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Poésie

Posts Tagged ‘vêtir’

La Dégustratrice (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




    
La Dégustratrice
Pérou Chimu

Oiseau-mouche et votre bouche est une fleur,
et le récipient où l’on puise est aussi transformé en fleur ;
et la main rivalise avec l’oiseau entre les fleurs
surtout quand c’est une jeune fille vêtue de plumes qui vous manie, couronnée de fleurs,
qui fait déguster son jeune époux et le transforme en oiseau-mouche tandis qu’elle se transforme en fleur.

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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Faut-il habiller l’amour (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2019



Illustration
    
Faut-il habiller l’amour en tenue de soirée
smoking et souliers cirés ?

Ou le laisser courir un peu débraillé
bermuda et chemise rayée ?

Faut-il l’emmitoufler de la tête aux pieds
pull chaussettes et bonnet ?

Ou le vêtir léger
jeans t-shirt et petit gilet ?

Eh bien moi je le sais je l’ai vu
l’amour est beau quand il est nu.

(Bernard Friot)

 

Recueil: Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Poèmes pressés
Traduction:
Editions: Folio Junior

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Nue (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019




    
Nue

Ôte tes habits, laisse tomber le voile.
Couvre-toi seulement de ta robe de beauté nue,
Tenue d’une demoiselle céleste vêtue de lumière.
Forme plantureuse tel un lotus épanoui,
Un festin de la vie, de la jeunesse et de la grâce.
Apparais et tiens-toi seule dans la merveille qu’est ce monde.
Laisse envahir tes membres par le clair de la lune,
Laisse envahir tes membres par les caresses du zéphyr,
Plonge dans l’infini bleu de ton ciel
Telle la Nature nue toute parsemée d’étoiles.
Atanu’ peut dissimuler sa face dans le pli de sa tunique,
La tête baissée, honteux du corps fleuri.
Invite l’aube immaculée jusqu’à chez l’homme,
Virginité éhontée toute blanche et nue.

***

Nude

Shed your garments, drop the veil.
Be just clad in naked beauty’s robe
Attire of a heaven-lass dressed in light.
The buxom body like a full-blossomed lotus,
A feast of life and youth and grace.
Come and stand alone in the wonder, this world.
Let permeate your limbs with the beams of your moon,
Let permeate your limbs with zephyr’s caress.
Plunge into the infinite blue of the sky
Like naked Nature spangled with stars.
Let Atanu’ conceal his face with his tunic’s fold,
With bended head ashamed of the body’s bloom.
Invite immaculate dawn at men’s abode,
Shameless virginity, white, naked.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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QUOI FAIRE (Ron Padgett)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2019




    
QUOI FAIRE

« Il vaut mieux montrer que raconter» dit-on, et je suis d’accord :
alors voilà, regardez mon corps nu, dont
je ne vous dirai rien, et voilà mon âme nue,
dans laquelle je sauterai à pieds joints vêtu
seulement de mes chaussettes, les rouge vif qui font
des étincelles tandis que je file vers ses profondeurs.

(Ron Padgett)

 

Recueil: On ne sait jamais
Traduction: Claire Guillot
Editions: Joca Seria

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PETITE CHANSON POUR UNE ORPHELINE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2019



    

PETITE CHANSON POUR UNE ORPHELINE

A quoi rêvent les orphelins
quand la mort rôde et aboie
Le désespoir attend son tour
quand s’annonce la solitude

Orpheline aux yeux noirs
petite fille de la nuit
donnez-moi la main

Nous sommes tous des orphelins
vêtus de sombre et de chagrins
Nous voulons vivre d’espoir
n’est-il pas déjà trop tard

Petite fille aux yeux noirs
orpheline de la nuit
votre main donnez-la moi

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Il ne convient rire des mots (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2019



Illustration
    
il ne convient rire des mots
mais les aimer pour ce qu’ils sont
des écureuils des hérissons
d’autre bizarres animaux

qui dans le beau monde n’ont pas
de nom mais en langue verna-
culaire en ont de rigolos
alors on peut rire des mots

et les aimer en même temps
leur donner à manger du son
à boire du pinot beurot

à respirer le vent d’antan
et les vêtir de calicot
et puis leur chanter des chansons

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Gens sérieux s’abstenir
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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NOCTURNE À LA STATUE (Xavier Villaurrutia)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018


 


Willy Verginer

 

NOCTURNE À LA STATUE

Rêver, rêver la nuit, la rue, l’escalier
et le cri de la statue qui tourne le coin.
Courir vers la statue et ne trouver que le cri,
vouloir toucher le cri et ne trouver que l’écho,
vouloir saisir l’écho et ne trouver que le mur
et courir vers le mur et toucher un miroir.
Trouver dans le miroir la statue assassinée,
la sortir du sang de son ombre,
la vêtir en un clin d’oeil,
la caresser comme une soeur imprévue
et jouer avec les bâtonnets de ses doigts
et compter dans son oreille cent fois cent cent fois
jusqu’à l’entendre dire : «je suis morte de peur».

