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Posts Tagged ‘vertigineux’

A l’écoute d’un chant (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



Illustration: Freydoon Rassouli

 

A l’écoute d’un chant

Une voix de femme passe comme le vent,
Noire, dirait-on, humide, nocturne.
Tout ce qu’elle touche au vol, aussitôt
Se transforme.
Elle scintille, diamantine,
Argente ici ou là quelque chose un instant,
Bruisse, costume étrange,
Soies prodigieuses.
Si puissant,
Ce qui aimante la voix, l’ensorcelle :
Comme si devant, là-bas, ce n’était pas la tombe, mais l’envol
D’un escalier vertigineux.

(Anna Akhmatova)

 

 


Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

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Seul ce qui brûle (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Seul ce qui brûle

Je ne sais, cher et vénéré ami,
si vous avez eu le terrifiant privilège
de connaître la passion d’amour.
C’est le plus vertigineux des abîmes
dans lequel il est possible à l’homme de descendre.

Un abîme de flammes et de souffrances aiguës.
Mais si quelqu’un se mêlait de vouloir sauver
celui qui y est tombé,
vous l’entendriez hurler comme si on lui arrachait la peau.
La seule délivrance est d’y être consumé sans résidus !

(Christiane Singer)

 

 

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Le Tao est le vide (Lao Tseu)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2016



Le Tao est le vide,
mais le vide
est inépuisable.
C’est un abîme vertigineux.
Insondable.
De lui
sont sortis
tous ceux qui vivent.
Eternellement,
il émousse ce qui est aigu,
dénoue le fil des existences,
fait jaillir la lumière.
Du rien, crée toute chose.
Sa pureté est indicible.
Il n’a pas de commencement.
Il est.
Nul ne l’a engendré.
Il était déjà là
quand naquit le maître du ciel.

(Lao Tseu)

Illustration et Vide Quantique

 

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Andromède au monstre (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2016



La Vierge Céphéenne, hélas! encor vivante,
Liée, échevelée, au roc des noirs îlots,
Se lamente en tordant avec de vains sanglots
Sa chair royale où court un frisson d’épouvante.

L’Océan monstrueux que la tempête évente
Crache à ses pieds glacés l’âcre bave des flots,
Et partout elle voit, à travers ses cils clos,
Bâiller la gueule glauque, innombrable et mouvante.

Tel qu’un éclat de foudre en un ciel sans éclair,
Tout à coup, retentit un hennissement clair.
Ses yeux s’ouvrent. L’horreur les emplit, et l’extase;

Car elle a vu, d’un vol vertigineux et sûr,
Se cabrant sous le poids du fils de Zeus, Pégase
Allonger sur la mer sa grande ombre d’azur.

(José-Maria de Hérédia)

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Ouvre sur moi tes yeux si tristes… (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2016



Lauri Blank -  T  (37) [800x600]

Ouvre sur moi tes yeux si tristes et si tendres,
Miroirs de mon étoile, asiles éclairés,
Tes yeux plus solennels de se voir adorés,
Temples où le silence est le secret d’entendre.

Quelle île nous conçut des strophes de la mer?
Onde où l’onde s’enroule à la houle d’une onde,
Les vagues de nos soirs expirent sur le monde
Et regonflent en nous leurs eaux couleur de chair.

Un souffle d’île heureuse et de santal soulève
Tes cheveux, innombrables ailes, et nous fuit
De la nuit à la rose, arôme, dans la nuit,
Par delà ton sein double et pur, Delphes du rêve.

Parle. Ta voix s’incline avec ta bouche. Un dieu
Lui murmure les mots de la mélancolie
Hâtive d’être aimée autant qu’elle est jolie
Et qui dans les ferveurs sent frémir les adieux.

Ta voix, c’est le soupir d’une enfance perdue.
C’est ta fragilité qui vibre de mourir.
C’est ta chair qui, toujours plus fière de fleurir,
Toujours se croit dans l’ombre à demi descendue.

Enlaçons-nous. Le vent vertigineux des jours
Arrache la corolle avant la feuille morte.
Le vent qui tourne autour de la vie et l’emporte
Sans vaincre nos désirs peut rompre nos amours.

Et s’il veut nous ravir à la vertu d’éclore,
Que nous restera-t-il de ce jour surhumain?
La fièvre du front lourd, trop lourd pour une main,
Et le songe, qui meurt brusquement à l’aurore.

(Pierre Louÿs)

Illustration: Lauri Blank 

 

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Une journée, pour toi (Ted Hughes)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2016



 

Charnine _Babylon

Une journée, pour toi,
C’était vingt-quatre échelons d’un escalier de secours
suspendu, spirale vertigineuse au-dessus du néant,
Menant au néant.

(Ted Hughes)

Illustration: Charnine 

Découvert chez Lara ici

 

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Les rochers incassables (Joyce Mansour)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2016



Les rochers incassables
Que sont mes nuits sans fin
Les marques sur ma peau morne d’inquiétude
Les nez noirs des bouchers emplis de sang frais
Le cri velouté qu’est mon cauchemar quotidien
Qui me saoule et sans appui
Sur l’abîme vertigineux des crachats.

(Joyce Mansour)

 

 

 

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Si tu pars (Natalia Correia)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2015



Malinowski_Bain d'Or-650Laisse courir
dans les couloirs secrets de ton corps
les cheveux vertigineux de tes désirs.
Eux seuls connaissent la destinée
que l’esprit voilé par des brumes honteuses
n’ose pas découvrir

Mes mains se cherchent sur ton corps
Pour saisir ta forme la plus complète.
Si tu pars, je garderai la robe
De ta nudité parfaite.

(Natalia Correia)

Illustration: Andrzej Malinowski

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La plante verte (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2015


plante-verte

Vastement immobile
de toute la force
vertigineuse
du vert
elle est, elle est, elle est.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Le passage (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2015


le-passage


Il n’est pas abstrus de penser
qu’il existe en chaque vie
un trou vertigineux
par lequel s’opère le passage
à une dimension autre.

(Christiane Singer)

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