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Poésie

Posts Tagged ‘vertu’

Le Charme (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2020


Le Charme

Par la vertu d’un charme
rêve une pucelle
qu’elle pénètre dans le diamant taillé de sa bague
alors que les poissons sortis de l’eau
halètent sur la jeune herbe
monde illusoire
qu’abrite le soleil caché ou pas
sans trêve sur terre
et sur les eaux.

(Jean Follain)

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L’allée est déserte (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020


L’allée est déserte
Nous n’y passons plus.
Une rose ouverte
Offre sa vertu.

Quand reviendras-tu?

Chevaux de cascades
Frères de dauphins,
Courez à la rade,
Portez mon chagrin.

Il tenait ma main.

Gages d’amours franches
N’ai-je plus que vous?
Perles des nuits blanches
Brillez à mon cou.

Je l’aimais beaucoup.

(Louise de Vilmorin)

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Le Lis (II) (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



La vierge est comme un lis éclatant de candeur;
Elle a ses cheveux blonds pour royale couronne,
Jeunesse et chasteté! De toute sa personne,
Il semble s’exhaler un parfum de pudeur.

Si la limpidité de ses grands yeux étonne
Et des propos d’amour sait arrêter l’ardeur,
C’est que dans l’ignorance il est une grandeur,
Et que, voile divin, la vertu l’environne.

Mais, un jour de désir, la vierge se pâmant
Laissera profaner par la main de l’amant
Tes fragiles trésors. Virginité sacrée!

Tel, au brûlant baiser de la brise égarée
Ou flotte le pollen amoureux, s’enflammant
Le lis sème dans l’air sa poussière dorée!

(José-Maria de Heredia)

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LE COUTEAU CARNIVORE (Miguel Hernández)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2020



Illustration: Juan Gris
    
LE COUTEAU CARNIVORE

Un couteau carnivore,
aile douce et homicide,
soutient son vol et son éclat
autour de ma vie

Rayon métallique crispé
Affaissé totalement,
me picote le flanc
pour y construit un triste nid.

Mon temple, balcon fleuri
dès mon plus jeune âge
est noir et mon cœur,
sur mon cœur des cheveux gris.

Telle est la mauvaise vertu
du rayon qui m’entoure,
que je vais à ma jeunesse
comme la lune à mon village.

Je collecte avec mes cils
le sel de l’âme et le sel de l’œil
et des fleurs de toiles d’araignées
de ma tristesse je collecte.

Où irai-je sans aller
à rechercher ma perte ?
Ton destin c’est la plage
ma vocation c’est la mer.

Se reposer de ce travail
d’ouragan, d’amour ou d’enfer
n’est pas possible, et la douleur
sera mon éternelle peine.

Mais enfin je peux vaincre,
oiseau et rayon séculaire,
cœur, de la mort
personne ne doit me faire douter.

Suis ensuite le couteau, suis-le
volant, me blessant. Un jour
le temps jauni se retrouvera
sur ma photographie.

***

Un carnívoro cuchillo

Un carnívoro cuchillo
de ala dulce y homicida
sostiene un vuelo y un brillo
alrededor de mi vida.

Rayo de metal crispado
fulgentemente caído,
picotea mi costado
y hace en él un triste nido.

Mi sien, florido balcón
de mis edades tempranas,
negra está, y mi corazón,
y mi corazón con canas.

Tal es la mala virtud
del rayo que me rodea,
que voy a mi juventud
como la luna a mi aldea.

Recojo con las pestañas
sal del alma y sal del ojo
y flores de telarañas
de mis tristezas recojo.

¿A dónde iré que no vaya
mi perdición a buscar?
Tu destino es de la playa
y mi vocación del mar.

Descansar de esta labor
de huracán, amor o infierno
no es posible, y el dolor
me hará a mi pesar eterno.

Pero al fin podré vencerte,
ave y rayo secular,
corazón, que de la muerte
nadie ha de hacerme dudar.

Sigue, pues, sigue cuchillo,
volando, hiriendo. Algún día
se pondrá el tiempo amarillo
sobre mi fotografía.

(Miguel Hernández)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Espagnol
Editions:

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Dizain (Marguerite de Navarre)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2019




Dizain

j’aime une amie entièrement parfaite
Tant que j’en sens satisfait mon désir
Nature l’a, quant à la beauté, faite
Pour à tout oeil donner parfait plaisir ;
Grâce y a fait son chef-d’oeuvre à loisir,
Et les vertus y ont mis leur pouvoir,
Tant que l’ouïr , la hanter et la voir
Sont sûrs témoins de sa perfection :
Un mal y a, c’est qu’elle peut avoir
En corps parfait coeur sans affection.

(Marguerite de Navarre)

Illustration: Marie-Paule Deville-Chabrolle

 

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Que ne t’atteigne pas l’air, l’aurore, la nuit (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2019



Que ne t’atteigne pas l’air, l’aurore, la nuit,
mais seulement la terre, et la vertu des grappes,
et la pomme qui pousse en entendant l’eau pure,
la résine et la boue de ta terre odorante.