(Xavier Villaurrutia)

Illustration: Willy Verginer

 

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La métaphysicienne (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018




    
La métaphysicienne

Entre la très savante et très loquace
métaphysicienne,
tout de blanc vêtue
et nous autres qui l’écoutions,
passagers de l’éphémère,
soudain bondit un chat très noir
qui bouscula non pas la belle
mais son discours,
si bien que nous ne sûmes pas
à quoi ressemble Dieu,
quels sont ses attributs, ses pouvoirs
et quel séjour d’éternité
éventuellement il nous propose.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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TERRE ET POÉSIE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



 

TERRE ET POÉSIE

La poésie, comme l’amour, charge de tout son contenu,
force à tous ses espaces le visage, le geste, le mot.
Sans elle, à l’instant d’être, ils seraient déjà morts —
ou cernés à jamais en leur étroite forme,
ce qui est mourir d’une autre façon.

Le roman prend corps pour ensuite se vêtir.
Prenant âme, la poésie demeure nue.

L’heure aride : des clefs sur la table et pas de porte à ouvrir.

La poésie suggère. En cela, elle est plus proche qu’on ne pense
de la vie, qui est toujours en deçà de l’instant qui frappe.

La poésie n’est pas la proie du poème.
Elle assiège et s’éclipse.
Nous laissant plus gravé dans l’argile, ou plus libre d’un anneau.

Lorsqu’on a pressenti, rien qu’une fois, l’immensité de l’aventure humaine,
on peut se demander quelle force nous retient dans l’étroit.
Quelle force est là, qui fait que nous poursuivons quand même la route
sans fomenter des bouleversements et sans abattre les murs ?
La poésie — si elle s’inscrit en nous — tout en admettant de nous regarder cheminer, nous délivre.

Parfois, se mirant dans l’un de nos destins,
elle nous découvre son envers terrestre qui est l’amour.
Alors, malgré les tiraillements, nous nous sentons sauvés ;
et en réalité nous le sommes, sauvés, ici et ailleurs.
Toujours un peu en amont du dernier poème vécu, la poésie ne saurait décevoir.
Je dis : un peu, car il faut apprivoiser l’impossible ;
vouloir qu’un passage existe, à portée de voix, à portée de regard.
Ce qui nous dépasse, et dont nous portons le grain aussi
certainement que nous portons notre corps, cela s’appelle : Poésie.

Le poème se nourrit de mouvements.
Son rythme est celui de la vague, son dessein est de traverser.

Hostile aux vérités à éclipses,
le poète n’est soucieux que de l’homme à la recherche de son visage enfoui.

La poésie est naturelle.
Elle est l’eau de notre seconde soif.

Il est vital pour le poète de lever des échos et de le savoir.
Nul mieux que lui ne s’accorde aux solitudes ;
mais aussi, nul n’a plus besoin que sa terre soit visitée.

Le poète séjourne hors des enceintes.
S’il ne rompait les digues,
comment joindrait-il ses terres à la terre, et la parole aux mots ?

Si l’appel du poème n’est pas contraignant, celui de la poésie est d’une haleine.
Fièvre perpétuelle qui brûle de devenir.

Pour en épeler les signes, la poésie endosse le monde dont elle est issue.
Mais à travers l’essaim des poèmes — intacte et pourtant remuée —
la poésie demeure au futur.

En sa terre labourée, le poète — pour un temps — s’apaise du cri qu’il pousse ;
poème dans sa nuit.

Le poète avance par saccades : coups d’aile et retombées.
L’expérience lui enseigne que la chute est le présage de l’essor ;
mais, au plus sombre d’une détresse, cette mémoire est de maigre secours.

Sauvegardons à ceux qui nous ont failli le mystère entier de leur visage.
Blessés et en cause, nous voici juges, les affublant du masque odieux.
Les faiblesses d’autrui, quand elles égratignent notre susceptible peau,
nous poussent à renier tout un passé d’entente.
Tourné vers la possession, nous sommes sans perspective et sans recours.

L’amour est toute la vie. Il est vain de prétendre qu’il y a d’autres équilibres.
Le dénué d’amour trace partout des cercles dont le centre n’est pas.

Le coeur se rit de l’absurde.
Sa vérité est au midi des contradictions.

L’amour comme la mort — qui naviguent hors du temps —
lissent nos fronts, affinent nos visages.
Au bord de ce qui est vaste, le regard n’erre plus.
Et le souffle, complice de l’angoisse et des jours, trouve enfin sa paix.

(Andrée Chedid)

 

 

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Assez de cette parure vivante qui me vêt (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Assez de cette parure vivante qui me vêt.
Je veux appeler ma face et mon nom,
Et me connaître enfin dans le sang et la plaie
De ma solitude nue démesurée.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

 

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