un œil rond a gelé

grand arbre
nous n’avons plus de branches
ni de Levant ni de Couchant
le sommeil s’est tué à l’Ouest
avec l’idée de jour

grand arbre
nous voici verticaux sous l’étoile
et la beauté nous a blanchis

mais si creuse est la nuit
que l’on voudrait grandir
grandir
jusqu’à remplir ce regard sans paupière
grand arbre
l’espace est rond
et nous sommes
Nord-Sud
l’éventail replié des saisons
le cri sans bouche
la pile de vertèbres

grand arbre
le temps n’a plus de feuilles
la mort a mis un baiser blanc
sur chaque souvenir
mais notre chair
est aussi pierre qui pousse
et sève de la roue

grand arbre
l’ombre a séché au pied du sel
l’écorce n’a plus d’âge
et notre cœur est nu
grand arbre
l’œil est sur notre front
nous avons mangé la mousse
et jeté l’or

pourtant
le chant des signes
ranime au fond de l’air
d’atroces armes blanches

qui tue
qui parle

le sang
le sang n’est que sens de l’absence
et il fait froid

grand arbre
il fait froid
et c’est la vanité du vent
morte l’abeille
sa pensée nous fait ruche
les mots
les mots déjà
butinent dans la gorge

grand arbre
blanc debout
nos feuilles sont dedans
et la mort qui nous lèche
est seule bouche du savoir

(Bernard Noël)

 

 

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Le cantique de Saint Jean (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2015



Le cantique de Saint Jean

Le soleil que sa halte
Surnaturelle exalte
Aussitôt redescend
Incandescent

Je sens comme aux vertèbres
S’éployer des ténèbres
Toutes dans un frisson
À l’unisson

Et ma tête surgie
Solitaire vigie
Dans les vols triomphaux
De cette faux

Comme rupture franche
Plutôt refoule ou tranche
Les anciens désaccords
Avec le corps

Qu’elle de jeûnes ivre
S’opiniâtre à suivre
En quelque bond hagard
Son pur regard

Là-haut où la froidure
Éternelle n’endure
Que vous la surpassiez
Tous ô glaciers

Mais selon un baptême
Illuminée au même
Principe qui m’élut
Penche un salut.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Jean Benner

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