Depuis Quinchamali où tes yeux furent faits
jusqu’à tes pieds créés pour moi sur la Frontière
tu es la glaise obscure et que je reconnais :
tout le blé je le touche à nouveau sur tes hanches.

Et peut-être l’ignorais-tu, mon Araucane,
lorsque avant de t’aimer j’oubliai tes baisers
qu’il nie restait au coeur mémoire de ta bouche

et j’allai par les rues pareil à un blessé
pour comprendre à la fin que j’avais découvert
mon territoire, amour, de baisers, de volcans.

***

No te toque la noche ni el aire ni la aurora,
sólo la tierra, la virtud de los racimos,
las manzanas que crecen oyendo el agua pura,
el barro y las resinas de tu país fragante.

Desde Quinchamalí donde hicieron tus ojos
hasta tus pies creados para mí en la Frontera
eres la greda oscura que conozco :
en tus caderas toco de nuevo todo el trigo.

Tal vez tú no sabías, araucana,
que cuando antes de amarte me olvidé de tus besos
mi corazón quedó recordando tu boca

y fui como un herido por las calles
hasta que comprendí que había encontrado,
amor, mi territorio de besos y volcanes.

(Pablo Neruda)

Illustration

 

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Votre rire est éclatant comme un bel oiseau des Iles (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2019



I

Votre rire est éclatant
Comme un bel oiseau des Iles.
Mais à rire on perd son temps,
O ma soeur, ma soeur fragile !

Vous savez des jeux plus fous
Que celui de « pigeon-vole ».
C’est un mauvais point pour vous,
O ma soeur, ma soeur frivole !

Vous manquez de sérieux
Et de vertus ménagères.
Vous n’irez jamais aux cieux,
O ma soeur, ma soeur légère !

II

Pourquoi ces mains, dont vous ne faites
Qu’un usage absolument vain ?
Mais quelle fête,
Quand je saisis leurs doigts divins !

Pourquoi ces yeux où ne réside
Rien du tout, pas même l’ennui ?
Mais quel suicide
Que de les perdre dans la nuit !

Pourquoi ces lèvres d’où j’écoute
Tomber des mots sans intérêt ?
Mais quelle absoute
Leur seul baiser me donnerait !

III

Le rire clair, l’âme sans reproche,
Un regard pur comme du cristal,
Elle viendra, puisque c’est fatal !
Moi, je l’attends les mains dans les poches.

A tout hasard, je me suis pourvu
D’un stock d’amour et de prévenances,
N’oubliant point qu’en cette existence
Il faut compter avec l’imprévu.

Tu n’auras donc, petite vestale,
Qu’à t’installer un jour dans mon coeur,
Il est, je crois, plus riche en couleur
Que ton album de cartes postales.

IV

Depuis tant de jours il a plu!
Pourtant, voilà que recommence
Un printemps comme on n’en voit plus,
Chère, sinon dans tes romances.

Adieu rhumes et fluxions !
Adieu l’hiver, saison brutale !
C’est, ou jamais, l’occasion
D’avoir l’âme sentimentale.

Que ne puis-je, traînant les pieds,
Et mâchonnant ma cigarette,
Cueillir pour toi, sur les sentiers,
De gros bouquets de pâquerettes !

V

Amie aux gestes éphémères,
Cher petit être insoucieux,
Je ne veux plus d’autre chimère
Que l’azur calme de tes yeux.

Pas besoin d’y chercher une âme !
De tels objets sont superflus.
Le seul bonheur que je réclame,
C’est de m’y reposer, sans plus.

Que m’importe l’horreur du vide ?
Je vais plonger, à tout hasard,
Ainsi qu’un nageur intrépide,
Dans le néant de ton regard.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration: Jeff Scher

 

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En vertu de l’amour (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019



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En vertu de l’amour

Je n’ai rien séparé mais j’ai doublé mon coeur
D’aimer, j’ai tout créé ; réel, imaginaire,
J’ai donné sa raison, sa forme, sa chaleur
Et son rôle immortel à celle qui m’éclaire.

(Paul Eluard)

Illustration: Pablo Picasso

 

 

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L amour et le désir ne se supportent pas (Jean-Marc Soriano)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019



Illustration
    
L amour et le désir ne se supportent pas
Rien ne les accorde
L’un se souvient toujours
L’autre oublie souvent
L’un veut toujours donner
L’autre prend presque tout le temps
L’un a toutes les vertus
L’autre toutes les tentations.

(Jean-Marc Soriano)

 

Recueil: Une nuit de 7 jours
Traduction:
Editions: Petitfleur

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Femmes (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2019



Claude Sauzet  (9)

 

Femmes avares gonflées de dons,
généreuses, dont les mains sont prisonnières
d’une vertu ou d’un devoir,
filles dont les cheveux sont des sillages,
voici que je deviens pour vous sans consistance.
Vous me traversez, tel un vent pressé
qui ne prend pas souci du paysage.
Votre dédain vient souligner de craie
mes cheveux blancs
et de fusain mes rides.
Me voici devenu le fantôme d’un homme,
plus malheureux qu’un chien perdu.

(Paul Fort)

Illustration: Claude Sauzet

 

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