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Poésie

Posts Tagged ‘veste’

Les grains de sable s’amalgament (Valérie Canat de Chizy)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2019




    
les grains de sable
s’amalgament
forment des cristaux

Les mots sont pleins
de courants d’air

novembre
la mince épaisseur
de la veste
les feuilles mortes

je me recroqueville
un peu plus
au coin du chat

(Valérie Canat de Chizy)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Nuit
Traduction:
Revue: Ce qui reste

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Ce que j’ai (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018



Illustration: Alex Stevenson Diaz
    

Ce que j’ai

Sous ma peau j’ai une route
sous ma peau j’ai une veste
dix parents infatigables
qui s’accrochent aux deux pans

moi je rentre dans ma peau
et je tire sur l’étoffe
laissez-moi aller aux pierres
laissez-moi ficher le camp
j’aime mieux mâcher le vent
que le bouilli du samedi

sous ma peau j’ai une route
sous ma peau j’ai une porte
je la claque je cours dehors
mais je sens dans tout mon corps
les parents qui s’agrippent encore.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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LES OBJETS PERDUS (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2018



 

Pierre Mornet  l-homme-qui-avait-tous-les-dons-ou-presque

LES OBJETS PERDUS
(Extraits)

Le briquet, le canif,
ont eu raison des poches.
Ton prénom a dû prendre
ce chemin… Liane ou Line ?

Les doublures trouées
réservent à la main
une bise venue
d’en bas, du sol hostile.

Tout le désert occupe
l’espace d’un objet
perdu. Le dénuement
est de ne plus avoir

un rien qui rassurait.

*

Une veste qui s’use,
des montres qui s’arrêtent,
m’épaulent davantage
que la résignation.

Nous acceptons de vivre
parce qu’autour de nous
s’effilochent, s’éliment,
de pauvres serviteurs,

compagnons qui rejoignent
la matière orpheline,
anneaux sans annulaires,
alors que je conserve

mes mains pour te les tendre !

(Axel Toursky)

Illustration: Pierre Mornet

 

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Abîme (G.L Godeau)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018


Le soir, quand tu sors tes clés pour fermer la salle de lecture, je suis le dernier.
Je remets les journaux à leur place.
Et tu me dis en rougissant: « Ne vous donnez pas la peine, monsieur; je suis là pour ça ».
Tes longs cheveux dénoués et ma veste souris iraient très bien ensemble.
Nous le savons aux sourires que nous échangeons pour affaires au-dessus du fichier.
Mais il y a tant de choses à remuer que nous nous suffisons à ces mots de vieillard.

(G.L Godeau)


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Albert – Maria Correspondance 1944-1959 (Albert Camus)(Maria Casarès)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2018




    
Je me sens si gauche, si maladroit,
avec cette sorte d’amour inemployé qui me reste sur la poitrine
et qui m’oppresse sans me donner de joie.

*

Entre des êtres qui s’aiment,
n’y a-t-il pas une place
où ils peuvent toujours se rencontrer ?

*

Tout d’un coup j’ai concentré sur un seul être
une force de passion qu’auparavant
je déversais un peu partout, au hasard,
et à toutes les occasions.

*

Aimer un être, ce n’est pas seulement le dire ni même le sentir
c’est faire les mouvements que cela commande.
Et je sais bien que le mouvement de cet amour qui m’emplit
me ferait traverser deux mers et trois continents pour être près de toi.

*

Qu’est-ce que je vais devenir si tu ne m’aimes pas comme j’ai besoin que tu m’aimes,
Je n’ai pas besoin que tu me trouves « attachant », ou compréhensif ou n’importe quoi.
J’ai besoin que tu m’aimes et je te jure que ce n’est pas la même chose.

*

Mon seul désir serait de me taire près de toi,
comme à certaines heures, ou de me réveiller, toi encore endormie,
de te regarder longuement, attendant ton réveil.
C’était cela, mon amour, c’était cela le bonheur !
Et c’est lui que j’attends encore.

*

Tout à l’heure, la nuit était pleine d’étoiles filantes.
Comme tu m’as rendu superstitieux,
je leur ai accroché quelques voeux qui ont disparu derrière elles.
Qu’ils retombent en pluie sur ton beau visage, là-bas,
si seulement, tu lèves les yeux vers le ciel, cette nuit.
Qu’ils te disent le feu, le froid, les flèches, les velours,
qu’ils te disent l’amour, pour que tu restes toute droite,
immobile, figée jusqu’à mon retour, endormie toute entière,
sauf au coeur, et je te réveillerai une fois de plus …

*

Moi aussi, je pense à toi, en chair, trépidante.
Ton air de frégate, les cordages noirs de tes cheveux

*

J’étouffe, la bouche ouverte, comme un poisson hors de l’eau.
J’attends que vienne la vague, l’odeur de nuit et de sel de tes cheveux.

*

Il fait lourd et chaud.
C’est une journée pour le silence, les corps nus,
les pièces ombreuses et l’abandon
Ma pensée a la couleur de tes cheveux.

*

Comme je t’attends.
L’eau monte dans mon coeur.

*

Il est faux que l’amour aveugle.
Il rend perceptible au contraire ce qui sans lui ne viendrait pas à l’existence
et qui est pourtant ce qu’il y a de plus réel en ce monde:
la douleur de celui qu’on aime.

*

Moi aussi je m’ennuie, je ne guéris pas de toi.
Je te cherche la nuit, je pense à toi le jour. Je suis seul.
Ah! Mon cher amour, ma désirable,
ne me laisse pas en chemin, ne te refroidis pas toute entière.
Laisse une braise, une toute petite braise,
et je saurai la ranimer jusqu’à ce que tu sois à nouveau crépitante entre mes bras.
J’embrasse ta bouche, étroitement.

*

Le plaisir qui finit en gratitude, c’est la fleur humide des jours.

*

Je t’embrasse, en orage, et aussi avec des sources inépuisables de tendresse.

*

Quand donc ma veste et ta jupe seront accrochées au même clou ?

*

Ma jeunesse c’est toi. Mon ardeur, ma force de désir et d’amour,
mon amour de la vie, c’est toi.
Bientôt, n’est-ce pas ? Bientôt mes bras frais, ton corps tiède, l’eau de ta bouche.
Je t’aime, ma chérie, ma bien-aimée. Et si mi madre me pregunta…
Au revoir, rose noire, où je boirai toute ma vie.
Je t’embrasse, je t’embrasse encore.
Le vent hurle à nouveau, je te désire.

*

Je t’embrasse, je t’habille de mes baisers.

Albert

(Albert Camus)(Maria Casarès)

 

Recueil: Correspondance 1944-1959
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE CHANT (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



Illustration
    
LE CHANT

De cette pièce nue
où s’argentaient les suies
sortait la voix
pour célébrer
une chevelure
lisse aux reflets bleus ;
celui qui chantait
à veste de lustrine
à chemise en toile bise
ouvrit la fenêtre
sur la campagne fauve ;
un râteau doucement
caressait une allée
dans la clarté figée
par l’attente d’oiseaux.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Neptune (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



 

Illustration: Noèla Morisot
    
Neptune

Je m’habille chaque jour d’un bleu nouveau
veste électrique ou indigo
turquoise vase troublée des émaux
fluorescence ou lait de brumes
rage violette cernes de lune

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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NOCTURNE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
NOCTURNE

Quand j’ai dansé jusqu’à minuit
la cornemuse a mis ses bottes
quand j’ai payé pour un ouisqui
le revolver a mis sa cape
quand j’ai réclamé un taksi
le réverbère a mis son col
quand j’ai traversé tout Paris
la lune a mis sa veste blanche
et quand je fus près de Neuilly
je mis mes jambes à mon cou

(Raymond Queneau)

 

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Traversée (François Caradec)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017




    
Traversée

Un jour
ah quel beau jour!
je brûlerai tous mes papiers d’identité
mon agenda-planning et mon chéquier
les lettres auxquelles je ne réponds plus depuis longtemps déjà
je sortirai sans nom sans veste et sans chapeau
et je traverserai la rue
un jour
ah quel beau jour!
je m’en irai vivre de l’autre côté.

(François Caradec)

 

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Le mot bleu (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



    

Le mot bleu fait partie de l’impossible.
Une note colorée déplace le centre.
Cela pourrait être une veste oubliée sur un portail,
Comment entrer dans ce cadre à mille lieues ?
Il n’y a pas de porte.
C’est écrit avec des signes solaires
D’une écriture phénycienne avec des taches de lichen.
Le sphynx étire ses pattes.
Un homme vient de passer.
Il y a des remous. L’air est habité.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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